mercredi 30 juin 2010

Israeli foreign minister wants Palestinians stripped of citizenship and relocated

Lien de l'article: http://www.jkcook.net/Articles3/0498.htm#Top

La Cisjordanie pauvre paie le prix fort

Une vidéo Al Jazeera English/ parue le 29 juin 2010 sur le site You Tube

Un rapport établi par l'organisme de bienfaisance "Save the Children" a montré que les conditions de vie dans certaines parties de la Cisjordanie sont maintenant si difficiles que les gens sont moins bien lotis que ceux qui vivent sous le blocus de Gaza.

L'organisation annonce qu'environ 40.000 Palestiniens qui vivent sous contrôle israélien se voient empêchés d'exercer les réparations même les plus élémentaires dans leurs foyers, les écoles et les hôpitaux .

Un reportage al Jazeera réalisé par Bernard Smith à Susya en Cisjordanie.

Traduction CCY

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A report by the charity Save the Children has said that living conditions in parts of the West Bank are now so dire that people living there are worse off than in blockaded Gaza.

The charity claims that an estimated 40,000 Palestinians living under Israeli control are prevented from performing even the most basic repairs to homes, schools and hospitals.

Al Jazeera's Bernard Smith reports from Susya in the West Bank.

« Le CRIF est un interlocuteur essentiel de l’Etat » signé Nicolas Sarkozy

Publié le 30 juin 2010 sur le site oumma.com

Il y a des congratulations épistolaires qui, pour être protocolaires, n’en trahissent pas moins les liens très étroits, pétris d’affection, qui existent entre le sommet de l’Etat et le Conseil Représentatif des Institutions juives de France.

A l’occasion de la réélection de Richard Prasquier, qui entame son second mandat aux commandes du CRIF, les « plus vives félicitations » sous la plume de Nicolas Sarkozy prennent une résonance particulièrement édifiante, qu’il n’est nul besoin de déchiffrer puisque l’adoubement de l’organisation communautaire se lit en toutes lettres : « Le CRIF que vous présidez est un interlocuteur essentiel de l’Etat ».

Le Chef de l’Etat et le CRIF, des mêmes valeurs au service d’un même objectif ? Si le doute subsistait encore pour certains rares esprits incrédules, la phrase qui suit les fera certainement passer de l’ombre à la lumière : « Je me réjouis de de la qualité de nos relations, marquées par l’amitié et la confiance mutuelles, mais aussi par les convictions humanistes que nous avons en partage ». Un bel emballage humaniste qui porte le sceau Elyséen, mais entaché d’une indignation circonscrite à un certain seuil de tolérance...

Cette même petite flamme humaniste qui ne brille pas pour tous les peuples, plus encline à s’alarmer de la « réaction disproportionnée du raid israélien contre la flotille de Gaza », que de s’offusquer d’un assaut militaire meurtrier contre des pacifistes.

Lien du billet: http://oumma.com/Le-CRIF-est-un-interlocuteur

Alors qu’Israël assassine et mutile, la presse s’offusque des propos prétendument « indignes » d’Helen Thomas

Publié le 28 juin 2010 sur le site silviacattori.net

Chaque fois qu’Israël commet de nouvelles atrocités, les médias détournent aussitôt l’attention de l’opinion publique du lieu du crime.
28 juin 2010

La presse fait en ce moment de gros titres sur les propos prétendument « antisémites » de Mme Helen Thomas, la doyenne des correspondants de presse de la Maison-Blanche. Tout au travers des États-Unis, les experts clament leur indignation suite à sa déclaration impromptue de 25 secondes à un homme qui lui a braqué une caméra en pleine figure.

Helen Thomas a présenté des excuses publiques pour ses paroles, mais cela n’a pas suffi à apaiser l’indignation de ses puissants ennemis et elle a dû prendre sa retraite, après une longue et brillante carrière.

Avant d’examiner ses propos et leur éventuelle pertinence, jetons un regard sur d’autres évènements récents concernant Israël.

Le 31 mai, des commandos israéliens ont tué au moins neuf militants humanitaires non armés qui tentaient d’apporter de l’aide à Gaza.

Selon les témoins oculaires et des preuves médico-légales, la plupart de ces militants humanitaires ont été tués à bout portant. Parmi eux un jeune citoyen américain de 19 ans, tué de quatre balles dans la tête et une dans la poitrine, tirées à une distance de 45 centimètres.

Israël a immédiatement emprisonné les témoins directs et les centaines d’autres passagers, leur a confisqué caméras, ordinateurs portables, et autres effets personnels, et les a empêchés de parler à la presse durant plusieurs jours. Parmi les personnes incarcérées, il y avait des vétérans américains décorés, et un ancien ambassadeur de 80 ans qui avait été, sous l’administration Reagan, directeur adjoint de la Task Force pour la Lutte contre le Terrorisme.

Quand finalement ils ont été relâchés et qu’ils ont pu raconter ce qui leur était arrivé, beaucoup ont décrit les scènes d’horreur des commandos israéliens visant de leur tirs les humanitaires en pleine tête, de blessés au ventre, de gens en train de saigner à mort, alors même que les humanitaires agitaient des drapeaux blanc et appelaient à l’aide.

Les passagers - y compris ceux qui se trouvaient à bord des navires où, de l’avis des médias US, il n’y eut « aucune violence » - ont également dit avoir été battus brutalement, à maintes reprises, par les forces israéliennes.

Paul Larudee, un accordeur de pianos de 64 ans originaire de Californie, a décrit comment des centaines de commandos israéliens avaient pris d’assaut son navire. Comme il refusait de coopérer avec eux, les soldats l’ont roué de coups, d’abord sur le navire, puis à terre, après qu’il ait été jeté en prison. Finalement, il a été transporté par ambulance vers un hôpital israélien. Mais il a été laissé sans soin ce qui fait dire à Paul Larudee qu’il y a été transféré uniquement parce qu’Israël ne voulait pas que la presse le voie avec son œil tuméfié, ses articulations déboîtées, ses mâchoires meurtries et son corps couvert d’ecchymoses.

Le vétéran des Marines, Ken O’Keefe [1], a parlé des mêmes violences pendant sa détention par les Israéliens. Dans son cas, le public a pu voir son visage ensanglanté, meurtri, dans des clips vidéo et sur des photos, mais seulement sur Internet car les grands médias étas-uniens n’ont pas couvert sa conférence de presse et se sont gardés de publier les photos de ses blessures.

D’autres photos tout aussi affreuses, à la disposition du public états-unien montraient Emily Henochowicz, une étudiante américaine de 21 ans dont l’œil venait d’être crevé par les forces israéliennes. On lui a depuis retiré le globe oculaire et posé trois plaques métalliques sur le visage ; sa mâchoire est fermée par un fil.

Henochowicz, n’était pas sur la flottille ; elle participait à une manifestation non violente contre l’assaut israélien quand un soldat israélien lui a lancé une grenade lacrymogène en pleine figure.

Un citoyen suédois, qui était avec Henochowicz, témoigne : « Ils ont bien vu que nous étions des internationaux et ils nous regardaient vraiment comme s’ils cherchaient à nous viser. Ils ont tiré sur nous, à un rythme accéléré, plusieurs grenades lacrymogènes. Deux grenades sont tombés de chaque côté d’Emily, et une troisième l’a frappée en pleine figure ».

Henochowicz n’est pas la première personne à avoir été frappée par de telles grenades lacrymogènes.

Un Palestinien âgé de trente ans, Basem Ibrahim Abu Rahmeh, a été tué par un soldat israélien qui lui a lancé à bout portant une de ces grenades alors qu’il participait à une manifestation contre la confiscation de terres agricoles palestiniennes par les Israéliens. Une vidéo des faits est disponible sur You Tube ; les médias états-uniens ont également fait le choix de ne pas diffuser cette information.

Un Californien, Tristan Anderson, a été touché à la tête par une grenade similaire alors qu’il prenait des photos dans une autre manifestation. Une partie du cerveau d’Anderson a dû lui être enlevée, et il est resté « quasi inconscient » pendant 6 à 7 mois. Il est maintenant dans un fauteuil roulant ; il ne peut presque pas bouger son bras et sa jambe gauche, il est aveugle d’un œil, et ses fonctions mentales sont très altérées. Des photos de l’agression dont il a été victime sont également disponibles sur Internet.

Depuis 2006, les forces israéliennes ont coupé la bande de Gaza du reste du monde, emprisonnant ainsi un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en les privant de denrées alimentaires, de médicaments, de matériaux de construction, comme l’ont indiqué des organisations telles qu’ Amnesty International, Oxfam, et Christian Aid, qui ont déclaré qu’Israël utilise la nourriture et les médicaments comme une arme.

L’une des innombrables victimes de ce siège illégal est Taysir Al Burai, 5 ans. Taysir souffre d’un trouble neurologique aigu et a besoin de soins 24 h sur 24. Selon The Guardian de Londres, il pourrait guérir si Israël lui permettait de sortir de Gaza mais, à ce jour, les demandes répétées de ses parents ont toutes été refusées.

Une autre victime est Mohammad Khader, 7 mois, dont l’œdème au cerveau nécessitait un traitement spécialisé impossible à donner dans les hôpitaux de Gaza démunis par le siège israélien. Les demandes de ses parents, complètement désemparés, pour l’obtention d’une autorisation de se rendre à l’étranger, ont également toutes été refusées. Leur petit enfant est mort, il y a quelques jours.

De tels récits, il y en en a beaucoup d’autres…

La déclaration prétendument « indigne » d’Helen Thomas

Pourtant, la rage qui se déverse dans les médias états-uniens n’est pas dirigée contre ce qui vient d’être dit. On assassine des êtres humains d’une balle dans la tête, on leur massacre les yeux et une partie de leurs fonctions cérébrales, on frappe des personnes âgées, on provoque la souffrance et la mort de petits enfants et de nourrissons, on jette au désespoir leurs parents, mais rien de tout cela ne suscite la moindre colère. En réalité, tout cela est considéré comme trop insignifiant pour mériter d’être signalé.

Par contre, les médias étalent leur indignation au sujet des propos « anti-israéliens » tenus par la vieille dame de 89 ans, Helen Thomas.

Au cours de la vie d’Helen Thomas, Israël a procédé au nettoyage ethnique de plus d’un million de personnes, il les a remplacées par des colons venus du monde entier, il a perpétré des dizaines de massacres, torturé des milliers de personnes, tué et mutilé un nombre incalculable d’enfants, estropié des gens, commis des outrages sur des femmes, des personnes âgées, des déficients et des infirmes.

Il a assassiné des gens dans le monde entier, envahi de nombreux pays, espionné les États-Unis, tué et blessé 200 militaires états-uniens, et emprisonné et torturé des États-Uniens. Tout cela alors qu’il a reçu plus d’argent des États-Unis qu’aucun autre pays dans le monde.

Pendant des années, bien avant de tenir ses propos, Helen Thomas a été la cible de ces haineux partisans états-uniens d’Israël ; la blogosphère sioniste regorge de calomnies nauséabondes à propos de son « look » ; et son ascendance libanaise est régulièrement soulignée par les médias, bien qu’elle soit née et qu’elle ait été élevée dans le Kentucky.

Une des raisons de cette animosité féroce à son égard est le fait qu’Helen Thomas est l’une des rares journalistes de la grande presse à contester les mensonges répandus par les néocons ; mensonges qui ont entraîné les États-Unis dans des guerres, semé massivement la mort, la destruction et la tragédie, et qui continuent à alimenter des politiques de violence et de cruauté.

Alors que ces mêmes groupes et individus qui avaient poussé les États-Unis à attaquer l’Irak ont, ces dernières années, multiplié leurs efforts pour qu’ils détruisent de la même manière les Iraniens au prétexte que l’Iran pourrait développer l’arme nucléaire, les questions qu’Helen Thomas posait à Obama visaient à obtenir qu’il reconnaisse qu’Israël possédait déjà l’arme nucléaire. Alors que le reste de la presse conspirait pour ignorer ce fait, et bien d’autres, Helen Thomas s’attachait à le souligner.

Sans surprise, ce sont les nombreuses personnes complices de ces manipulations, comme l’ancien porte-parole de Bush, Ari Fleisher, qui ont mené la charge contre elle.

Il convient de regarder la vidéo et le contexte dans lequel Thomas a tenu ses propos prétendument « antisémites ».

Un homme, tenant visiblement sa caméra droit sur son visage, lui demande de prononcer quelques mots sur Israël. Elle dit, « Dites-leur [aux juifs israéliens] de foutre le camp de la Palestine. Rappelez-vous, ce peuple est occupé. Et c’est sa terre... ». Ici, il l’interrompt et lui demande où ils devraient aller. Helen Thomas répond : « Qu’ils rentrent chez eux, en Allemagne, en Pologne, en Amérique, et partout ailleurs ».

Bien que Thomas ait présenté depuis ses excuses, et partant de l’idée que beaucoup d’Israéliens ont le droit de vivre là où ils sont, il n’en demeure pas moins que les colons israéliens, viennent effectivement d’ailleurs. En réalité, ils occupent illégalement la terre palestinienne - un fait reconnu même par le département d’État des États-Unis - et le droit international exige qu’ils partent.

Comme si Hitler était toujours au pouvoir et prêt à bondir, de nombreux commentateurs ont exprimé tout particulièrement leur colère parce qu’Helen Thomas a inclus l’Allemagne et la Pologne parmi les endroits où les colons israéliens devraient retourner.

Pourtant, le fait heureux est que la Deuxième Guerre mondiale et l’holocauste nazi ont pris fin il y a plus d’un demi-siècle. Dans la Pologne d’aujourd’hui, il y a un renouveau juif dynamique avec une Menorah haute de dix pieds éclairée dans le centre de Varsovie durant la fête de Hanoukah, et l’Allemagne est devenue, selon le New York Times, « un pays où les juifs veulent vivre ». En réalité, ces dernières années, les juifs ont préféré immigrer en Allemagne plutôt qu’en Israël.

Quant à l’appel d’Helen Thomas à ce que les colons retournent aux États-Unis (cette destination a été omise dans bien des articles), il est loin d’être scandaleux étant donné que de nombreux colons de Cisjordanie viennent effectivement des États-Unis.

Dans l’ensemble, la couverture de l’incident s’est largement écartée de la pratique journalistique normale qui veut que, dans un différend, l’on cite également les deux côtés. En effet, ceux qui soutiennent Helen Thomas sont complètement ignorés, même si la page de You Tube montrant la vidéo infâme contient de nombreux commentaires qui lui apportent un soutien. En revanche, les détracteurs d’Helen Thomas - presque tous des sionistes - sont omniprésents et se gardent en général de révéler les conflits d’intérêts, fréquents chez ceux qui se sont exprimés.

Par exemple, Howard Kurtz du Washington Post, cite Jeffrey Goldberg, sans mentionner que Goldberg est un citoyen israélien qui a servi comme geôlier dans une prison israélienne qui a maintenu en détention, sans inculpation, des centaines de Palestiniens, dont certains ont été tués de sang-froid par le commandant de la prison.

Les grands groupes de presse ne semblent pas non plus avoir enquêté sur les rapports révélant que l’homme qui a pris Helen Thomas en vidéo, le rabbin David Nesenoff, a fait une autre vidéo, très offensante, qui le montre lui en compagnie d’un autre homme personnifiant un prêtre catholique bouffon, avec des immigrants mexicains.

De même, des bulletins d’informations qui nous apprennent qu’un lycée a annulé son invitation à Helen Thomas en qualité de conférencière pour une cérémonie de remise de diplômes, ont omis de dire à leurs lecteurs que de nombreux parents d’élèves de ce lycée, et de nombreux lycéens, avaient exprimé le souhait qu’Helen Thomas vienne donner sa conférence ; alors même que ce groupe passé sous silence représentait une majorité dans l’école. Les gens de ce groupe ont créé une page Facebook, « Helen Thomas aurait dû être notre conférencière » dans laquelle ils notent :

« Le but de notre groupe est de protester, sereinement mais fermement, contre le fait qu’une petite minorité ait eu le pouvoir d’imposer sa volonté à un groupe plus large en se lançant, ou en menaçant de se lancer, dans un discours perturbateur. Notre groupe affirme sa croyance dans un débat raisonnable et son sentiment que, ici, une nette minorité a pu l’emporter sur une grande majorité en dénaturant les questions et le débat. »

Le remplaçant d’Helen Thomas à la prochaine cérémonie de remise de diplômes sera Bob Schiefer, de CBS, qui a des liens familiaux étroits avec George W. Bush, et qui a rarement – voire jamais – contesté les mensonges d’une administration qui a précipité la nation dans la guerre et qui l’y maintient encore.

En ce qui concerne ses articles sur la question israélo-palestinienne, l’observatoire des médias Fairness and Accurate In Reporting (FAIR) a publié une alerte en 2006 contestant "la couverture superficielle et dédaigneuse d’événements complexes et tragiques" fournie par Schiefer.

On ne sait pas qui prendra le siège du premier rang qui était celui d’Helen Thomas lors des briefings de la Maison-Blanche. Vu l’état actuel de la presse, il est probable que les partisans d’Israël poussent en ce moment un ouf de soulagement.

Alison Weir
israel-palestinenews.org
Le 9 juin 2010.


Alison Weir est directrice de "Si les Américains savaient" (If Americans Knew). (http://ifamericansknew.org)

Traduit de l’anglais par JPH.

Texte original en anglais (09.06.2010) :
http://www.israel-palestinenews.org/2010/06/as-israel-kills-and-maims-outrage-is.html

Lien de l'article: http://www.silviacattori.net/article1274.html

Peut-on critiquer Israël ? En quoi les sionistes sont-ils légitimés pour instrumentaliser l’antisémitisme ?

Publié le 30 juin 2010 sur le site nasr-moqawama.blogspot.com
par Pierre Stambul

L’expulsion des Palestiniens de leur propre pays s’est faite, il y a 62 ans. Ce nettoyage ethnique (800000 personnes expulsées de leur propre pays) s’est réalisé avec la complicité de la communauté internationale. Après des siècles d’un antisémitisme européen jalonné de nombreux pogroms, et immédiatement après le génocide nazi qui a entraîné la mort de 6 millions de Juifs (la moitié des Juifs européens), l’Occident s’est « débarrassé » de sa responsabilité … sur le dos du peuple palestinien qui n’avait joué aucun rôle dans cette persécution.

Alors que la décolonisation (certes très imparfaite) a été la règle partout, la question palestinienne évolue à contre-courant. Plusieurs facteurs bloquent toute solution. Il y a la manipulation de l’histoire, des mémoires et des identités. L’Etat d’Israël et celles ou ceux qui soutiennent sa politique nient le crime fondateur, les droits du peuple autochtone, voire même l’existence de ce peuple. Pour eux la « légitimité » d’un Etat qui s’est proclamé « Etat Juif » et refuse toute citoyenneté aux autres habitants de la région est indiscutable et les Palestiniens sont des intrus. Ils en sont toujours aux mensonges initiaux : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », « du désert, nous avons fait un jardin », « les Arabes sont partis d’eux-mêmes » et ils défendent contre toute vraisemblance historique l’idée qu’après 2000 ans d’exil, les Juifs sont retournés dans leur pays.

Le sionisme est devenu une idéologie totalitaire qui prétend parler au nom de tous les Juifs. Depuis des années, une technique s’est bien rodée. Quiconque critique Israël et sa politique, quiconque défend les droits du peuple palestinien, est forcément un antisémite s’il n’est pas juif et un traître ayant la haine de soi s’il est juif. Quiconque dit ce qui est à l’œuvre : nettoyage ethnique, colonialisme, apartheid, crimes de guerre … est forcément un négationniste nostalgique d’Hitler.

Traître ou complice ?

Refusant d’avoir le choix entre être complice ou être un traître, je me sens donc sommé de dire « d’où je parle ». Je suis né en 1950 dans le souvenir omniprésent du génocide nazi. Mère née Dvoira Vainberg, communiste résistante dans la MOI, seule rescapée d’une famille nombreuse disparue (sans qu’on sache même où et comment) en Bessarabie. Père Yakov Stambul, membre du groupe Manouchian (l’Affiche Rouge), en « triangle » avec Jozsef Boczor et Emeric Glasz fusillés au mont Valérien. Il a été déporté à Buchenwald. Sa mère avait été 40 ans plus tôt une survivante du pogrom de Kichinev. J’utilise volontairement mes origines pour contester tout droit des sionistes à parler au nom de tous les Juifs ou au nom de l’antisémitisme et du génocide.

En 1948, Menachem Begin (le responsable du massacre de Deir Yassin) projetait de visiter les Etats-Unis. Les plus grands intellectuels juifs américains de l’époque (Hannah Arendt, Albert Einstein …) avaient signé une pétition demandant au président Truman d’arrêter ou d’expulser ce terroriste. Encore à cette époque, le mot « juif » évoquait Einstein, Arendt, Freud, Rosa Luxembourg… et pas Liberman, Barak , Livni ou Nétanyahou.

Aujourd’hui, on assiste à un véritable acharnement consistant à effacer ce passé, à manipuler l’histoire, la mémoire et les identités juives. La caricature de ce hold-up, c’est un avocat sioniste français osant intenter un procès à Edgar Morin pour antisémitisme. Edgar Morin a été un grand résistant et il a écrit dans « Vidal et les siens », à partir de son histoire familiale, une étude de la trajectoire des Juifs venus de Salonique. Edgar Morin, comme de nombreuses personnalités françaises d’origine juive, trouve que la politique israélienne actuelle n’est pas seulement criminelle pour les Palestiniens et suicidaire pour les Israéliens, c’est aussi une caricature d’une histoire riche qui n’a rien à voir avec le militarisme colonial actuel.

Sionisme et antisémitisme

L’idéologie sioniste est une réponse, fausse à mes yeux, à l’antisémitisme. En 1880, environ 60% des Juifs du monde entier vivent dans un seul pays : l’empire russe et ils forment environ 10% de la population de la « zone de résidence » entre Baltique et Mer Noire. La société juive est en butte à un terrible antisémitisme d’état qui essaie de détourner la colère populaire contre les Juifs. Une partie de la population juive abandonne la religion. Les idées révolutionnaires influencent massivement les Juifs qui se sont prolétarisés et adhèrent en nombre à différents partis révolutionnaires dont le Bund. À contre-courant de ces idées, le sionisme considère que l’antisémitisme est inéluctable, que la lutte pour la citoyenneté ou l’égalité des droits n’a aucun sens et que la seule solution est la fuite et la colonisation de la Palestine. Dès le départ, le sionisme est une théorie de la séparation : juifs et non juifs ne peuvent pas vivre ensemble. Dès le départ, les sionistes n’ont qu’un seul but : construire le futur Etat juif et ils ne participeront que de façon très marginale aux luttes sociales, au combat pour l’émancipation ou à la résistance antifasciste. Dès le départ, le sionisme se sert de l’antisémitisme pour faire avancer son projet. Peu avant sa mort, Herzl rencontre un des pires ministres antisémites du Tsar (Plehve) pour lui expliquer que l’un et l’autre ont les mêmes intérêts : qu’un maximum de Juifs quittent la Russie. La persécution antisémite sera toujours décrite, notamment plus tard par Ben Gourion, comme une aide décisive pour convaincre les Juifs de partir en Palestine. Dès le départ, les sionistes qui prétendent réagir au pire des racismes se montrent totalement négationnistes vis-à-vis du peuple palestinien autochtone. Ils organisent sa dépossession bien avant le génocide nazi et envisagent très tôt l'expulsion qui sera réalisée en 1948.

Instrumentalisation du génocide

À la sortie du musée Yad Vashem de Jérusalem consacré au génocide, un monument symbolise l’issue « rédemptrice » selon les sionistes : la création de l’Etat d’Israël. Certes, le projet de création d’un Etat juif n’aurait pas abouti et même serait resté très minoritaire parmi les Juifs sans le génocide. Les Juifs qui avaient été considérés comme des parias en Europe, sont soudainement devenus dès 1945 de bons européens établissant une tête de pont au Proche-Orient et il y a eu un consensus international pour soutenir la création de l’Etat d’Israël et le nettoyage ethnique qui l’a accompagnée.

Et pourtant, le sionisme a-t-il joué un rôle notable face au nazisme et au fascisme ? En fait, aucun mouvement politique et aucun Etat n’a voulu ou su faire face à cette « résistible ascension » du fascisme. Les Occidentaux ont refusé l’intervention en Espagne, ont signé les accords de Munich et plus tard pendant la guerre, n’ont rien fait pour empêcher l’extermination des Juifs. Les Soviétiques ont signé le pacte germano-soviétique. Ne parlons pas du Parlement français qui a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

Mais les sionistes n’ont pas fait mieux et les faits qui suivent sont facilement vérifiables.

L’idéologue du courant révisionniste du sionisme, Vladimir Jabotinsky était un admirateur du fascisme italien et les méthodes qu’il a préconisées dès 1930 (le « transfert » des Palestiniens au-delà du Jourdain) s’inspirent du fascisme. Quand en 1933, les Juifs américains organisent un boycott contre l’Allemagne Nazi, Ben Gourion le brise aussitôt. L’organisation sioniste mondiale aura un bureau en Allemagne nazi jusqu’en 1941 et les Nazis favoriseront l’émigration des Juifs allemands ou autrichiens expulsés vers la Palestine (avec transfert de fonds) alors que la grande majorité d’entre eux préféraient partir en Occident. Pire, celui qui sera Premier ministre sous le nom d’Itzhak Shamir a dirigé avec Stern un groupe terroriste qui assassinera de nombreux soldats britanniques entre 1940 et 1943, ce qui en dit long sur l’intérêt que ce groupe portait au génocide en cours.

Il y a eu une résistance spécifiquement juive pendant la guerre, essentiellement communiste et bundiste (dans la MOI avec d'autres, en Pologne avec l’insurrection du ghetto de Varsovie). Les sionistes n’y ont joué qu’un rôle marginal.

Israël s’est souvent présenté comme le havre de paix pour les Juifs après la guerre. Il n’y a qu’à écouter le discours de Sharon lors du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz, expliquant que l’extermination n’aurait pas eu lieu si Israël avait existé et accessoirement qu’Auschwitz justifiait ce qu’Israël inflige aux Palestiniens.

Il y a pourtant à dire sur l’arrivée des rescapés du génocide. À la fin de la guerre, des centaines de milliers d’entre eux sont dans des camps de réfugiés, essentiellement en Allemagne. Le Yiddishland a disparu. Ils attendent des visas pour l’Occident que la plupart n’obtiendront pas. En 1951, le dernier camp se révolte en Bavière et les derniers réfugiés sont expulsés … en Israël.
Ces rescapés seront très mal accueillis en Israël. On opposera la prétendue résignation des victimes face à l’extermination, à l’Israélien nouveau fier de lui qui se bat et défriche son pays. Il reste aujourd’hui un peu plus de 200000 rescapés en Israël. La moitié d’entre eux touchent des pensions misérables et vivent sous le seuil de pauvreté, en particulier ceux qui sont venus des pays de l’Est. Régulièrement, des rabbins et non des moindres, insultent la mémoire des victimes en affirmant qu’ils ont pêché et que Dieu les a punis. Entre deux injures racistes contre les Palestiniens, le grand rabbin Ovadia Yossef, idéologue du parti Shass (Salah Hamouri est accusé sans preuve d’avoir voulu attenter à sa vie) s’est plusieurs fois livré à des diatribes contre les victimes du génocide.

La question du racisme en Israël

Pourquoi les institutions communautaires juives, si promptes à voir partout l’antisémitisme sont-elles aussi silencieuses face au racisme et aux discriminations en Israël ?

Il existe un racisme institutionnel contre les Palestiniens. Ceux qui ont la nationalité israélienne dans un Etat qui se dit « juif et démocratique » vivent les discriminations au travail (un grand nombre de métiers leur étant interdits), au logement, à la possession de la terre dans un pays où « légalement », 98% des terres sont réservées aux Juifs. Plus de 60 ans après la création de l’Etat d’Israël, plus de 100000 Bédouins du Néguev vivent dans des bidonvilles en plein désert. Leurs villages non reconnus sont détruits. Ils n’ont pas le droit de construire en dur, ils n’ont ni route, ni eau, ni électricité, ni école. On détruit leurs maisons dès qu’ils construisent en dur.

De très nombreux dirigeants israéliens profèrent régulièrement des injures racistes qui sont parfois des appels au meurtre contre les « Arabes » en toute impunité. Dans le cadre du « choc des civilisations » et de la « guerre du bien contre le mal », les médias israéliens considèrent le Hezbollah ou le Hamas comme des êtres démoniaques. D’où l’indifférence de l’opinion israélienne face aux crimes de guerre commis au Liban (2006) ou à Gaza (décembre-janvier 2008-9).

Que dire des Juifs séfarades ou Mizrahis venus des pays musulmans ? Avant l’avènement du sionisme, ils n’avaient jamais connu quelque chose d’équivalent à l’antisémitisme européen. Au contraire, quand les Juifs ont été expulsés d’Espagne, ils ont été accueillis au Maghreb et dans l’Empire Ottoman. C’est à la fois la construction d’un Etat juif expulsant les Palestiniens et le colonialisme européen qui vont déstabiliser ces communautés. Bien sûr, les régimes arabes ou le colonialisme français ont une responsabilité évidente dans le départ de communautés vieilles parfois de 2000 ans. Mais la propagande sioniste a joué un rôle essentiel. Il s’agissait de donner au nouvel Etat israélien le prolétariat qui lui faisait défaut après l’expulsion des Palestiniens. Quand les Juifs hésitaient à partir, tout a été fait pour les convaincre et par exemple les attentats de Bagdad de 1950-51 qui ont décidé la plus vieille communauté juive (celle d’Irak) à émigrer, ont été réalisés par des sionistes.

On a raconté une histoire assez fantastique aux Juifs venus des pays musulmans : « vous viviez dans des pays de sauvages au milieu des Arabes et les Ashkénazes (les juifs européens) vous ont sauvés en vous offrant un pays ». Ils se retrouvent aujourd’hui coupés de leur histoire, de leur culture, de leurs langues, de leurs racines. Les Juifs algériens qui étaient des autochtones ont dû quitter leur pays avec les colons à cause du décret Crémieux qui les a coupés de la population musulmane en les faisant passer du côté des colons.

Les Juifs du monde arabe ont souffert dès leur arrivée en Israël d’un racisme violent. On les a envoyés dans les régions périphériques ou désertiques. Ils ont occupé les emplois les plus dévalorisants, et leur niveau de vie en Israël est très nettement inférieur à celui des Juifs européens. Dans les années 50, des rayons X ont été expérimentés sur des enfants de Juifs marocains, on estime que le nombre de victimes tourne autour de 6000 morts. Il y a eu des révoltes dont celles des Panthères Noires. Les Juifs du monde arabe ont été éduqués à adopter une histoire, celle de l’antisémitisme européen, qui n’est pas la leur. Leur traumatisme, être coupé des Arabes avec lesquels ils avaient toujours vécu et être définitivement éloignés de leurs terres ancestrales, a été totalement nié et refoulé. Sans passé, ni présent, ni avenir, ils ont été une proie facile pour les partis de droite.

Enfin il est difficile d’évoquer le racisme en Israël sans parler des Falachas. La fameuse opération visant à les sauver tourne à la farce sinistre. Il y a aujourd’hui près de 100000 Ethiopiens en Israël dont beaucoup n’ont rien à voir avec le judaïsme. Ils subissent un racisme violent, et pas seulement de la part des autorités religieuses.

La société israélienne est à l’unisson de l’occident sur les questions du tiers-monde et des migrations. Plusieurs milliers de Sans Papiers venus d’Afrique de l’Est sont enfermés dans des centres de rétention. Leurs enfants ne sont pas scolarisés et le gouvernement construit une barrière entre Gaza et la Mer Rouge pour les empêcher d’entrer. Il y a en Israël des centaines de milliers de travailleurs immigrés notamment venus de l’Est de l’Asie et ils subissent les mêmes discriminations que les immigrés vivant en Europe.

Devoir de mémoire ou devoir de soutien inconditionnel ?

Il aura fallu du temps pour que le nouvel Etat israélien réalise tout le profit qu’il y avait à créer une religion du souvenir. La mémoire ne peut pas être un devoir. La mémoire n’est pas un rite. Elle a un sens évident, comprendre ce qui a produit les horreurs et faire en sorte qu’il n’y ait « plus jamais cela ». Ce sens a été perverti.

Avec la création du musée Yad Vashem et le procès Eichmann, l’Etat israélien s’est autoproclamé seul dépositaire de la mémoire du génocide. C’est lui qui nomme les « Justes », celles et ceux qui ont sauvé des Juifs. Tous les ans, chaque Israélien doit s’arrêter au garde-à-vous pour célébrer la Shoah et le voyage à Auschwitz pendant les années d’études est obligatoire.

Et pourtant ! Dès les années 50, pour pouvoir retrouver sa place dans le concert des nations, l’Allemagne fédérale a décidé d’indemniser les victimes juives du nazisme (pas les autres, pourquoi ?). L’Etat d’Israël a reçu des milliards de marks qui ont joué un rôle décisif dans son développement économique. Or le chancelier Adenauer a un passé douteux sur la question juive et plusieurs de ses conseillers qui ont mis en place l’aide à Israël sont des anciens nazis. Les Israéliens ont fermé les yeux.

Aujourd’hui c’est pire. Un président polonais se fait élire avec le soutien décisif d’une radio antisémite (Radio Marya) et il est décrit par tout le monde comme un ami d’Israël. Dans les pays baltes ou en Croatie, des partis héritiers des collaborateurs qui ont joué un rôle majeur dans l’extermination des Juifs, se retrouvent au pouvoir. Peu importe, ce sont des amis d’Israël ! En France, des anciens du groupe fasciste Occident se retrouvent dans les Amitiés France-Israël.

Aux Etats-Unis, les « Chrétiens sionistes » sont très puissants. Ces intégristes affirment que les « Arabes, c’est Armageddon, c’est le mal », que les Juifs doivent les expulser de la terre sainte, mais que bien sûr après, ils devront se convertir au christianisme ou disparaître. Ce sont des antisémites, héritiers de l’antijudaïsme chrétien traditionnel. Les Chrétiens sionistes ont donné une aide financière décisive pour coloniser la Cisjordanie et en particulier pour construire Maale Adoumim qui coupe la Cisjordanie en deux et qui rend non-viable dans ces conditions tout hypothétique Etat Palestinien. Bref, il faut le dire, la colonisation est financée par d’authentiques antisémites.

Mais en Israël et chez ceux qui défendent inconditionnellement les gouvernements israéliens, le curseur s’est déplacé. Tous les dirigeants politiques ont proclamé « qu’Arafat est un nouvel Hitler », que les Palestiniens sont les héritiers du nazisme (alors que, comme le montre Gilbert Achkar dans son livre « les Arabes et la Shoah », les sympathies arabes pour le nazisme ont été rares, à l’exception du mufti Amin al-Husseini). Le complexe de Massada fonctionne à fond qui persuade les Israéliens que les victimes, ce sont eux, et pas le peuple occupé. On ne traque plus les antisémites, on traque ceux qui critiquent Israël et qui sont « forcément » quelque part des antisémites. On a passé sous silence en Israël le fait qu’en 2002, les plus grands intellectuels palestiniens (Elias Sanbar mais aussi Edward Saïd et Mahmoud Darwish aujourd’hui décédés) ont empêché la tenue d’un colloque négationniste de Garaudy à Beyrouth.

L’antisémitisme aujourd’hui.

Il n’y a pas eu dans l’histoire un seul antisémitisme. Il y a d’abord eu pendant des siècles en Europe l’antijudaïsme chrétien. Les deux religions ont été en concurrence au début de l’ère chrétienne et le christianisme est issu du judaïsme. Quand le christianisme devient religion d’Etat, les persécutions antijuives commencent. Ce sont les interdits, notamment la possession de la terre, l’enfermement dans les juderias ou les ghettos, les stéréotypes racistes, l’accusation de déicide, les expulsions et les massacres de masse. Quand l’émancipation des Juifs européens commence au XVIIIe siècle, cet antijudaïsme chrétien va se transformer en antisémitisme racial. Tous les nationalismes européens ont en commun l’équation simpliste « 1 peuple = 1 Etat » (idée reprise par les sionistes) et il y a un consensus antisémite considérant que les Juifs sont « apatrides et cosmopolites » et constituent un obstacle à la construction d’Etats ethniquement purs. Cet antisémitisme racial a produit les horreurs du nazisme.

Après 1945, c’est principalement l’extrême droite qui propage l’antisémitisme avec le renfort d’un petit courant venu de l’ultra-gauche (Rassinier) qui nie l’existence de l’extermination. Les principaux courants politiques n’affichent plus l’antisémitisme d’avant-guerre, mais il ne faut pas se méprendre. Il ne s’agit pas d’un sentiment de culpabilité, mais d’une joie que les Juifs aient un Etat et donc éventuellement qu’ils puissent partir. Déjà en 1917, Balfour, le créateur du « Foyer National Juif » était un antisémite. Son projet politique visait à la fois à créer une tête de pont européenne au Proche-Orient et à se débarrasser des Juifs européens.

Il y a aujourd’hui un risque que se développe une troisième phase de l’antisémitisme. Edgar Morin a utilisé le terme d’antiisraélisme. À partir du moment où les partisans de l’Etat d’Israël mélangent sciemment juif, sioniste et israélien, il est logique que les mêmes confusions aient lieu dans les rangs de celles ou ceux qui défendent les droits des Palestiniens. Il est tout à fait illusoire, face à ce phénomène, d’hurler à l’antisémitisme aux côtés de ceux qui nient les crimes commis par l’armée israélienne. La meilleure parade à cette possible montée d’un nouvel antisémitisme, c’est de faire ce que font les anticolonialistes israéliens ou ce que fait l’Union Juive Française pour la Paix : montrer en tant que juifs que nous sommes solidaires des Palestiniens, parce que cette guerre n’est ni une guerre raciale, ni un conflit communautaire, ni une guerre religieuse. Elle porte sur des questions universelles : l’égalité des droits et le refus du colonialisme. Et nous sommes solidaires aussi au nom de notre identité et de notre histoire.

En même temps, il existe et il a toujours existé en petit nombre d’authentiques antisémites qui se dissimulent derrière le combat pour la Palestine. Je citerai les groupies d’Israël Shamir, un curieux Israélien d’origine soviétique, le parti dit « antisioniste » dont le fondateur (Dieudonné) est devenu un familier de Le Pen ou le « parti des musulmans de France ». Ces groupes sont totalement infréquentables et faire un bout de chemin avec eux discrédite un combat mené au nom des droits fondamentaux.

L’antisémitisme est-il un racisme « à part », « hors norme » ? Il l’a été car en général les communautés discriminées ne sont pas victimes d’un génocide systématique. Mais l’antisémitisme actuel n’est en rien comparable à ce qu’a été l’antisémitisme des années 30 ou 40 et par exemple en France, le racisme frappe beaucoup plus massivement les Noirs, les Roms et les Arabes.

La confusion organisée

Quand l’ONU a publié le rapport Goldstone confirmant que les troupes israéliennes avaient commis des crimes de guerre à Gaza, des défenseurs d’Israël ont affirmé qu’il s’agissait d’un rapport antisémite. Richard Goldstone est pourtant un Juif sud-africain réputé proche du sionisme.

Quand « l’association pour le bien-être du soldat israélien » (ABSI) n’a pas trouvé de salle pour faire sa réunion à Lyon, celle-ci s’est faite dans une synagogue. Mais si bien sûr, une synagogue est caillassée, il s’agira d’un acte antisémite.

Quand des militants se lancent activement dans la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël) initiée par la société civile palestinienne, ils sont accusés d’antisémitisme et menacés directement par la ministre de la Justice.

Quand un conseiller régional interpelle M. Frèche, président de la région Languedoc-Roussillon, sur le soutien qu’il apporte à la construction du terminal Agrexco, compagnie qui exporte les produits des colonies de Cisjordanie, il est traité d’antisémite.

Quand la plupart des élus français vont au dîner du CRIF et acceptent benoîtement des propos considérant que toute critique d’Israël est antisémite, on marche sur la tête.

Ça suffit ! J’apporte publiquement mon appui et celui de l’Ujfp à Madame Biermann, citoyenne luxembourgeoise engagée, victime d’une accusation infamante d’antisémitisme lancée contre elle par le consistoire israélite. Oui, il existe un lobby qui use et abuse de l’antisémitisme pour interdire toute critique d’une politique criminelle. Oui, face à Etat qui se dit Juif, qui a installé des colonies « juives », qui prétend parler au nom de tous les Juifs et face à des institutions communautaires ou religieuses qui sont devenues les auxiliaires de cette politique, il est logique et normal d’interpeller les Juifs. Le crime se fait en leur nom, et c’est une des raisons de l’existence de l’Ujfp. Qu’ils cessent de soutenir une politique criminelle et suicidaire et qu’ils se souviennent de ce qu’a produit le soutien d’un grand nombre de pieds-noirs à l’OAS pendant la guerre d’Algérie.

À tous et à toutes ! Ne vous laissez pas intimider ! Ne confondez jamais juif, sioniste et israélien ! Et rappelez-vous que ceux qui défendent jour après jour et quoi qu’il arrive la politique israélienne n’ont aucun droit à vous traiter d’antisémite. Défendre les droits du peuple palestinien comme ceux de tout peuple est un devoir universel, quelles que soient nos origines.

Pierre Stambul

Lien de l'article: http://nasr-moqawama.blogspot.com/

« Nous ne voulons pas un passage pour les assiettes, les tasses et les brosses à dents »

Publié le 30 juin 2010 sur le site info-palestine.net
par Nicole Johnston - Al Jazeera

« Israël a tout rasé, la terre, les arbres, les maisons et maintenant nous vivons comme des morts. »

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Photo : AFP

Point de passage Keram Abou Salem

Nous avons vu les camions entrer à gaza, chargés de produits qu’Israël n’avait pas autorisés depuis plus de trois ans. Quand nous avons fait signe aux conducteurs de s’arrêter pour pouvoir examiner les cargaisons, nous y avons trouvé des articles inoffensifs : des ballons de football pour les enfants, des boîtes de crayons, des sacs à dos pour écoliers, des couverts et du matériel de couture. Est-ce cela, l’allégement du blocus ou s’agit-il d’une poudre aux yeux de la part d’Israël pour apaiser le reste du monde ?

Depuis jeudi, la liste des marchandises autorisées à entrer à Gaza inclura les pièces détachées de voitures, l’huile pour moteurs, les pièces de rechange pour l’agriculture et la pêche,les pneus,les parfums et les produits de maquillage.

La population de Gaza considère que l’allégement du siège est bénin. Tous ces produits y sont déjà disponibles bien que de piètre qualité. Ils viennent d’Égypte et sont acheminés à travers des tunnels sous-terrains, ce qui augmente leur prix.

La famille Khadr

Mais les habitants de Gaza ont besoin d’autres choses que de biens de consommation : « nous n’avons pas besoin d’un laisser-passer pour des verres, des assiettes ou des brosses à dents. Ce que nous leur demandons, c’est de tout laisser entrer, pas seulement les aliments. Nous lançons un appel à Israël, à l’Europe et aux pays arabes pour qu’ils facilitent l’entrée de matériel de construction à Gaza. C’est extrêmement important pour la reconstruction des maisons, des fermes et des usines ».

La maison de Zaed Khadr a été détruite pendant la guerre à Gaza. Il n’a plus de travail bien qu’il ait travaillé pendant des années dans des exploitations agricoles en Israël. Mais aujourd’hui il ne peut plus quitter Gaza à cause du blocus. Il est coincé entres les frontières de cette bande de terre. Mohammed, qui habite en face, élève ses sept enfants sous une tente.

Lui aussi, il a vu sa maison réduite en cendres. De minces matelas sont empilés dans un coin. Un ventilateur souffle sur l’air chaud de la tente en plastique. Il y a aussi trois filles assises qui regardent en silence des dessins animés. Les vêtements de Mohammed sont usés, troués, déchirés. La situation de sa famille le remplit de colère : « Israël a tout rasé, la terre, les arbres, les maisons et maintenant nous vivons comme des morts. »

Assise sur le balcon de mon hôtel à Gaza, je repense à la famille Khadr. Mohammed disait : « le monde entier voulait traverser les mers pour venir à notre secours ». Mais il n’y est pas parvenu et tant que le siège ne sera pas complètement levé, le monde continuera à faillir au peuple de Gaza.

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* Nicole Johnston est une journaliste basée à Doha. Elle a travaillé à Londres, au Kenya, à Jérusalem et à Gaza. Avant Al Jazeera, Nicole était journaliste d’ABC en Australie pendant 7 ans.

De la même auteure :

- Tunnels de Gaza : à travers le mur d’acier... - 6 juin 2010

23 juin 2010 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://blogs.aljazeera.net/middle-e...
Traduction de l’anglais : Sami Zannad

Lien de l'article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9025

La France, la Grande Bretagne et l'Allemagne utilisent des informations obtenues sous la torture

Lien de l'article: http://www.planetenonviolence.org/HRW-La-France-La-Grande-Bretagne-Et-L-Allemagne-Utilisent-Des-Informations-Obtenues-Sous-La-Torture_a2226.html

Flottille: les corps des victimes turques criblés de balles (autopsies)

Publié le 30 juin 2010 sur le site alterinfo.net

Sept des neuf victimes turques du massacre israélien contre la flottille humanitaire internationale de Gaza, le 31 mai, ont été criblées de balles, et cinq d'entre elles ont été touchées à la tête, révèlent des rapports d'autopsies effectuées en Turquie.


Ces documents, rédigés courant juin, ont été transmis mardi à l'AFP par les avocats des familles des victimes qui ont saisi la justice turque sur le raid d'un commando israélien contre la flottille internationale qui avait fait neuf morts sur l'un des navires turcs, le Mavi Marmara.

Les neuf victimes ont essuyé en tout 31 balles, selon ces documents.

"Les résultats mettent en évidence que les forces israéliennes ont tiré pour tuer les activistes et non pas pour les maîtriser", a indiqué à l'AFP l'un des défenseurs, Yasin Divrak.

La plus jeune victime, un homme de 19 ans, disposant également de la nationalité américaine, a été touchée par cinq balles, dont deux à la tête, selon le rapport.


Une balle a été tirée à bout portant contre le visage du lycéen. Son corps présente deux autres impacts: à la nuque et dans le dos.

Les experts de médecine légale n'étaient pas en mesure de conclure à d'autres tirs à bout portant sur les autres corps, ceux-ci ayant été lavés après l'abordage ou en trop mauvaise condition pour être examinés, selon les documents.

L'une des victimes, Ali Heyder Bengi, 39 ans, a été touchée par six balles; une autre Fahri Yildiz, 43 ans, a essuyé cinq balles, dont l'une, sans doute fatale, dans la poitrine.


Le journaliste Cevdet Kiliclar, 38 ans, éditeur internet de l'ONG islamiste turque IHH qui a parrainé l'expédition destinée à forcer le blocus israélien contre Gaza, a été tué d'une balle dans la tête, note le rapport, qui fait état de trois autres impacts.

Un homme de 61 ans, Ibrahim Bilgen, a été tué par une arme à feu qui serait vraisemblablement un fusil de chasse.

Les autorités israéliennes affirment avoir riposté à l'attaque de militants munis de barres de fer et de couteaux lors de l'abordage de leur navire, dans les eaux internationales.

Les organisateurs de la flottille affirment au contraire que les commandos israéliens ont tiré aveuglément sur les passagers, qui se sont défendus avec des barres de fer.

Les victimes ont été présentées par leurs proches et amis comme des musulmans très pratiquants qui voulaient mourir en "martyr" pour la cause palestinienne qu'elles défendaient.

Source: http://www.almanar.com.lb

Lien de l'article: http://www.alterinfo.net/Flottille-les-corps-des-victimes-turques-cribles-de-balles-autopsies_a47769.html

10 familles de la vallée du Jourdain doivent quitter leur maison dans les 24 heures

Publié le mardi 29 juin 2010 sur le site info-palestine.net
par Ma’an News

10 familles de la vallée du Jourdain on reçu dimanche un ordre de démolition de leur maison et doivent évacuer leur propriété dans les 24 heures.

Territoires palestiniens : troupes israéliennes d’occupation - Photo : MaanImages

La plupart des maisons qui doivent être démolies appartiennent aux familles Daraghmah et Al-Makahmreh qui affirment qu’elles détiennent des documents enregistrés au Registre de la Terre d’Israël prouvant que la terre leur appartient.

Les familles disent que ce n’est pas la première fois qu’elles reçoivent des ordres de démolition mais c’est la première fois qu’on ne leur donne que 24 heures pour quitter les lieux.

Un porte-parole du bureau de l’Administration Civile Israélienne dit que cet ordre a été donné parce que les maisons se trouvent dans une "zone inflammable" qui met les habitants "en danger".

Les maisons désignées pour être démolies se trouvent à Al-Farsieyah dans la municipalité de Tubas, et sont toutes dans la zone "C" selon les zones définies par les accords d’Oslo et donc sous contrôle civil et militaire israélien.

Les habitants de plusieurs villages de la municipalité de Tubas ont reçu des ordres de démolition ces jours derniers. Le 21 juin, six familles de Al-Hadidiya et Khirbet Humsa ont reçu l’ordre de quitter leur terre dans les dix jours, ce qui laisserait 50 Palestiniens sans maison et sans moyen de gagner leur vie.

Depuis le début de l’année 125 Palestiniens ont dû quitter leur maison situées dans la zone "C" qui occupe 60 pour cent de la Cisjordanie et qui est sous contrôle administratif et militaire total des Israéliens, selon les rapports de l’ONU.

Les Palestiniens ont seulement le droit de construire dans des limites fixées par l’Administration Civile Israélienne, a noté la Coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU, c’est à dire sur une surface qui constitue moins de un pour cent de la "zone C" et qui est déjà presque entièrement recouverte de constructions.

De fait "dans presque la totalité de la vallée du Jourdain la construction de maisons palestiniennes est interdite" a précisé une officine de l’ONU en décembre 2009.

Dans un récent rapport, le directeur d’Amnistie Internationale, Philip Luther, a écrit que "Les ordres de démolition et d’expulsion ne détruisent pas seulement les demeures des habitants, elles les dépossèdent aussi de tout ce qu’ils ont, y compris de l’espoir de voir venir l’avenir en toute sécurité".

L’année dernière au moins 600 Palestiniens, dont la moitié sont des enfants, ont été mis à la rue par des ordres de démolition précise le rapport.

28 juin 2010 - Ma’an News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet...
Traduction de l’anglais : Dominique Muselet

Lien de l'article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9019

Un Juif d’Hébron ne demandera pas à récupérer sa maison avant le retour des Palestiniens

Publié le 29 juin 2010 sur le site alqods-palestine.blogspot.com
par Muhammad Oweiweih

Hébron —Ma’an— Un vieux monsieur juif d’Hébron a demandé au maire de la ville l’autorisation d’être enterré dans un cimetière musulman quand il mourra parce qu’il est opposé à ce que son corps soit placé dans l’un des lieux désormais sous le contrôle de colons israéliens.
Haim Bajayo, 75 ans, est allé voir le maire Khalid Al-Useili dans son bureau et rappelé en détail les rapports de bon voisinage qu’entretenaient Juifs et Arabes jusqu’à l’arrivée des dizaines de milliers d’immigrants étrangers entre les années 1920 et 1948, année où Israël a été créé et où la plupart des Juifs d’Hébron ont fui vers le nouvel état créé en leur nom.
Bajayo est né à Hébron en 1935 et a grandi dans le quartier de Daboya avec sa famille, qui y avait une maison dont il a gardé les titres de propriété jusqu’en 1977. Dix ans après qu’Israël ait pris le contrôle de cette ville palestinienne et commencé à laisser ses citoyens s’y installer, Bajayo a cérémonieusement cédé son domicile au profit de la municipalité palestinienne. Le maire de l’époque était Fahd Al-Qawasmi.
"Tant que [les colons] sont à Hébron, il n’y a aucune chance de parvenir à un accord" pour mettre fin à ces soixante ans de conflit, a-t-il dit au maire. "Je ne veux pas récupérer ma propriété ou ma maison tant les maisons et terres palestiniennes ne seront pas restituées. Le jour-même où les Palestiniens récupéreront ce qui leur a été pris en 1948, je viendrai vous dire ’J’ai une maison... enregistrée au service immobilier’."
Dans la vidéo de sa récente entrevue avec Al-Useili, Bajayo rappelle l’histoire de sa famille, qui a quitté l’Espagne pour le Maroc avant de s’installer en Égypte. Son grand-père est venu en Palestine et a vécu à Hébron. La famille de Bajayo a été témoin du massacre des Juifs d’Hébron en 1929. "Si la famille Abu Haykal n’avait pas protégé mon grand-père à l’époque, je ne serais pas né", dit-il.
À ce moment de la vidéo, le maire interrompt Bajayo pour préciser que le responsable du massacre est un officier du Mandat Britannique, contrairement à ce que raconte Israël qui rejette entièrement la faute de ces effusions de sang sur les Palestiniens. Bajayo confirme le commentaire du maire, qui correspond à ce qu’il a entendu de son père et son grand-père : Juifs et Palestiniens d’Hébron se traitaient autrefois en voisins.
Bajayo poursuit en disant au maire qu’il s’est violemment opposé à l’occupation de maisons palestiniennes d’Hébron par les colons israéliens. "Les colons sont un obstacle à la paix, et les Palestiniens doivent recouvrer leurs droits et retrouver leurs maisons et les territoires occupés en 1948. Une fois que les Palestiniens seront de retour à Hébron, je pourrai revenir dans la maison que mon grand-père avait dans la ville", explique-t-il.
À la fin de l’entrevue, Bajayo demande qu’après sa mort, son corps soit enterré dans un cimetière musulman en signe de respect pour l’histoire de sa famille qui vivait autrefois en paix avec ses voisins arabes de la ville. "Je veux être enterré à Hébron. Je ne veux à aucun prix aller dans un cimetière juif, parce qu’ils sont sous le contrôle des colons. Je demande un lieu de sépulture modeste dans un cimetière musulman", explique-t-il.
Pour sa part, le maire a accueilli Bajayo en ami. "Haim, vous êtes toujours le bienvenu", dit Al-Useili dans la vidéo. "Pas comme invité, mais comme authentique citoyen d’Hébron. C’est un honneur pour nous."

Lien de l'article original: http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=294067

Traduction M.C.

Lien de l'article: http://alqods-palestine.blogspot.com/2010/06/un-juif-dhebron-ne-demandera-pas.html

Lieberman dévoile son "plan de paix"

Publié le 29 juin 2010 sur le site alqods-palestine.blogspot.com

Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a formulé jeudi une demande spéciale. Celle-ci consiste en un "échange de territoires peuplés" qui placerait ainsi une grande partie des Arabes israéliens dans un nouvel Etat palestinien.
Dans une tribune publiée jeudi dans le Jerusalem Post, intitulée "Mon plan pour une résolution du conflit", Lieberman souligne qu’il ne s’agirait pas d’un "transfert physique de population ni de démolitions d’habitations". Mais plutôt de "créer une frontière là où il n’en existait pas, en fonction de la démographie…" Et de préciser que "les Arabes qui vivaient, jusque-là, en Israël recevront la citoyenneté palestinienne".
Le ministre écrit, par ailleurs, que la pression croissante de la communauté internationale sur Israël pour un retour aux frontières d’avant 1967 n’a aucun fondement juridique. Pour lui, "apaiser les demandes territoriales maximalistes des Palestiniens" n’est pas une solution au conflit. Cela ne ferait que déplacer le conflit à l’intérieur des frontières d’Israël.
La communauté internationale cherche à la fois à "créer un Etat palestinien homogène et un Etat binational en Israël. Pour une paix et une sécurité durables, nous devons créer une vraie division politique entre Arabes et Juifs, chacun jouissant de son auto-détermination", à partir d’un échange de territoires pour constituer deux Etats distincts et homogènes. Sans que cela n’empêche les minorités demeurant dans chaque Etat de jouir de leurs pleins droits civils.
La citoyenneté des Arabes israéliens retirée légalement
Pour justifier le retrait de la citoyenneté israélienne aux Arabes israéliens, Lieberman cite la résolution 55/153 de l’Assemblée générale des Nations unies rédigée en 2001, qui rendrait légale la manœuvre dans le cadre du transfert de territoires d’un Etat à un autre Etat.
D’autre part, Lieberman estime que les Arabes se considérant comme Palestiniens devraient en toute logique accepter ce plan.
Il conclut en appelant à un référendum auquel participeraient tous les Israéliens "sans considération de race ou de religion" pour trancher sur la question. Les Israéliens devraient, selon lui, "faire preuve de maturité politique pour assurer la paix, qui est dans l’intérêt de chacun".
Mercredi, Lieberman avait appelé Kadima à "accepter le principe d’échange de territoires et de populations" et d’abandonner celui de "la terre contre la paix".

Source: http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1275377915040&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull

Lien de l'article: http://alqods-palestine.blogspot.com/2010/06/lieberman-devoile-son-plan-de-paix.html

Netanyahu et Barak détruisent l'Etat d'"Israël"

Publié le 29 juin 2010 sur le site alterinfo-palestine.net

Quel toupet! Qui était au pouvoir durant l'opération Plomb durci à Gaza?!
Netanyahu, Barak, Livini, Peres... ils appartiennent tous au même gang criminel! Et toutes ces élucubrations ne sont que des tentatives mensongères désespérées pour faire croire aux simples d'esprit ou aux collabos que l'entité sioniste est une démocratie puisque l'alternative politique y est possible!
Mais les éveillés savent bien que bonnet blanc et blanc bonnet n'ont jamais représenté une alternative quelconque mais ne sont là que pour créer l'illusion! Grâce à Dieu nous ne sommes plus des enfants crédules et leurs incessants tours de passe passe ne peuvent pas nous cacher que leur objectif commun à eux tous c'est bien l'extermination des Palestiniens et le vol total de la terre de Palestine occupée!

La chef de l'opposition, Tzipi Livni, qui a violemment critiqué le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la guerre, Ehud Barak, les accusant de contribuer à la destruction de l'Etat d'"Israël" via leur politique.

Lors d'une réunion à la Knesset avec les députés du parti Kadima, lundi, Livni a dit: "Bibi (Netanyahu) et Barak détruisent l'Etat. Ils engouffrent le pays dans plusieurs crises, et emmène "Israël" vers la crise la plus pire de son histoire".

"Pour sauver le gouvernement, il faut les changer, et changer la politique qu'ils adoptent", a encore souligné Livni.

Selon elle, "le pays a besoin d'une politique différente, une politique appuyée par une autre coalition, et comme Netanyahu ne veut pas changer sa voie, il faudrait alors les changer (Netanyahu et Barak) pour sauver l'Etat".

Notons qu'après ses déclarations, Livni s'est réunie avec le président israélien, Shimon Peres. Ce dernier avait rencontré, la semaine dernière, à deux reprises, Netanyahu pour le convaincre d'élargir son gouvernement afin de sauver "Israël" de son isolement

Source: http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=144289&language=fr

Lien de l'article: http://www.alterinfo.net/notes/Netanyahu-et-Barak-detruisent-l-Etat-d-Israel_b2196751.html

Dans la grande prison

Publié le lundi 28 juin 2010 sur le site info-palestine.net
par Doaa Khalifa & Nader Taman

Dans les marchés, au bord de la mer, dans les cafés où s’assoient beaucoup de jeunes Gazaouis en chômage, les gens s’interrogent quand se terminera ce blocus.


Gaza est la plus grande prison au monde. Le blocus maintenu sous diverses formes depuis le première Intifada, est à la fois une profonde régression du Droit International, une capitulation complète des pays occidentaux et de la majeure partie des pays arabes, face aux diktats israéliens, et la plus forte expression aujourd’hui de la violence et de l’injustice qui régit les rapports entre les pays impérialistes et les pays ou minorités opprimés.

Un état de siège qui coupe environ 1,7 million de personnes du reste du monde. Des vendeurs, dont les marchandises attendent au point de passage israélien, des patients qui cherchent un permis de passage pour subir des traitements, des pêcheurs qui veulent avoir le droit d’aller plus loin pour nourrir leurs familles. Et même si la vie à Gaza continue, que les supermarchés et les magasins exposent diverses marchandises, les gens se sentent prisonniers dans leur patrie depuis 4 ans. Des années pénibles et difficiles ont mis 75 % de la population de Gaza au chômage et ont fermé les portes de 90 % de ses usines (selon les chiffres de la Chambre de commerce palestinienne), et a ajouté 36 000 familles au seuil de la pauvreté (selon l’UNRWA).

Partout dans les rues d’une belle région que la guerre a rendue triste. En posant une question à des jeunes sur leur travail, ils répondent qu’ils sont au chômage. Ibrahim, diplômé depuis sept ans, ne trouve pas de quoi subvenir à ses besoins, surtout avec l’augmentation des prix. Il a quand même essayé de chercher une opportunité de travail hors de la bande de Gaza mais en vain. « Même si mes parents sont à l’étranger, je n’ai pas eu l’autorisation d’y sortir avec le blocus », dit Ibrahim.

Un chômage qui n’est, selon Mohamad Al-Qoudwa, président de la Chambre de commerce palestinienne, qu’une des conséquences du blocus. « Le secteur de la construction, dont dépendent plus de 74 métiers à Gaza, est de plus en plus affecté du fait que 120 000 Gazaouis qui travaillaient en Israël ne sont plus autorisés à le faire », dit-il, tout en ajoutant qu’avant le blocus, Gaza recevait 4 000 genres de marchandises qui ont été réduites à 120 seulement. Beaucoup de commerçants se plaignent du fait d’avoir des milliers de tonnes de marchandises bloquées dans les points de passage israéliens, comme le cas d’Abou-Haïssam Younès, grand commerçant d’appareils électroménagers et de vêtements, et qui assure qu’il a des produits d’une valeur de 150 000 dollars qui attendent chez les Israéliens. Des marchandises qui sont parfois pourries après des années d’attente comme c’est le cas de Khaled Abou-Sahloul qui, après trois ans, a eu la permission de faire rentrer ses produits. Mais mauvaise surprise, ils étaient avariés alors qu’il payait 1 700 shekels par mois pour le stockage.

La pêche miraculeuse

Du centre-ville à la mer, le blocus a tout touché. Sur le quai principal de Gaza, beaucoup de pêcheurs restent les mains croisées devant leurs embarcations et passent le temps à réparer leurs filets de pêche. Pas de poissons dans les 4 827 m2, où leur est permis de pêcher. « Sinon, nous sommes menacés de tirs par les Israéliens ou que nos embarcations soient brûlées », explique Mahmoud Al-Assi, chef de l’Association des pêcheurs de Gaza. Une menace qui n’empêche pas Mahmoud Abou-Ghayala de courir quand même le risque. Il n’a pas d’autre issue pour nourrir sa famille. « Ce n’est pas important qu’on me tire dessus, le plus important est qu’ils ne détruisent pas mon bateau de pêche qui sert de gagne-pain à ma famille », explique-t-il.

D’autres pêcheurs essayent d’aller chercher les poissons dans les eaux égyptiennes pour s’en sortir, mais la plupart assurent qu’ils restent des jours entiers pour ne gagner finalement que très peu. « 3 800 pêcheurs, qui travaillent dans une surface limitée, ne peuvent pas bien gagner », dit Iyad, professeur au chômage et qui essaye de trouver de quoi vivre dans une mer devenue avare suite au blocus. Face aux difficiles conditions de vie des pêcheurs, l’association leur a offert durant les 4 dernières années 600 000 dollars de crédits pour acheter des outils de pêche ou essayer de maintenir la vie. En plus d’un autre projet en coopération avec le programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD). Celui-ci avait pour objectif de leur offrir 405 chances de travail. Le programme prévoit aussi d’initier 20 autres pêcheurs à la construction et à la réparation des bateaux de pêche.

Des mesures similaires sont adoptées par l’UNRWA, qui offre des aides alimentaires à 70 % des réfugiés de Gaza. « Nous avons doublé nos aides pour les Palestiniens après le blocus, surtout pour 36 000 familles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, en plus d’un autre programme pour lutter contre le chômage qui engage 8 000 personnes dans des métiers saisonniers », explique Hossam Manna, directeur du programme de secours et des services sociaux à Gaza. Des moyens d’alléger les fardeaux du blocus pour une population qui en souffre beaucoup.

Mariage ? Non ...

Pour les jeunes de Gaza en âge de mariage, cet embargo a fait obstacle à leurs projets. « Nos traditions obligent l’homme à payer tous les frais du mariage qui coûtent aujourd’hui plus de 10 000 dollars, et avec la crise des matières de construction qui coûtent très cher, il est difficile de s’en sortir, ce qui a élevé à 30 ans la moyenne d’âge pour le mariage, ce qui n’est pas habituel pour notre population », explique Mohamad Nassar. Il relève que le blocus a aussi augmenté le taux de querelles ménagères, parce que beaucoup de couples nouveaux ont dû partager des surfaces exiguës dans les maisons de la famille « ce qui cause beaucoup de problèmes et mènent dans beaucoup de cas au divorce », ajoute Nassar, en s’interrogeant sur le jour où ce blocus serait terminé.

Une interrogation et un espoir pour tous les Gazaouis qui se sentent vivre dans une grande prison. « Il n’est pas question de manger, mais d’avoir la liberté de se déplacer. De sortir hors de Gaza pour visiter nos familles dans les autres villes palestiniennes et permettre à nos patients d’avoir accès au traitement qui n’est pas accessible à Gaza », dit Gassane, enfant de 12 ans, qui se demande quand est-ce qu’il aura le droit de mener un train de vie semblable à celui des autres enfants qui vivent en paix et ont une liberté de se déplacer.

23 juin 2010 - Al Ahram Hebdo - Vous pouvez consulter cet article à :
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra...

Lien de l'article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9007

Sionisme et antisémitisme, judaïsme et sionisme

Publié le 30 juin 2010 sur le site Mounadil al Djazaïri

Les sionistes ont deux points communs avec les antisémites: le premier est l'assimilation du sionisme au judaïsme. Ce qui sépare principalement sionistes et antisémites, c'est que ces derniers affublent le judaïsme et ses adhérents de toutes sortes d'autres turpitudes inscrites dans ce qu'ils considèrent comme la "race" juive. Cette conception du judaïsme comme autre chose qu'une religion est justement l'autre point commun entre sionistes et antisémites.
S'il est évident que le judaïsme entretient une relation avec le sionisme, il serait erroné de concevoir cette relation comme nécessaire et elle n'est qu'une des virtualités à laquelle des circonstances politiques particulières, celles des 19ème et 20ème siècles européens, ont permis de prendre corps.
Ce caractère non nécessaire et contingent du lien entre judaïsme et sionisme est clairement démontré par le caractère récent de l'époque qui a vu naître et se développer le sionisme politique. Il est également démontré par le scepticisme voire la franche hostilité rencontrée initialement par le sionisme dans de nombreuses communautés juives. L'opposition juive au sionisme se manifeste dès les origines de ce mouvement politique à visée étatique, traduisant ainsi le sentiment de nombreux Juifs surtout en Occident, au point d'en freiner l'implantation.

Les choses ont certes changé, surtout grâce ou à cause de la seconde guerre mondiale et à la politique de l'Allemagne nazie envers les Juifs. Cependant l'opposition au sionisme reste encore présente dans le judaïsme. On a souvent parlé des Juifs ultra orthodoxes de Naturei Karta, mais cette organisation n'est pas la seule à affirmer une opposition au sionisme d'un point de vue religieux. C'est également le cas des Juifs de Satmar, d'autres ultra orthodoxes qui sont tout de même autre chose qu'un groupuscule marginal.

Le New York Times nous présente de son côté une autre mouvance juive antisioniste incarnée par l'American Council for Judaïsm. Une présentation qui donne l'occasion à ce journal de rappeler que l'opposition au sionisme était quelque chose de tout à fait commun dans les organisations juives d'Outre Atlantique, jusqu'aux années 1940 qui ont vu le sionisme l'emporter.

Si Samuel G. Freedman nous parle de ce Council tout à fait anecdotique sur le plan de ses effectifs d'adhérents, c'est simplement à titre de témoin d'une époque de l'histoire idéologique juive très différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. Et aussi, parce que comme le perçoivent les observateurs, si des Juifs ne se sont jamais intéressés vraiment à l'entité sioniste, les agressions commises par l'entité sioniste, dont la récente attaque contre la flottille pour Gaza, amènent de plus en plus de juifs aux USA à s'interroger voire à se détourner du sionisme. L'histoire ne se répète pas, dit-on, et si le Council for American Judaïsm n'a pas forcément un bel avenir en tant qu'organisation, tout ou partie des idées qu'il incarne sont de plus en plus d'actualité.

par SAMUEL G. FREEDMAN, New York Times (USA) 25 juin 2010 traduit de l'anglais par Djazaïri

Un jour, il y a près de vingt ans, Stephen Naman se préparait à assister le rabbin de son temple du juif réformé à transférer la congrégation dans de nouveaux locaux. M. Naman n'avait qu'une seule requête: Le rabbin pouvait-il cesser de disposer le drapeau israélien sur l'autel?

"Nous n'allons pas à la synagogue pour prier un drapeau," se souvient avoir dit M. Naman, 63 ans, lors d'une récente interview par téléphone.

Ce rabbin avait accepté la requête. Donc, après avoir été muté six ou sept ans plus tard en Caroline du Nord et avoir rejoint un temple là-bas, M. Naman avait demandé au rabbin de retirer le drapeau israélien. Cette fois, la réaction fut plus prévisible.
"Le rabbin dit que ce serait terrible," raconte M. Naman, un cadre en retraite d'une société de papeterie qui réside maintenant près de Jacksonville en Floride, "et qu'il serait gêné d'être le rabbin d'une telle congrégation."

Aussi choquante que puisse paraître l'insistance de M. Naman à séparer Israël du judaïsme, elle correspond en réalité à une tendance cohérente à l'intérieur du débat juif. Qu'on l'appelle antisionisme ou non sionisme - tous ces termes sont contestés et chargés- la volonté de séparer l'Etat juif de l'identité juive a des racines séculaires.
Ces 68 dernières années, cette position a été la plate forme officielle de l'organisation dont M. Naman est le président, l'American Council for Judaïsm. Et si l'instauration de l'Etat d'Israël et sa centralité pour les Juifs Américains a marginalisé cette organisation des décennies durant, les vives critiques d'Israël qui se développent en ce moment chez nombre de Juifs Américains ont donné un caractère significatif, voire prophétique, à l'organisation de M. Naman.
Ce n'est pas que les adhésions affluent à l'American Council. La liste de diffusion électronique de l'organisation atteint à peine le millier de contacts, et son site web a reçu seulement 10 000 visiteurs uniques l'an dernier. Son budget n'est que de 55 000 dollars. Comme M. Naman l'admet, l'histoire d'opposition au sionisme de son organisation la rend "radio active" même pour des organisations juives américaines progressistes comme J Street et Peace Now.

Pourtant, les arguments que l'American Council for Judaïsm a soulevé avec constance contre le sionisme et Israël sont revenus au premier plan ces dix dernières années, avec l'effondrement du processus de paix d'Oslo, les guerres d'Israël au Liban et à Gaza et, plus récemment, l'attaque meurtrière contre une flottille qui tentait de briser le blocus naval sur le régime du Hamas. Il n'est pas nécessaire d'être d'accord avec toutes les positions de l'American Council pour reconnaître que, pour une certaine faction [sic] des Juifs Américains, elles sont redevenues au goût du jour.

"Mon sentiment est qu'ils pensent que les événements démontrent qu'ils avaient toujours eu raison," explique par téléphone Jonathan D. Sama, historien à l'université Brandeis et auteur d'un livre important, "American Judaïsm." "Tout ce qu'ils avaient prophétisé- la double loyauté, la malfaisance du nationalisme - est devenu réalité.

"Je serais surpris si beaucoup de gens passaient à l'ACJ en tant qu'organisation à cause de sa réputation," poursuit-il. "Mais il est certain que si l'holocauste a mis en avant les problèmes de la vie juive dans la diaspora, ces dernières années ont mis en lumière le fait que le sionisme n'est pas une panacée."

M. Naman a grandi dans une famille du Texas profondément impliquée dans l'organisation et, en conséquence, a vécu toutes les évolutions du pendule politique.
"Nous étions ostracisés et calomniés," dit-il. "Mais nous sentions alors, et nous sentons encore aujourd'hui, que nos positions sont crédibles. Elles ont été justifiées et confortées par ce qui s'est passé."

Sur ce point, et c'est un euphémisme, il y a désaccord. Si les sionistes Américains qui s'opposent à l'occupation de la Cisjordanie sont flétris de critiques par la partie conservatrice de la communauté juive américaine, qui a tendu à dominer les principales organisations communautaires et de lobbying, les ennemis convaincus du sionisme de l'American Council suscitent la rage et l'indignation.
Cependant, le rejet de Sion remonte à la Torah elle même, avec son récit des Hébreux se rebellant contre Moïse pendant le trajet vers la terre Promise et réclamant de rentrer en Egypte. Avant la création du mouvement sioniste moderne par Théodore Herzl au début du 20ème siècle, l'injonction biblique au retour en Israël était généralement perçue dans un sens théologique plutôt que comme une instruction concrète.

Avant l'holocauste, la plupart des dirigeants juifs orthodoxes rejetaient le sionisme, affirmant que l'exil était une punition divine et qu'Israël ne pourrait être restaurée qu'avec l'évènement du messie. Le mouvement réformé soutenait que le judaïsme était une religion, pas une nationalité.
"Ce pays est notre Palestine," déclarait un rabbin réformé à Charleston (Caroline du sud) en 1841, "cette ville est notre Jérusalem, cette maison de Dieu notre temple." La plateforme de 1885 du mouvement réformé renvoyait le "retour en Palestine" au niveau d'e celui des reliques comme le sacrifice animal.
C'est seulement quand les dirigeants de la Réforme, à la veille de la seconde guerre mondiale, révisèrent leur position que la faction antisioniste fit scission, pour finalement former l'American Council for Judaïsm en 1942. Son discours était à la fois idéaliste et méprisant - une formation proposée en 1952 présentait le sionisme comme raciste, auto-ségrégé et anti-américain - et il fut une époque où l'American Council se flattait d'avoir des dirigeants comme Lessing J. Rosenwald, héritier de la fortune Sears, et 14 000 adhérents.

Si les guerres de 1967 et 1973 poussèrent le Council vers l'obsolescence, les guerres controversées d'Israël depuis l'an 2000 l'ont fait sortir de la tombe. On peut entendre des échos de ses positions chez Tony Judt, l'historien qui a lancé un appel à un Etat binational en Palestine; chez Tony Kushner, dont le scénario pour le film "Munich" présentait l'Amérique comme la véritable patrie d'un Israélien; chez Michael Chabon, dont le roman "The Yiddish Policeman's Union" parodiait le sionisme; et dans le désengagement vis-à-vis d'Israël qui se fait jour chez une partie des jeunes Juifs non orthodoxes, tel Peter Beinart remarqué récemment pour un essai dans The New York Review of Books.

La vérité des chiffres, qui ne fait donc pas débat, est que seule une infime proportion des Juifs Américains a rejeté l'exil ici pour émigrer en Israël.
"Je pense que nous représentons une majorité silencieuse," déclare Allan C. Brownfeld, membre de longue date du Council et rédacteur en chef de ses publications, Issues et Special Interest Report. "Nous sommes Américains par la nationalité et Juifs par la religion. Et si nous souhaitons le bien d'Israël, nous ne la voyons pas comme notre patrie."

Pourquoi cette obsession avec Israël et les Palestiniens ?

Publié le 30 juin 2010 sur le site info-palestine.net
par Robert Fowke - The Guardian

Je ne suis pas le seul à manifester un intérêt excessif à l’égard d’Israël ; mais pourquoi sommes-nous si nombreux à nous acharner sur ce conflit comme sur une énorme ulcération ?

Quand je vois Benyamin Netanyahu et ses collègues nous présenter leur côté de certains événements, ce ne sont pas des honnêtes gens que je vois. Photo : Reuters

Je me considère comme un Anglais moyen, un peu centre-gauche sur le plan politique, mais je fais partie de la moyenne modérée. J’aime une bonne bière et une promenade dans la campagne. J’ai des goûts des plus banals.

Alors pourquoi, moi, qui suis si loin de cette région et qui reflète tellement l’image de mon propre pays, suis-je à ce point interpellé par le conflit israélo-palestinien ? À quoi tient mon intérêt disproportionné alors qu’il y a d’autres conflits dans le monde aussi déplaisants, voire pires ?

Je dévore les articles au sujet d’Israël-Palestine sur Comment is Free ; je consulte Haaretz, le Jerusalem Post, Al-Jazeera et d’autres sources. Quand la situation s’aggrave, j’en deviens accro. Pourquoi est-ce que je ne m’excite pas autant sur le Zimbabwe ? La Corée du Nord ? Le Soudan ? La Tibet ? La Birmanie ?

Je ne suis pas le seul. Les commentaires postés sur Internet par les partisans d’Israël, par les partisans de la Palestine et par des trolls des deux bords montrent qu’il y a des millions d’entre nous dans le monde, des millions et des millions, qui s’acharnent sur ce conflit comme sur la croûte d’une énorme plaie.

Qu’est-ce qui sous-tend un intérêt aussi passionné ? Peut-être suis-je antisémite ? Pour les sionistes, pratiquement tout ce que fait Israël est justifié, et ce doit être la première explication la plus plausible de l’intérêt que je porte au sujet. Si on limite la définition du mot antisémite à celle du Concise Oxford Dictionary et en ignorant toutes les acceptions auxquelles on étend actuellement de façon irresponsable le mot « antisémitisme », j’ai le droit de me poser une simple question : mon intérêt pour Israël provient-il de mon hostilité à l’égard des juifs ?

Serait-ce une horrible antipathie qui remonte à la surface de mes os européens chaque fois que l’on mentionne Israël ? Je suis bien obligé de me poser la question.

Mais si je vais dans les tréfonds de mon coeur, je ne peux honnêtement pas dire que je suis plus hostile à l’égard des juifs qu’à l’égard des Écossais et des Gallois. Et comme normalement, loin de leur être hostile, j’aime plutôt les Écossais, les Gallois et les juifs que je rencontre, l’antisémitisme peut difficilement être la raison de mon intérêt pour le conflit israélo-palestinien. Voilà une chose de réglée avant que je ne commence. Sorry.

Il y a toutefois un autre aspect de ma relation avec les juifs qui affecte de façon significative l’intérêt que je porte à Israël. J’ai beaucoup d’amis juifs. Je suis allé à l’école avec des garçons d’origine juive et par conséquent je ne considère pas les juifs comme des étrangers. Il serait aussi absurde de dire de mes amis juifs qu’ils sont étrangers que si je disais cela de mes amis quakers ; ils sont aussi Anglais que moi. Pour moi, c’est une catégorie religieuse et rien de plus, et avec raison.

Le problème c’est qu’Israël se targue d’être l’État de tous les juifs, y compris - malgré eux - celui de mes amis. Et parce que certains de mes amis sont juifs et que c’est par conséquent leur pays, il devient aussi le mien à un niveau subliminal. Il s’ensuit que j’ai une attitude spéciale à l’égard d’Israël - à savoir que je ne considère pas Israël comme un pays étranger non plus. Bien sûr qu’il est étranger, mais pas au niveau émotionnel comme la Thaïlande ou l’Ouzbékistan et je ne réagis pas à l’égard de ce pays comme je le fais à l’égard de la plupart des autres pays étrangers. Du point de vue émotionnel, c’est presque un comté anglais implanté sur les rivages de la Méditerranée.

Le statut non étranger d’Israël est amplifié du fait de l’appui extraordinaire dont il bénéficie dans les coulisses du pouvoir en Grande-Bretagne. Près de 80 % des membres du Parlement conservateur sont membres de l’association Conservative Friends of Israel. Ce n’est pas le cas des amis conservateurs de la Thaïlande ou de l’Ouzbékistan.

Donc, non seulement c’est en fait un comté anglais, mais bon nombre de mes dirigeants semblent compter parmi ses citoyens dévoués, dans le sens subjectif. Toutes ces disputes bruyantes au sujet de l’eau ou des colonies, toutes ces tueries, cette peur et cette haine, ne sont pas loin pour moi, ils ne sont pas plus loin que Belfast.

J’évalue donc la situation au moyen de normes nationales et non pas étrangères. Je ne compte pas que les Israéliens se comportent comme des généraux birmans. Je m’attends à ce qu’ils se comporteront comme des Anglais, comme mes amis.

Les partisans d’Israël se plaignent fréquemment et à grands cris de ce qu’on leur réserve une attention et des critiques spéciales. Qu’en est-il des méfaits de votre propre pays, ou de la Chine disent-ils ? Et ils ont raison. On réserve effectivement une attention spéciale à Israël. Par rapport à l’attention que nous portons aux Palestiniens, c’est à peine si notre regard s’attarde sur les Tibétains.

Le nombre de nouvelles dans les médias au sujet d’Israël-Palestine a créé un cycle qui se renforce lui-même - chaque nouvel article ou nouvelle tragédie aiguise mon appétit ; je veux en savoir davantage. Tout cela semblerait justifier les plaintes du lobby pro israélien - si ce n’est que celui-ci devrait se demander comment il y contribue lui-même.

Une raison pour laquelle Israël retient tellement l’attention tient au fait que ses partisans vocifèrent tellement, et reviennent à leur cause à chaque occasion. En tant que consommateurs de nouvelles, la rapidité de leur réaction et leur ubiquité manifeste enflamment mon intérêt et mon antipathie. Pourquoi est-ce qu’ils s’obstinent à défendre l’indéfendable ?

Une autre raison pour laquelle je porte un intérêt disproportionné à ce conflit tient au fait que j’ai le sentiment que l’on m’a menti et je vois que certains continuent à essayer de me mentir et je n’aime pas ça. Pourquoi essayer de me convaincre que les militants turcs à bord du Marvi Marmara étaient des terroristes ? Quoi qu’ils aient pu être, ils ne l’étaient manifestement pas. Si le mot « terroriste » doit avoir un sens quelconque, il faut qu’il désigne ceux qui attaquent des civils innocents. Dans l’intérêt de la propagande israélienne, il serait préférable de garder le silence plutôt que de mentir.

Je me souviens des années 60 lorsque je croyais qu’Israël était un petit État courageux, plein de kibboutz travaillant à dompter le désert. À l’époque, j’avais à peine entendu parler des Palestiniens. Ensuite j’ai découvert l’autre narration.

Mon objectif ici n’est pas de parler des torts et des raisons, mais de signaler que si Israël avait été dépeint dès le début comme étant issu de l’expropriation impitoyable des terres d’autrui (je sais, ce n’est pas que ça) la question aurait sans doute cessé de m’intéresser.

Mais comme on m’a dit combien Israël était héroïque et merveilleux et que j’ai découvert par la suite une histoire parallèle à tout le moins différente et plus dérangeante, cela me touche émotionnellement.

Quand je vois Benyamin Netanyahu et ses collègues présenter leur côté d’un événement, je ne vois pas des honnêtes hommes et j’ai la même réaction que devant des cambrioleurs et des escrocs : du dégoût et de la désapprobation. Et pourtant, ils refusent de la fermer.

Je ne suis sûr où tout cela nous mène, nous, ces millions qui nous acharnons sur cette plaie particulière. Le nombre incroyable de ceux qui s’intéressent si passionnément pour la cause est en soi dangereux. Les chiens doivent aboyer avant de mordre. Ce conflit relativement petit a un potentiel destructeur à une échelle colossale.

22 juin 2010 - The Guardian - Cet article peut être consulté ici :
http://www.guardian.co.uk/commentis...
Traduction : Anne-Marie Goossens

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