lundi 10 janvier 2011

Selon le bureau de Netanyahou, la démolition de l'Hôtel Sheperd à Jérusalem-Es est "conforme à la loi"

Publié le 10 janvier 2011 sur le site fr.jpost.com
par MELANIE LIDMAN ET KHALED ABU TOAMEH

A quand une intervention de la communauté internationale par la force pour faire stopper les conséquences criminelles de ce sionisme éhonté par lequel la terre de Palestine n’a cessé d’être violée et le peuple palestinien massacré?

Le bureau du Premier ministre a réagi, lundi, à la vague de condamnations internationales formulées suite à la démolition de l'Hôtel Sheperd à Jérusalem-Est.

Photo: Marc Israël Sellem , JPost

Selon un communiqué publié dans la journée, "les actions entreprises concernant cet hôtel sont le fait d'une initiative privée, prise en conformité avec la loi. Le gouvernement israélien n'était pas impliqué." Et d'ajouter qu'il "ne faut pas s'attendre à ce que l'Etat d'Israël interdise aux Juifs d'acheter des propriétés privées à Jérusalem. Aucun gouvernement démocratique n'imposerait une telle interdiction aux Juifs, et l'Etat d'Israël ne le fera en aucun cas."

"Tout comme les habitants arabes de Jérusalem peuvent acheter ou louer des propriétés dans des quartiers de Jérusalem à majorité juive, les Juifs peuvent acheter ou vendre des propriétés dans des quartiers de Jérusalem à majorité arabe", ajoute le communiqué.

Menace d'une vague de violences ?

Plus tôt lundi, l'Egypte et la Jordanie ont critiqué la démolition de l'Hôtel Sheperd, selon l'AFP. Les deux pays ont également averti de l'éventualité de représailles violentes de la part de la population arabe locale.

La Secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, ainsi que plusieurs consuls-généraux européens, en poste à Jérusalem, ont également condamné la démolition.

Construit dans les années 1930 par le moufti de Jérusalem, Haj Muhammad Amin al-Husseini, l'hôtel a été racheté en 1985 par le millionnaire américain Irving Moskowitz. Avec l'aide de l'organisation Ateret Cohanim, Moskowitz compte reconvertir l'immeuble en vingt appartements destinés à des familles juives religieuses.

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Mobilisation de l'UE contre les démolitions à Jérusalem

URL de l'article: http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1294306627784&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

La colonisation juive se poursuit à Jérusalem-Est

Publié le lundi 10 janvier 2011 sur le site radio.canada.com

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a justifié lundi la destruction de la principale partie de l'hôtel Shepherd, un établissement situé au coeur d'un quartier arabe de Jérusalem-Est, annexé au terme de la guerre de 1967.

Un promoteur compte ériger 20 logements pour des colons juifs sur le site.

20 logements destinés aux colons juifs seront construits sur le site de l'hôtel Shepherd, détruit dimanche.

Photo: AFP/Ahmad Garabli

20 logements destinés aux colons juifs seront construits sur le site de l'hôtel Shepherd, détruit dimanche.

Cette destruction, décidée il y a 18 mois, mais mise en oeuvre dimanche, constitue un nouveau coup dur pour les négociations de paix israélo-palestiniennes, déjà au point mort. Des pourparlers indirects doivent reprendre au cours des prochains jours à Washington.

La démolition de l'hôtel Shepherd est vivement contestée par l'Autorité palestinienne, et a entraîné des remontrances des États-Unis et de sévères critiques de l'Union européenne, de l'Égypte et de la Jordanie. Israël affirme que ces critiques sont injustifiées.

« L'action menée hier à l'hôtel Shepherd est le fait de personnes privées agissant dans le cadre de la loi israélienne. Le gouvernement n'était pas impliqué », a déclaré M. Netanyahou.

« On ne peut attendre de l'État d'Israël qu'il impose une interdiction aux juifs d'acquérir des propriétés privées à Jérusalem. Aucun gouvernement démocratique ne peut imposer une telle interdiction et Israël ne le fera certainement pas ».

« Comme les citoyens arabes de Jérusalem sont autorisés à acheter et à louer des propriétés dans les quartiers de Jérusalem à majorité juive, les Juifs sont autorisés à louer des propriétés dans un quartier de Jérusalem à majorité arabe », a poursuivi le premier ministre.

Israël considère que Jérusalem est sa capitale « éternelle et indivisible », tandis que les Palestiniens souhaitent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur État. Le statut de la ville est sans contredit la principale pomme de discorde entre les deux peuples.

La communauté internationale considère que Jérusalem-Est est un territoire occupé dont Israël doit se retirer en vertu de la résolution 242 des Nations unies, adoptée il y a plus de 43 ans.

Un établissement chargé d'histoire

L'hôtel Shepherd, situé dans le quartier Cheik Jarrah, a valeur de symbole puisqu'il a appartenu à l'ex-grand mufti de Jérusalem, Amine Al Husseini, un personnage honni par Israël en raison de son association avec les nazis lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Le grand mufti y a vécu pendant la révolte palestinienne de 1936 à 1939 contre les Britanniques et les sionistes. L'hôtel a été confisqué par les Britanniques après 1945, jusqu'à la fin de leur mandat en Palestine en 1948.

Israël, qui l'a saisi en 1967, a prétexté l'absence de propriétaire pour transférer le titre de propriété à une firme israélienne, qui l'a ensuite revendu au promoteur juif américain Irving Moskowitz, un milliardaire réputé pour le soutien qu'il offre aux projets de colonies juives par l'entremise de sa fondation.

La partie détruite dimanche avait été construite à l'époque où la Jordanie gérait Jérusalem-Est. La partie historique de l'hôtel n'a pas été détruite.

Concert de réprobation

La démolition de l'hôtel a été critiquée par le principal négociateur palestinien, Saëb Erekat. « Ce qui se passe aujourd'hui s'inscrit dans le programme du gouvernement israélien visant à hypothéquer toute solution sur Jérusalem », a-t-il fait valoir dimanche par voie de communiqué.

« En opérant de la sorte, Israël a ruiné tous les efforts américains et mis fin à toute chance d'un retour aux négociations », a pour sa part déclaré Nabil Abou Roudeina, le porte-parole du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a dénoncé « une tentative de judaïser la ville et d'isoler la Vieille ville [de Jérusalem] des quartiers arabes voisins ».

Adnan Husseini, nommé maire de Jérusalem par l'Autorité palestinienne, a qualifié la démolition de l'hôtel « d'acte de barbarie ». La famille de M. Husseini revendique la propriété des lieux. Elle a contesté sans succès les démarches qui ont abouti à sa vente devant la justice israélienne.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a pour sa part dénoncé une « évolution préoccupante qui compromet les efforts de paix visant à établir deux États pour parvenir à une solution ».

« En particulier, cette action est contradictoire avec la logique d'un accord raisonnable et nécessaire entre les deux parties sur le statut de Jérusalem », a ajouté Clinton.

« En fin de compte, l'absence d'une solution dans ce conflit nuit à Israël, nuit aux Palestiniens, nuit aux États-Unis ainsi qu'à la communauté internationale », a encore dit Mme Clinton.

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, n'a pas mâché ses mots pour commenter la situation. « Je condamne fermement la destruction ce matin de l'Hôtel Shepherd et la construction prévue d'une nouvelle colonie illégale. Je rappelle que les colonies sont illégales au regard du droit international », a-t-elle souligné dans un communiqué.

Les colonies, a-t-elle ajouté « minent la confiance entre les parties et constituent un obstacle à la paix ». Mme Ashton rappelle en outre que « Jérusalem-Est fait partie des territoires palestiniens occupés » par Israël et que « l'UE ne reconnaît pas son annexion ».

Les colonies, a-t-elle ajouté « minent la confiance entre les parties et constituent un obstacle à la paix ». Mme Ashton rappelle en outre que « Jérusalem-Est fait partie des territoires palestiniens occupés » par Israël et que « l'UE ne reconnaît pas son annexion ».

Photo: La Presse Canadienne

URL de l'article: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/10/008-jerusalem-hotel-shepherd.shtml

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