
Une nuit de contestation a laissé des traces à Tunis. © REUTERS
Après une nuit de couvre-feu non respecté, les forces spéciales ont pris le relais de l'armée.
L’armée a quitté jeudi Tunis, remplacée par les forces spéciales, qui ont reçu pour ordre de quadriller la capitale. Le couvre-feu illimité imposé la veille n’a pas été respecté dans la nuit de mercredi à jeudi, des affrontements entre jeunes et policiers ayant été constatés dans deux quartiers de la périphérie de Tunis. Un homme de 25 ans est mort à Ettadhamen, une banlieue de la capitale, et des dégâts importants ont été constatés. Jamais un couvre-feu n’avait été imposé dans le pays depuis l’arrivée au pouvoir de Ben Ali, en 1987.
Tunis toujours sous surveillance
D’après les informations de l’agence France-Presse, des blindés et des unités d'intervention de la police ont remplacé ceux de l'armée sur l'avenue centrale Habib Bourguiba et sur la place Barcelone. Des dispositifs de sécurité renforcés ont été positionnés sur la route conduisant au palais présidentiel à Carthage, interdite à la circulation automobile.
Seuls deux véhicules de l'armée avec des soldats en armes étaient encore postés devant l'ambassade de France jeudi en milieu de journée.
Déjà, une tentative de marche a été stoppée par les forces spéciales, à coup de grenades lacrymogènes.
Les habitants se disent "ahuris"
Dans la capitale, les incidents ont démarré mercredi après-midi pendant un rassemblement qui a dégénéré. Des commerces ont été saccagés, des locaux municipaux endommagés, des abris de bus détruits, et un bus incendié.
"Toute la nuit, on a entendu des tirs, des cris et des bruits de casse", a confié une infirmière à l’AFP. Des habitants se sont déclarés "ahuris" par l'ampleur des dégâts dans la capitale.
Deux étrangers tués dans les manifestations
Au total, le bilan - non officiel - fait état d'au moins 66 morts depuis la mi-décembre, date du début des émeutes, d'après un chiffre fourni jeudi par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). Dans la nuit de mercredi à jeudi, 8 personnes seraient mortes et 50 auraient été blessées.
Sur le campus universitaire de Tunis, des enseignants se sont rassemblés jeudi pour protester contre l'"assassinat" de Hatem Bettahar, un professeur franco-tunisien qui avait exercé à l'Université de Compiègne. Il a été tué par des tirs de la police mercredi à Douz (sud).
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