C'est avec une grande émotion que nous apprenons le décès de Mohamed Bouazizi, martyre de Sidi Bouzid, après plusieurs jours de lutte contre la mort à l'Hôpital des grands brûlés à Tunis.
Cette nouvelle nous plonge dans une grande tristesse, mais aussi soulève en nous une montagne de colère contre le régime honni de Carthage qui a poussé et pousse encore la jeunesse dans des actes de desespoir, qui hier risquait la vie en mer pour rejoindre un pays de survie, aujourd'hui, en s'immolant par le feu par desespoir face au mépris et à la brutalité du pouvoir qui l'empêche de survivre même misérablement en l'empêchant de recourir à des expédients de survie.
Le geste du jeune chômeur Bouazizi à Sidi Bouzid illustre le desespoir non seulement des jeunes privés de ressources, mais aussi de toute la jeunesse et de tout un peuple empêché de vivre et de travailler à cause de la mainmise d'une maffia qui, non contente de piller l'Etat et les ciyoyens, se met au devant de tout projet économique, social ou culturel en raquettant ses promoteurs et en les menançant de contrôles fiscaux et la prison en cas de refus de leur céder leur projet.
Le régime maffieux est devenu un handicap et un poids moral et matériel de plus en plus issuportable pour toute la nation.
Il est temps que le peuple se soulève en entier pour soutenir l'intifada initiée par le martyr Mohamed Bouazizi, et pour sauver notre pays d'un cancer qui nous tue à petit feu, qui nous humilie, qui nous vole, qui nous terrorise, qui nous torture, et qui nous terrorise.
Paix à ton âme Mohamed Bouazizi, toute la Tunisie te pleure!
Et que ton martyre soit annonciateur de la fin imminente du cauchemar de tout un peuple, et de l'aurore d'une ère d'une Tunisie fraternelle, solidaire et unie dans le souvenir de ses fils tombés pour que nous puissions vivre dignement.
Gloire aux martyrs victimes de la maffia criminelle!
A bas le régime de Carthage !
A bas la maffia !
Vive la jeunesse glorieuse de la Tunisie
Dignité pour le peuple tunisien
Intifada hatta al-nasr !
Mondher Sfar
CCTE
Paris, 5 janvier 2011.
Le centre-ouest de la Tunisie en ébullition
Publié le 4 janvier 20111 sur le site atlasalternatif.over-blog.com
Le 19 décembre (le 17 selon d'autres sources) à Sidi Bouzid en Tunisie, un jeune homme s’était immolé par le feu avec de l’essence devant la préfecture, après s’être fait confisqué la marchandise qu’il vendait illégalement. Cinq jours plus tard, un autre jeune s’est mortellement électrocuté en public, en grimpant au sommet d’un poteau électrique.
De nombreux jeunes chômeurs et des travailleurs sont descendus dans la rue. Des villes des alentours de Sidi Bouzid ont rejoint le mouvement dans un premier temps, puis des villes du nord au sud du pays jusque la capitale, Tunis. Tout en faisant part de sa compréhension, le président Ben Ali a lancé un processus répressif. Le 24 décembre un jeune manifestant tué par balle lors des violents affrontements qui ont secoué la ville de Menzel Bouzayane (ces tirs auraient répliqué à une tentative de groupes de jeune d'incendier un véhicule de police). Des journaux ont été saisis. A l'issue d'un sit-in des avocats à Tunis, maîtres Raouf El Ayadi et Choukri Belaïd ont été arrêtés, dans la soirée du mardi 28 décembre avant d'être libérés le lendemain.Ammar Amroussia, porte parole du Parti communiste ouvrier de Tunisie (PCOT) et correspondant du site albadil.org, a été arrêté à Gafsa pour ses publications et ses déclarations dès le début de ce mouvement de colère des déshérités ; ainsi qu'Attia Athmouni, porte parole du comité de soutien de Sidi Bouzid et membre du Parti démocrate progressiste (PDP) et le journaliste Mouldi Zouabi.Selon sa radio ce dernier était au palais de justice de Jendouba en compagnie des avocats le 29 décembre pour couvrir leur action de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid. Dans sa communication téléphonique avant que la police ne confisque son portable, le journaliste a déclaré depuis le commissariat qu’il a été agressé violement par des agents de police qui ont également cassé ses lunettes.
La répression n'a toutefois pas découragé le mouvement social. A Sidi Bouzid la commission administrative de l’union régionale du travail de Sidi Bouzid sous la présidence de Mohamed Saad a tenu, le jeudi 30 décembre, une réunion à l’issue de laquelle une décision de grève générale pour le 12 janvier a été prise à l’unanimité. Selon radio Kalima à Jelma samedi "des syndicalistes et un nombre important d’activistes rejoints par une impressionnante foule de citoyens se sont rassemblés devant le siège de l’Union régionale du travail puis ont marché dans les rues de la ville. Les manifestants ont scandé des slogans pour dénoncer la corruption, demander leur droit aux travail et la levée de l’état de siège qui frappe Sidi Bouzid depuis le début des événements. La police a dispersé les manifestants à coups de matraques.
A Jerba la police a empêché les avocats de sortir du palais de la justice. Ces derniers étaient contraints d’improviser leur réunion dans le hall du palais. Les avocats ont brandi des slogans pour demander la levée de l’état de siège imposé sur la ville de sidi Bouzid et dénoncer la corruption et la tyrannie. Le même scenario s’est produit au siège de l’Union régionale du travail où des citoyens venu se joindre au syndicalistes ont été empêché d’y accéder. La police a utilisé les matraques pour venir à bout de cette action. Kalima a appris que la syndicaliste Nejah Hamdani, membre du syndicat de l’enseignement secondaire a été grièvement blessé après avoir été agressé à coup de matraques par des policiers ; son fils a été lui aussi roué de coups. D’autres actions similaires ont eu lieu dans les ville de Makther , Siliana, Jebniana et Sousse." A Jbeniana plus précisément "des affrontements ont éclaté, vendredi le 31 décembre à 22h, entre les habitants de la ville et les forces de l’ordre. Ces dernières ont lancé des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Deux jeunes ont été arrêtés puis relâchés dans la matinée du samedi après avoir été soumis à la torture selon leurs déclarations."
Des sit-ins ont eu lieu devant des consulats tunisiens en Europe. Les partis égyptiens Karama, et Alraad, le parti communiste libanais, la Confédération syndicale internationale ont exprimé leur soutien aux manifestants.
Ont appelé à une manifestation de solidarité Place de la fontaine des innocents à Paris le 6 janvier à 18 h les organisations ci-dessous : C ! - ACHR - ACORT - AFASPA - AMF - ASDHOM -ATF-ATF Paris - ATMF - ATTAC - CAPJPO-EuroPalestine - CEDETIM - CISA - CNT -Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier - CourantNationaliste Progressiste - CORELSO - CPR -- CRLDHT - DAL - Etoile NordAfricaine - Europe Écologie Les Verts - La pelle et la pioche - FASE (Fédération pour une alternative Sociale et Écologique) - FDLT (Forum démocratique pour la liberté et le Travail) - FTCR - Les Alternatifs - Le Mouvement pour une alternative socale, écologique et démocratique, Lutte ouvrière,-Manifeste des Libertés - Mouvement Nahdha - Mouvement Tajdid France - MRAP - NO-VOX - NPA - PCF - PCOF - PCOT - PDP - PG -Réseau Stop la Précarité - Respaix Conscience Musulmane - Reveil des Consciences - SOLIDAIRES - Solidarité Tunisienne -- Sorti du colonialisme - UTIT - Voie Démocratique Maroc - Voix Libre)
Le Parti Socialiste français a publié un communiqué le 30 décembre dans lequel il a critiqué les autorités tunisiennes qui ont recouru à la violence contre des manifestants pacifiques. Le PS a demandé dans le même communiqué aux autorités tunisiennes le respect des libertés et la libération de tous les manifestants arrêtés.
Selon un câble diplomatique du 17 juillet 2009 publié par Wikileaks l'ambassadeur des Etats-Unis à Tunis avait estimé : "La Tunisie a de gros problèmes. Le Président Ben Ali est vieillissant, son régime est sclérosé et il n’y a pas de successeur évident. De nombreux Tunisiens sont frustrés par le manque de libertés politiques et éprouvent de la colère envers la famille présidentielle, la corruption, le chômage élevé et les inégalités régionales. L’extrémisme fait peser une menace permanente. [...] La Tunisie est un État policier, avec peu de liberté d’expression et d’association, et de graves problèmes de droits humains. [...] Pour chaque pas en avant, il y en a un autre en arrière, par exemple le récent rachat d’importants médias privés par des personnes proches du président Ben Ali. [Ben Ali] et son régime ont perdu le contact avec le peuple tunisien. Ils ne tolèrent pas de conseils ou de critiques, ni nationales ni internationales. Ils s’appuient de plus en plus sur le contrôle par la police et se concentrent sur la préservation du pouvoir. La corruption dans les premiers cercles s’accentue. Même les Tunisiens moyens sont à présent très conscients de cela, et le choeur de leurs plaintes s’amplifie [...]. Les Tunisiens n’aiment vraiment pas, voire détestent la première dame Leila Trabelsi et sa famille. En privé, les opposants au régime se moquent d’elle. Même dans les cercles proches du pouvoir on exprime de la consternation face à ses frasques. Entretemps, la colère monte face au taux de chômage qui grimpe et aux inégalités régionales. En conséquence, les risques pour la stabilité à long terme du régime sont en augmentation."
La porte-parole du Ministère des affaires étrangères français a appelé à "l'apaisement". Le soutien de M. Sarkozy et de l'UMP au régime tunisien, semble toujours de rigueur.
uRL de l'article: http://atlasalternatif.over-blog.com/article-le-centre-ouest-de-la-tunisie-en-ebullition-64264843.html
4 commentaires:
Exactement ! Nous sommes tous Mohamed Bouazizi !
Si seulement tous les tunisiens pouvaient se lever comme un seul homme et répéter ces paroles ...
Gloire aux martyrs victimes de la maffia criminelle!
A bas le régime de Carthage !
A bas la maffia !
Vive la jeunesse glorieuse de la Tunisie
Dignité pour le peuple tunisien
Intifada hatta al-nasr !
Pour ma part je rajouterai Allahou akbar ! Dieu est grand ! Et Il humiliera très bientôt les dictateurs infiniment petit comme Ben Ali !
Si seulement cette gronde populaire pouvait puiser sa force dans une revendication islamique ! Qu'Allah les éclaire et leur donne la force de la faire ! En tant que musulman je ne peux m'empecher de penser que l'humiliation des tunisiens est arrivée parce qu'ils ont délaissé leur identité musulmane... Ils ont laissé une mafia comme cela est si justement décrit dans le texte, leur refuser leurs droits religieux les uns après les autres ... Quand un peuple accepte ca, il court à sa perte et Allah fait descendre sur lui une humiliation comme celle actuelle, comme un signe de Sa part pour faire réfléchir les gens ...
je crois que le martyre mohamed bouazizi avait puisé toutes les autres formes de protestations à l'image du peuple tunisien, mais en vain. l'acte de deséspoire pérpétré par ce martyre prouve encore une fois que le régime mafieux de benali et sa famille avait confisqué tout au peule tunisien, la parole, le droit au travail, le droit à la dignité meme le droit à la vie tout simplement. les forces de repression tunisiennes qui se permettent tout dans ce pays doivent rendre des comptes . La policière qui a confisqué et puis giflé le martyre mahammed bouazizi doit etre jugé .
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