samedi 1 janvier 2011

1er janvier 2009 / 1er janvier 2011 : Gaza deux ans après … Et si les massacres recommençaient?!

Une opération terrestre contre Gaza se précise

Publié le 1er janvier 2009 sur le site le monde.fr
par Michel Bôle-Richard

Malgré les pressions internationales, Israël a refusé, mercredi 31 décembre 2008, les propositions de trêve formulées tant par l'Union européenne (UE) que par le Quartet (Etats-Unis, UE, Russie et ONU).
"Nous n'avons pas entrepris une opération dans la bande de Gaza pour la terminer alors même que les roquettes continuent de tomber comme auparavant", a déclaré le premier ministre israélien Ehoud Olmert au terme d'une réunion du cabinet de sécurité qui a duré six heures.

Description : http://pubs.lemonde.fr/5/PROCHEORIENT-LEMONDE/index_international/exclu/sponsor/2018528680/Middle1/OasDefault/default/empty.gif/35366362393432633439323539653830L'offensive "Plomb durci", lancée le 27 décembre, va donc continuer. Tout est prêt. La deuxième phase de l'opération pourrait même débuter dès vendredi 2 janvier. M. Olmert a estimé qu'"Israël a fait preuve de retenue pendant des années et accordé une chance à la possibilité d'un cessez-le-feu, mais le Hamas l'a violé".

Le premier ministre israélien n'a pas fait grand cas de la menace agitée mercredi par le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de renoncer aux négociations de paix avec Israël pour ne pas cautionner l'"agression" de l'Etat juif contre Gaza. De son côté, la Ligue arabe tente d'obtenir l'adoption d'une résolution par les Nations unies en faveur d'un cessez-le-feu.

Le chef du gouvernement israélien a malgré tout fait remarquer : "Si les conditions s'y prêtent, et si l'on nous propose une solution qui nous garantit une meilleure sécurité dans le Sud, nous pèserons le pour et le contre." "Mais nous n'en sommes pas encore là", a-t-il fait valoir, estimant que "la force de dissuasion d'Israël" était en jeu.

La proposition faite par la France d'une trêve humanitaire de 48 heures a également été rejetée. "Il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza, a insisté M. Olmert. Nous fournissons de façon constante de la nourriture et des médicaments et un cessez-le-feu humanitaire n'est donc pas nécessaire."

En dépit de plus de 400 morts déjà enregistrés depuis le 27 décembre, l'Etat juif entend donc poursuivre la guerre. Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas), de son côté, s'est déclaré favorable à l'instauration d'une trêve à condition que les points de passage de Gaza soient à nouveau ouverts et " que l'agression d'Israël soit stoppée sans condition", a annoncé Ismaïl Haniyeh, premier ministre du Hamas. "Nous pourrons alors discuter de toutes les questions de manière positive", a-t-il ajouté.

Les dirigeants de la bande de Gaza ont toujours affirmé que la trêve de six mois - commencée le 19 juin - n'avait pas permis d'améliorer la situation de la population. Les points de passage vers Israël sont restés fermés et celui de Rafah, en direction de l'Egypte, n'a pratiquement jamais été ouvert. Les leaders du Hamas ont toujours exigé que la reconduction du cessez-le-feu soit associée à la fin de ce blocus, qui n'a cessé de se renforcer depuis leur prise du pouvoir à Gaza en juin 2007.

Aujourd'hui encore, les deux questions sont liées. L'Etat juif ne semble cependant pas disposé à remettre en question le blocus imposé à ce territoire considéré officiellement comme "une entité hostile" depuis septembre 2007. Ce qui signifie que toute initiative diplomatique doit permettre d'aboutir à un accord sur ce point capital du blocus pour établir un cessez-le-feu durable.

En attendant, l'opération "Plomb durci" va reprendre et probablement se traduire par une incursion terrestre, même si Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères français, pense que "ce n'est pas une solution, car cela causera beaucoup de morts". Ehoud Olmert en convient également, affirmant : "Nous savons ce que sera le prix à payer pour permettre à la population du Néguev de vivre sans inquiétudes."

"Nous sommes prêts à tous les cas de figure et nous combattrons jusqu'au dernier souffle", a répondu à l'AFP le chef du groupe parlementaire du Hamas, Moushir Al-Masri. Abou Obeida, porte-parole de l'aile militaire, a quant à lui prévenu : "Si vous entrez à Gaza, les enfants vont ramasser vos chairs et les restes de vos tanks qui seront répandus dans les rues." Au-delà des sinistres fanfaronnades, tout le monde est conscient en Israël des risques que comporte une invasion, même partielle, de la bande de Gaza, plus compliquée que les raids aériens menés jusqu'à présent. Le risque de bavures ou d'enlisement n'est pas à négliger.

L'état-major israélien affirme que les leçons de la deuxième guerre du Liban de l'été 2006 ont été tirées. Alors que 71 % des Israéliens sont favorables à la poursuite de l'offensive, selon un sondage publié jeudi 1er janvier par le quotidien Haaretz, les raids aériens continuent. Selon l'armée, 25 cibles ont été frappées, mercredi, dont une mosquée dans laquelle des combattants étaient supposés se cacher. Jeudi matin, c'est le siège du Conseil législatif palestinien (Parlement) qui a été touché par des missiles.

La marine a également ouvert le feu sur plusieurs bâtiments. Près de 500 objectifs ont déjà été détruits depuis le 27 décembre.

Par ailleurs, les roquettes continuent de tomber sur le sud d'Israël. Au moins 60 projectiles ont été tirés mercredi, dont quatre ont atteint Beersheva, à 40 kilomètres de la frontière de la bande de Gaza. Une école vide a été touchée. La zone militaire fermée autour de Gaza a été étendue à 40 kilomètres.

Michel Bôle-Richard

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Bernard Kouchner reçoit Tzipi Livni

Publié le 1er janvier 2009 sur le site alterinfo.net

La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni est arrivée jeudi à Paris pour rencontrer le président Nicolas Sarkozy et tenter d’expliquer le refus par Israël à ce stade d’un cessez-le-feu avec le Hamas.
"Ici on a l’impression de comprendre qu’Israël ne veut pas le cessez-le-feu. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit", a déclaré Mme Livni dans un entretien à i-télé. "Notre capacité à entrer dans un cessez-le-feu est liée à l’arrêt des tirs du Hamas sur les citoyens israéliens", a-t-elle ajouté.
Mme Livni doit rencontrer le chef de l’Etat à l’Elysée à 16H00, après avoir déjeuné avec son homologue Bernard Kouchner, au sixième jour d’une offensive israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza.
Le gouvernement israélien a rejeté mercredi les propositions de trêve formulées mardi par l’Union européenne et le Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, Russie et ONU).
De son côté, le Hamas a annoncé jeudi qu’il acceptait "sous conditions" les propositions formulées par l’Union européennes en vue d’une trêve avec Israël dans la bande de Gaza. L’une de ces conditions est que "l’agression (israélienne) cesse".
Nicolas Sarkozy, qui vient de céder la présidence de l’Union européenne à la République tchèque, a annoncé qu’il se rendrait lundi au Proche-Orient pour "chercher les chemins de la paix".
Cette tournée éclair doit le conduire successivement lundi en Egypte, puis en Cisjordanie et en Israël, et mardi en Syrie puis au Liban.
"Je pense que la France, avec le rôle que joue son président dans la lutte contre le terrorisme, pourra apporter quelque chose", a commenté Mme Livni.
Elle a également assuré qu’Israël ne souhaitait pas "réoccuper" la bande de Gaza. "S’il faut envoyer des forces terrestres sur le territoire, on va le faire mais nous ne voulons absolument pas réoccuper Gaza c’est le contraire de ce que nous souhaitons", a déclaré Mme Livni.
Interrogée sur la volonté d’Israël de voir le Hamas quitter le pouvoir à Gaza, elle a affirmé que "pour le moment ce n’est absolument pas l’objectif de l’opération". "L’objectif, c’est de vivre en paix. Mais il est évident que tant que le Hamas règnera à Gaza, les chances de paix sont très basses", a-t-elle ajouté.
Mme Livni a aussi qualifié l’offensive israélienne, d’un point de vue militaire, de "grand succès en matière d’objectifs atteints".
Au total, plus de 400 Palestiniens, en majorité membres du Hamas, ont été tués, et quelque 2.000 blessés dans les attaques israéliennes depuis samedi, selon les services d’urgence à Gaza.
Des tirs de roquettes depuis Gaza ont fait depuis samedi quatre morts en Israël, dont un soldat, et plusieurs dizaines de blessés.
Une dizaine de ces engins se sont abattus jeudi matin dans le sud d’Israël, notamment à Beersheva, et à Ashdod, où un immeuble a été frappé, selon l’armée.

Livni réitère son rejet de la proposition française de trêve

La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui effectuait jeudi une visite à Paris pour rencontrer Nicolas Sarkozy, a réaffirmé par voie de communiqué son rejet de la proposition française d’un cessez-le-feu de 48 heures dans la bande de Gaza pour permettre l’acheminement d’une aide humanitaire.
"Il n’y a pas de crise humanitaire dans la bande, et par conséquent pas besoin de trêve humanitaire", a déclaré Livni dans le communiqué diffusé par le ministère israélien des Affaires étrangères à Jérusalem.
"Israël apporte une aide humanitaire globale à la bande de Gaza (...) et l’a même accrue aujourd’hui", ajoute-t-elle.

Un chef politique du Hamas tué dans un raid israélien

Un chef politico-religieux du Hamas, Nizar Rayyane, et neuf de ses proches ont été tués dans un raid lancé par l’aviation israélienne contre leur maison dans le camp de réfugiés palestiniens de Djabaliah.
Rayyane est la première personnalité notable du mouvement islamiste, dont il passait pour un des dirigeants les plus radicaux, a être victime des raids israéliens, qui ont fait plus de 400 morts depuis samedi, dont un quart de civils.
Rayyane, influent prédicateur titulaire de la "mosquée des martyrs", s’était prononcé pour la reprise des attentats suicide contre Israël mais avait refusé le conseil du Hamas de quitter sa maison, rapporte la radio du mouvement.
De nombreux dirigeants du Hamas ont plongé dans la clandestinité depuis le début des hostilités, craignant d’être victime d’une nouvelle vague d’assassinats ciblés de la part de l’armée israélienne.
Prié de dire si Israël avait entrepris de liquider méthodiquement les dirigeants du Hamas, le commandant Avital Leibovitch, porte-parole de l’armée israélienne, s’est bornée à répondre : "L’opération se poursuit conformément aux plans."
Agé de 49 ans, enseignant à l’université islamique de Gaza, dont un laboratoire a été visé par l’aviation israélienne le week-end dernier, Rayyane aimait parfois accompagner, cartouchière en bandoulière, les combattants du Hamas dans leurs patrouilles de rue.
Quelques heures avant son élimination, le Premier ministre israélien Ehud Olmert avait assuré que l’Etat juif n’était pas en guerre contre les Gazaouis mais qu’il traiterait le Hamas d’une "main de fer".
Le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnai, avait déclaré pour sa part : "Notre action vise à infliger au Hamas un coup sévère. C’est exactement ce que nous avons dit d’emblée et rien n’a changé. Le Hamas a déjà été blessé."
"Le sang du cheikh Nizar Rayyane et celui de nos autres martyrs ne sera jamais versé en vain et l’ennemi paiera au prix fort les crimes qu’il a commis", a déclaré un autre dirigeant du Hamas, Aymane Taha.

Sixième jour de raids aériens sur Gaza et de tirs de roquettes

Au sixième jour d’hostilités, l’aviation et la marine israéliennes ont bombardé une vingtaine de cibles liées au Hamas, notamment des ministères du mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza depuis un an et demi.
De source palestinienne, on déclare que ces attaques ont fait trois morts parmi la population civile et une centaine de blessés, portant le bilan des victimes depuis le début de l’offensive israélienne à plus de 400 morts et 1.700 blessés.
De son côté, le Hamas a tiré une vingtaine de roquettes sur Israël, détruisant le huitième étage d’un immeuble d’habitation de la ville d’Ashdod, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Jérusalem, sur la côte méditerranéenne. Cette action n’a fait aucun mort mais plusieurs civils ont été commotionnés.
Quelques instants avant que les images de l’attaque d’Ashdod ne soient diffusées en boucle sur les chaînes de télévision israéliennes, le Premier ministre Ehud Olmert s’était rendu à Bersheeba, la ville principale du désert du Néguev, atteinte mardi et mercredi par des roquettes.
Celles-ci n’ont fait aucune victime mais c’était la première fois depuis l’embrasement de samedi dernier que des projectiles tirés de Gaza tombaient aussi loin en territoire israélien. "Nous n’avons pas déclaré la guerre aux habitants de Gaza mais, face au Hamas, nous agirons d’une main de fer", a promis Olmert.
On apprenait peu après qu’un haut responsable politique du Hamas, partisan d’une reprise des attentats suicide, Nizar Rayyane, avait été tué avec six membres de sa famille lors d’un raid aérien israélien.
Olmert, qui avait rejeté mercredi les appels à la trêve de la communauté internationale, a assuré qu’Israël n’avait "pas intérêt à se lancer dans une guerre prolongée" à Gaza, que les colons et militaires juifs ont évacué unilatéralement à l’été 2005 après 38 ans d’occupation.
Mais troupes et chars israéliens sont massés aux frontières du territoire en vue de l’offensive terrestre éclair que, selon le journal Haaretz, l’état-major a recommandé au gouvernement de lancer, malgré les risques de pertes militaires, dans la petite enclave côtière surpeuplée.
En vue de cette possible opération, qui pourrait avoir été différée ces jours derniers par une pluie qui a maintenant cessé, Israël a rappelé sous les drapeaux 9.000 réservistes. "Ce n’est qu’un début", a averti le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnai. "Notre action vise à infliger au Hamas un coup sévère. C’est exactement ce que nous avons dit d’emblée et rien n’a changé. Le Hamas a déjà été blessé", a-t-il ajouté.
Le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a dit pour sa part qu’aucune proposition de trêve ne saurait être envisagée avant l’arrêt des raids israéliens et la fin du blocus du territoire. "Après, on pourra parler de l’ensemble des problèmes sans exception", a-t-il dit.
Malgré tout, les efforts diplomatiques pour tenter d’arracher une trêve durable aux belligérants se poursuivent.
Le Conseil de sécurité s’efforce laborieusement d’aboutir à un texte consensuel et la nouvelle présidence tchèque de l’Union européenne s’apprête à dépêcher une mission dans la région.
A Paris, Nicolas Sarkozy, président sortant de l’UE, devait recevoir dans la journée Tzipi Livni, chef de la diplomatie israélienne, mais celle-ci devrait lui confirmer que l’Etat juif ne veut pas de trêve avant de s’être assuré qu’il ne serait plus la cible des tirs des activistes palestiniens de Gaza.
L’offensive militaire contre le Hamas à Gaza influera sans doute sur l’issue des élections législatives israéliennes prévues dans six semaines. Selon un sondage publié jeudi par Haaretz, une majorité d’Israéliens l’approuvent. Mais un cinquième seulement applaudiraient une incursion terrestre.
Tandis que les vivres se raréfient à Gaza et que les hôpitaux sont débordés, Israël a fait savoir qu’il laisserait entrer jeudi dans le territoire, soumis à un strict blocus depuis sa prise de contrôle par le Hamas en juin 2007, une centaine de camions chargés d’aide humanitaire, soit autant que la veille.

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