
Des policiers égyptiens dans le centre-ville du Caire, jeudi 27 décembre.AP/Lefteris Pitarakis
Avant une manifestation qui s'annonce importante, vendredi 28 janvier, le Parti national démocratique (PND) du président Hosni Moubarak est resté droit dans ses bottes. Lors d'une conférence de presse au siège du PND, son secrétaire général, Safwat El-Sharif, a indiqué que le gouvernement ne ferait pas la moindre concession, que ce soit sociale ou politique, promettant au contraire que les réformes continueraient. "La minorité n'imposera pas sa volonté à la majorité", a-t-il affirmé. Il a cependant assuré avoir demandé aux forces de l'ordre de faire preuve de retenue face aux manifestants.
Des nouveaux rassemblements et manifestations ont eu lieu, jeudi, dans plusieurs villes, notamment à Suez, à Ismaïliya, et, dans une moindre mesure, au Caire. Mais ils étaient moins importants que ceux de la veille, plusieurs dizaines de milliers d'Egyptiens avaient alors défilé dans la capitale. Plusieurs partis d'opposition et mouvements de jeunes ont appelé à un grand rassemblement, vendredi, après la traditionelle prière. Les cortèges devraient se former peu après 13 heures, heure locale, autour des mosquées.
Parmi les organisateurs, le Mouvement du 6-Avril, un des groupes les plus impliqués dans les récentes manifestations. Composé de jeunes opposants âgés de 20 à 30 ans, il n'est affilié à aucun parti politique. Il a vu le jour lors des journées de grève générale qui ont précédé les élections municipales en 2008. Son nom fait référence à la "Journée de colère", le 6 avril 2008, où de nombreuses organisations d'opposition avaient appelé à des manifestations en se coordonnant sur Internet.
Depuis cette époque, les membres du Mouvement du 6-Avril ont subi la répression du régime. Un de ses fondateurs, Ahmed Maher, a été arrêté en mai 2008, emprisonné et torturé. "Des responsables policiers m'ont appelé au téléphone et m'ont menacé sur Facebook, confiait-il à l'époque au Christian Science Monitor. Ils m'ont dit : 'La dernière fois c'était facile, la prochaine fois ça le sera moins'." En 2011, ils se retrouvent pourtant encore en premières lignes, dans la rue comme sur le Web. Leur page Facebook compte 26 780 membres et ils diffusent continuellement des informations et des appels au rassemblement sur leur compte Twitter.
"Mardi, nous avions un certain nombre de correspondants présents dans les différents quartiers du Caire où se sont tenues les manifestations, a expliqué Hassan Maher au Monde.fr. Ils tweetent, nous appellent, prennent des photos. Notre site et notre page Facebook sont ainsi constamment alimentés par ce qu'ils nous envoient et tout le monde peut suivre ce qui se passe pendant les manifestations, explique le jeune étudiant à l'université du Caire. Pour vendredi, ils ont appelé à une "marche (...) dans toute l'Egypte après 13 heures".

DR
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