Un coup d’Etat et un tour de passe-passe constitutionnel?
Il y a deux lectures de la constitution tunisienne. Selon son article 56, en cas d’«empêchement provisoire, le Président de la République peut déléguer par décret ses attributions au Premier ministre». C’est ce qu’a invoqué dans sa déclaration le Premier ministre Mohammed Ghanouchi, en annonçant que le président Ben Ali était dans l'incapacité «temporaire» d'assumer ses responsabilités. En revanche, d’après l’article 57, «en cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d'empêchement absolu», et une fois celle-ci constatée par le Conseil constitutionnel, le président de la Chambre des députés — actuellement Fouad Mebazaâ, pas très apprécié par la population tunisienne — est «immédiatement investi des fonctions de la Présidence de l'Etat par intérim, pour une période variant entre quarante-cinq jours au moins et soixante jours au plus».
Selon un avocat tunisien contacté par un contributeur de Slate.fr, «il s'agit d'un tour de passe-passe constitutionnel pour éviter que cela soit le Président de l'Assemblée qui remplace Ben Ali». Plusieurs internautes, sceptiques, craignent que le 14 janvier 2011 soit un nouveau 7 novembre 1987, quand Ben Ali, Premier ministre, avait succédé au président Habib Bourguiba.
En attendant, Ben Ali est toujours président.
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