samedi 15 janvier 2011

Tunisie: la révolution confisquée par le triumvirat

Publié le 15 janvier 2011 sur le site slate.fr
par Taoufik Ben Brik

Ben Ali est parti, mais il reste aux Tunisiens à chasser du pouvoir Mohamed Ghannouchi, Foued Mebazaa et Abdallah Kallal, symboles du parti au pouvoir depuis Bourguiba.

- Foued Mebazaa, désigné président par intérim de la Tunisie le 15 janvier 2011, en 2004. REUTERS/Mohamed Hammi -

C’est une fois et une seule fois que ça se passe dans la vie d’un homme. Et souvent, ça n’arrive pas. On reste sur les quais à attendre la locomotive. Le facteur, bonnes gens, ne sonne pas deux fois.

Il ne nous a pas oubliés. Il n’a pas oublié le peuple tunisien. Il a mis la chance entre ses mains. Il lui a donné la chance de vivre la révolution, ce mot oublié depuis les révolutions latino-américaines. Il a été donné aux Tunisiens de vivre un moment magique, de renverser un tyranneau de seconde division soutenu par les tsars et les kaisers du monde puissant. Avec la chute de Zine el-Abidine Ben Ali s'effondre un autre mythe, celui de l’Occident protecteur de ses contremaîtres et autres tenanciers des pays du Sud.

Qu’est-ce qu’une révolution, si ce n’est la victoire d’un peuple sur son usurpateur? Une révolution qui campe sur une position non négociable, une révolution qui plaide le collectif contre l’individualisme, pour la loi contre celle du plus fort, l’égalité contre les privilèges, pour le citoyen contre le client. Une révolution qui traque les tièdes, les mous, les hésitants, les parvenus. Une Tunisie qui croit –encore– à la révolution contre l’involution. Elle a sommé Ben Ali de déguerpir: vingt-trois ans, basta!

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Nous le répétons ce soir à nouveau avec beaucoup de force ; rien de positif ne pourra se produire en Tunisie dans les semaines à venir, sans l'écriture d'une nouvelle Constitution; celle-ci était exclusivement au service de l'absolutisme des dictateurs Bourguiba, Ben Ali et de leurs sbires ! Il faut donner un cadre constitutionnel démocratique à la Tunisie. C’est la priorité des priorités !

En outre, il ne faut pas laisser une possibilité aux imposteurs du clan Ben Ali, c’est-à-dire aux membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) qui constituaient sa Cour de courtisans de se faire un nom ; ils doivent tout simplement être arrêtés et répondre devant la justice tunisienne de leurs actes criminels ! Comment se peut-il que ces gens, qui ont été des proches de Ben Ali et des acteurs actifs de la dictature en Tunisie, ne soient pas déjà sous les verrous dans l’attente de leur futurs procès !

On ne peut pas construire les fondations d’une nouvelle nation sur du lisier qui pue à ce point le crime, la corruption, la répression ! C’est juste impossible ! Ce n’est pas demain que l’avenir de la Tunisie se joue c’est maintenant !!! Chaque Tunisien se doit de conduire à son terme cette exceptionnelle révolution et cela signifie avant tout éloigner immédiatement de la zone du pouvoir toutes ces pourritures qui veulent la place laissée vacante par la fuite de Ben Ali.

Chaque Tunisien doit cela à toutes les victimes de la dictature du bourreau Ben Ali ; les plus anciennes comme celles qui sont tombées ces dernières semaines !!!

De là, où nous sommes, nous tentons de vous soutenir de notre mieux avec notre conscience et les outils informatiques qui sont à notre disposition, car et nous en reparlerons dans les jours à venir, c’est d’abord une cyber révolution à laquelle nous avons aussi assisté ! Et selon nous, il ne fait aucun doute - et il y a aura lieu de le constater dans les jours à venir - que les différents gouvernements à travers le monde, vont se pencher très sérieusement sur le rôle qu’a joué Internet dans cette révolution et là encore, c’est une certitude, il faudra rester on ne peut plus vigilant pour ne pas voir des lois liberticides votées ici ou là par des pouvoirs peu disposés à voir leurs peuples prendre ainsi pleinement leur destinée en mains!



1 commentaire:

isleym a dit…

Je partage entièrement l'avis de cet article, c'est tous les tyrans qui doivent répondre de leurs actes, et non pas se contenter de reprendre la succession comme si de rien n'était, et comme si toutes ces années ou ils ont COLLABORE au massacre s'effaçaient !!