mercredi 26 janvier 2011

Egypte: Le gouvernement interdit les manifestations

Mise à jour le mercredi 26 janvier 2011 sur le site radio-canada.c

Un manifestant blessé transporté par ses pairs au Caire.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Ben Curtis

Un manifestant blessé transporté par ses pairs au Caire.

Au lendemain de la plus importante mobilisation hostile au régime Moubarak où quatre personnes ont trouvé la mort, le gouvernement égyptien a interdit toutes nouvelles manifestations, mercredi.

« Aucun acte de provocation ou rassemblement de protestation, marche ou manifestation ne sera permis, et des procédures judiciaires immédiates seront engagées », a averti le ministère de l'intérieur.

Des militants prodémocratie se présentant comme le « Mouvement du 6 avril », en référence à une journée de grève étudiante massive en 2009, ont appelé sur leur page Facebook à de nouvelles protestations non seulement mercredi, mais dans les jours suivants.

La police antiémeute a été déployée au centre du Caire à l'aube, où plusieurs dizaines de protestataires se sont de nouveau fait évincer, faisant place au calme.

Aux dernières heures de la nuit, les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons d'arrosage pour disperser les derniers manifestants de la place Tahrir, au centre de la capitale. « À bas, à bas Hosni Moubarak! », scandaient-ils encore en quittant les lieux. Certains d'entre eux ont lancé des pierres aux policiers qui ont riposté pour les dissuader de regagner la place.

Un quatrième décès

Un autre manifestant est décédé de ses blessures, mercredi, portant à quatre le nombre de morts survenues lors des rassemblements antigouvernementaux, dont un policier. L'Égyptien de 45 ans avait été atteint au ventre par une balle en caoutchouc.

En outre, les autorités ont rapporté quelque 200 arrestations, dont 70 au Caire, et 50 à Suez, à quelque 100 km de la capitale.

Tandis que la presse indépendante soulignait l'ampleur du mouvement de protestation de la veille, la presse gouvernementale semblait minimiser son impact. Par exemple, le quotidien Al-Akhbar affirmait qu'il « y a eu des manifestations en certains endroits, tandis que la plupart des gouvernorats sont restés calmes ».

À l'étranger, l'Union européenne, la France et l'Allemagne ont invité mercredi les parties à faire preuve de retenue et ont demandé au pouvoir d'écouter les revendications des manifestants, faisant écho à la position des États-Unis.

Jamais, depuis l'entrée au pouvoir d'Hosni Moubarak en 1981, l'Égypte n'avait connu de manifestations d'une telle envergure, dont l'idée a été relayée à travers les réseaux sociaux. Twitter a indiqué que son accès est bloqué au pays depuis mardi aux environs de 16 h GMT.

Le mouvement, qui fait écho à la « révolution du jasmin » en Tunisie a été suivi dans de nombreuses villes du pays, dont Alexandrie et Assouan.

La semaine dernière, plusieurs Égyptiens se sont immolés par le feu, à l'instar du jeune Tunisien dont le geste de désespoir avait déclenché le soulèvement à Tunis.

La grogne exprimée en Tunisie a également gagné d'autres pays arabes, où ont eu lieu d'autres manifestations, notamment en Jordanie.

La police repousse les manifestants lors d'affrontements dans le centre du Caire.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Ben Curtis

La police repousse les manifestants lors d'affrontements dans le centre du Caire.


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