par Fadi Elsalameen - Al Jazeera
Après deux décennies d’échecs, l’Autorité palestinienne représentée par son leadership a encore l’espoir d’éviter l’inévitable : payer le prix voulu pour toutes sortes de corruption, pour l’aliénation du peuple palestinien, et pour ne pas avoir su négocier une fin à l’occupation israélienne.
Menacés et sapés par la fuite des mémos palestiniens publiés par Al-Jazeera et [The Guardian], déboussolés après s’être trompés en soutenant à tort Hosni Moubarak, le dictateur égyptien déchu, l’Autorité palestinienne a désespérément recours à diverses manœuvres politiques.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a demandé à son négociateur en chef et à son Cabinet en Cisjordanie de présenter leur démission. Il a également appelé à des élections parlementaires et présidentielles en septembre et a délibérément évité de donner une date précise.
Est-ce qu’Abbas et Fayyad réussiront à écarter la colère des Palestiniens en usant de ces manœuvres désespérées ? Seules la démission d’Abbas et de Fayyad, et leur reconnaissance de leur responsabilité face à leurs échecs pourraient satisfaire l’opinion palestinienne.
Nécessité d’une nouvelle direction
Avec moins d’alliés dans la région et le peu d’options qui restent pour un horizon politique avec Israël, Abbas et Fayyad doivent démissionner pour ouvrir la voie à une nouvelle assemblée législative et à un leadership qui puisse représenter les Palestiniens.
Abbas et Fayyad n’ont aucun capital politique. Ils sont déconnectés de la rue palestinienne et ils ont réussi à s’aliéner leurs partisans même au sein du Fatah.
Leurs échecs politiques les ont discrédité eux-mêmes en même temps que l’Autorité palestinienne, en Palestine comme à l’étranger.
En Palestine, ils sont considérés comme corrompus, inefficaces et surtout comme des agents d’Israël. Les gens n’ont aucune confiance en eux, et le fait que la coordination sécuritaire avec Israël soit florissante et que ce soit tout ce qu’ils aient à offrir aux Palestiniens après des années d’échec dans les négociations, a même aliéné à Mahmoud Abbas la jeune garde du Fatah, sa seule base politique.
La jeune garde du Fatah est également déçue d’Abbas pour ne pas avoir su reconstruire leur mouvement et d’avoir donné la possibilité à Fayyad de saper davantage leur rôle en Cisjordanie.
Assumer ses responsabilités
Abbas n’est pas prêt de promouvoir les jeunes du Fatah pour qu’ils aient des fonctions importantes dans le mouvement. Pour beaucoup au sein du Fatah, Abbas est surnommé le Gorbatchev car il a activement contribué au démantèlement du mouvement et à l’affaiblissement de celui-ci. Pendant longtemps, il a refusé de remplacer Fayyad avec un Premier ministre issu du Fatah, et il a permis au même Fayyad de s’’attribuer le mérite de concessions politiques faites par le Fatah à Israël.
Vis à vis de l’étranger, en particulier dans les mondes arabe et musulman, Abbas et Fayyad se sont placés du mauvais côté de l’Histoire. Fayyad, Abbas et l’OLP avec son secrétaire général Abdelrahim Tayyeb ont exprimé un ferme soutien à Hosni Moubarak, le président-dictateur égyptien récemment évincé.
Les dirigeants palestiniens se sont non seulement faits l’écho de la position d’Israël qui était désolé de voir Moubarak mis à la porte, mais ils ont aussi démontré aux mondes arabe et musulman - où les gens étaient collés à leurs postes de télévision pour regarder Al Jazeera et soutenaient la révolution égyptienne - qu’il s’agit d’une équipe dirigeante qui n’a rien de commun avec eux.
Pourquoi les Palestiniens devraient-ils soutenir un tel leadership ? Les actions d’Abbas et de Fayyad confirment qu’il s’agit d’une équipe qui n’est capable que de prendre une mauvaise décision après l’autre. Ils doivent tous démissionner et reconnaître leur responsabilité dans leurs échecs.
Abbas et Fayyad appartiennent à une époque révolue. Ils ne sont en rien représentatifs d’un avenir que nous, les jeunes Palestiniens, construirons nous-mêmes. Au contraire, nous les voyons à travers la lentille de régimes arabes décrépis et illégitimes, et s’ils ne sont pas remplacé par la voie démocratique, ils le seront alors par un soulèvement populaire qui, je peux vous l’assurer, a déjà commencé.
* Fadi Elsalameen participe à la New America Foundation’s American Strategy Program. Il est également directeur général de Palestine Note et Diwan Palestine, journaux sur Internet en anglais et en arabe.
17 février 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/indept...
Traduction : Info-Palestine.net
URL du billet: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10192
Si nous pouvons nous permettre, l'auteur use d'un vocabulaire qui ne sied pas à l’effroyable situation qui a cours sur le terrain de la Palestine occupée!
Abbas et Fayyad ne doivent pas "s'en aller" mais bien "dégager"; voilà en effet le vocable adapté à ce que sont ces deux vermines qui ont permis ces dernières années aux criminels sionistes d'annexer le peu qui restait encore de la Palestine occupée , d'enlever et d'emprisonner des milliers de résistants palestiniens et d’en tuer autant d’autres !!!
Ces tortionnaires criminels sont à classer dans la même catégorie que les despotes courtisés, aidés et protégés que furent les Ben Ali, Moubarak, Kadhafi ... et c’est donc au peuple palestinien seul qu’il revient de les faire DEGAGER afin qu’ils subissent eux-mêmes l’incroyable et fantastique humiliation de la vindicte populaire !
C’est la rue arabe qui est capable de montrer aujourd’hui au monde que lorsque les hommes s’unissent et marchent main dans la main ils sont capables de terrasser les pires despotes tortionnaires!
Que Dieu donne la force et le courage aux peuples opprimés d’œuvrer pour écrire de nouvelles pages de leur Histoire contemporaine !!!
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