Plusieurs centaines de manifestants ont occupé la rue. Plus à l’est, dans la ville portuaire de Suez, 2000 personnes se sont rassemblées. Après les manifestations de mardi émaillées de violences, qui ont fait quatre morts – trois manifestants et un policier –, Le Mouvement du 6 avril, un groupe de militants pro démocratie, a appelé à de nouveaux rassemblements «pour demander le droit de vivre, la liberté et la dignité». Selon des sources médicales, le nombre de morts est de cinq, dont un policier décédé mardi au Caire.
Le ministère de l’Intérieur a, néanmoins, averti qu’«aucun acte de provocation, rassemblement de protestation, marche ou manifestation ne sera permis».
Au moins 500 personnes ont été arrêtées en Egypte après la décision des autorités d’interdire les manifestations.
Parmi celles-ci figurent environ 90 personnes arrêtées dans le secteur de la place Tahrir, dans le centre du Caire, et 121 membres de l’organisation islamiste des Frères musulmans, officiellement interdite mais tolérée dans les faits, interpellés à Assiout, au sud de la capitale égyptienne.
Mohamad El Baradei, ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a indiqué que les manifestations des jeunes sont «le début d’un processus historique», estimant dans des déclarations à la presse que «la politique d’intimidation exercée par le régime est dépassée».
De nombreux dirigeants du parti Al Wafd ont participé aux manifestations, a rapporté la presse locale.
Le mouvement des Frères musulmans, interdit d’activité, et le Parti pour le rassemblement y ont également pris part.
Le Parti national démocrate a accusé les Frères musulmans et certains partis «sans base populaire» d’être derrière cette révolte
Il faut dire que les manifestations antigouvernementales de mardi, qui ont mobilisé des milliers de personnes à travers tout le pays, sont les plus importantes du genre survenues en Egypte depuis l’arrivée au pouvoir de M. Moubarak en 1981.
Dominées par des slogans demandant le départ de M. Moubarak, 82 ans, elles se sont inspirées de la révolte tunisienne qui a conduit au départ du président Zine El Abidine Ben Ali à la mi-janvier.
L’idée des manifestations a été fortement relayée, en particulier auprès des jeunes et des classes moyennes, à travers les réseaux sociaux.
Les appels de l’étranger
De l’étranger, les appels se sont multipliés demandant à l’Egypte d’engager des réformes répondant aux attentes de sa population, et soulignant par ailleurs l’importance de son rôle modérateur entre le monde arabe et Israël.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a invité les autorités égyptiennes à saisir l’opportunité des manifestations pour «s’intéresser aux problèmes légitimes du peuple», a souligné hier son porte-parole, Martin Nesirky.
La Maison-Blanche a appelé l’Egypte, un de ses proches alliés, à lever l’interdiction de manifester. Le porte-parole de la présidence américaine, Robert Gibbs, qui s’exprimait devant les journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, a estimé qu’il était important que le gouvernement du président Hosni Moubarak se montre «réceptif» envers son peuple.
Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a fait part de sa «préoccupation» face à la situation. Berlin s’est déclaré «très inquiet» de la situation, alors que Paris a déploré les morts et rappelé être favorable à «plus de démocratie dans tous les Etats». L’Italie a souhaité que M. Moubarak continue «à gouverner avec sagesse et clairvoyance». Israël, par la voix de son vice-Premier ministre, Sylvan Shalom, a espéré que les troubles n’auront pas d’impact sur ses relations avec l’Etat hébreu. L’Egypte est le premier pays arabe à avoir reconnu Israël. Avec plus de 80 millions d’habitants, l’Egypte est le pays le plus peuplé du monde arabe, et plus de 40% de sa population vit avec moins de deux dollars par jour et par personne.
Amel Blidi
Deux personnes ont été tuées aujourd'hui en Egypte dans les manifestations contre le régime du président Moubarak qui ont émaillé le pays. Le bilan total des violences dans le pays s'élève désormais à six morts. Un nouvel appel à la manifestation a été lancé pour vendredi, jour de la prière. Les réseaux sociaux Twitter et Facebook ont été coupés. L'Union européenne et les Etats-Unis protestent contre la répression.
Deux morts au Caire, 70 blessés à Suez, tel est le bilan des manifestations d'aujourd'hui en Egypte. Un policier et un civil ont été tués au Caire, ce qui porte le bilan total des violences à six morts. Mais selon un responsable égyptien qui a souhaité rester anonyme, ces deux derniers décès ne seraient pas liés aux troubles, mais résulteraient d'un accident de la circulation. Des bâtiments gouvernementaux ont été attaqués au cocktail Molotov et un bâtiment municipal a totalement brûlé à Suez. Dans cette ville, des émeutes ont éclaté suite au refus de la police de remettre le corps d'un des trois manifestants tués la veille.


0 commentaires:
Enregistrer un commentaire