
Le président du Parlement tunisien, Foued Mebazaa.AFP/FETHI BELAID
C'est un homme âgé – 78ans –, qui a collectionné les portefeuilles ministériels et les responsabilités politiques à l'époque d'Habib Bourguiba, le "père de l'indépendance", puis durant les années Ben Ali, qui se retrouve à la tête de la Tunisie. Un homme aussi qui a servi fidèlement le président déchu.
Dans un mémorandum de mai 2009 obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde, celui qui, par la grâce de la constitution, est le nouveau chef de l'Etat était présenté comme un septuagénaire sans ambition, "un homme loyal vis-à-vis de Ben Ali et qui ne représente pas un danger pour lui".
Se pencher sur la carrière de Foued Mebazaa [ou Fouad M'bazza] c'est effectivement découvrir un homme au parcours linéaire, d'abord maire de Tunis (1969-1973), ensuite ministre de la jeunesse et des sports sous Bourguiba (en 1973) – son premier poste ministériel –, avant de se retrouver à la santé publique puis à l'information. Ben Ali au pouvoir, en novembre 1987, M. Mebazaa demeure au gouvernement où il se voit confier le portefeuille de la jeunesse et des sports avant de devenir le maire de Carthage (1995-1998), la banlieue chic de Tunis.
IL A SU S'ACCOMODER DU REGIME POLICIER DE BEN ALI
L'homme, on l'a dit, n'a pas l'âme d'un résistant. Il appartient au bureau politique du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir. Et il sait s'accommoder du régime policier mis en place par Ben Ali. C'est donc sans état d'âme qu'il accepte de présider la chambre des députés (depuis octobre 1997) où l'opposition est quasi-absente.
Cette fonction en fait le deuxième personnage de l'Etat dans l'ordre protocolaire. Et c'est à ce titre qu'il se retrouve aujourd'hui chef de l'Etat. Sans doute n'avait-il jamais rêvé d'une telle fin de carrière.
Jean-Pierre TuquoiQue dit l'article 57 de la constitution tunisienne ?
En cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès, démission ou empêchement absolu, dispose l'article 57 de la constitution tunisienne, le président de la chambre des députés est immédiatement investi des fonctions de président de la République par intérim pour une période variant entre 45 jours au moins et 60 jours au plus.
Il prête le serment constitutionnel devant la chambre des céputés ou, le cas échéant, devant le bureau de la chambre des céputés.
Le président de la République par intérim exerce les attributions dévolues au président de la République sans, toutefois, pouvoir recourir au référendum, démettre le gouvernement, dissoudre la chambre des Députés ou prendre les mesures exceptionnelles prévues par l'article 46. Durant cette période, il ne peut être présenté de motion de censure contre le gouvernement.
Durant cette même période des élections présidentielles sont organisées pour élire un nouveau président de la République pour un mandat de cinq ans.
Le nouveau président de la République peut dissoudre la chambre des députés et organiser des élections législatives anticipées conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 63.
L'article 46 auquel il est fait référence, ici, stipule qu'en cas de péril imminent menaçant les institutions de la République, la sécurité et l'indépendance du pays, et entravant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le président de la République peut prendre les mesures exceptionnelles nécessitées par les circonstances, après consultation du premier ministre et du président de la chambre des députés.
Pendant cette période, le président de la République ne peut dissoudre la chambre des députés et il ne peut être présenté de motion de censure contre le gouvernement. Ces mesures cessent d'avoir effet dès qu'auront pris fin les circonstances qui les ont engendrées. Le président de la République adresse un message à la chambre des députés à ce sujet.
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