
lundi 24 janvier 2011, par
Le premier ministre en exercice, Saad Hariri, a annoncé lundi que sa formation ne participerait pas à un cabinet dirigé par un candidat du Hezbollah, au moment où sont entamées des consultations en vue de désigner un nouveau chef du gouvernement au Liban.
"Le Courant du futur annonce dès aujourd’hui qu’il refuse de participer à tout gouvernement dirigé par un candidat du ’8-Mars’", a indiqué un communiqué du bureau de presse de M. Hariri, en référence à l’opposition réunissant les mouvements chiites Hezbollah et Amal, ainsi que la formation du chrétien Michel Aoun, qui dispose de 57 élus au Parlement, de 128 sièges. Le premier ministre en exercice a confirmé, jeudi 20 janvier au soir, sa candidature à sa propre succession.
Le président de la République, Michel Sleimane, a entamé lundi des consultations de deux jours avec les groupes parlementaires pour nommer un nouveau premier ministre, un poste pour lequel l’ancien dirigeant Najib Mikati apparaissait comme favori.
A l’issue de sa rencontre avec le chef de l’Etat lundi, Najib Mikati s’est posé en candidat consensuel dans un contexte de crise. "Il n’y a pas de différence entre une partie et l’autre, je suis contre l’exclusion de toute partie", a-t-il dit à la presse. "Je dis à M. Hariri (...) je tends la main à tout le monde", a-t-il ajouté, d’un air confiant.
Ancien premier ministre pendant trois mois en 2005, Najib Mikati, âgé de 55 ans, avait été élu député sur les listes de Saad Hariri qui ont remporté la majorité aux législatives de 2009. Ce milliardaire a toutefois été un rival de M. Hariri, de par sa position de prétendant au poste de premier ministre, réservé aux sunnites de ce pays multiconfessionnel.
"Le choix est clair : il y a un candidat qui s’appelle Saad Hariri et un autre candidat qui est celui du 8-Mars", a ajouté le communiqué de M. Hariri, estimant que "tout ce qui se dit à propos d’un candidat consensuel est de la poudre aux yeux". Considéré comme un modéré pro-syrien, Nadjib Mikati avait fait acte de candidature dimanche en prônant "la coopération de tous les Libanais (...) afin de sortir le pays de cette grave crise".
La presse de lundi était unanime pour décrire M. Mikati comme le candidat du puissant parti chiite. "L’opposition a tranché et veut proposer le nom de Najib Mikati", écrivait le quotidien Al-Akhbar, proche du Hezbollah. "Son nom prévaut contre tous les autres", a en effet indiqué Ibrahim Kanaan, député d’une formation alliée du Hezbollah.
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait affirmé dimanche que son parti souhaitait voir la mise en place d’un gouvernement de "partenariat national", "avec la participation de toutes les parties". Pour imposer son candidat au poste de premier ministre, le Hezbollah a besoin de huit voix en plus des cinquante-sept qui lui sont assurées. Walid Joumblatt, le leader originaire de la communauté druze libanaise, a annoncé vendredi 21 janvier se ranger dans le camp du Hezbollah dans la crise politique que traverse actuellement le Liban. Le ralliement de M. Joumblatt ne signifie pas que les dix autres députés de son bloc le suivront.
Onze ministres du Hezbollah et de ses alliés ont démissionné le 12 janvier du gouvernement d’union, provoquant sa chute, après de longs mois de bras de fer avec le camp du premier ministre, Saad Hariri, au sujet du tribunal de l’ONU chargé d’identifier et de juger les assassins de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.
(Lundi, 24 janvier 2011 - Avec les agences de presse)
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