jeudi 30 septembre 2010

L'imagerie antisémite de Roger Waters (ex Pink Floyd)

Publié le 29 septembre 2010 sur le site mounadil.blogspot.com


Roger Waters (ex Pink Floyd) effectue actuellement une tournée de spectacles intitulée "The Wall Live".

Au cours de ses concerts, Waters propose aux spectateurs la projection d'une animation dans laquelle on voit un avion larguer des bombes qui ont une forme très particulière, celles de symboles religieux, politiques ou de signes renvoyant à la civilisation matérielle.
Cette animation a eu le don d'irriter l'Anti Defamation League (équivalent de la LICRA en Amérique du Nord) qui reproche au musicien de
Or, comme le fait remarquer The Gothamist (USA):

Voici une liste des symboles qu'on peut voir largués comme des bombes par un avion dans une projection vidéo au cours du concert The Wall de Roger Waters: des croix, des croissants, des logos Shell [la société pétrolière, NdT], des symboles du dollar |$], des faucilles et des marteaux, des logos Mecedes benz et l'étoile de David. Et voici le nombre de communiqués de presse publiés en protestation contre cette imagerie: Un. Vous voulez savoir qui est scandalisé?

La réponse est dans le titre de l'article, c'est l'Anti Defamation League bien entendu.



Pour aller au fond des choses, The Gothamist a interrogé son rabbin maison, un certain Ben Yakas:
"L'ordre dans lequel il met toutes ces choses est malheureux, mais je ne pense pas que c'était forcément quelque chose d'antisémite visant directement les "Juifs et leur argent". C'est trop vague pour ça. Il y a des croix et des croissants et des logos de compagnie pétrolière qui tombent tous en même temps. C'est juste une mauvaise juxtaposition. Ce qui est plus choquant est la chanson; c'est presque un plagiat du refrain de Ruby Tuesday !"[morceau des Rolling Stones, NdT].
Avant de finir sur une pointe d'humour, The Gothamist demande quand même si tout ça est plus choquant que la politique sioniste de construction de nouvelles colonies dans les territoires palestiniens occupés.

Sur ce sujet, on lira également avec intérêt les réflexions de Gilad Atzmon.

A quoi sert Avigdor Lieberman ?

Publié le mercredi 29 septembre 2010 sur le site blog.mondediplo.net
par Alain Gresh

Le ministre des affaires étrangères israélien est intervenu le 28 septembre devant l’Assemblée générale des Nations unies (lire le texte en anglais – PDF). Si les délégations palestinienne et iranienne ont quitté la salle pour protester, celles de l’Union européenne sont restées impassible devant cette attaque en règle contre toute perspective de paix et devant ses propositions d’échange de population qui aboutiraient à des pays ethniquement (ou religieusement) purs.

Que dit Avigdor Lieberman en substance ?

Voici ce qu’en rapporte le centre d’actualité de l’ONU (« Israël déclare être prêt pour une solution équitable avec les Palestiniens », 28 septembre).

Il s’attaque d’abord à trois « idées reçues » sur le conflit israélo-palestinien et le processus de paix.

« Contrairement à l’idée qui prévaut, selon laquelle le conflit israélo-palestinien est au cœur de l’instabilité au Moyen-Orient ou à l’origine de nombreux conflits dans la région, la réalité est entièrement différente. (...) 90% des conflits au Moyen-Orient, guerre Iran-Irak, guerre du Golfe, guerre au Yémen, guerre au Liban, guerre en Algérie, n’étaient pas liés à Israël . »

Ce qu’il oublie de souligner, c’est que la non-solution du conflit israélo-palestinien alimente la haine de l’Occident, comme l’ont reconnu pour la première fois de nombreux responsables américains, dont le général David Petraeus, actuel chef des troupes américaines en Irak. Devant la commission des forces armées du Sénat, alors qu’il commandait le Centcom, le commandement américain pour toutes les forces au Proche-Orient, le 16 mars 2010, il a déclaré :

« Les hostilités persistantes entre Israël et certains de ses voisins représentent un défi particulier pour notre capacité à faire avancer nos intérêts dans [notre] zone de responsabilité. Les tensions israélo-palestiniennes se transforment souvent en violences et en confrontations armées à grande échelle. Le conflit provoque un sentiment anti-américain, à cause de la perception du favoritisme des Etats-Unis à l’égard d’Israël. La colère arabe sur la question palestinienne limite la puissance et la profondeur de nos relations avec des gouvernements et des peuples de cette zone de responsabilité, et affaiblit la légitimité des régimes modérés dans le monde arabe. Pendant ce temps-là, Al-Qaida et d’autres groupes militants exploitent la colère pour mobiliser. Le conflit offre également à l’Iran une influence dans le monde arabe via ses satellites, le Hezbollah libanais et le Hamas. »

« La deuxième explication fausse qui a gagné en popularité, c’est l’idée selon laquelle la racine du problème, c’est ce qui est appelé “l’occupation”, les colonies en Judée-Samarie et les colons eux-mêmes, et que seul un Etat palestinien indépendant en Judée-Samarie et à Gaza peut assurer la paix à toute la région », a ajouté M. Lieberman, soulignant que la paix avec l’Egypte et la Jordanie avait été signée malgré les colonies.

Rappelons que la paix avec l’Egypte n’a pu être signée que parce qu’Israël a démantelé les colonies dans le Sinaï, et que la Jordanie a signé la paix en 1994 parce qu’elle n’avait pas de contentieux territorial avec Israël, ayant renoncé à toute souveraineté sur la Cisjordanie.

Les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ne sont pas seulement illégales du point de vue du droit international, elles vont à l’encontre du but proclamé d’un Etat palestinien indépendant.

Enfin, troisième idée reçue selon le chef de la diplomatie israélienne, « le problème palestinien empêche un front international uni face à l’Iran ». Pour lui, « le même argument peut être utilisé ailleurs, le problème palestinien empêche une action contre la Corée du Nord, la piraterie en Somalie, la crise humanitaire au Soudan ». Pour Avigdor Liberman, « le lien entre l’Iran et le conflit israélo-palestinien est inverse », l’Iran utilise le conflit israélo-palestinien à ses fins, alors que « le problème de l’Iran doit être résolu en premier ».

Là encore, il ne répond pas à l’argument de l’administration américaine qui note que forger une alliance contre l’Iran avec les pays arabes modérés est plus difficile du fait que la Palestine reste sous occupation et que le régime iranien brandit la défense de la cause palestinienne.

A partir de cette analyse, le ministre souligne qu’un accord est difficile, impossible même à court terme.

« Le problème émotionnel est lié au manque de confiance entre les parties et aux questions de Jérusalem et de la reconnaissance d’Israël comme foyer du peuple juif. » Résoudre ce problème n’étant pas possible pour l’instant, il faudra « un accord intermédiaire sur le long terme ».

Cet idée d’accord intérimaire à long terme (le ministre ne pense pas qu’un accord sera possible avant des décennies), on ne voit pas très bien ce qui la différencie de l’occupation à long terme, puisque pour le ministre il faut continuer la colonisation, qui, d’ailleurs, n’a jamais cessé.

Mais le meilleur de son discours est pour la fin :

« Le principe qui doit guider la recherche d’un accord final, ce n’est pas la paix contre des territoires, c’est la paix contre l’échange de territoires peuplés. Je ne parle pas de faire bouger les populations, mais de faire bouger les frontières pour mieux refléter les réalités démographiques. »

En termes plus clairs : se débarrasser de la population arabe d’Israël qui ne peut faire de bons citoyens d’un « Etat juif ». Il est toujours étonnant qu’une telle proposition ne soulève que peu de réprobation au niveau international.

Il est vrai que Benyamin Nétanyahou a déclaré (« A l’ONU, Avigdor Lieberman irrite Benjamin Netanyahu », Rtbf.be, 28 septembre) :

« Le contenu du discours du ministre des affaires étrangères aux Nations unies n’a pas été coordonné avec le premier ministre. C’est le premier ministre Benjamin Netanyahu qui s’occupe des négociations diplomatiques. Les différents arrangements pour la paix seront définis uniquement autour de la table des négociations et nulle part ailleurs. »

Cette mise au point appelle elle-même deux mises au point : d’abord, le communiqué ne condamne pas explicitement les propositions racistes du chef de la diplomatie israélienne ; ensuite, Lieberman permet au premier ministre – qui a décidé la fin du moratoire sur la construction des colonies – d’apparaître comme « modéré ». Les Etats-Unis et l’Union européenne peuvent ainsi poursuivre une politique d’apaisement à l’égard d’un premier ministre dont il faudrait comprendre les problèmes internes, les problèmes d’alliance, le poids de son aile droite, etc. Cet argument n’est jamais employé quand on parle des Palestiniens, sans doute parce que nous sommes convaincus qu’il n’existe pas d’opinion publique palestinienne, mais simplement « la rue », masse informe et sans vraie volonté politique.

Cela étant, la question se pose de la possibilité de la création d’un Etat palestinien sur le territoire de la Cisjordanie et de Gaza. J’y reviens longuement dans un article, « Un seul Etat pour deux rêves » (Le Monde diplomatique, octobre 2010, en kiosques). En voici le début.

« Le moindre danger, le moindre mal, serait la création d’un Etat unique avec des droits égaux pour tous ses citoyens », annonce le président du Parlement. Figure de la vie politique, un ancien ministre surenchérit : il n’existe plus désormais d’autre option que la proclamation d’un seul Etat sur tout le territoire historique de la Palestine, de la Méditerranée au Jourdain. Une jeune députée aux convictions religieuses bien ancrées défend les mêmes conclusions. Trois personnalités palestiniennes ? Trois membres de l’organisation islamiste Hamas ? Trois antisionistes européens ? Non : ce diagnostic a été formulé par trois membres éminents de la droite israélienne.

Le premier, M. Reuven Rivlin, récuse l’idée d’une menace démographique arabe et observe que cette manière de penser « amène à évoquer le transfert ou le fait qu’il faudrait tuer les Arabes. Je suis horrifié par ces propos. Je vais dans les écoles où, lors de simulations d’élections, Lieberman [le ministre des affaires étrangères, dirigeant du parti d’extrême droite Israël Beitenou] obtient 40 % des voix et j’entends des enfants dire qu’il faudrait tuer des Arabes. (…) Ce type d’attitude a été créé par la position condescendante des socialistes [le Parti travailliste] qui affirment : “Nous [les Juifs] ici et eux [les Arabes] là-bas.” Je ne l’ai jamais compris. Quand Jabotinsky [1] disait : “Sion nous appartient”, il voulait dire un premier ministre juif et un vice-premier ministre arabe [2] ».

Le second, M. Moshe Arens, s’est illustré comme ministre de la défense et ministre des affaires étrangères dans les années 1980. Parrain politique de M. Benyamin Netanyahou, catalogué comme un « faucon », il s’est exprimé dans une tribune du quotidien Haaretz : « Que se passerait-il si la souveraineté israélienne s’appliquait à la Judée et à la Samarie et que l’on offrait à la population palestinienne la citoyenneté israélienne ? Ceux qui, en Israël et à l’étranger, considèrent “l’occupation” comme un mal insupportable seraient soulagés par un changement qui libérerait Israël de ce fardeau [3]. »

(...)

URL de l'article: http://blog.mondediplo.net/2010-09-29-A-quoi-sert-Avigdor-Lieberman

Trilogie Israélienne

Publiée le 27 septembre 2010 sur le site legrandsoir.info

Trilogie Israélienne : 1. « Les Hasbaras » pour les nuls !
par Salah HORCHANI

Remarque préliminaire : Pour la signification du terme « Hasbaras », se reporter à la Note 1. ci-dessous.

L’Etat Israélien a fait des « Hasbaras » le fer de lance de ses diverses tentatives visant à manipuler, du moins à remodeler, les opinions publiques de l’intérieur et de l’extérieur. Ils sont, depuis quelques années, présents sur tous les médias et tous les fronts, et, particulièrement, sur les sites Internet, traitant du conflit israélo-palestinien. Disposant de moyens matériels, de plus en plus sophistiqués, et financiers, de plus en plus importants, ils ne ratent aucun forum dans lequel il est question d’Israël ou de la Palestine. Leurs cibles sont nombreuses et variées. En font partie, entre autres : le Times, le Guardian, Sky News, la BBC, Yahoo ! News, l’Huffington Post, le Dutch Telegraaf, le Figaro, lemonde.fr, Wikipedia, …ainsi que d’autres sites d’information et de forums publics (dont fait, certainement, partie le site actuel où est publié cet article) en allemand, anglais, arabe, espagnol, français, hébreu, hollandais, … En particulier, tout site d’information ou de discussion, important ou influant, considéré critique envers la politique israélienne, en fait, automatiquement, partie. Initialement, cette tentative de manipulation des médias et des opinions publiques a été orchestrée soit par des services israéliens liés aux Ambassades, soit par des cyber-activistes liés a des sites pro-israéliens tels que le site « Giyus » qui, avec son logiciel « Megaphone » de suivi des médias, permet aux dits cyber-activistes de recevoir, en temps réel, des alertes leur indiquant d’intervenir sur tel ou tel site. Il convient de souligner que le terme « Giyus » est l’acronyme de « Give Israel Your United Support » (« Soutenez Israël, tous unis »). Il est établi que, depuis l’« Opération Plomb Durci » (cf. la Note1. ci-dessous), c’est le Ministère des Affaires Etrangères israélien qui orchestre, lui-même, ces diverses stratégies (publiques ou privées) de désinformation et de propagande par le biais, en particulier, de ses « Brigades de Hasbaras ». Ces Brigades, éparpillées à travers la planète, ont comme principale mission d’inonder les sites d’informations, d’arguments, de données préprogrammées, de commentaires et d’articles pro-israéliens. En plus des arguments et commentaires fournis par le Ministère des Affaires Etrangères, les activistes pro-israéliens ont accès à une Banque de Données, ainsi qu’à des documents sources top-secrets, pro-israéliens, qu’ils peuvent utiliser, à leur guise, comme référence dans leurs propres commentaires et articles.

Il convient de souligner, dans ce contexte, que depuis que le Ministère des Affaires étrangères israélien a centralisé entre ses mains les « Opérations de Hasbara », on assiste à une remarquable harmonie entre les déclarations du Gouvernement Israélien et les déclarations des ténors de sa ligne de défense, adeptes de la devise « Même lorsque Israël a tort, Israël a raison », et ce, entre autres, chaque fois qu’Israël est mis, pour tel ou tel de ses actes, au banc des accusés par la Communauté Internationale. Ainsi, à titre d’exemple, la première déclaration du Premier Ministre Israélien, Benyamin Netanyahu, après le massacre, par la Marine Israélienne, le 31 mai 2010, à l’encontre de la « Flottille de la Paix », est de dire : « Laisser retomber la vague ‘‘d’hypocrisie qui déferle dans le monde’’ contre Israël ! » (Le Figaro daté du 03/06/2010). Et, par hasard, on retrouve, également, le thème de l’« hypocrisie » dans les premiers propos de Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut, défendant Israël contre la condamnation unanime du dit massacre par la Communauté Internationale : en effet, le premier a dénoncé « les bataillons de tartuffes » et le second a déclaré qu’ « Il y a dans cette attitude un mélange de mauvaise foi et d’angélisme qui me fait très peur », (lemonde.fr | 07.06.10 |). En outre, on lit dans « lemonde.fr », daté du 09/06/2010, que Benyamin Netanyahou a déclaré, au sujet du blocus de Gaza, que « les Gazaouis ne sont pas assiégés » et ne connaissent pas de « crise humanitaire ». Et il est, pour le moins, surprenant que nos deux philosophes, comme tous les « Hasbaras » et les sites qui leur sont affiliés, ont adopté, comme Benyamin Netanyahou, la chanson « Tout va très bien, madame la Marquise, tout va très bien », quant à la situation humanitaire à Gaza.

Les Hasbaras d’aujourd’hui n’hésitent pas à prendre à leur compte la propagande des Hasbaras d’hier (représentés par la Fédération Sioniste), et ce, par exemple, en présentant la Palestine d’avant 1948 comme étant une terre sans peuple servant, uniquement, de pâturage pour les nomades !

En effet, lors de la Conférence Internationale de la Paix de Paris, de 1919, organisée par les vainqueurs de la Première Guerre Mondiale afin d’arrêter les « Traités de Paix » entre eux et les vaincus, et suite à la Lettre Ouverte adressée, le 2 novembre 1917, par le Ministre britannique des Affaires Étrangères (Arthur James Balfour) à la Fédération Sioniste (par le biais de Lionel Walter Rothschild), cf. la Note 2. ci-dessous, la Fédération Sioniste a présenté une carte de la Palestine montrant ce pays comme étant une« terre sans peuple » constituée simplement d’« une terre de pâturage pour les nomades » : c’est une « terra nullius » affirmait-elle. Alors qu’en réalité, à l’époque de ladite Conférence, la population totale de la Palestine s’élevait à, environ, 800.000 habitants (dont 80% d’arabes-musulmans, 10% d’arabes-chrétiens et 10% de juifs) vivant dans, environ, 1000 villes et villages, la plupart vieux de 2000 ans, selon Eusèbe, évêque de Césarée, qui les a enregistrés au quatrième siècle, et selon Victor Guérin qui a fait paraître, en 1863, un ouvrage de huit volumes décrivant son voyage à travers presque tous les villages et villes palestiniens.

Parmi les outils, considérés comme étant de« véritable mine d’or de (faux) arguments, de stratégie et de tactique », qui ont étés mis à la disposition des “Hasbaras”, on peut citer :

1. Le manuel « secret » des « Hasbaras » intitulé « The Israel Project’s 2009, Global Language Dictionary » (116 pages) ; voir à ce sujet : http://www.richardsilverstein.com/t...

2. “Hasbara Handbook : Promoting Israel on Campus” (131pages) (The World Union of Jewish Students, Jerusalem 2002, www.wujs.org.il).

En outre, une visite aux divers sites animés par la propagande israélienne, dont, par exemple, le site d’« Israel Citizens Information Council » (www.hasbara.com.), donne un idée de la stratégie d’encadrement des Hasbaras dont on va exposer, dans ce qui suit, un aperçu composé d’un échantillon significatif de documents, activités, assistances et conseils mis à leur disposition :

. Document montrant « en détail comment l’Autorité Palestinienne a violé tous les engagements et promesses contenus dans les Accords d’Oslo ».

. Document montrant « comment les colonies de peuplement juives (dans les territoires palestiniens occupés) sont juridiquement légales sur le plan du Droit International et comment les Juifs et les Arabes peuvent vivre ensemble en paix ».

. Document suggérant qu’« il fait bon vivre à Gaza qui ne manque de rien, que tout y est en diversité et en abondance ».

. Document montrant « comment les forces armées israéliennes sont un reflet du peuple d’Israël, avec une longue histoire de la « pureté des armes » et des préoccupations humanitaires, fournissant une aide pour les Israéliens et le monde à bien des égards ».

. Parmi les activités mises à la disposition des Hasbaras, on peut citer :-Une formation conduisant à maîtriser sa façon de « parler et de paraître », en présence des médias.- Participation à des stages et des cours organisés par le Ministère des Affaires Etrangères israélien sous l’égide « d’universitaires, de professionnels et de militants, en liaison avec les communautés en dehors d’Israël ».-Hébergement des groupes de visiteurs étrangers et « organisation de voyages et de déjeuners gratuits pour les journalistes, les commentateurs et les conférenciers influents ».

. Parmi les assistances mises à la disposition des Hasbaras, on peut citer la fourniture d’ « aperçus concis sur des thèmes spécifiques relatifs à Israël et le monde arabe, traitant de questions qui sont souvent présentes dans les discussions dans les forums publics », ainsi que l’expédition « de messages quotidiens, d’alertes », en temps réel, « de matériel », dont « un ensemble de logiciels, et d’une liste de cibles ».

. Parmi les Conseils prodigués aux Hasbaras, on peut citer, en vrac, les suivants :- « Le ministère des Affaires étrangères fait de gros efforts pour rééquilibrer les médias, mais nous savons tous que cette bataille se joue sur les volumes. Plus nous nous impliquons dans des commentaires, blogs, réponses, votes, plus nous gagnons d’opinions favorables à notre cause ».-« identifiez les batailles sur Internet dans les différentes langues et informez-nous en ».-« Commentez/publiez/votez sur les sites listés et les autres ; vous pouvez utiliser les sources en pièce jointe ».- « Ecrivez des lettres aux auteurs et aux éditeurs. Présentez-vous comme un habitant du coin ».- « Les injures : Grâce à l’utilisation prudente des mots, puis des insultes », on peut arriver à « attacher un symbole négatif à une personne ou à une idée »et conduire « le lecteur à rejeter la personne ou l’idée sur la base d’associations négatives, sans permettre un véritable examen de cette personne ou de cette idée ».- « Faites participer vos amis à cette activité ».-Sachez que plus vos interventions dans les commentaires sont nombreuses plus elles « modifient l’équilibre et le ton de la discussion et lui donnent une coloration beaucoup plus favorable à Israël qu’elle ne devrait l’être ».- « Ne prétendez pas qu’Israël est sans erreur, ni faute ; on ne vous croira pas. Admettez qu’Israël peut commettre des erreurs ; ne pas les spécifier et changer le sujet le plus rapidement possible ».- « Utilisez l’humilité pour que le lecteur soit convaincu que vous êtes un ’’gars ordinaire’’ comme lui, digne de confiance ».-« Evoquez la Shoa ».- « Rappelez aux gens - encore et encore – qu’Israël veut la paix et qu’il lutte contre le terrorisme et non pour la terre. Evitez d’utiliser des revendications religieuses d’Israël comme une des raisons pour lesquelles Israël ne devrait pas abandonner la terre. De telles affirmations font d’Israël un pays extrémiste aux yeux des gens qui ne sont pas religieux ».-« Le ministère des Affaires étrangères s’inquiète de l’opinion publique défavorable en Europe. Par conséquent, concentrez, s’il vous plaît, vos efforts sur les médias européens ».

Dans ce cadre, l’article de Daniel Greenfield, intitulé « Ce n’est pas de la Hasbara, c’est la réalité ! » et paru sur le Site de l’ « Union des Patrons Juifs de France » (www.upjf.org/.../article-187..., cf., aussi,http://sionisme.xooit.com/t19451-Ce...), analyse les raisons qui ont poussé Israël et les groupes pro-israéliens à développer , de plus en plus, des opérations de hasbara afin de gagner cette « Guerre de Relations Publiques ». Il reconnaît qu’« Israël, à maintes reprises, s’est tiré lui-même une balle dans le pied, concernant les Relations Publiques »,qu’« un nombre considérable d’Européens ont une aversion d’Israël » et que « La couverture médiatique Européenne est ouvertement hostile à Israël ».

Devant l’échec subi par les « Opérations de Hasbara » en Europe, en n’arrivant pas à manipuler, globalement, son opinion publique et ce malgré les moyens mis en jeu, le Gouvernement Benyamin Netanyahou a pensé qu’un moyen d’y arriver est de manipuler, d’abord, les personnalités européennes influentes. Pour ce faire, il a décidé, dernièrement, d’adjoindre à ses cibles « les hauts responsables politiques, les leaders d’opinion et les journalistes européens ». A cet effet, il a été, dernièrement, expédié aux Ambassades Israéliennes se trouvant en Europe un « Télégramme Urgent intitulé : Cartographie des personnalités européennes qui ont une influence » dans lequel il est « demandé, à tous les Consulats et Ambassades, de soumettre une liste de personnes qui sont considérées comme influentes dans leur pays, avec leurs numéros de téléphone et leurs adresses, postales et e-mail. L’ambassade d’Israël auprès de l’Union européenne à Bruxelles a été invitée à fournir une liste similaire de membres du Parlement de l’UE, ainsi que de hauts fonctionnaires dans d’autres institutions européennes ». (cf., à ce sujet, HAARETZ.com 31|05|10). La stratégie à employer pour approcher et « influencer » ces personnalités n’est pas encore arrêtée ; mais il semble, d’après l’article de Haaretz, que le Gouvernement Israélien s’orienterait « vers le recours à des entreprises privées de lobbying européen ». D’après le Gouvernement Benyamin Netanyahou , ce recours « permettra à Israël de transmettre des messages ne portant pas les ’’empreintes’’ du gouvernement israélien, ou bien que ce dernier ne peut pas émettre officiellement, pour des raisons politiques ou de sécurité ». En outre, l’emploi d’ « d’entreprises privées de lobbying européen est plus efficace » pour la réception du message ; car, par exemple, « Quand un Ambassadeur d’Israël évoque les agressions des Palestiniens ou la contrebande d’armes depuis la Syrie au Hezbollah, les Européens jettent immédiatement le doute sur son message ; mais, si ce même message est transmis par une personne qui, à priori, n’a pas de relations avec Israël, il y a plus de chance pour que les Européens y croient ».

Enfin, il convient de souligner que l’uniformité de l’argumentaire mis par les « Parrains » des « Hasbaras » à la disposition de leurs dociles exécutants conduit à trouver, en général, les mêmes thèmes et les mêmes arguments pro-israéliens développés dans tous les sites où les « Hasbaras » opèrent.

Ainsi, l’Etat Israélien, par le biais de ses « Hasbaras », navigant, continuellement, à travers des sites cibles variés, entretient, à coup de plusieurs millions de dollars, des opérations d’intox et de désinformation destinées à inonder les sites choisis d’arguments en faveur de sa propagande.

Pour terminer, il est réconfortant de mentionner l’existence, dans ce contexte, de sites, bêtes noires du Gouvernement Benyamin Netanyahou et ses Hasbaras, développant (au grand jour, sans artifices ni manipulations et avec des moyens dérisoires) des positions se situant aux antipodes de celles défendues par la propagande de l’Etat Israélien et ses « Brigades ». Parmi ces sites, on peut citer :

1. www.alternativenews.org (site de l’organisation « Alternative Information Center »). C’est une organisation israélo-palestinienne, à vocation internationale, dont l’un des objectifs est d’œuvrer pour mettre« totalement fin à l’occupation de 1967 des territoires palestiniens et syriens, conformément au Droit International, et pour la reconnaissance du Droit de Retour des palestiniens comme étant un Droit Humain et Collectif National ».

2. www.kibush.co. [site trilingue (anglais, hébreu et russe) du Mouvement : « People Opposing the Occupation »].

3. http://lapaixmaintenant.org (site de l’Association française « Les amis de Shalom Arshav »). Cette association « a pour vocation de promouvoir et soutenir les actions du mouvement israélien ’’ Shalom Arshav’’ (la Paix maintenant) et de les faire connaître en France. Elle s’adresse à tous les partis et organisations démocratiques, ainsi qu’à la communauté juive ».

4. www.cjpme.org (site du Mouvement : « Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient »). Ce Site publie une « Série de Fiches d’Information » très instructive.

5. www.ujfp.org (site du Mouvement de l’« Union Juive Française pour la Paix »). La visite de ce site montre, en particulier, que de nombreux juifs sont horrifiés par les crimes quotidiens d’Israël.


Notes :

1. Suite au massacre subi par la population de Gaza en janvier 2009, de la part de l’armée israélienne, dans son agression baptisée « Opération Plomb Durci », et l’isolement international intégral d’Israël qui l’a suivi, et selon le « Guardian » (guardian.co.uk 09|01|2009) et les journaux israéliens « The Jerusalem Post » et « Haaretz » du 19/09/2009, le Ministère des Affaires Etrangères et le Ministère de l’Intégration israéliens ont décidé d’organiser des brigades composées de volontaires (juifs de l’intérieur ou de la Diaspora, ainsi que d’étrangers favorables à la politique de l’Etat hébreu, de préférence plurilingues) capables de relayer les positions du Gouvernement Israélien en intervenant dans les sites web où il est question du conflit israélo-palestinien , et ce, chaque fois, selon un plan ad hoc, spécifique et bien arrêté, orchestré par les Autorités Israéliennes en fonction de la thèse à défendre. Dans ce cadre, des stages et des cours sont même proposés à ces volontaires. Dans ce contexte, le Ministère des Affaires Etrangères israélien explicite dans son site (mfa.gov.il/MFA/…/Ambassador-s Course) que « les participants et les diplômés (sic) du cours reçoivent, aussi, des séances d’information sur la situation actuelle par des fonctionnaires du Ministère des Affaires Etrangères ». Les Services Israéliens désignent, officiellement, ces opérations de désinformation et de propagande par « Opérations de Hasbara » et les membres des « Brigades » qui en sont les vecteurs sont, eux-mêmes, appelés, par abus de langage, les « Hasbaras », car le mot « hasbara » est, en réalité, un terme d’origine hébraïque dont la signification littérale est « éclaircissement » ou « explication ».

2. Dans cette lettre, connue sous le nom de « Déclaration de Balfour », est affirmé que « le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ». Et pour ce fait, elle est considérée, par les historiens, comme étant la première pierre de la création de l’Etat d’Israël.

HORCHANI Salah

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Trilogie-Israelienne-1-Les-Hasbaras-pour-les-nuls.html

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Trilogie Israélienne : 2. L’Etat d’Israël et la pratique de l’Apartheid
par Salah HORCHANI

Rappelons, tout d’abord, que l’Apartheid est considéré par l’ONU comme étant un Crime contre l’Humanité [cf. « Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid » Article 2, Résolution 3068 (XXVII) du 30 novembre 1973, http://www.un.org/ga/search/view_do...)].

Israël, qui se veut un état démocratique, fait fi de toutes les normes internationales en pratiquant l’Apartheid d’une manière manifeste et systématique, et ce aussi bien dans les territoires palestiniens occupés qu’en Israël même [cf."The Sixth Annual Israeli Apartheid Week2010,”http://apartheidweek.org/en/2010/media, (Fr.http://montreal.apartheidweek.org/node/2)].

En effet, la caractéristique essentielle de la pratique de l’Apartheid dans un pays est constituée par l’existence d’un système de lois dans lequel les groupes dominants et les groupes subordonnés ne disposent pas des mêmes droits. En Israël, les deux exemples les plus significatifs de telles lois sont :

1. « la Loi du Retour ». Cette loi, adoptée par la Knesset en 1950, garantit aux juifs du monde entier le droit d’immigrer en Israël et d’en obtenir la citoyenneté. 2. « la Loi sur les Propriétés des Absents ». Cette loi, adoptée par la Knesset, aussi, en 1950, concerne les « Absents Présents » (sic) et les « Absents Absents (re-sic), deux expressions officielles israéliennes : la première expression désigne les palestiniens, présents en Israël après sa fondation mais absents de leurs propriétés, même brièvement, pendant la guerre de 1948, qui n’ont pas été expulsés hors du pays mais déplacés en Israël et qui ont obtenu, par la suite, souvent tardivement, la citoyenneté israélienne ; quant à la deuxième expression, elle désigne les réfugiés palestiniens expulsés hors du pays. Les « Absents Présents » et les « Absents Absents » ont tous perdu tout droit sur leurs maisons, leurs terres et leurs comptes en banque, qui sont passés sous le contrôle d’un fonctionnaire désigné sous le nom de « Gardien des Biens des Absents » (sic). Aujourd’hui, un quart des arabes israéliens, soit deux cent cinquante mille, sont considérés comme étant des « Absents Présents » [cf., à ce sujet, l’ouvrage de Susan Nathan intitulé « L’autre côté d’Israël » (Presse de la Cité, 2006)].

La pratique de l’Apartheid par Israël se présente sous plusieurs autres formes parmi lesquelles on peut citer :

1. Dans les territoires palestiniens occupés, il existe des routes et des milliers de logements, entourés de vastes espaces, qui sont réservés, exclusivement, aux juifs. En outre, il existe deux systèmes de lois différents : un système militaire pour les palestiniens, et un système civil israélien pour les colons juifs. Au sujet de l’Apartheid appliqué par Israël dans les territoires palestiniens occupés, voir le livre de Jimmy Carter (Président des Etats Unis de 1977 à 1981 et artisan des « Accords de Camp David » qui ont établi la Paix entre Israël et l’Egypte)) intitulé « Palestine : Peace not Apartheid » (Simon and Schuster, 2006). Parmi les principaux faits que Jimmy Carter expose dans son livre, on peut citer les suivants :

a. Le régime établi par Israël dans les territoires occupés est un système d’Apartheid comparable à celui qui a été érigé en Afrique du Sud.

b. Plus de 100 postes fixes de contrôle militaire et encore beaucoup plus de postes de contrôle mobiles (lieux de vexations, de brutalités et d’humiliations) empêchent les palestiniens de circuler librement sur leur territoire et d’accéder à plusieurs villes en Cisjordanie.

L’ambiance qui règne dans ces postes de contrôle a été vécue et décrite, admirablement, par Régis Debray dans son dernier livre (« A un ami israélien, avec une réponse d’Elie Barnavi », Flammarion 2010) et je ne peux m’empêcher de reproduire ci-dessous, in extenso, le passage correspondant :

« Nous étions en voiture sur un chemin de terre, en plein midi, à la queue-leu-leu, escortés d’ânes, de carrioles et de gamins, lorsque des soldats ont arrêté la circulation. Nous sommes restés là à rôtir au soleil, assoiffés, poussiéreux, une petite demi-heure. Mes voisins résignés, sans souci apparent, et moi, intrigué, me demandant pourquoi cette halte. Un accident, sans doute. Jusqu’à voir majestueusement, à cent mètres de distance, sur une belle route asphaltée dite de contournement, un 4x4 véhiculant une radieuse famille de colons, toutes vitres ouvertes, enfants riant aux éclats, maman bronzée, épanouie, papa au volant, cheveux dans le vent. Le chemin des gueux jouxtait la route des seigneurs. Tout devait s’arrêter jusqu’à leur passage, sécurité oblige. Après cette vision quasi surréelle d’un bonheur familial et triomphant, d’un geste de la main, les troufions du check-point nous firent signe d’avancer, mais désirant sans doute s’amuser, ils pointaient du doigt l’une ou l’autre des voitures en convoi pour faire sortir les passagers du véhicule et les faire poireauter en pleine chaleur, for the fun of it. C’est sans doute grisant, ce pouvoir de se faire obéir au doigt et à l’œil. Quand je suis passé à mon tour devant eux, le chauffeur palestinien m’a mis en garde dans un mauvais anglais :’’Ne les regarde pas en face. Baisse la tête. Ce sont nos maîtres‘‘ ». c. L’accès à l’eau et la création de nouveaux puits d’eau dans les territoires occupés sont complètement contrôlés par Israël. Les colons israéliens consomment cinq fois plus d’eau par tête que les palestiniens et la payent à un prix quatre fois moindre que ces derniers.

2. L’État d’Israël exproprie, souvent, des terres de citoyens palestiniens pour les distribuer, ensuite, à des citoyens juifs (cf., par exemple, Brous Devorah : « Not greening, but weeding the Negev » dans HAARETZ.com 03.03.2006).

3. L’État d’Israël pratique une discrimination en matière de financement du développement municipal [cf.“Land Planning and Policy in Israël,” The Arab Association for Human Rights (Israel),www.arabhra.org/factsheets/factshee...].

4. L’État d’Israël pratique une discrimination en matière d’application de la loi sur le regroupement familial (cf., par exemple, “Israel/Occupied Territories : High Court decision institutionalizes racial discrimination,”Amnistie Internationale, mai 2006, et“Israel and Occupied Territories : Torn Apart : Families split by discriminatory policies,” Amnistie Internationale, juillet 2004).

5. L’État d’Israël pratique des inégalités systématiques à l’égard de ses citoyens palestiniens. En effet, à la suite du soulèvement des citoyens palestiniens d’Israël, en l’an 2000, une Commission a été créée (la Commission Or) pour enquêter sur les raisons de ce soulèvement. Dans son rapport achevé en 2003, la Commission Or a indiqué que « le traitement du gouvernement [israélien] du secteur arabe est essentiellement discriminatoire… l’État n’a pas suffisamment essayé d’être équitable envers ses citoyens arabes pour éliminer les phénomènes discriminatoires ou injustes ». La Commission Or a, en outre, indiqué que la discrimination des services policiers perpétrée contre les citoyens palestiniens d’Israël était un problème répandu et récurrent. Voir à ce sujet « Official Summary of the Or Commission Report » reproduit dans HAARETZ.com en septembre 2003.

6. L’État d’Israël n’attribue pas à ses citoyens palestiniens les avantages, les services et les opportunités qu’il attribue à ses citoyens juifs. En effet, dans un Rapport du Département d’État Américain, il est indiqué que le « gouvernement [israélien] n’a pas alloué de ressources suffisantes ou pris de mesures adéquates afin de fournir aux arabes israéliens la même qualité de services gouvernementaux ainsi que les mêmes possibilités d’emploi au gouvernement que celles fournis aux juifs » (cf. “Country Reports on Human Rights Practices – 2003 : Israel and the Occupied Territories,http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrp...).

7. L’État d’Israël pratique, à l’égard des palestiniens, « l’exécution extrajudiciaire » qui exécute, souvent, en plus du, soi-disant, coupable, sa femme, ses enfants et les malchanceux passants qui se sont trouvés dans son voisinage à l’heure de l’exécution.

Devant cette situation qui perdure depuis l’existence de l’Etat d’Israël, on est en droit de se demander s’il existe une chance pour que l’Apartheid israélien soit, un jour, aboli. Avec l’échiquier politique israélien d’aujourd’hui et les intentions déclarées du Gouvernement Benyamin Netanyahou, explicitées dans ses politiques actuelles et les trajectoires de ses principaux protagonistes, on a, malheureusement, tout à craindre pour la Paix dans la région et l’amélioration, à court terme, de la situation d’Apartheid dans laquelle vivent les palestiniens des deux cotés du Jourdain. Pour corroborer cette inquiétude, il suffit de rappeler la position du Likoud (Parti majoritaire dans ledit Gouvernement) quant à la création d’un Etat Palestinien. En effet, la plate-forme électorale du Likoud déclare explicitement :

« Le gouvernement d’Israël rejette catégoriquement la création d’un État arabe palestinien à l’ouest du Jourdain. Les Palestiniens peuvent gérer leur vie librement, dans le cadre de l’autonomie, mais pas en tant qu’État indépendant et souverain. Ainsi, par exemple, en matière d’affaires étrangères, de sécurité, d’immigration et d’écologie, leur activité est limitée et doit être en conformité avec les impératifs de l’existence d’Israël, de sa sécurité et de ses besoins nationaux »(cf.http://www.knesset.gov.il./election...).

HORCHANI Salah

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http://www.legrandsoir.info/Trilogie-Israelienne-2-L-Etat-d-Israel-et-la-pratique-de-l-Apartheid.html

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Trilogie Israélienne : 3. De la « Pax israelia » à la « Paix des braves » !
par Salah HORCHANI

De prime abord, je dois avouer que je ne prétends nullement à une objectivité totale, mais j’ai essayé, dans ce qui va suivre, de m’appuyer, autant que faire se peut, sur des éléments tangibles et objectifs.

En premier lieu, il convient de souligner que c’est bien Israël, en réalité, qui a créé le Hamas, « en pensant (comme l’assure Zeev Sternell, historien et Professeur à l’université hébraïque de Jérusalem) que c’était intelligent de jouer les islamistes contre l’OLP ».

En effet l’histoire du Hamas a commencé au début des années soixante-dix, quand Ahmed Yassine, de retour du Caire, fonde une association islamique de bienfaisance, et ce bien avant la création du Hamas lui-même, en 1987. Golda Meir, alors premier ministre, était la première à percevoir dans ce mouvement un contrepoids efficace au Fatah d’Arafat et aux autres organisations palestiniennes de gauche. D’ailleurs, l’hebdomadaire israélien, Koteret Rashit écrivait en octobre 1987 (cf., le quotidien le Monde du 18 novembre 1987) : « Le gouvernement militaire (en charge de l’administration de la Cisjordanie et de Gaza) était convaincu que ces activités ( i.e. les activités de ladite association : création d’orphelinats, de dispensaires, d’une Université Islamique à Gaza, en 1978, … mise en place d’un réseau scolaire, d’ateliers de confections pour l’emploi des femmes,…) affaibliraient l’OLP et les organisations de gauche à Gaza ». La première Intifada, qui a débuté en octobre 1987, a pris au dépourvu le mouvement islamiste d’Ahmed Yassine et a été l’un des éléments moteur qui a conduit ce mouvement à prendre le train « de la résistance » à Israël en marche, et ce en créant, le 14 décembre 1987, sans être inquiété par le gouvernement militaire, le Hamas (acronyme partiel de l’expression « Mouvement de la résistance islamique » en arabe).

Initialement, le Hamas a déclaré dans sa Charte que son but essentiel est la « Libération de la Palestine » historique (i.e. le territoire actuel composé de l’État d’Israël, la Cisjordanie et la Bande de Gaza). On peut, d’abord, considérer cette Déclaration comme étant un des principaux arguments qui ont servi le plus Israël pour s’opposer à tout traité de paix qui ne soit pas une « Pax israelia » et qui l’ont conduit à être tolérant envers le Hamas, tant qu’il ne l’abandonne pas.

Et c’est ainsi, grâce à la bénédiction d’Israël, que les islamistes ont pu tisser, calmement, leur toile, au prix d’une répression impitoyable frappant les militants du Fatah et de la gauche palestinienne. Se nourrissant des échecs successifs du processus de paix, échecs auxquels il a contribué , indirectement, de concert avec Israël (Israël qui multiplie les entraves à l’application des accords d’Oslo et qui refuse d’appliquer les résolutions de l’ONU ou toute autre « feuille de route », et le Hamas qui continue à prôner la Libération de la Palestine historique), le Hamas a pu « prospérer » avant de prendre le pouvoir à Gaza en juin 2007.

On peut, aussi, considérer que c’est l’abandon de ladite Déclaration par le Hamas, en 2006, qui a conduit Israël, se trouvant dans la position de l’arroseur arrosé, à abandonner son allié implicite dans sa farouche opposition à la conclusion d’un Traité de Paix des Braves. En effet, Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Hamas, a déclaré dans le Monde Diplomatique du 22 décembre 2008 : « Le Hamas et les forces palestiniennes ont offert une occasion en or d’apporter une solution raisonnable au conflit israélo-arabe. Malheureusement, personne ne s’en est saisi, ni l’administration américaine, ni l’Europe, ni le Quartet. Notre bonne volonté s’est heurtée au refus israélien que personne n’a la capacité ou la volonté de surmonter. Dans le document d’entente nationale de 2006 signé avec toutes les forces palestiniennes (à l’exception du Jihad islamique), nous affirmons notre acceptation d’un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem comme capitale ». En outre Khaled Mechaal a déclaré, en février 2006 à un journal russe : « Si Israël reconnait nos droits et s’engage à se retirer de tous les territoires occupés en 1967, le Hamas, et avec lui l’ensemble du peuple palestinien, décideront de mettre un terme à la résistance armée ». Enfin, en décembre 2008, quelques jours avant la meurtrière offensive israélienne « Plomb Durci » dans la Bande de Gaza, le même dirigeant du Hamas, Khaled Machaal, a déclaré : « Nous avons une position de réserve par rapport à la reconnaissance d’Israël. Mais, malgré cela, nous avons dit que nous ne serions pas un obstacle aux actions arabes pour la mise en œuvre de l’initiative arabe de 2002 (celle-ci propose à Israël une reconnaissance globale en échange de la fin de l’occupation Israélienne de Jérusalem Est, de la Cisjordanie, du Golan et des fermes de Cheeba). Les Arabes ont multiplié les initiatives. Ils ont renouvelé leur proposition en 2007. Et, malgré cela, la direction israélienne refuse l’initiative de paix arabe, elle la découpe en parties, elle joue sur les mots, elle multiplie les manœuvres ».

Aussi, continuer à proclamer, aujourd’hui, que le Hamas prône la destruction de l’Etat d’Israël relève de l’intox et de la désinformation dont le seul but est de justifier la farouche opposition de la direction israélienne actuelle à tout traité de paix qui ne soit pas une « Pax israelia ».

La Stratégie israélienne a connu un premier revers au Liban en 2006, un second à Gaza, en janvier 2009, et un troisième, tout récemment, suite au massacre subi, le 31 mai 2010, par la « Flottille de la Paix » de la part de la Marine Israélienne. Ce dernier revers sonne comme étant le début de la fin de l’impunité d’Israël, impunité qui a fait repousser toutes les opportunités de paix : Israël, étant au dessus des lois, n’était prêt qu’à signer une « Pax israelia », à sa pointure, que le peuple palestinien doit accepter sans conditions. En outre, à défaut d’acheminer sa cargaison à bon port, la « Flottille de la Paix », avec le massacre qu’elle a subi, a ouvert une importante brèche dans la stratégie israélienne, dans laquelle s’est glissée l’administration américaine, en conduisant la communauté internationale à dénoncer, rigoureusement et d’une seule voix, le blocus de Gaza, en vigueur depuis 2007, et ses tragédies humanitaires insupportables.

La question qui s’impose, devant le massacre subi par la « Flottille de la Paix » et devant les souffrances du peuple palestinien, qui perdurent depuis plus de six décennies, est de se demander comment se fait-il qu’un peuple qui a subi la barbarie nazie la plus atroce peut se montrer aussi cruel envers un autre peuple ? Je suis sûr que ce qui se passe, aujourd’hui, sur la Terre de Palestine doit indigner ces millions d’innocentes victimes de la Shoa qui nous regardent de là-haut ou de quelque part !

Dans ce cadre, le quotidien Haaretz (troisième quotidien d’Israël) n’a pas hésité, moins de deux semaines avant le drame de la Flottille de la Paix, à écrire, sous la plume de Bradley Burston, que certaines décisions du gouvernement israélien d’aujourd’hui sont dignes d’un état fasciste (HAARETZ.com 18.05.10).

Que tous ces événements puissent conduire tous ceux qui partagent la devise « Même quand Israël a tort, Israël a raison », et dont le cerveau bogue dès qu’il est question d’Israël, à se rendre compte qu’Israël ne peut plus continuer longtemps à rester sourd aux injonctions du Droit International, que le temps est compté, que le vent tourne, et qu’être raisonnable se conjugue, aussi, en hébreu et se trouve au centre de la Sagesse Talmudique.

Que ce qui s’est passé ce 31 mai puisse précipiter les pourparlers israélo-palestiniens, être les prémisses de la fondation d’un État palestinien, indépendant et prospère, de la conclusion d’une Paix des braves entre tous les belligérants de la région, de la transformation de Jérusalem la Sainte (El-Qūds), après avoir été, de tous les temps, le terrain d’affrontement et de déchirement de toutes les croyances et de tous les empires, en un terrain de la concorde de toutes les spiritualités, avec, en premier, celles des descendants des enfants d’Abraham.

HORCHANI Salah

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La croisée des chemins entre la Palestine et Israël / colonisation contre paix

Publié le 30 septembre 2010 sur le site lexpressiondz.co

Celui qui décide de continuer à construire des colonies et leur fournit aide et protection est celui qui décide de stopper les négociations. Mais nous sommes toujours déterminés à voir la réussite de négociations sérieuses et sincères.»Mahmoud Abbas

«La mission du sionisme est de construire sur la terre d’Israël et nous allons reprendre cette mission dès ce soir.»Dan Dayan, dirigeant de Yesha, organisation des colons de Cisjordanie.

Voilà en quelques phrases le point d’orgue d’un mois de négociations avec deux visions de l’avenir de la Palestine originelle aux antipodes l’une de l’autre Comme on pouvait s’y attendre, le miracle n’a pas eu lieu. Faisant dans une logique à flux tendu, l’Etat d’Israël poursuit son chemin, faisant fi des dernières promesses du 2 septembre, où l’illusion des salamalecs avait fini par avoir raison des plus sceptiques. Enfin, le calvaire presque centenaire du peuple palestinien allait connaitre son épilogue; c’était sans compter sur la détermination des dirigeants israéliens et sur les velléités de Mahmoud Abbas qui a brûlé ses vaisseaux, se coupant de sa base croyant miser sur le bon cheval en acceptant pour la énième fois de négocier en vain. La «seule exigence» qui est, en fait, une évidence, est de supplier pour qu’on laisse aux Palestiniens 22% de la Palestine originelle! Peine perdue, 300.000 colons sont installés en Cisjordanie et vont bientôt être rejoints par des milliers d’autres. Cela malgré les recommandations et «pressions amicales» des pays occidentaux sur Israël. Benyamin Netanyahu persiste et signe. Avec la fin du moratoire, c’est la colonisation qui reprend de plus belle à une cadence que l’on imagine plus importante pour rattraper le temps perdu...
En fait, dès le départ, Israël avait annoncé son intention de ne pas reconduire le moratoire. Pourtant, et comme rapporté dans le Monde: «D’après un haut responsable du gouvernement israélien qui s’est exprimé vendredi 24 septembre sous couvert de l’anonymat, Israël semble prêt à faire une concession sur les implantations de Cisjordanie. Tel-Aviv «est disposé à parvenir à un compromis agréé par toutes les parties sur la prolongation du gel de la construction, a-t-il déclaré, étant entendu que ce gel ne pourra pas être total.»

Les trois formules
Des entretiens tripartites se sont tenus mercredi entre le négociateur palestinien Saeb Erekat, son homologue israélien Yitzhak Molcho et l’envoyé spécial américain pour le Proche-Orient, George Mitchell. Trois formules ont été envisagées lors de ces discussions, d’après le quotidien Haaretz:
- La première, proposée par les Palestiniens, vise à étendre de trois mois le moratoire;
- La deuxième, israélienne, ne prévoit aucune extension du moratoire, mais au contraire une reprise de la construction dans les «blocs» de colonies, dans la limite de la «croissance naturelle» (démographique) des colons;
- La troisième formule, suggérée par les Egyptiens, consiste en un gel «silencieux» de la colonisation (c’est-à-dire sans annonce publique) pendant plusieurs mois.
D’après un rapport de l’ONG publié en août, «les colons pourront en théorie construire environ 13.000 logements sans la moindre approbation supplémentaire du gouvernement» dès octobre. En effet, «des permis de construire ont été octroyés pour au moins 2066 logements dont les fondations sont déjà prêtes, et des centaines d’autres dont les fondations n’ont pas encore été construites pourront être érigés dès la fin du gel».
Par ailleurs, «au moins 11.000 autres logements dont la construction a été entérinée pourront être bâtis sans autre approbation gouvernementale, dont 5000 dans des implantations isolées».(1)
Juste avant l’annonce de la fin du moratoire, Liberman prend les devants et impute l’échec des négociations aux Palestiniens. «Aujourd’hui, (les Palestiniens) exercent une pression pour maintenir le moratoire qu’ils avaient auparavant rejeté. Les Palestiniens ont «perdu du temps» pendant les dix mois qu’a duré le moratoire sur la colonisation. Durant le moratoire, «les Palestiniens ont perdu du temps, ont complètement refusé d’accepter ce geste et ont accusé Israël de malhonnêteté». «Dans tous les cas, nous devons continuer les discussions directes sans condition préalable. C’était notre position depuis le jour où nous avons formé ce gouvernement, c’est notre position aujourd’hui et nous ne sommes pas prêts à quelque condition préalable que ce soit», a-t-il déclaré.(2)
Immédiatement après l’expiration du moratoire, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a appelé le président palestinien à poursuivre les négociations. «Je lance un appel au président Abbas pour qu’il continue à mener les pourparlers bons et honnêtes que nous venons de lancer pour tenter de parvenir à un accord de paix historique entre nos deux peuples», a affirmé Benjamin Netanyahu dans un communiqué publié peu après minuit local. Dans le cadre de contacts diplomatiques «intensifs», Benjamin Netanyahu s’est entretenu ces dernières heures avec la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, des membres de l’Adminitration américaine, le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie, selon le communiqué.
Fidèle à sa technique «non violente» mais qui cache en réalité une impuissance, le président palestinien, Mahmoud Abbas, veut qu’Israël observe une pause dans la colonisation. «Nous demandons le moratoire tant qu’il y aura des négociations parce que, tant qu’il y a des négociations, il y a de l’espoir», a-t-il affirmé sur Europe 1. Les Palestiniens, nous dit-on, réservent leur réponse sur l’avenir des pourparlers de paix jusqu’à une réunion de la Ligue arabe programmée le 4 octobre. «Nous ne voulons pas arrêter ces négociations mais, si la colonisation se poursuit, nous serons obligés de les arrêter»
Comble d’humiliation pour les Arabes: l’Aiea rejette une résolution des pays arabes: institutions internationales ou attrape-nigauds? Pourtant, la résolution était «non contraignante», symbolique, appelant Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire au Proche-Orient, à signer le TNP. «L’ambassadeur israélien, E. Azoulay, confirme sous forme de chantage que l’adoption d’une telle résolution ´´est apte à porter un coup fatal à tout espoir d’efforts de coopération à venir en vue d’une amélioration de la paix régionale au Proche-Orient´´ en se permettant même d’accuser l’Iran et la Syrie, contrairement à Israël, de représenter ´´la plus grande menace pour la paix et la sécurité au Proche-Orient et au-delà».(3)
D’où vient ce sentiment de puissance d’Israël et du mépris de la légalité internationale? On sait qu’aux Etats-Unis, les lobbys tels que l’Aipac, font et défont les gouvernements, mais l’Europe semble absente du débat, elle est tenue à l’écart. Pourtant depuis dix ans il n’y a pas eu de percée, d’une part, parce que les Européens sont incapables de définir une politique commune, d’autre part parce que ces pays européens sont tétanisés à des degrés divers et n’osent pas se mettre à dos pour de multiples raisons notamment les lobbys et la dette d’Auschwitz
Pour Daniel Vanhove, il ne faut rien attendre de ces négociations, il en explique les causes profondes: «Quels que soient les effets d’annonce, la plupart du temps surmédiatisés, le conflit israélo-palestinien ne pourra jamais être résolu sur les bases actuelles pour plusieurs raisons, dont l’une me paraît majeure.(...) Cette raison en est que toutes les approches qui l’abordent pour y trouver une éventuelle solution en oublient un élément essentiel: l’injustice originelle. L’injustice fondamentale qui a prévalu à l’établissement du jeune Etat israélien en terres arabes, au lendemain de la guerre essentiellement européenne de 1945. Gommer, ne pas prendre en compte ou sous-estimer la mauvaise conscience européenne - toujours d’actualité, même si au fil du temps, elle s’amenuise auprès des nouvelles générations - dans l’abord de ce conflit, biaise toute analyse sérieuse du problème. Il faut rappeler qu’il y a eu un consensus entre les pays qui avaient gagné cette terrible guerre - environ 65 millions (!) de victimes civiles et militaires - pour accorder au projet sioniste, une terre où pourrait se réfugier la communauté juive, tellement pourchassée et exterminée en Europe si chrétienne de l’époque.. (...). Leur demander plus de sévérité à l’égard de la politique israélienne leur est un exercice périlleux, non exempt de remontées douloureuses d’un passé encore récent, et rapidement requalifié d’antisémitisme par certains, trop contents de pouvoir jouer-là leur joker préféré...»(4)
«L’Histoire n’a de sens que celle que les Hommes lui donnent. Et à distance de ces évènements datant de plus de 60 ans, comment comprendre cette partition de la Palestine, sans se rappeler au préalable qu’elle s’est faite sur le dos des premiers concernés, les Palestiniens, absents de cet odieux marchandage? Ainsi, s’entêter dans des pourparlers de paix entre deux gouvernements dont l’un sait pertinemment qu’il a volé l’autre, et dont l’autre sait la spoliation dont il fait toujours l’objet, est tout simplement impossible à réaliser. (...)De la même manière, tous les acteurs de la question qui aimeraient voir aboutir la paix en cet endroit du monde, se trompent dans leur démarche s’ils intègrent à la base cette injustice comme étant irréversible. Parler de paix - quel que soit le qualificatif que l’on tente de lui donner pour mieux faire passer la pilule aux responsables israéliens dont on ne connaît que trop bien les objectifs funestes - sans remettre en cause la partition de départ est se faire, consciemment ou non, complice de cette injustice première. Il convient donc de regarder cet évènement de l’époque, sans se sentir obligé de l’intégrer comme nombre de nos prédécesseurs semblent l’avoir fait avec d’autant plus de facilité que cela leur donnait l’impression de se dédouaner ainsi de leurs méfaits à l’égard des juifs.»(4)
«(...) Par ailleurs, nonobstant une décision israélienne purement «formelle» de prolonger le moratoire au sujet de la colonisation, au nom de la sauvegarde de pourparlers actuels directs avec M.Abbas, il conviendrait, pour être honnête, de ne pas se voiler le visage et de voir bien en face que dans les faits, la colonisation n’a jamais cessé. Il faut dire et redire, que c’est encore et toujours une histoire de dupes. Comme toutes celles que tente de nous faire avaler le gouvernement sioniste, alimentées et retransmises en cela par nos médias complices».

Israël est incontrôlable
Continuant son plaidoyer, il nous explique pourquoi Israël fait ce qu’il fait et, ce qu’il faut faire pour lui faire entendre raison. «En d’autres mots, au-delà du fait de dénoncer cette énième supercherie des autorités de Tel-Aviv, il faut bien constater une chose, grave d’entre toutes: le bébé occidental porté sur les fonds baptismaux après la seconde Guerre mondiale dans le but d’expiation des crimes commis à l’encontre de la communauté juive d’Europe a mal grandi, et il présente aujourd’hui tous les signes de crises d’une adolescence qui tourne mal et que ses parents ne parviennent plus à contrôler.(...): Israël aujourd’hui, échappe à tout contrôle! Nul ne parvient plus à lui faire entendre raison, même l’Oncle Sam. Et il y a donc le risque que seule la méthode forte le ramène dans les normes acceptables, à savoir celles du Droit identique pour tous. (...) Si l’on exclut tout recours à la violence à l’encontre d’Israël, après nous avoir martelé depuis plusieurs années que le marché fait loi, la seule méthode qui soit, est la privation de ses moyens financiers. (...) La campagne de Boycott, Sanctions et Désinvestissements (BDS) est donc plus que jamais d’actualité, et devrait franchir un échelon supplémentaire par la suppression immédiate de toute aide financière à l’entité coloniale qui ne respecte rien d’autre que ses propres objectifs. (...) Mais encore une fois, pour en arriver à une véritable solution, au lieu d’intégrer «d’emblée» les paramètres actuels, il nous faut reconnaître en priorité, l’injustice flagrante du départ, commise à l’encontre du peuple palestinien. Tant que nous n’aurons pas pu reconnaître cette faute-là, toute tentative vers un quelconque accord sera illusoire et d’office promise à un nouvel échec.»(4)
On imagine l’affolement dans le camp occidental; des négociations marathon, des promesses multiformes à Israël, des navettes de l’émissaire par dizaines, ne sont pas venues à bout de l’entêtement israélien enivré par sa puissance. On nous informe que l’émissaire américain George Mitchell entamait mardi 28 septembre une mission d’urgence au Proche-Orient, destinée à sauver le processus de paix israélo-palestinien, qui menace de s’effondrer après la non-prolongation du moratoire sur la colonisation juive en Cisjordanie. Aux Etats-Unis, le porte-parole du département d’Etat, P.J.Crowley, a salué la décision de Mahmoud Abbas de ne pas quitter les négociations pour l’instant, et réprimandé Israël pour la reprise de la colonisation. «Nous sommes déçus, mais nous restons concentrés sur notre objectif à long terme et nous discuterons avec les parties des implications de la décision israélienne», a-t-il expliqué lundi. M.Crowley a précisé que «l’émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, examinerait avec les deux camps ce qu’il est possible de faire désormais».(5)
Rien n’est plus limpide, le fait accompli israélien est accepté et l’émissaire demandera aux Palestiniens de négocier sur ce qui reste de la Cisjordanie; des colons qui s’acharnent à construire leurs habitations ne seront plus délogés! Sombres jours pour les Palestiniens....

(*) Ecole nationale polytechnique

1.Colonisation israélienne: le moratoire de la discorde LeMonde.fr Mis à jour le 27.09.10
2.Les Palestiniens «ont perdu du temps» pendant le moratoire Le Monde.fr 27.09.10
3.Djerrad Amar: L’AIE...Alterinfo 28 Septembre 2010
4.Daniel Vanhove Mondialisation.ca http://www.mondialisation.ca/index.php?context=v a& aid =21225
5.George Mitchell dépêché au Proche-Orient pour sauver le processus de paix. AP 28/09/2010

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

URL de l'article: http://www.lexpressiondz.com/article/8/2010-09-30/81174.html

Gel de la colonisation ? Ce fut à peine un ralentissement...

Publié le jeudi 30 septembre 2010 sur le site info-palestine.net
par Dror Etkes - Haaretz

Dans le meilleur des scénarios, ce qui s’est passé ces mois derniers n’est au mieux qu’une diminution négligeable du nombre de logements construits dans les colonies.

Har Homa en Cisjordanie occupée : vol de terres, barbelés, architecture exogène, routes réservées... L’archétype de la colonisation juive...

Les statistiques officielles fournies par le Bureau central de statistiques décrivent l’histoire derrière le moratoire de 10 mois sur les constructions en Cisjordanie. On peut qualifier l’histoire de beaucoup de façons mais « gel » n’est pas l’une d’elles. Dans le meilleur des scénarios, ce qui s’est passé ces mois derniers n’est au mieux qu’une diminution négligeable du nombre d’appartements construits dans les colonies.

Les données présentes dans les tableaux du Bureau le montrent clairement. Fin 2009, le nombre de logements en cours de construction dans toutes les colonies se montait à 2955. Trois mois plus tard, à la fin mars 2010, il était de 2517. Par conséquent nous parlons d’une baisse d’à peine plus de 400 logements — quelques 16 % de la construction en Cisjordanie, sur cette période.

Les bruits de lamentations et de gémissements venant des fonctionnaires colons, qui font profession de se plaindre, ne devraient surprendre personne. Après tout, ils n’ont jamais cessé de pleurnicher, même quand Ehud Barak, « le leader du camp de la paix », leur a construit 4700 logements en 2000, la seule année complète où il fut premier ministre.

Mais en vérité, les colons savent mieux que quiconque que non seulement la construction dans les colonies a continué au cours des 10 derniers mois - et vigoureusement - mais aussi qu’une fraction relativement grande des maisons a été construite dans des colonies situées à l’est de la barrière de séparation [mur d’annexion, n.d.t.], comme Bracha, Itamar, Eli, Shilo, Maaleh Mikhmas, Maon, Carmel, Beit Haggai, Kiryat Arba, Mitzpeh Yeriho et d’autres.

L’histoire réelle derrière le boniment connu sous le nom de gel a eu lieu plusieurs mois auparavant, alors que les colons, avec l’aide du gouvernement, se préparaient bien pour les mois d’hibernation qu’on leur imposait. Dans les six mois précédant la déclaration du gel fin novembre 2009, des dizaines de nouveaux sites de construction ont éclos, particulièrement dans les colonies isolées et les plus éloignés à l’est du mur.

Cette information est aussi bien documentée dans les chiffres du Bureau. Au premier semestre de 2009, ils ont commencé à construire 669 appartements dans les colonies, puis, au cours des mois, le rythme de construction s’est accru. Ainsi, dans la seconde moitié de 2009, pas moins de 1204 unités ont été construites, une augmentation de quelques 90 % des lancements de construction comparée au premier semestre de l’année.

Ceci résume l’"Israbluff" derrière le gel. Et ce qu’il restait à faire aux politiciens ces derniers mois, c’était — sur un ton attristé — d’inviter les équipes de télévisions de temps en temps pour montrer comment les inspecteurs de l’administration détruisaient quelque misérables huttes qui contrevenaient à l’ordonnance du gel.

Si nous ajoutons à ces statistiques le fait que le gouvernement a annoncé à l’avance qu’il prévoyait d’approuver, en toutes circonstances et sans rapport avec le « gel », la construction de 600 logements dans plusieurs colonies, ainsi que le chaos et l’anarchie qui existent dans certaines colonies et avant-postes, qui font que toute personne peut construire là et quand ça lui plaît, on a une bonne image de ce qui s’est passé réellement dans les colonies ces derniers mois.

De leur part, les Palestiniens n’ont pas vraiment demandé un gel total des constructions. Ils ont demandé, de manière justifiable, d’obtenir une fois pour toutes la reconnaissance du principe que des négociations sur le futur des colonies ne prennent pas place tant qu’elles continuent d’être construites. En accord avec ceci, les Palestiniens ont accepté de fermer les yeux tant que la politique officielle de gel du gouvernement israélien continuait.

Ceux qui connaissant la réalité en Cisjordanie ne devraient pas être surpris de ce qui est écrit ici. Néanmoins, il semble qu’il soit possible de se rassurer sur une chose — Benjamin Netanyahou ne gagnera certainement pas le prix Nobel de la paix mais il a des chances de gagner le prix Nobel de physique, ou au moins de chimie, au nom du gouvernement israélien, qui a découvert que — contrairement à ce que les scientifiques ont pensé jusqu’à présent — l’eau n’est pas la seule substance qui dilate au lieu de se contracter quand elle gèle.

28 septembre 2010 - Haaretz- Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.haaretz.com/print-editio...
Traduduction de l’anglais : Jean-Pierre Bouché

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Désinvestissements d’universités US : du campus à la rue

Publié le jeudi 30 septembre 2010 sur le site info-palestine.net

Après une forte progression des actions pour les désinvestissements dans les campus universitaires nord-américains le printemps dernier, cette prochaine année académique promet un plus grand nombre encore d’initiatives.


Les succès et quasi-succès de ces actions sur plusieurs campus l’an dernier, associés à l’agression d’Israël contre la Flottille de la Liberté pour Gaza cet été, ont inspiré de nouvelles initiatives aux militants pour la paix et la justice, afin de cibler les entreprises qui tirent profit et se rendent complices du régime d’apartheid d’Israël.

Peut-être que la plus importante de ces initiatives de désinvestissements est en train de prendre forme en Californie. L’initiative californienne de désinvestissements d’Israël cherche à faire voter les électeurs des universités de Californie pour demander que les fonds de pension de l’Etat, le Système de retraite des employés du public de Californie (CALPERS) et celui des enseignants de l’Etat de Californie (CALSTRS), se désinvestissent des entreprises qui permettent ou profitent de l’occupation israélienne et des violations systématiques des droits humains des Palestiniens. Bien qu’elle ne soit pas basée sur l’université, elle est néanmoins conduite, pour une grande part, par des enseignants et des étudiants d’universités. Leur objectif est clair : étant confrontés à l’obstructionnisme des administrations des universités, ils vont poser la question directement aux électeurs des universités.

Les étudiants des campus de l’Université de Californie (UC) et celle de l’Etat de Californie (CSU) coordonnent une vaste campagne pour recueillir les 440 000 signatures requises pour une opération de vote, et la liste des volontaires ne cesse de croître. L’initiative a déjà reçu le soutien de l’archevêque Desmond Tutu, du rabbin Lynn Gottlieb, du professeur Noam Chomsky, d’un certain nombre de personnalités laïques et religieuses, et de membres des CALPERS et CALSTRS.

Pendant ce temps, les actions des campus pour les désinvestissements continuent d’amplifier en nombre et en portée. Mais des administrateurs d’université, par nature redevables aux donateurs conventionnels et craignant le « label d’antisémitisme », ont entrepris de limiter les « dégâts » de ce mouvement de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) qui prolifère. Hampshire College, par exemple, a cédé ses capitaux Strate Street, tout en niant publiquement que la vente aurait été motivée par un désinvestissement d’Israël. Certains autres administrateurs ont tenté d’ignorer la question, voulant l’écarter. Cependant, ces tentatives ont eu l’effet inverse.

La réponse de l’administration de l’Université de Californie aux initiatives de désinvestissements de ses campus est un exemple frappant qui montre à quel point les forces du statu quo sont prêtes à tout, et comment les fondements moraux et intellectuels se dérobent sous leurs pieds.

Au printemps dernier, les gouvernements d’étudiants de deux campus de l’UC ont adopté des mesures appelant aux désinvestissements d’entreprises qui profitent de l’occupation israélienne et des crimes de guerre commis durant l’invasion de Gaza l’hiver 2008-09. En réaction, le président de l’université, Mark Yudof, conjointement avec le président et le vice-président du conseil d’administration, a publié une Déclaration de l’Université de Californie sur les désinvestissements officielle qui s’opposait à ce que l’on prenne pour cible Israël, alors que les projets étudiants, d’une part, portaient exclusivement sur des entreprises US qui fournissent un soutien matériel à l’occupation illégale israélienne et, d’autre part, apportaient des informations sur les crimes de guerre. La déclaration se référait également à la douleur provoquée par ces initiatives de désinvestissements chez la communauté juive, alors que les projets avaient reçu un fort soutien de personnalités et d’organisations juives locales et internationales. La déclaration faisait fi encore des 41 organisations d’étudiants, des 86 membres de l’Université de Californie, sans parler des 5 Prix Nobel de la paix, qui, publiquement, ont soutenu les résolutions. De plus, pour tenter de réduire la portée du soutien à cette initiative de désinvestissements sur les campus, et en se servant d’un langage plutôt dédaigneux, la déclaration affirmait le refus de l’Université d’engager ses administrateurs dans toute mesure de désinvestissements sauf, sauf si le gouvernement des Etats-Unis déclare que l’Etat en question (Israël) commet un génocide.

Cependant, l’idée qu’une institution universitaire ne peut suivre une politique d’investissement responsable socialement qu’APRES que le gouvernement US eut constaté des actes de génocide - pas moins -, cette idée vient en contradiction de la tradition de l’Université de Californie, des valeurs de la démocratie et du militantisme citoyens. En outre, elle cautionne l’inaction au nom d’une horreur indicible et abandonne toute conscience et responsabilité humaines devant l’agenda et l’humeur des politiciens des Etats-Unis. Après tout, Washington n’a toujours pas pris de décision sur le génocide arménien de la Première Guerre mondiale !

Selon cette politique de retrait devant le gouvernement US, l’Université de Californie aurait jugé tout aussi inacceptable de se désinvestir des entreprises soutenant l’occupation nazie de l’Europe et l’extermination de civils dans les camps de la mort avant la déclaration de guerre des Etats-Unis - où même avant la reconnaissance par les Etats-Unis du génocide après la fin de la guerre. En outre, si Yudof avait été président de l’université en 1986, il n’aurait pas voté le désinvestissement des entreprises soutenant le régime d’apartheid d’Afrique du Sud alors que les administrateurs de l’université l’ont fait, et de façon mémorable, dans un succès novateur. En tant qu’universitaire et présumé défenseur de la liberté d’expression, le président de l’université devrait dénoncer cette politique, et non pas la promouvoir.

Ces proclamations par les administrateurs universitaires visent en fait à vider la conscience et le militantisme universitaires de toute substance, et de les réduire à des slogans creux et à des défilés colorés. Les politiques qu’ils mettent en œuvre ne sont qu’une tentative à peine voilée pour neutraliser les campus universitaires, les dissuader de conduire toute lutte contre le racisme et l’injustice sociale. En tant qu’acteurs autonomes, les universités et les citoyens indépendants doivent conserver ce droit d’influencer, de peser sur la politique de leur gouvernement.

Si ce qui se passe en Californie est significatif, alors les tentatives autoritaires des administrations de campus pour museler ou faire obstruction à l’exercice de ce droit sur les campus auront pour résultat, dans leur district, de porter ce militantisme dans la rue ! C’est ce droit que les professeurs et les étudiants vont probablement exercer durant la prochaine année universitaire, puis tous les ans, sur le campus et en dehors du campus, jusqu’à ce que l’apartheid israélien soit démantelé.

Mohammad Talaat est maître assistant de génie civil à l’université du Caire et ancien élève de l’université de Californie, Berkeley. Il est actuellement en congé universitaire dans la baie de San Francisco.

8 septembre 2010 - The Electronic Intifada - traduction : JPP

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mercredi 29 septembre 2010

L'étoile de David est-elle la nouvelle croix gammée?

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Israël réduira l’exploitation minière interdite en Cisjordanie

Publié le 29 septembre 2010 sur le site association-belgo-palestinienne.be

Selon un rapport publié dans Ha’aretz, Israël cessera en Cisjordanie son activité minière, qui viole l’interdiction en droit international sur l’exploitation des ressources naturelles d’un territoire occupé. La décision a été prise après une plainte de Yesh Din, en mars 2009, à la Haute Cour de justice, exigeant que les travaux d’exploitation cessent.

Dans la zone C de Cisjordanie, il y a environ dix carrières israéliennes, situés près des centres de construction et des quartiers résidentiels du centre d’Israël. Ces carrières fournissent chaque année 12 millions de tonnes de pierres, de graviers et de dolomite, dont 75% sont utilisés pour la construction à l’intérieur d’Israël. Le reste va à la construction dans les colonies et les infrastructures israéliennes en Cisjordanie.

Les carrières ont commencé à être exploitées après l’occupation de la Cisjordanie par Israël, en 1967. On estime qu’elles fournissent 20-30% de la consommation de la construction en Israël. Des carrières palestiniens opèrent également dans la zone C et la plupart de leur production est elle aussi utilisée pour la construction en Israël.

carrière de Betar Illit. 27.11.08 (@Dror Etkes, Yesh Din)

Carrière de Betar Illit. 27.11.08 (@Dror Etkes, Yesh Din)

En 2008, Israël a préparé un plan-cadre national pour les mines et les carrières afin d’assurer au secteur du bâtiment israélien ses besoins pour les trente prochaines années. Selon le rapport du Ha’aretz, en raison de la difficulté à justifier légalement l’exploitation des carrières au profit d’Israël, il a été décidé de modifier le plan et de se fonder sur « des sources indépendantes seulement. »

Israël n’a jamais réglementé l’exploitation des carrières israéliennes en Cisjordanie. Elles sont exploitées sans surveillance de l’environnement, sans plan d’allocation des ressources pour la restauration du paysage lorsque l’extraction est terminée et sans attribution aux Palestiniens d’une partie des recettes énormes. Un examen effectué par le Bureau du contrôleur de l’Etat a révélé que les redevances, qui devaient être transférés à l’administration civile [administration militaire israélienne pour les affaires civiles palestiniennes, ndt] au profit de la population palestinienne, ont été versées au budget de l’État.
En Mars 2009, Yesh Din a demandé à la Haute Cour de Justice la cessation de « l’exploitation économique brutale d’un territoire occupé pour les besoins économique exclusifs » d’Israël. La requête affirme que l’exploitation des ressources naturelles de la zone viole les lois de l’occupation (la Convention de La Haye) et les droits de l’Homme (la convention de l’ONU relative aux droits civils et politiques et le Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels) et peut, dans certains cas, être considéré comme du pillage. La requête cite un précédent jugement de la Haute Cour statuant que le commandant de l’armée israélienne en Cisjordanie ne pouvait pas prendre en compte, dans ses actions, les intérêts nationaux, économiques et sociaux d’Israël, si ils n’avaient pas d’impact sur la sécurité de la région ou sur l’intérêt de la population locale et que ce territoire occupé « n’est pas un champ ouvert pour l’exploitation économique ou toute autre exploitation. »

La Haute Cour n’a pas accordé la demande de «Yesh Din» pour une ordonnance proscrivant temporairement toute activité minière dans les carrières israéliennes en Cisjordanie comme la délivrance de nouvelles concessions minières et a, jusqu’à présent, seulement demandé une réponse des parties impliquées dans la requête. Après dépôt de la requête, l’État a annoncé, en mai 2009, qu’il allait geler la situation existante, y compris la planification de nouvelles carrières israélienne, et que l’Administration civile n’allouerait pas de terres supplémentaires pour étendre les carrières existantes. La réponse de l’Etat a indiqué que les carrières israéliennes dans la zone C seraient réglementées dans le cadre des négociations israélo-palestiniennes.

La requête de Yesh Din a mis l’accent sur l’impact des carrières israéliennes en Cisjordanie, mais toute décision sur la requête est susceptible d’affecter d’autres aspects de l’exploitation des ressources naturelles israélienne en Cisjordanie. Cette exploitation comprend, entre autres, l’allocation de 42,8% des terres de Cisjordanie au contrôle des colonies de peuplement, le pompage israélien d’eau en Cisjordanie et l’utilisation de terrains pour y enfouir des déchets israéliens.

22 Septembre 2010

Source : B’Tselem

Traduction : Julien Masri

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Viva Palestina arrives in Istanbul on way to Gaza




URL de l'article: http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=viva-palestine-arrives-to-istanbul-2010-09-28

Sami Jamil Jadallah – Time to “Kaduk” the Arab Peace Plan and disband the PLO/PA.

URL de l'article:http://palestinethinktank.com/2010/09/29/sami-jamil-jadallah-time-to-%E2%80%9Ckaduk%E2%80%9D-the-arab-peace-plan-and-disband-the-plopa/

L'Européenne Ashton va rencontrer Israéliens et Palestiniens jeudi

Publié le 29 septembre 2010 sur le site actu.voila.fr

Catherine Ashton à Bruxelles le 16 septembre 2010

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, va se rendre au Proche-Orient pour y rencontrer pendant deux jours les dirigeants israéliens et Palestiniens, a-t-on appris mercredi auprès de sa porte-parole Maja Kocijancik.

Mme Ashton va quitter les Etats-Unis mercredi soir et arrivera jeudi matin dans la région, a-t-elle précisé.

Jeudi et vendredi, elle aura des entretiens avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président palestinien Mahmoud Abbas et l'émissaire américain George Mitchell.

Il s'agit de "soutenir les pourparlers directs", a souligné Maja Kocijancik, alors que des voix se sont élevées en Europe, notamment en France, pour critiquer le manque de visibilité de l'UE depuis la reprise début septembre à Washington des pourparlers directs israélo-palestiniens.

Flottille de la liberté: l'ONU avalise un rapport dénonçant Israël

Publié le 29 septembre 2010 sur le site 7sur7.be


Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté mercredi une résolution approuvant le rapport de la mission d'enquête sur l'abordage fin mai par la marine israélienne d'une flottille pour Gaza et selon lequel des "preuves" existent pour "appuyer des poursuites" contre Israël.

La résolution, déposée par le Pakistan au nom de l'OCI regroupant 57 pays, a été adoptée avec 30 votes favorables, 1 vote contraire (celui des Etats-unis) et 15 abstentions. Dans sa résolution, l'OIC dit "regretter profondément la non-coopération d'Israël à l'enquête", tout en demandant au Conseil des droits de l'Homme "d'approuver les conclusions du rapport" et de "recommander à l'Assemblée générale (de l'ONU) de prendre en compte le rapport".

Dans leur rapport, les experts de l'ONU concluent que des "preuves" existent pour "appuyer des poursuites" contre Israël pour "homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves".
Le 31 mai 2010 à l'aube, des commandos israéliens ont arraisonné la flottille pro-palestinienne de six navires qui se dirigeait vers Gaza dans l'intention de briser le blocus maritime imposé par Israël.

Des affrontements entre militants et soldats israéliens se sont produits sur le Mavi Marmara, au cours desquels neuf Turcs ont été tués, ce qui a soulevé une vague de réprobation internationale.(belga)
29/09/10 17h38

URL de l'article:http://www.7sur7.be/7s7/fr/1735/Israel-Palestine/article/detail/1163586/2010/09/29/Flottille-de-la-liberte-l-ONU-avalise-un-rapport-denoncant-Israel.dhtml

Gilad Atzmon: Roger Waters and the Bombs of David

URL de l'article: http://www.gilad.co.uk/writings/gilad-atzmon-roger-waters-and-the-bombs-of-david.html

Israël pavoise et Abbas se tait

Publié le mercredi 29 septembre 2010 sur le site info-palestine.net
par Abdel Bari Atwan

Alors que le moratoire sur la construction des illégales colonies israéliennes s’est terminée hier, c’est la fête dans les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem occupée.

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Les constructions dans les colonies juives reprennent de plus belle en Cisjordanie et à Jérusalem, après la fin d’un moratoire cependant peu restrictif - Photo : AP/Bernat Armangue

Telle a été la réponse du gouvernement d’extrême-droite de Benyamin Netenyahu aux efforts déployés par les États-Unis pour que reprennent les pourparlers de paix entre les Palestiniens et les Israéliens.

Les constructions ont repris dans toutes les colonies, sans exception. Le gouvernement Netanyahu garde le silence, et l’Autorité palestinienne [AP de Ramallah], son président et son porte-parole restent invisibles comme s’il y avait un accord caché avec leurs homologues israéliens pour ne pas faire de déclarations devant la presse.

Le Dr Saeb Erekat, négociateur en chef palestinien - bien connu pour son goût à être sous les feux des projecteurs - avait souligné à plusieurs reprises dans des interviews télévisées que les Palestiniens ne poursuivraient pas les négociations « même un seul jour » si les Israéliens reprenaient la construction de colonies. Son patron, l’ex-président Mahmoud Abbas, avait souvent répété que la paix et la construction de colonies étaient diamétralement opposées.

L’AP dit vouloir consulter le Comité arabe pour l’Initiative de paix (APIC) en ce qui concerne la prochaine étape face au refus d’Israël de prolonger le moratoire. Il ne peut pas être exclu que l’APIC émette une nouvelle fatwa obligeant l’AP à poursuivre les négociations directes en vue de donner à l’administration américaine la possibilité de répondre au refus israélien, et « dévoiler » ainsi les intentions d’Israël devant le reste du monde.

Mahir Ghunaym, un des ministres de l’AP, a parlé des voies alternatives que l’AP pourrait suivre ; lorsqu’on lui a demandé de préciser ce qu’il entendait par là, il a déclaré, entre autres initiatives, la possibilité pour l’AP de se tourner vers le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il n’a pas dit un seul mot sur l’Intifada ou la résistance...

Dans une déclaration au journal Al-Hayat, l’ex-président Abbas a déclaré qu’il consulterait les institutions palestiniennes et arabes du Comité de suivi, en soulignant qu’il n’y aura pas de retour à l’option « militaire » - il entendait l’Intifada - car elle a causé trop de destructions.

Mais les institutions palestiniennes auxquelles le Président Abbas se réfère ne sont plus disposées à se retrouver impliquées. Le Comité exécutif de l’OLP a rejeté la reprise des négociations directes, bien que Abbas ait affirmé avoir obtenu son autorisation lors d’une réunion boycottée par plus de la moitié de ses membres.

Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine [FPLP], l’organisation la plus importante au sein du Comité exécutif de l’OLP, a déclaré hier la suspension de son appartenance [à l’OLP] et, par conséquent le boycott des réunions du Comité exécutif de l’OLP. C’est ce qu’ont fait également un certain nombre de personnalités indépendantes palestiniennes, pourtant soigneusement sélectionnées par Abbas pour soutenir sa position.

La majorité du peuple palestinien a perdu confiance dans l’Autorité palestinienne, laquelle n’a plus aucune crédibilité. Les gens ne croient plus aux déclarations des responsables de l’AP, y compris à celles d’Abbas lui-même qui revient sans cesse sur ses propres déclarations et menaces.

Il a menacé qu’il ne participerait pas à des négociations indirectes avec les Israéliens, mais il y est tout de même allé. Puis il a insisté sur le fait qu’il ne voulait pas participer à des négociations directes sans conditions bien établies et sans que des progrès ne soient réalisés dans des négociations indirectes, mais pour ensuite y participer sans qu’aucune de ses exigences ne soient respectées.

Il a souligné dans plus d’une déclaration à la presse qu’il ne négocierait pas un jour de plus si les Israéliens reprenaient la construction dans les colonies, et maintenant il annonce qu’il va poursuivre les négociations jusqu’à ce qu’il reçoive des directives de l’APIC d’ici une dizaine de jours.

Abbas poursuivra les négociations directes car il ne veut pas assister à l’explosion d’une Intifada ou à un renouveau de la résistance. Il ne veut même pas envisager la dissolution de l’Autorité palestinienne comme son porte-parole ainsi que le négociateur en chef Saeb Erekat, avaient menacé de le faire si la construction de colonies reprenait.

Que veut Abbas ? Se peut-il qu’il ne veuille que s’accrocher au pouvoir, en conservant son fauteuil de chef de l’AP en passe de se transformer en outil de l’occupation israélienne, réprimant son propre peuple et protégeant les colons alors que ceux-ci continuent à voler les terres palestiniennes, à incendier les fermes, à construire plus que jamais de nouvelles habitations sur le territoire palestinien, et achèvent la judaïsation de Jérusalem occupée ?

(JPG)

* Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

27 septembre 2010 - Vous pouvez consulter cet article à :

http://www.bariatwan.com/index.asp?fname=2010\09\09-28\27%20september%202010-14-26-40.htm&storytitle=%20Israel%20Celebrates%20while%20the%20PNA%20Is%20Silent
Traduction de l’anglais : Nazem

URL de l'article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9449