mercredi 31 mars 2010

Les combats à Khan Younis : récit

Publié le mercredi 31 mars 2010 sur le site info-palestine.net
par Brigades Ezzedeen Al-Qassam

Une large tempête d’analyses et de débats houleux ont suivi les affrontements de vendredi dernier qui se sont soldés par deux soldats [israéliens] tués. Le journal sioniste Haaretz a fait part sur son site Internet du grand souci que « le Hamas ait changé les règles du jeu ».

Combattant des Brigades Ezzedeen Al-Qassam

Les Brigades Al Qassam Brigades ont revendiqué leur responsabilité dans l’opération, mais le porte-parole des Brigades, Abou Obaida, a dit clairement que l’opération était une action défensive contre les forces sionistes qui avaient traversé la frontière et ouvert le feu vers des civils.

Le site internet des Brigades Al Qassam a eu un entretien avec l’un des moudjahidines qui ont participé à l’opération.

Nous avons reçu une alerte

Alors qu’il surveillait les tanks israéliens qui circulaient à la frontière, le Mujahed, qui s’est identifié comme étant Abou Moussab, se tenait avec le correspondant du site Al Qassam site à 500 mètres de la scène de l’opération. Après qu’il eut interrompu son observation des tanks, il se tourna vers le correspondant et commença à raconter son histoire en remerciant et louant Dieu Tout-Puissant pour son aide.

Abou Moussab, n’oubliant pas le rôle de ses frères et de l’Unité de Contrôle de l’opération, nous dit : « À deux heures de l’après-midi, nous avons reçu un signal de l’unité de contrôle qu’il y avait des tirs venant du vallon à l’est d’Al Qarara, un village situé à environ 200 mètres de la frontière, suivis du mouvement rapide d’une unité d’infanterie [israélienne] au-delà de la frontière ».

Ils ont tiré les premiers

Abou Moussab explique qu’ils ont analysé la fusillade comme une course-poursuite contre des civils ou des membres de la résistance dans le vallon. Immédiatement après, les instructions de la direction aux unités pertinentes ont été de se tenir prêts et de prendre leur place, et si les troupes [israéliennes] vont plus loin que la distance habituelle, ils peuvent les prendre pour cibles.

Continuant à donner des détails de l’opération, qui a tellement dérouté l’ennemi, il dit : « Dans l’intervalle de temps, les incidents se sont aggravés : les chars sionistes ont commencé à dépasser la frontière sous une large couverture de feu, puis les hélicoptères sont arrivés sur la scène. De plus, un grand nombre de soldats se sont avancés de plus 500 mètres. »

Le début

Après avoir été alertés, les moudjahidin ont pris leurs positions, où ils disposaient de fusils (de snipers) et de mitrailleuses BKC, puis ils sont restés en attente de l’avancée des soldats ennemis.
Vers 14h30 le vendredi après-midi, et tandis que les héros des Brigades Al Qassam guettaient les soldats ennemis, les forces sionistes ont atteint lea limite fixée et les moudjahidines ont ouvert le feu sur les forces d’invasion. Quelques minutes plus tard, ils ont vu deux soldats tomber sur le sol prèsde la tour de guet « Sirj ».

Il a expliqué que l’opération valait un message pour l’armée sioniste, disant que la résistance ne restera pas silencieuse face à ses incursions dans la bande de Gaza, soulignant que lui et ses frères avaient résisté pour protéger leurs compagnons qui étaient poursuivis par l’ennemi.

En dépit de leurs crimes ... Nous restons humains

À propos de ce qui s’est passé à la suite de l’opération d’adressage, et après avoir vu les deux soldats tomber au sol, il a déclaré : « En moins de 5 minutes, deux hélicoptères identifiés comme de secours sont arrivés sur les lieux des combats. »

Enterrement d’un des deux soldats israéliens tués par la résistance palestinienne - Photo : API

l a noté que le moudjahid qui était armé d’un « BKC » était sur le point de faire feu sur l’hélicoptère qui avait atterri à 200 mètres de la scène de l’opération, mais quand il a vu le signe qu’il s’agissait d’un hélicoptère de secours, il s’est abstenu de tirer - ce qu’impose l’éthique de l’islam dans la guerre - et pour le respect du droit humanitaire international.

À la fin de son témoignage, il a déclaré : « les soldats portaient les blessés et se précipitaient vers l’hélicoptère. Dans le même temps, un avion militaire lançait des bangs soniques et des leurres thermiques sur la zone des combats, puis les forces ont commencé à se retirer ... Enfin, nous avons quitté la place. »

28 mars 2010 - Site des Brigades Ezzedeen Al-Qassam - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.qassam.ps/news-2583-Frid...
Traduction : Info-Palestine.net

Lien de l'article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8443

Des colons sionistes envahissent la mosquée sainte d'el-Aqsa

Publié le 31 mars 2010 sur le site du CPI

Sous la protection des soldats sionistes

El-Qods occupée – CPI
Des dizaines de colons sionistes ont envahi, ce mercredi matin 31/3, les esplanades de la mosquée sainte al-Aqsa, dans la ville occupée al-Qods.

Cette incursion s'est déroulée sous la protection de grandes forces de la police sioniste et des milices des gardes-frontières qui se sont déployées dans les rues de la ville sainte et aux entrées de la mosquée al-Aqsa, depuis plusieurs jours transformant la ville en une caserne militaire.

Des témoins oculaires ont dit que les extrémistes sionistes ont fait assaut dans les esplanades de la mosquée sainte, à travers ses diverses portes, en causant une tension au sein des Palestiniens.
Les témoins ont affirmé que des associations sionistes extrémistes se préparent pour organiser leurs festivals à l'occasion de la fête juive de Pourim devant la porte d'al Khalil, l'une des portes de la vieille ville d'al-Qods occupée.

Lien de l'article: http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s747BavPnKFBaTvRfaysMZHwcaAHYATeDhfjJJiB8TFw5J0pw4a%2fM2roTVZSjbyfzhjLxBbhqyR2%2fbzqSlLN8kOh9hS88BHWHULo8JT1%2b02LA%3d

L'occupation interdit la prière dans la mosquée d'al-Ibrahimi

Publié le 31 mars 2010 sur le site du CPI

El Khalil – CPI
Les autorités de l'occupation ont décidé de fermer, aujourd'hui et demain, la mosquée d'al-Ibrahimi dans la ville d'al Khalil, sous prétexte de la fête de la Pâques juive.

Des sources palestiniennes ont déclaré que les autorités de l'occupation ont interdit aux croyants palestiniens, de faire la prière dans la mosquée sainte d'el-Ibrahimi, à partir de l'aube du mercredi 31/3 et jusqu'à l'aube du vendredi prochain, au moment où elles ouvrent toute la mosquée devant les colons sionistes pour célébrer la fête de la Pâques juive.

Des organisations sionistes ont appelé les colons sionistes à participer aux festivals organisés dans la mosquée d'al Ibrahimi, durant les deux jours prochains, pour exercer leurs rites.

On note que les forces occupantes vont empêcher également l'appel à la prière durant les deux jours prochains dans cette mosquée.

De grandes forces sionistes ainsi que les éléments des gardes-frontières se déploient dans la vieille ville d'al Khalil et aux entrées de la mosquée sainte d'al-Aqsa, ainsi que dans ses alentours et les routes qui relient entre elles les colonies qui encadrent la ville d'el Qods.

Lien de l'article: http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s70o4o55KqoL%2fgJ1yrO0iZ0t2RrQuCyoePTqhUkAHBnZ%2bPymaelx5Jf%2bEHqKTEp2Tnr6dI7kekw%2bJPA1v7E40S707u7uK80mPzAGqbz%2bsBuVo%3d

Des dizaines de Palestiniens ont été asphyxiés lors des affrontements à Ramallah et Jénine

Publié le 31 mars 2010 sur le site du CPI

Cisjordanie – CPI
Des jeunes Palestiniens se sont accrochés, le mercredi après-midi 31/3, avec les forces occupantes sur le barrage de Bitounia, à Ramallah et dans le village de Toura, à l'ouest de la ville de Jénine, en causant l'asphyxie des dizaines de Palestiniens après que les soldats de l'occupation ont lancé des bombes lacrymogènes sur les citoyens.

Des témoins oculaires ont dit que des centaines de Palestiniens qui ont organisé une marche vers le barrage de Bitounia, près de la prison d'Ofer se sont accrochés avec les forces de l'occupation qui ont lancé des bombes lacrymogènes, où plusieurs Palestiniens ont été asphyxiés et d'autres arrêtés.

L'armée sioniste a reconnu également la blessure de trois de ses soldats.

Dans la ville de Jénine, une marche populaire a été organisée dans le village de Toura, à l'Ouest de la ville dans le cadre des activités de la journée de la terre, en se dirigeant vers la porte de la colonie sioniste de "Chakid", installée sur les terres du village, où les Palestiniens se sont accrochés avec les soldats sionistes.

Lien de l'article: http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7SR%2fvG9epLQpOx8AsFX3Z%2fmXSy4D5vhpCOkJJaY4gwDzUVKk9sGBXSb7wLzEqcb9PYkg1uTiBmofjOXKYwiO6DF7ijcWy8hUg6CxWGZvnhTU%3d

Riz Khan - Impact of the Gaza war on Israel

Une vidéo Al Jazeera English/parue sur le site You Tube le 30 mars 2010

Y at-il eu un changement dans les relations d'Israël avec leurs alliés depuis la guerre de Gaza et comment cela affecte-t-il le processus de paix avec les Palestiniens? Le soutien international en faveur d'Israël se dégrade-t-il régulièrement depuis la guerre de Gaza et Israël est-il en train de perdre la bataille de l'opinion publique mondiale?
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Has there been a shift in Israel's ties with its allies since the Gaza war and how will that affect the peace process with the Palestinians? Is international support for Israel dwindling since the Gaza war and is it losing the battle for global public opinion?

Palestinians mark 34th anniversary of Land Day - PressTV

Une vidéo Press TV/parue le 30 mars 2010 sur le site You Tube

La ‘Séparation de l’Église de l’État’ n’est qu’un mythe !

Publié le 28 mars 2010 sur le site Alter Info
par Rafic Soormally

L’État est comme une Église qui ne peut se séparer de ses adeptes. L’État ne peut séparer le religieux comme le non-religieux de l’État vivant. Les humains font de l’État un organisme vivant qui respire alors que sans eux, l’État ne fonctionne pas; il existe toujours, mais il est mort

Alors qu’un peuple peut facilement identifier une Église, un Temple, une Mosquée (des bâtisses ou institutions) et leurs adeptes dans toutes leurs diversités, le même exercice n’est pas tout à fait évident dans l’identification de l’État. Qu’est-ce un État? Est-t-il un être humain, une structure (physique ou abstraite), ou tous en même temps ? Pourquoi séparer l’Église de l’État ? Dans le contexte de la dite séparation de l’Église obscurantiste de l’État éclairé, concept qui émane de la laïcité française, on procèdera à apporter une définition du terme tout en analysant si l’Église peut être réellement séparée de l’État ou si elle forme toujours parti intégrante de cet État.

« L’État c’est moi », Louis XIV

État est dérivé du latin, status, qui veut dire « être debout ». En nom propre, « l'Etat désigne la personne morale de droit public qui, sur le plan juridique, représente une collectivité, un peuple ou une nation, à l'intérieur ou à l'extérieur d'un territoire déterminé sur lequel elle exerce le pouvoir suprême, la souveraineté. » Par extension « l'État désigne l'ensemble des institutions et des services qui permettent de gouverner et d'administrer un pays : ministères, directions, préfectures, délégations, administrations déconcentrées ou décentralisées ». État est aussi synonyme de « pays ». [Source : Dictionnaire politique].

Quand Louis XIV exaltait « l’État c’est moi », il voulait dire qu’un tel pouvoir suprême aussi bien que les structures pour appliquer ce pouvoir étaient investis en sa personne. L’État, tel qu’on le connaît, est incarné par le gouvernement qui est mis en place par les humains et fonctionne également par les humains pour les humains, les animaux, l’environnement, etc. Les personnes qui font fonctionner l’État incluent les représentants du peuple, les leaders, les fonctionnaires, les juges, les soldats, ainsi de suite. Et ces personnes peuvent être des athées ou des adeptes de diverses religions. Ils sont tous les employés de l’État. Mais qui emploie l’État ? C’est le peuple, y compris les employés de l’État eux-mêmes. Les gouvernants ne sont pas réellement séparés des gouvernés (non-gouvernants), mais ces derniers doivent se plier aux dictats des gouvernants.

« L’État, c’est nous »

Mais la philosophie de l’État est une abstraction qui peut bien exister sans un peuple pour gouverner. Robinson Crusoé peut bien concevoir un tel État. Si on comprend l’État uniquement comme un concept structuré, on peut dire que l’État n’a pas de religion. Il n’a pas de cœur, pas de cervelle; il ne pense pas; il est un imbécile; il est muet ; il est sourd ; il ne mange pas et ne boit pas.

Mais les humains font de l’État un organisme vivant qui respire alors que sans eux, l’État ne fonctionne pas; il existe toujours, mais il est mort. Pour abriter les êtres humains qui font fonctionner l’État, il nous faut des structures physiques qui ne sont que des symboles de l’État et non l’État en lui-même. L’État est alors infesté par des êtres humains qui gouvernent. Mais le peuple non-gouvernant n’est pas la propriété de l’État. Le peuple est représenté par et forme parti de l’État. « L’État, c’est nous ».

‘Séparation de l’Église de l’État’

Il va de soi que l’État reconnaisse, représente et adopte les diversités légitimes du peuple. En dépit de la propagande, l’État ne peut jamais être laïque, car il ne peut séparer le religieux comme le non-religieux et leurs institutions respectives de l’État vivant. La séparation de l’Église de l’État n’existe pas, même dans les pays européens qui revendiquent cette philosophie, par exemple, la France qui inventa la politique de la laïcité, terme emprunté à l’Église catholique [v. la philosophie des années lumières européennes]. Malgré qu’elle se professe laïque, la France est dirigée et contrôlée par les synagogues et les églises, et elle a non seulement aidé à créer avec force l’État juif en Palestine, mais elle soutient, finance et s’identifie même avec cet État religieux et d’apartheid.

« La séparation de l’Église de l’État » est une doctrine qui s’applique à l’Église catholique dans la France post-révolutionnaire en raison des circonstances propres à cette dernière. Cependant, on ne dira pas la séparation de la Mosquée ou du Temple hindouiste de l’État. Mais, la doctrine a été élargie pour inclure toutes les institutions religieuses, et imposées même au-delà de la France à travers le colonialisme (ou le néo-colonialisme).

Un religieux qui veut le bien-être de ses semblables a parfaitement le droit de revendiquer leurs droits politiques et économiques. Il a tout le droit d’audience avec le Chef d’État, et vice versa. Dans un sens, l’État est comme une Église qui ne peut se séparer de ses adeptes.

L’État n’est pas une invention grecque

Le principe de l’État prédate la civilisation grecque. C’est fort connu que l’Europe n’aime toujours s’identifier qu’avec la civilisation grecque parce que les Grecs sont considérés ‘blancs’ et chrétiens. En réalité l’État grec n’était que très rudimentaire. Ce n’est que subséquemment que les Européens ont incorporé et adopté bien des éléments non grecs dans ce concept tout en les faisant passer pour des concepts purement occidentaux, par exemple, les droits humains, l’émancipation de la femme, l’État de Droit, l’équité en justice, le système égalitaire, la sécurité sociale, le respect d’autres religions et cultures, et davantage.

Le Khilâfah (Califate) est un example de l’État basé sur les principes islamiques [VIIeme s.]. L’Islam n’est pas uniquement une religion, mais un État, et un mode de vie (diin) complet. Selon Bertrand Russel, l’Islam fut une religion politique dès son origine. [Ref. Dictionary of Mind, Matter & Morals]. Cependant, l’État islamique est un État civil et non un état religieux comme le Vatican parce qu’il doit obligatoirement reconnaître et respecter toutes les religions. Genghis Khan [1162–1227], né Témujin, qui originalement combattait les Musulmans avant de se convertir à l’Islam, gouvernait par les codes civils et militaires, appelés Yassa. Il incorpora bien de principes islamiques dans son État. Il ne s’attachait pas à l’appartenance ethnique et à la race mais à la méritocratie. L’Islam ne reconnaît qu’une race, seule la race humaine. L’Empire mongol était ethniquement et culturellement l’un des plus divers de l’histoire. Il pratiquait la tolérance religieuse parce que la tradition mongole a toujours soutenu que la religion est un concept personnel qui ne devrait pas être sujet à la loi ou à l’ingérence. Précédant sa mort, Genghis Khan voulait créer un État civil sous le Grand Yassa en faveur de l’égalité pour tous, y compris les femmes. L’État grec, par contre, n’avait pas ces qualités. À rappeler que la civilisation grecque est redevable à la civilisation égyptienne et aryenne, et non vice versa, et que la Civilisation de la Vallée de l’Indus, n’ont pas non plus appris les principes de l’État chez les Grecs. [Réf. « Stolen Legacy: Greek Philosophy is Stolen Egyptian Philosophy » de George G.M. James.]

Conclusion

Grâce à une férocité inégalable dans l’histoire, le colonialisme et l’impérialisme occidentaux ne reculèrent devant aucun génocide et culturocide, et démantelèrent tous les autres systèmes étatiques bien supérieurs aux leurs. Des centaines de pays subirent le sort de l’Hindoustan, réputé pour ses richesses, et son État moderne et pluriculturel, en voyant leurs richesses spoliées, leurs cultures détruites, et leurs systèmes de gouvernance imposés aux vaincus, sans oublier l’institutionnalisation du racisme à l’occidental, et en glorifiant tout ce qui était (ou qu’ils disaient être) de Grèce. C’est à travers des guerres d’agression d’une violence extrême et une politique très britannique de « diviser pour régner » qu’ils réussirent à démolir les empires mongol et ottoman qui ont civilisé plus de la moitié du monde. Par exemple, l’empereur Jalaluddin Muhammad Akbar est mentionné dans l’Encyclopédie britannique comme le plus grand empereur de l’histoire, et l’Hindoustan unifié par les Mongols comme un État moderne.

Les Européens sont militairement supérieurs. Ils ont inventé les bombes nucléaires, hydrogène et à neutron qu’ils ne veulent pas que les autres possèdent. Ils ont inventé le capitalisme sauvage à travers lequel ils asservissent et exploitent les peuples du monde entier. Ils manipulent les principes de l’État à leurs bénéfices. Ils passent de lois fascistes et oppressives et créent des camps de concentration et de torture. Alors qu’ils sont toujours dirigés par leurs Églises, Synagogues et Loges franc-maçonniques, ils nous aveuglent en imposant le mythe de la Séparation de l’Église de l’État chez eux comme dans les pays qu’ils exploitent par un capitalisme sauvage d’État ou qu’ils occupent militairement, et contrôlent politiquement et économiquement. Dans un monde ‘démocratiquement’ capitaliste ou une petite minorité possède et contrôle la grande majorité des ressources et richesses, tout État est aussi sujette aux dictats d’un Super État capitaliste et suprématiste dont les symboles sont la Banque Mondiale et les Nations Unis contrôlés par les Sionistes, la CIA et bien d’autres.

M Rafic Soormally

Londres / 27 mars 2010

Lien de l'article: http://www.alterinfo.net/La-Separation-de-l-Eglise-de-l-Etat-n-est-qu-un-mythe-!_a44330.html

Burqa : Que vont faire nos vaillants députés ?

Publié le 31 mars 2010 sur le site lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr


Le Conseil d’Etat enterre la loi sur la burqa, et sans surprise, tant ce projet était contraire aux principes qui font notre droit. Mais bien sûr, cet échec annoncé ne va pas ralentir les députés…


Dans son rapport, le Conseil d’Etat commence par s’excuser. Il avait beaucoup de choses à nous dire sur la burqa et la liberté de religion, mais il est saisi d’une question particulière du gouvernement, quant aux modalités d’une législation pour interdire la burqa. Le Conseil d’Etat souligne qu’il répond sagement à la question posée, « indépendamment de toute considération sur l’opportunité de légiférer en ce sens ». Donc, le Conseil d’Etat pense-t-il qu’il faille légiférer ? On ne saura pas, mais cette réserve préliminaire et l’étroitesse des solutions proposées le laisse deviner : circulez, gentils députés, il n’y a rien à voir.

Le rapport se résume à deux formulations bien pesées :

- Une interdiction générale du seul voile intégral serait soumise à de fortes incertitudes juridiques.

- Il n’existe aucun fondement juridiquement incontestable pour procéder à une telle prohibition.

Le Conseil d’Etat ratatine ensuite trois poncifs dont on nous a rabattu les oreilles pour asseoir l’interdiction : la laïcité, la dignité et l’égalité homme/femme. De grands principes, bien mal invoqués par les frénétiques de la répression.

Un citation offerte généreusement à tous les torturés du laïcisme allumé : « Le Conseil d’Etat écarte tout d’abord résolument le principe de laïcité comme fondement d’une éventuelle interdiction. La laïcité s’applique principalement, en effet, dans la relation entre les collectivités publiques et les religions ou les personnes qui s’en réclament. Elle s’impose directement aux institutions publiques, ce qui justifie une obligation de neutralité pour les agents publics dans l’exercice de leurs missions. En revanche, elle ne peut s’imposer directement à la société ou aux individus qu’en raison des exigences propres à certains services publics ».

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Le principe de dignité de la personne humaine ensuite : « La CEDH a consacré un principe d’autonomie personnelle selon lequel chacun peut mener sa vie selon ses convictions et ses choix personnels, y compris en se mettant physiquement ou moralement en danger, dès lors que cette attitude ne porte pas atteinte à autrui. Cet élément doit être rapproché du fait qu’une majorité des femmes concernées, selon le ministère de l’intérieur, le feraient volontairement. »

Et le principe d’égalité entre les femmes et les hommes, avec une pensée affectueuse pour Elisabeth Publicis : « Opposable à autrui, ce principe n’a pas, en revanche, vocation à être opposé à la personne elle-même, c’est-à-dire à l’exercice de sa liberté personnelle, laquelle peut la conduire à adopter volontairement un comportement contraire à ce principe ».

Donc, il ne reste rien. Juste la possibilité pour les préfets de prendre des mesures spécifiques en fonction de risques spécifiques, ce qu’ils peuvent déjà faire. Et ce rapport est tout sauf une surprise. Le Conseil d’Etat cite maintes décisions de jurisprudence, dont le récent arrêt de la CEDH du 23 février 2010 (Ahmet Arslan et autres c. Turquie, Requête no

41135/98), commenté sur ce blog sous le titre : « La loi anti-burqa peut aller se rhabiller ».


femme_voilee_comores1.jpgPour nos vaillants députés et notre adoré président de la République, c’est donc cou-couche panier, pa-pattes en rond. Il leur reste juste à s’occuper de l’économie, du financement des retraites, et de l’emploi. Plus difficile que de tomber à bras raccourcis sur quelques centaines de femmes qui ne demandent rien à personne et juste qu’on leur fiche la paix.

Mais bien entendu, je ne me fais pas d’illusion : ils vont continuer à marcher, comme des canards à qui on vient de couper la tête. Le Conseil d’Etat a rendu un avis dont ils peuvent faire un coussin : assurément. Ils ont bien compris que s’ils votent une loi, et on peut voter n’importe quoi du moment qu’on a une majorité, la loi se

fera dégommer par le Conseil constitutionnel, la CEDH ou le Comité des droits de l’homme de l’ONU. Mais, ceci ils s’en fichent, car seul compte le discours : « Nous avons défendu les principes de la République, mais les méchants juges ont tout cassé par leur funeste jurisprudence ».

Alors, le mépris ? Non, plus suave, le goût de la victoire ! Qu’ils votent la loi, et qu’ils s’abstiennent de saisir le Conseil constitutionnel. Le jeu se poursuivra, et c’est la défense d’une femme portant la burqa qui les fera s’incliner devant une cour internationale, pour avoir violé les libertés fondamentales. Les recours seront formés à partir de tout ce qui fait les fondamentaux de nos droits et libertés. Ce sera une très belle leçon pour tous les intégristes : des femmes inventent des modes de vie minoritaire, revendiquent des libertés, et font tomber le parlement français. Ils sont nuls, et les femmes, elles, inventent la beauté.

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Lien de l'article: http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/

L'islam en France: de l'image au vécu

Lien du mémoire: http://www.iehei.org/bibliotheque/AliceBLOOMFIELD.pdf

Le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et toutes les formes de discrimination

Nations Unies/rapport du conseil économique et social

Lien du rapport: http://www.flwi.ugent.be/cie/archief/G0411073.pdf

La Grande Bretagne enquête sur des milliers de passeports falsifiés par le Mossad.

Publié le 30 mars 2010 sur le site du CPI

Londres - CPI
Les autorités sécuritaires britanniques enquêtent, actuellement, sur l'usurpation de milliers de passeports britanniques par les services de renseignements sionistes extérieurs, le Mossad, en marge de son implication dans la falsification des passeports utilisés dans l'assassinat de l'un des leaders du Hamas, à Dubaï, Mahmoud Al Mabhouh.

Le journal britannique, "Word News", a souligné que le service de renseignements britanniques "M16" soupçonne que le Mossad sioniste a falsifié des milliers de passeports britanniques avec la coopération d'une agence aérienne sioniste.

Le site électronique du journal hébreu, "Maariv", s'est référé au journal "Word News", en soulignant que suite à l'expulsion d'un diplomate israélien de Londres, les autorités britanniques ont mi en garde leurs citoyens, en leurs conseillant de ne pas donner leurs passeports à toute personne, quelle que soit sa responsabilité.

De sa part, le ministère britannique des Affaires étrangères a étudié l'idée de diffuser une liste d'agences de vol pour avertir les britanniques de traiter ou contacter avec elles.

Lien de l'article: http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7u%2f2HWS9%2blt%2fXumbfz60uXnhH86yVWvcwFE%2bu3v7sMr1uoHvaZiAev64m8Bu7k5ssK95g0gP4m6xEhIhixx5PZ5n8yik1Si02%2fraz2A8NnnY%3d

Six marches populaires organisées à l'Est de la Bande de Gaza

Publié le 30 mars 2010 sur le site du CPI

Gaza – CPI
La campagne populaire contre la région isolée a organisé, le mardi à midi 30/3, six marches pacifiques, à l'Est de la Bande de Gaza durant lesquelles les forces occupantes ont ouvert le feu sur les manifestants en faisant plusieurs blessés.

Les correspondants du Centre Palestinien d'Information ont affirmé que six marches simultanées ont été organisées, à l'Est du quartier de Chaoukah, à Rafah, à Khouza'a, à Khan Younès, au camp de Maghazi, au milieu de la Bande de Gaza, au quartier de Choujaïa, à l'Est de Gaza, à Beit Hanoun et à al-Atatera.

"Les manifestants portaient des drapeaux palestiniens et des pancartes qui condamnent les crimes sionistes ainsi que les tentatives de l'occupation d'imposer une zone sécuritaire isolée sur 20% de la surface de la Bande de Gaza", ont ajouté les correspondants.

Les forces sionistes ont ouvert le feu sur les participants durant la marche organisée à Khan Younès et au camp de Maghazi, blessant 10 Palestiniens, selon les confirmations du Dr; Mouawia Hassanein, le directeur des urgences au ministère de la santé.

Le membre du bureau politique du parti de Cha'ab, Walid Awda, a dit que ces marches organisées durant la journée de la terre venaient pour confirmer l'unité du peuple palestinien dan sa lutte contre l'occupation pour défendre les territoires occupés qui représentent le fond du conflit avec les sionistes.

Il a considéré qu'on doit exploiter cette révolte palestinienne pour former l'unité politique et mettre fin aux désaccords, ainsi que la réalisation de l'unité de la nation car elle est le seul moyen pour faire face aux menaces et défis sionistes.

Lien de l'article: http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s75JF6RVH2NqiG3XlFhANhboZhHncyi9Z2%2b%2f03HMei3SC19svLaitBKVmtKjDQ9L4jTsGwOVqU4U9m0Yzp7%2fjMqOS%2f94HW5hYmWTpVNO9robw%3d

Le CRIF insulte l’Assemblée nationale

Publié le 30 mars 2010 sur le site humanite.fr

Le CRIF, officiellement Conseil représentatif des institutions juives de France, vient, à nouveau, de montrer son vrai visage. Un député du Nouveau Centre, Hervé de Charrette, a parlé de la « politique réactionnaire » et de « l’intention délibérée » de Netanyahou de « rendre impossible quelque négociation que ce soit avec les dirigeants palestiniens ». C’en est trop pour le CRIF qui explique sans rire que « ce sujet doit être traité avec justesse et impartialité » (sic) et dénonce une Assemblée nationale transformée en tribunal « lorsqu’il est question d’Israël ». Bref, même la représentation nationale n’a pas le droit de critiquer Israël  ! Cette voix n’a rien à voir avec celle des Français juifs cultivant une relation particulière avec Israël mais n’en perdant pas pour autant les fondamentaux de la République française. Les dirigeants du CRIF sont proches ou membres du Likoud France, c’est-à-dire la branche hexagonale du parti de Netanyahou. À ce titre, ils ont transformé leur organisation en un instrument de propagande au service d’Israël. Ainsi, le PCF et les Verts ne sont plus invités au dîner annuel du CRIF parce qu’ils défendent le droit des Palestiniens  ! Un rendez-vous que même Alain Finkielkraut a qualifié de « tribunal dînatoire ». Que ces dirigeants défendent les extrémistes israéliens n’a rien d’étonnant. Mais en déclarant soutenir que « Jérusalem reste la capitale indivisible du peuple juif depuis trois mille ans », ils prennent en otage la communauté juive de France, ce qui est plus grave. Au fait, que pense le CRIF des milliers de juifs israéliens qui manifestent, à Jérusalem, avec les Palestiniens, contre l’occupation et la colonisation  ? Encore des antisémites  ?

Lien de l'article: http://www.humanite.fr/2010-03-30_International_Le-CRIF-insulte-l-Assemblee-nationale

Journée de la terre 2010 en Palestine occupée

Publié le mardi 30 mars 2010 sur le site Al Oufok
par La Rédaction

Journée de la terre 2010 à Ramallah

Des manifestantes brandissent la bannière du Fatah à Ramallah à l’occasion de la journée de la terre. Ramallah, mardi 30 mars 2010.

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Palestinian women wave flags during a Fatah movement demonstration marking Land Day in the West Bank city of Ramallah, Tuesday, March 30, 2010. Land Day commemorates the killing of six Arab citizens of Israel by the Israeli army and police on March 30, 1976 during protests over Israeli confiscations of Arab land.

(AP Photo/Majdi Mohammed)

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Journée de la terre 2010 à El Araqib

Un jeune bédouin Palestinien brandit le drapeau du hamas à l’occasion de la journé de la terre dans le village d’El Araqib dans le désert du Neguev au sud de la Palestine. Mardi, 30 mars 2010

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A Bedouin youth holding a flag of the Islamic movement rides his horse during the 34th annual Land Day rally in the Bedouin village of El Araqib, in the Negev Desert, southern Israel, Tuesday, March 30, 2010. Land Day commemorates the killing of six Arab citizens of Israel by the Israeli army and police on March 30, 1976 during protests over Israeli confiscations of Arab land.

(AP Photo/Zuzana Janku)

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Journée de la terre 2010 à Budrus

Les soldats des forces d’occupation dispersent une manifestation à l’occasion de la journée de la terre au village de Budrus, près de Ramallah. Mardi, 30 mars 2010.

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Israeli soldiers chase Palestinian youths during a demonstration marking Land Day and protesting against Israel’s separation barrier, in the West Bank village of Budrus, near Ramallah Tuesday, March 30, 2010. Land Day commemorates the killing of six Arab citizens of Israel by the Israeli army and police on March 30, 1976 during protests over Israeli confiscations of Arab land.

(AP Photo/Nasser Ishtayeh)

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Journée de la terre 2010 à Gaza

Un jeune Palestinien participe à la journée de la terre près du point de bouclage Nahal Oz à l’Est de Gaza. Mardi, 30 mars 2010.

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A Palestinian youth participates in a Land Day protest near the Nahal Oz crossing east of Gaza City, Tuesday, March 30, 2010. Land Day commemorates the killing of six Arab citizens of Israel by the Israeli army and police on March 30, 1976 during protests over Israeli confiscations of Arab land.

(AP Photo/Hatem Moussa)


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Journée de la terre 2010 à Sakhnine

Des Palestiniens de 48 du village de Sakhnin au nord de la Palestine manifestent à l’occasion de la "Journée de la Terre" en brandissant un portrait de Hassan Nassrallah. Mardi, 30 Mars 2010.

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An Arab Israeli demonstrator displays a poster of Hezbollah leader Sheik Hassan Nasrallah during a protest marking Land Day in the northern Israeli village of Sakhnin, Tuesday, March 30, 2010. Land Day commemorates the killing of six Arab citizens of Israel by the Israeli army and police on March 30, 1976 during protests over Israeli confiscations of Arab land.

(AP Photo/Bernat Armangue)

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"La terre, c’est nous !"

Publié le mercredi 31 mars 2010 sur le site Al Oufok
par Al Faraby


"Ils ont de la chance ceux qui ont leurs champs de ce côté-ci du mur"
"regarde, y a justement Hyam qui y va"
"je peux l’accompagner ?"
"si tu veux... demande-lui d’abord"
"oh oui ! d’habitude elle est contente que je sois avec elle"
...
"salut Hyam"
"bonjour ma puce... t’es pas à l’école aujourd’hui ?"
"la maîtresse est malade"
"ça fait longtemps ?"
"depuis hier, on a attendu mais elle n’est pas venue, pareil ce matin... la directrice nous a dit de partir"
"elle ne sait pas quand elle va reprendre ses cours ?"
"elle ne nous dit rien"
"tu es sûre qu’elle est malade... que ce n’est rien d’autre"
"je ne sais pas, nous les enfants, on dit ça comme ça"
"regarde, les arbres commencent à fleurir, l’air s’adoucit, si tu tends bien l’oreille, tu peux même entendre la terre craquer..."
"qu’est-ce que ça veut dire ?"
"c’est signe qu’elle se réchauffe, que le soleil la pénètre plus en profondeur, alors elle est contente"
"dis Hyam, c’est vrai que la terre est vivante ?"
"plus que tout..."
"même celle où rien ne pousse... je veux dire comme celle du désert ?"
"même celle-là !"
"j’aimerai y aller un jour pour voir"
"quoi ?"
"le désert"
"la terre là-bas est infinie, elle se confond avec le ciel... et puis il n’y a que du sable, à perte de vue"
"on dit qu’il y a une prison"
"qui t’a dit ça ?"
"j’entends des fois les grands parler... ils racontent que les détenus qui y sont souffrent beaucoup"
"ce n’est pas la faute au désert... lui, il est seulement là... la prison ce sont les hommes qui la construisent"
"pour enfermer d’autres hommes"
"oui, mais un jour il n’y aura plus de prisons... toutes ces choses finissent toujours par disparaître"
"mais pas le désert... pas la terre..."
"le vent pourra à nouveau souffler comme il veut"
"on dit aussi que les murs retiennent le vent et que la terre est toute triste"
"pourquoi triste ?"
"à cause des murs que les hommes construisent... le vent ne caresse plus la terre... alors elle est triste"
"ces hommes qui construisent ces murs sont comme les murs qu’ils construisent... comme eux, le vent les balaiera"
"... et le vent soufflera toujours !"
"y en a des choses dans cette petite tête !"
"je répète ce que la maîtresse nous dit..."
"... !?"
"dis Hyam, tu penses qu’elle peut être autre chose que malade la maîtresse ?"
"c’est à la directrice qu’il faut le demander ma puce... t’es inquiète pour elle ?"
"un peu"
"que veux-tu qu’elle ait d’autre ?"
"peut-être qu’elle est en prison, celle qui est dans le désert... alors elle ne reviendra plus nous voir pour longtemps... ni nous caresser la tête"
"... !?"
"la maîtresse dit qu’elle est le vent et que la terre c’est nous !"
"mais si... elle va revenir très bientôt ta maîtresse... dès demain, tu verras..."
"dis Hyam, est-ce qu’on peut enfermer le vent en prison ?"
"impossible ma puce, car alors la terre se mettrait très en colère et démolirait toutes les prisons..."
"oui !"
(...)
Al Faraby

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« Nous défendons notre culture » : une interview de Samir Joubran

Publié le mercredi 31 mars 2010 sur le site info-palestine.net
par Adri Nieuwhof/The Electronic Intifada

Ce mois-ci, le groupe palestinien : Le trio Joubran, a donné un concert à Genève pour soutenir le travail de l’association Meyrin-Palestine qui projette de construire un centre culturel à Gaza. Le trio Joubran est composé de trois frères, Samir, Wissam et Adnam Joubran, qui jouent de l’oud, un instrument en forme de poire du Moyen-Orient qui fait partie de la famille du luth. Le collaborateur d’Intifada Electronique Adri Nieuwhof parle avec Samir Joubran de la musique du trio.

Adri Nieuwhof : Pouvez-vous vous présenter, s’il vous plaît ?

Samir Joubran : Je suis l’aîné de trois frères. Nous sommes des musiciens de Palestine, nés à Nazareth. Mon père est un joueur de oud de la troisième génération. Wissam a étudié au conservatoire Antonian Stradivari en Italie. Il a appris à fabriquer des instruments à cordes, surtout des violons. C’est lui qui a fabriqué nos instruments. J’ai une formation classique et j’ai commencé à jouer en public à douze ans. En 2003 Wissam et moi avons fait un CD, c’est un duo, une rencontre de nos ouds.

L’année dernière nous avons fait un troisième CD, un hommage au poète palestinien Mahmoud Darwish. Nous composons toute notre musique nous-mêmes. C’est peut-être la première fois dans l’histoire que trois frères jouent ensemble sur trois ouds.

AN : Pourquoi avez-vous choisi le oud ? Que signifie cet instrument pour vous ?

SJ : J’ai grandi dans une maison pleine de ouds. Mon père en fabriquait un par mois. On peut même dire que j’ai vécu dans une maison où tout tournait autour du oud.. Cet instrument est le père de tous les instruments à corde. Il a plus de 4000 ans. C’est plus qu’un morceau de bois ; Quand vous jouez vous le serrez contre vous, vous le sentez résonner dans votre ventre. Il fait partie de notre corps, de notre culture, de notre identité. Il y a deux jours nous étions à Nazareth. Nous avons donné un concert à Haifa et un autre à Ramallah le 13 mars, jour de l’anniversaire de Mahmoud Darwish que l’Autorité Palestinienne a institué Journée de la Culture palestinienne. A ces concerts nous avons utilisé la voix et les chants de Mahmoud Darwish (en passant un enregistrement de ses poèmes récités par lui-même).

AN : Je vous ai vu à un concert de soutien à Gaza. Pourquoi avez-vous décidé de faire cela ?

SJ : Nous avons 70 à 80 concerts par an, principalement en Europe. Nous sommes invités par des professionnels, ils nous invitent pour notre musique. Nous nous sommes produits environ quatre fois à Genève. Cela nous plaît et nous plaisons au public. L’association qui nous a invités aide les Palestiniens de la bande de Gaza. Nous n’avons pas hésité une seconde. Nous voulons contribuer au combat de notre peuple pour la liberté. Nous ne voulons pas être ni des héros ni des victimes. Nous voulons vivre comme des êtres humains.

AN : Vos frères Wissam et Adnam sont les autres membres du trio. Votre musique donne l’impression que vous parlez d’une seule voix. Comment y êtes-vous parvenus ?

SJ : Nous ne partageons pas seulement la musique, nous sommes de la même famille. S’il y a des problèmes dans la famille, notre musique s’en ressent. J’ai pris mon frère Wissam (qui a dix de moins que moi) dans le groupe parce qu’il était un excellent joueur de oud. Adnam s’est donné beaucoup de mal pour qu’il soit prêt à jouer en public. Nous nous comprenons, nous partageons les mêmes émotions, les mêmes racines, nous venons de la même école de musique. Il y a entre nous une grande unité, ce qui ne nous empêche pas d’avoir encore un style personnel, reconnaissable dans notre musique.

Nous travaillons ensemble pour la Palestine, pour notre culture.

AN : Pouvez-vous nous parler de votre relation avec Mahmoud Darwish ? En quoi est-il si important pour vous ?

SJ : J’ai commencé à jouer avec Mahmoud Darwish en 1996 : avec lui en personne, avec ce qu’il représente pour moi, avec ses poèmes. Il est le poète le plus important du siècle passé. Nous avons donné un concert avec lui à Arles deux semaines avant sa mort. Il m’a dit : « Tu as le futur devant toi ». Mon futur est dans le passé. Mahmoud Darwish est partout dans notre musique, jusque dans le titre des morceaux. Une fois il a mentionné le mot « majaz », cela signifie « métaphore ». Je ne connaissais pas ce mot et je lui ai demandé ce que cela voulait dire. Il m’a répondu : « Une métaphore c’est l’ombre des mots ». Nous avons appelé notre dernier CD ainsi en honneur de Mahmoud Darwish. Il est la voix de la Palestine et le deuxième nom de la Palestine.

AN : Vous avez dit que vous aviez donné un concert à Ramallah le 13 mars. N’avez-vous pas eu de problèmes pour vous y rendre ?

SJ : Sur la route de Nazareth à Ramallah nous avons été retenus deux heures au checkpoint de Qaladiya. Vous avez peut-être entendu parler des troubles qu’il y a eu à Jérusalem ? A Qalandiya il y a eu beaucoup de coups de feu, des gaz lacrymogènes, les soldats courraient tout partout. Nous sommes restés quand même parce que nous voulions absolument aller à Ramallah. Nous voulons mener une vie normale dans une situation anormale. Nous voulions faire oublier un peu leurs problèmes aux habitants de Ramallah en leur apportant de l’amour et de l’art. Des personnes de tous âges sont venues au concert. Notre mission est de donner l’exemple de l’espoir malgré les difficultés qui sont les nôtres.

AN : Pensez-vous que la culture palestinienne est menacée ?

SJ : Oui, oui, Mais je crois que toutes les cultures sont menacées à cause de l’Internet. Nous les Palestiniens nous n’avons pas besoin de regarder les autres cultures. La tradition n’est pas ce que vous lisez dans le passé, c’est ce que vous écrivez aujourd’hui. Nous défendons notre culture. Israël essaie de voler notre terre, nos arbres, nos âmes. Mais ils ne peuvent voler notre culture. C’est en affirmant notre culture et en creusant plus profondément dans notre culture que nous faisons notre histoire. J’espère qu’un jour la Palestine sera libre. Nous voulons monter sur scène comme les autres musiciens. Les musiciens de Suède n’ont pas besoin de penser à la libération de leur pays quand ils montent en scène. Non, quand la Palestine sera libre, nous serons libres.

Adri Nieuwhof* Adri Nieuwhof est avocate consultante spécialisée dans les Droits de l’Homme.

29 mars 2010 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction de l’anglais : DM

Lien de l'article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8442

Apartheid en Israël

Publié le mercredi 31 mars 2010 sur le site info-palestine.net
par Jaume Saladrigas/La vanguardia (Esp)

Quiconque a vécu dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et voyage aujourd’hui en Israël observera des choses désagréablement familières.


Carlos Latuff

Il est courant de lire des articles sur le malaise que ressentent les politiques Israéliens devant l’actuel climat d’antisémitisme qui, selon eux, s’est installé en Espagne. Par antisémitisme, certains entendent les opinions opposées ou qui interrogent les actions de l’actuelle administration israélienne. L’État hébreu est celui de l’apartheid, entend-on souvent. Pourquoi les autorités israéliennes s’indignent-elles chaque fois que quelqu’un en vient à faire des comparaisons avec l’ancien système d’apartheid en Afrique su Sud ? Et dites-moi en quoi est-il antisémite de dire quelque chose de ce genre ?

Dans les années 1950, DF Malan, premier ministre d’Afrique du Sud, créa un système de lois qui rappelaient celles de Nuremberg, à l’époque d’Hitler : la loi sur l’état civil qui classait la population en fonction de la race. Des lois qui interdisaient les relations sexuelles ou matrimoniales entre personnes de races différentes. Des lois qui excluaient les noirs du monde du travail blanc.

Les origines de l’antisémitisme des Afrikaners remonte à une décennie avant 1948,année qui vit le Parti Nationaliste remporter pour la première fois des élections législatives. DF Malan avait déclaré son opposition à l’acceptation par l’Afrique du Sud de réfugiés Juifs supplémentaires venant d’Allemagne. A cette fin, il proposa des lois anti-immigration. Dans un discours au parlement, il défendit ainsi sa position : "On m’accuse souvent de discrimination envers les Juifs pour le simple fait d’être Juifs. Je vous dis en toute sincérité que c’est le cas ; je les discrimine parce qu’ils sont Juifs."

La présence de communautés juives en Afrique du Sud est antérieure aux événements de la seconde guerre mondiale. Au 19ème siècle, arrivèrent des familles entières ou ce qui restait de familles décimées qui fuyaient les pogroms en Lituanie et en Lettonie. Avec Staline, les persécutions contre les Juifs s’accentuèrent, ce qui provoqua une deuxième vague de réfugiés vers l’Afrique du Sud. Avec la découverte en 1860 des riches gisements de diamants de Kimberly et l’enrichissement notable de certains membres de la communauté juive, l’antisémitisme s’accrut. Les préjugés, les clichés : "le Juif est avare" étaient déjà à l’époque très répandus. La guerre anglo-boer à la fin du 19ème siècle servit aussi d’argument à des politiciens mal intentionnés. Ces derniers ne tardèrent pas à accuser les Juifs de s’enrichir aux dépens des perdants [les Boers].

Hendrik Verwoerd, rédacteur en chef de l’influent journal Die Transvaler et fondateur du mouvement Apartheid, soutenait que les Juifs en Afrique du Sud et dans le monde poursuivaient le même objectif : contrôler l’ensemble de l’économie. Les outils de communication (presse et radio) entre les mains de l’appareil du parti Nationaliste ne rataient aucune occasion de lancer une campagne antisémite.

Il faut se souvenir que les Afrikaners s’étaient montrés favorables à la cause d’Hitler tandis que les Sudafricains d’origine anglaise - dont étaient issus presque tous les membres du gouvernement - soutenaient le camp allié.

Don Krausz, survivant de l’holocauste (sa famille a eu moins de chance) et président de l’association des survivants de l’holocauste en Afrique du Sud, le rappelle bien : "Les Afrikaners, et en particulier les adhérents ou sympathisants du Parti Nationaliste, nous haïssaient. La presse afrikaans était un calque du journal hitlérien "Der Stürmer". Les Juifs vivaient dans une anxiété constante sous la menace des Afrikaners. A Potschefstroom, d’où est ma femme, les milices des Chemises Grises jetaient des pierres sur les magasins juifs. Ou pire encore, ils y mettaient le feu ou les faisaient exploser. Ces gens là seront au pouvoir en 1948. Peu de ministres n’avaient pas la nostalgie du IIIème Reich et du nazisme."

Après la guerre, le Parti nationaliste remporta les élections de 1948 et lança un vaste processus de transformation politique. Peu importaient les différends avec les anglophones (représentés par le Parti de l’Unité et le Parti Progressiste ; l’opposition). Ensemble, il s’agit maintenant de construire une société nouvelle. L’apartheid est l’affaire de tous. La même année, le parlement, avec l’appui de tous les partis, opposition comprise, approuvait un nouveau système de lois pour l’Afrique du Sud. Un Ordre Nouveau : l’apartheid. La communauté juive d’Afrique du Sud n’avait rien à craindre. Le train de nouvelles lois ségrégationnistes ne touchait pas aux Juifs. Il s’agissait de créer un État dans lequel il serait possible de construire deux sociétés distinctes et différentes entre elles : les blancs d’un côté, les noirs et le reste des communautés non blanches de l’autre (à l’époque l’Afrique du Sud avait un déficit important en matière de population d’origine européenne). Et eux, les Juifs, étaient blancs.

Que s’était-il passé ? Qu’est-ce qui avait changé entre les Afrikaners et la communauté juive ? En 1961, le Parti nationaliste obtint l’approbation majoritaire au parlement d’un nouveau statut et de la décision de proclamer la république. Ce changement avait contrarié le Royaume Uni qui n’y pouvait cependant pas grand chose. Sauf exercer une pression maximum pour expulser l’Afrique du Sud du Commonwealth britannique, ce qui se produisit effectivement.

Les blancs d’Afrique du Sud - qu’ils soient Boers ou d’origine anglo-saxonne - et Israël s’étaient toujours vues comme deux nations authentiquement démocratiques et soucieuses de défendre les valeurs occidentales dans un environnement le plus souvent hostile. En conséquence elles exigeaient le respect mutuel.

L’Afrique du Sud percevait sa destinée somme quelque chose de très proche de celle d’Israël. "Les Israéliens sont une minorité qui vit entourée de 200 millions de fanatiques musulmans qui, en outre, reçoivent l’appui de pays communistes. Un îlot de gens civilisés entourés de 200 millions d’Arabes barbares et sauvages. Quant aux Afrikaners, 5 millions de personnes au milieu de centaines de millions de noirs aidés par les communistes," avait déclaré en une occasion John Vorster dont les propos seront répétés des années plus tard par le premier ministre PW Botha.

Pendant la deuxième guerre mondiale, le futur premier ministre d’Afrique du Sud, John Vorster, fut interné dans un camp de concentration allié. Vorster était un admirateur fervent des nazis, chose qui ne cadrait pas bien avec un pays comme l’Union Sud Africaine qui était en guerre aux côtés des alliés. Trois décennies plus tard, en 1976, il se rendait à Jérusalem. en qualité de premier ministre cette fois. Le gouvernement de Yitzhak Rabin, Menahem Begin et le légendaire général Moshe Dayan ne tarissaient pas d’éloges à l’égard de leur hôte.

Israël et l’Afrique du Sud oublièrent leurs divergences idéologiques du passé et inaugurèrent une relation cordiale et très fructueuse. A l’époque Israël et l’Afrique du Sud ont travaillé à des projets en vue de développer des technologies militaires de très haut niveau. Israël apportait à l’Afrique du Sud une aide militaire dans le conflit contre l’Angola. L’ennemi à combattre était le communisme.

Dans les années 1970 et 1980, quand la communauté internationale, sous la pression d’organismes comme l’ONU, décida d’imposer des sanctions économiques à Pretoria, PW Botha, le premier ministre du pays, durcit encore plus l’apartheid et en conséquence, l’Afrique du Sud s’enfonça dans une spirale de l’horreur. Les manifestations, les révoltes, les arrestations, les exécutions et les assassinats politiques firent parti du quotidien. Les grandes multinationales étrangères choisirent de quitter l’Afrique du Sud. L’occident tourna le dos à l’Afrique du Sud. Rien de tout cela n’ébranla le gouvernement. Dans le même temps, les passeports sud africains ne permettaient plus de voyager à l’étranger, sauf en Israël, l’ami fidèle.

Alon Liel, ex ambassadeur israélien à Prétoria, a déclaré dans une interview que ce fut précisément l’État d’Israël qui assuma la responsabilité d’aider l’Afrique du Sud à se doter du potentiel militaire nécessaire (le plus important du continent). L’Afrique du Sud avec ses énormes réserves de trésorerie issues de sa puissante industrie minière, put financer divers programmes de développement technologique en Israël et, en contrepartie, des scientifiques Israéliens apportèrent leur savoir faire à l’Afrique du Sud.

C’est ainsi, par exemple, que ces deux pays obtinrent la technologie essentielle pour développer leur arsenal nucléaire. Peu de gens en étaient informés. Du côté israélien, Shimon Peres et Rabin le savaient (mais ils essayaient de le cacher). Ces deux hommes, avant d’être des politiciens, faisaient partie de l’équipe de techniciens militaires qui travaillait avec le gouvernement de Prétoria.

Antérieurement à la mise en place d’obstacles aux frontières, de checkpoints et autres dispositifs pour contrôler la population palestinienne qui entrait et sortait quotidiennement d’Israël, des spécialistes de la sécurité anti terroriste Sudafricains apportèrent une aide logistique à leurs coreligionnaires Israéliens. La même chose s’est produite avec la construction de ce qui est peut-être le plus important symbole de la répression et de la ségrégation raciale en Israël : le Mur. La gigantesque clôture de béton et d’acier qui serpente autour d’un périmètre qui ne cesse de s’agrandir.

Vers 1986, sous la pression de la situation internationale, des sanctions économiques, des résolutions successives de l’ONU condamnant à chaque fois l’apartheid, Israël décida de prendre ses distances avec le régime de Prétoria. Cette évolution des relations avec l’Afrique du Sud préoccupa les responsables de l’appareil sécuritaire en Israël. "Qui aurait pu penser ? Est-ce que nous sommes tous soudain devenus fous ? Comment allons-nous faire sans l’assistance militaire de l’Afrique du Sud ? Que va devenir notre industrie aéronautique ? Nous ne pourrons pas survivre sans son soutien. N’oubliez pas que les Sudafricains, depuis les années 1970 n’ont cessé de nous aider et sont nos meilleurs clients."

Aujourd’hui, quand on évoque des personnalités juives sudafricaines, les noms qui nous viennent à l’esprit sont ceux d’Helen Suzman, une éminente militante anti apartheid ou celui de Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature. Et peut-être aussi celui de Johnny Clegg, musicien de rock célèbre dans les années 1980. Tous trois s’opposèrent à l’apartheid. Rares sont cependant ceux qui connaissent le nom de Percy Yutar.

Yutar appartenait à l’autre bord. C’était le procureur qui en 1963 a réussi à mettre Nelson Mandela derrière les barreaux. Il avait fait valoir des preuves qui incriminaient apparemment Mandela dans un prétendu sabotage et de vouloir conspirer contre l’État. Mandela purgea une peine de 27 ans et Percy Yutar fut récompensé par le gouvernement avec le poste de procureur général de l’État Libre d’Orange et, peu après, du Transvaal. Pendant des dizaines d’années, la Fédération Sioniste et le Groupe des Députés Juifs d’Afrique du Sud honorèrent des hommes comme Percy Yutar, Juif anti communiste et bon Sudafricain.

Pour Alon Liel, l’image que le monde devait avoir (et continuer à avoir) des Juifs d’Afrique du Sud est le modèle classique des militants contre l’apartheid. Les Juifs déploraient dans leur majorité le racisme mais insuffisamment. C’est que ce système leur apportait deux garanties fondamentales : un bon niveau de vie et une vie sans crainte du communisme. Devant les atrocités endurées au quotidien par les noirs et les autres communautés non blanches, les Juifs liés à l’establishment ont détourné le regard. Les choses iront mieux pour nous, disaient-ils, si nous les laissons telles quelles.

"Il faut oublier le passé," recommandait Shimon Peres lors d’un entretien avec un correspondant sudafricain. Shimon Peres parlait en connaissance de cause. Ce n’est pas pour rien qu’il a été ministre de la défense à l’époque de la visite de Vorster à Jérusalem et deux fois premier ministre dans les années 1980, à l’époque précisément où les relations entre l’État hébreu et l’Afrique du Sud blanche étaient au mieux .Peres goûte peu le charabia moraliste. "Je ne regarde jamais en arrière. Le passé ne m’intéresse pas. Je ne peux pas le modifier, à quoi bon m’en préoccuper maintenant ?" Quand on lui demande comment il est possible que deux nations aux idéologies aussi différentes, antagonistes, aient pu s’apporter un soutien mutuel et s’il a douté à l’occasion, il répond : "Toutes les situations ne correspondent pas forcément à un idéal. Toute décision tient compte de deux alternatives imparfaites. Le mouvement noir en Afrique du Sud encensait Arafat depuis des années, et Arafat était notre ennemi chez nous. A la vérité, nous n’avions pas le choix. Nous n’avons cependant jamais cessé de dénoncer l’apartheid. Nous ne l’avons jamais soutenu."

Personne en Israël n’a honte du passé. Le sous directeur général du ministère des affaires étrangères, Gideon Meyer, le justifie ainsi : "Notre handicap majeur a toujours été la sécurité. Aucune nation au monde n’est plus menacée que la nôtre. Il en est ainsi depuis ses tout premiers jours, depuis la naissance de l’État d’Israël. La géopolitique d’Israël en est le résultat."

Quiconque a vécu dans l’Afrique du Sud de l’apartheid et se rend aujourd’hui en Israël observera des choses étrangement familières. Il n’existe certes pas en Israël de pancartes où on annonce aux noirs l’interdiction de ceci ou de cela, "blancs seulement", "non européens seulement". Le fait est que ça revient au même ; en Israël comme en Afrique du Sud par le passé, prévaut un climat de ségrégation raciale. Les Israéliens préfèrent cependant ne pas s’en rendre compte.

Les soldats de l’État hébreu humilient très souvent les Palestiniens qui se présentent aux checkpoints, les postes frontaliers. Les colons s’amusent à tracer des peintures xénophobes sur les humbles demeures des Palestiniens à Hébron. La police de Jérusalem Ouest exerce son autorité de manière routinière, interpelle systématiquement toutes les personnes d’apparence arabe et contrôlent leurs identités. Certaines colonies et communautés juives refusent complètement l’entrée de "leur" zone aux palestiniens. L’argument qui justifie ce refus est l’appartenance à deux mondes culturellement distincts.Le maire d’un de ces hameaux de colons juifs en est venu à proposer que les palestiniens portent un quelconque signe distinctif qui les identifie comme tels. Renversement de la notion de ghetto ? Possible.

Dans les années 1990, des groupes d’extrême droite juifs avaient exigé que les commerçants qui employaient des Palestiniens licencient ces derniers. Ceux qui s’étaient pliés à cette exigence avaient reçu un autocollant où on lisait "nous n’employons pas d’Arabes." Dans les matchs de football qui opposent des équipes israéliennes et palestiniennes, les supporters juifs crient "mort aux Arabes."

Celui qui a le rare honneur (ou selon le cas, tout le contraire) d’être invité à dîner chez une famille juive de la classe moyenne, il se peut qu’avec le dessert - peut-être que c’est l’été et que nous soyons sur la terrasse à profiter du parfum que répandent les citronniers du jardin du voisin - la conversation animée porte sur la cause palestinienne. Nos amphitryons discutent, tentent de nous convaincre qu’en réalité les Palestiniens ne "méritent" pas d’avoir leur propre État. L’intifada et les attentats suicide justifient mille fois les 37 années d’occupation de leurs terres. Des crimes contre les Palestiniens ? Certainement pas. Les criminels sont les Palestiniens.

Ça rappelle beaucoup les discussions sur les noirs qu’il y a vingt ou trente ans, j’avais avec des gens que je connaissais en Afrique du Sud. Les mêmes clichés, les mêmes préjugés, la même étroitesse d’esprit. On fait régulièrement des enquêtes d’opinion en Israël. Les Israéliens sont une majorité pour penser que les Arabes sont des gens "sales", "primitifs",faisant peu de cas de la vie humaine et d’un naturel violent.

Rehavam Ze’evi, ancien ministre du tourisme sous Sharon, avait proposé l’expulsion de tous les Arabes du territoire juif. Dans le plus pur style de l’apartheid. Même la presse juive l’avait traité de raciste. Ze’evi est mort en 2001, victime d’un attentat terroriste.

La liste d’exemples est longue qui démontre de manière claire qu’Israël, actuellement, continue à se prévaloir de pratiques propres à l’apartheid sud africain. "Il y a toujours eu des fanatiques pour exiger un Grand Israël," explique Krausz, survivant de l’holocauste qui réside à Johannesbourg. "Il y a des types, des tarés, il n’y a pas d’autre mot, qui insistent pour prouver que c’est dans la Bible ; cette terre est à nous, par la volonté divine. C’est du fascisme."

Hirsch Goodman avait décidé d’émigrer en Israël. C’était il y a trente ans, peu après avoir terminé son service militaire (obligatoire en Afrique du Sud). Son fils, après avoir achevé son service dans l’armée israélienne a émigré en Afrique du Sud. "L’armée l’avait envoyé dans les territoires occupés et il dit qu’il n’oubliera jamais ce qu’on l’a obligé à faire," déclare Goodman qui travaillait comme analyste des systèmes de sécurité à l’université de Tel Aviv.

Selon lui, le terme "apartheid" est peut être un peu exagéré. "Si Israël persiste à vouloir se maintenir dans les territoires occupés, sans doute devrons nous accepter ce terme. Nous ne pourrons alors plus parler d’État démocratique. Ce qui arrivera alors seront des formes distinctes de développement et la discrimination systématique dans tous les domaines : éducation, santé, légal. Mais on ne peut pas dire aujourd’hui que nous pratiquons l’apartheid alors que 76 % de la population d’Israël désire sincèrement un accord avec le peuple palestinien. Il est vrai que nous discriminons les Arabes, ceux qui sont venus d’Éthiopie et d’autres, mais ce n’est pas pour autant qu’on peut nous coller l’étiquette de racistes. Je déteste qu’on banalise le mot apartheid. C’est quelque chose de trop affreux."

23 mars 2010 - Cet article peut être consulté ici :
http://www.lavanguardia.es/lectores...
Traduit de l’espagnol par Djazaïri

Lien de l'article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=8439

La barrière métallique égyptienne met à rude épreuve les habitants de Gaza

Publié le mardi 30 mars 2010 sur le site info-palestine.net
par IRIN - News

L’achèvement imminent par l’Égypte de l’installation d’une barrière en acier souterraine et en surface le long de sa frontière avec la bande de Gaza met les Gazaouis sur les nerfs : comment vont-ils survivre sans l’important commerce qui passe par les tunnels ?


Un travailleur descend dans un tunnel près de Rafah, au sud de Gaza. L’Égypte a presque terminé la construction d’un mur métallique le long de sa frontière avec Gaza pour essayer d’en finir avec la contrebande par les tunnels - Photo : Suhair Karam/IRIN



Un trafic de contrebande lucratif transite par les tunnels pour toute une gamme de produits depuis qu’Israël a imposé un embargo économique contre la bande de Gaza après la prise de pouvoir par le Hamas en juin 2007. La Banque mondiale et les économistes palestiniens estiment qu’au moins 80 pour cent des importations totales vers Gaza passent par les tunnels.

« Creuser des tunnels et y travailler est l’un des rares emplois disponibles pour les jeunes Gazaouis », a dit Omar Sha’ban, économiste à Gaza.

« Les personnes qui travaillent dans les tunnels gagneraient 25 dollars par jour, une somme énorme pour l’économie palestinienne actuelle. Mais ils sont exposés aux bombardements quotidiens ... par les forces aériennes israéliennes, à l’effondrement des tunnels et aux incendies ».

Ziad al-Zaza, ministre de l’Économie du gouvernement du Hamas, a dit qu’environ 20 000 personnes travaillaient dans les tunnels avant l’opération militaire israélienne à Gaza, début 2009, et qu’ils ne sont maintenant plus que la moitié. L’armée israélienne a dit qu’elle avait endommagé ou détruit 60 à 70 pour cent des tunnels lors de l’offensive.

Abu Antar*, propriétaire et gérant d’un tunnel, âgé de 45 ans, a dit que fermer les tunnels entre Gaza et Rafah, en Égypte, signifierait que lui et les centaines d’autres personnes qui travaillent grâce aux tunnels n’auraient plus de revenus.

« Nous avons réussi à traverser la clôture égyptienne, mais maintenant, ce que nous craignons c’est que les Égyptiens l’électrifient et ajoutent des capteurs sismiques pour détecter notre présence sous terre, ce qui rendrait notre mission impossible. Les tunnels sont notre unique source de revenus », a dit à IRIN ce père de sept enfants.

La barrière en acier posée par l’Égypte fera 10 à 11 kilomètres de long et descendra jusqu’à 18 mètres sous terre, ont dit les autorités égyptiennes. Le quotidien égyptien al-Shorouqa récemment annoncé que « le chantier du mur principal était dans sa quatrième et dernière phase », après quoi des caméras et des détecteurs seront installés.

Cette opération devrait durer quelques semaines et une période d’essai devrait ensuite avoir lieu avant que l’installation ne devienne complétement opérationnelle.

Un travail dangereux

Abu Antar a dit que 50 personnes travaillaient dans son tunnel.

« Chaque jour, nous travaillons dans les tunnels et nous nous demandons si nous allons sortir vivants. La terre s’est effondrée de nombreuses fois... La mort est inévitable dans ce genre de travail. Nous avons peur 24 heures sur 24. Beaucoup de gens sont morts. Chaque mois, il y a de nouvelles victimes des bombardements aériens [israéliens] dans les tunnels », a-t-il dit.

Palestine Square, à Gaza (photo d’archives). Au moins 80 pour cent des importations vers Gaza passent par les tunnels - Photo : Erica Silverman/IRIN

Les accidents sont fréquents dans les tunnels. Selon l’organisation palestinienne de défense des droits humains Al-Mezan, 120 trafiquants travaillant dans les tunnels ont été tués au cours des trois dernières années.

Les personnes travaillant dans les tunnels estiment qu’il existe plus de 1 000 tunnels entre Gaza et la ville de Rafah, du côté égyptien de la frontière. Ils font de 15 à 35 mètres de profondeur et jusqu’à un kilomètre de long.

« Une catastrophe humanitaire »

« [La construction] d’un tunnel coûte environ 200 000 dollars, alors lorsqu’ils seront détruits par les avions israéliens, ou qu’ils seront bloqués par le mur égyptien, la pauvreté et le chômage augmenteront de plus en plus », a-t-il dit. « Bloquer les tunnels entraînera une terrible catastrophe humanitaire. Tous les habitants de la bande de Gaza dépendront alors de l’aide alimentaire des Nations Unies », a dit le ministre du Hamas, M. al-Zaza.

« Nous appelons les gouvernements égyptien et israélien à désinvestir Gaza et à laisser les Palestiniens travailler sur terre et non sous terre et les Gazaouis vivre dans la dignité et la fierté », a dit M. al-Zaza.

Israël a imposé à la bande de Gaza de strictes restrictions à l’importation après la prise de pouvoir par le Hamas en 2007 et en guise de représailles après les tirs de rockets de Gaza sur Israël. L’interdiction d’importer touche tout ce qui pourrait aider le Hamas à fabriquer des armes, notamment le fer, l’acier et la plupart des matériaux de construction. Toutes les exportations sont interdites et les importations sont limitées à quelques biens humanitaires. Les articles tels que les cahiers scolaires, les bureaux, le matériel médical, les appareils ménagers et les abris montables accusent d’importants retards.

Israël a salué les efforts de l’Égypte pour combattre la contrebande. L’Égypte dit que sa sécurité était menacée par le flux croissant de biens illicites et de militants vers son territoire par les tunnels.

Israël accuse le Hamas d’utiliser les tunnels pour importer des armes, une allégation niée par le Hamas.

Lors d’une visite à Gaza, plus tôt ce mois-ci, le coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies, John Holmes, a mis en garde contre de gros problèmes si les tunnels étaient bloqués.

« Si ces tunnels sont bloqués, si indésirables qu’ils puissent être, et aussi indésirables que puissent être leurs conséquences sur la société et l’économie de Gaza, la situation sans les tunnels serait complètement insoutenable », a dit M. Holmes. Il a renouvelé ses appels à Israël pour mettre fin au blocus du territoire palestinien.

30 mars 2010 - Irin News - Vous pouvez consulter cet article à :
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Privée de lecture publique devant le ministère de la justice par le CAPJPO Europalestine parce que je suis membre du Collectif Cheikh Yassine

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Communiqué et témoignage: Privée de lecture publique devant le ministère de la justice par le CAPJPO Europalestine parce que je suis membre du Collectif Cheikh Yassine (collectif français représentant la résistance palestinienne)

Le 28 mars aux alentours de 17h le mari d’Olivia Zemor (CAPJPO Europalestine ) m’invite par téléphone à venir lire en public la lettre ouverte que j’ai adressée à Michèle Alliot-Marie après son allocution du 19 février 2010 à l’occasion d’un repas organisé par le CRIF de Bordeaux (1)
Cette lecture devait se faire dans le cadre de la commémoration de la journée de la Terre en Palestine, ce 30 mars 2010 devant le ministère de la Justice, place Vendôme à Paris.
Je ne cache pas mon étonnement à ce monsieur, parce que je sais qu’Europalestine déteste le CCY . Mais après tout, ma lettre est signée Rosita Rucki-Bernard et aucune allusion au collectif n’y est mentionnée.
Après que je lui eus appris par soucis de transparence, que j’étais membre actif du collectif Cheikh Yassine, il y eu un blanc dans le téléphone ; ce qui me fit sourire intérieurement. Ce monsieur se reprend alors en me disant que je peux lire ma lettre en mon nom puisque j’ai également signé le manifeste BDS, mais en insistant bien sur le fait que je ne révèle pas mon appartenance au CCY. Après réflexion et concertation avec les responsables du CCY je rappelle cet homme et accepte pour la cause à défendre, de présenter en publique ma lettre qui a fait et continue à faire le tour de la blogosphère.
J'appelle ce mardi 30 vers 13h "Monsieur Olivia Zemor", pour savoir ce qu'il en est de l'organisation et celui-ci me dit qu'il s'est fait « engueuler » (par qui on se le demande bien?!) et qu'il allait justement me téléphoner pour m'avertir que je ne pourrais pas lire ma lettre, car il y avait du monde avant moi, et que la parole revenait aux premiers signataires!!!
Question: pourquoi être venu me solliciter deux jours auparavant et m’avoir demandé de ramener du monde ?
Parce que si « Monsieur Olivia Zemor »comme beaucoup d’autres a trouvé la lettre de Rosita Rucki-Bernard suffisamment juste, pour être reprise sur le site d’Europalestine (2), ou celui de la coordination de l’appel de Strasbourg pour une Paix juste au Proche-Orient (3) par contre RRB membre actif du CCY ne peut pas lire en public son appel à la dénonciation du crime contre l’humanité ! C’est bien joli de vouloir boycotter l’oppresseur, c’est beaucoup moins honorable de boycotter ceux qui les dénoncent, voilà le portrait de ses nouveaux « antisionistes/sionistes » tel que CAPJPO Europalestine, NPA et les autres…

(1): http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2589&option=com_content&Itemid=11

(2) : http://www.europalestine.com/impression.php3?id_article=4795

(3) : http://www.eutopic.lautre.net/coordination/spip.php/IMG/ecrire/ecrire/dist/spip.php?article5181

Rosita DJOUZI

Extraits de l’interview de Ramadan Shallah, secrétaire général du mouvement du Jihad Islamique en Palestine sur al-Manar (samedi 27 mars 2010)

Reçu directement sur notre boîte mail

Traduction CIREPAL (Centre d’Information sur la Résistance en Palestine)

Question : on dit que 2010 est l’année de la judaïsation de la ville d’al-Quds. Est-ce qu’il s’agit d’une exagération ou bien une mise en garde à partir de données et de preuves sur le terrain ?

Réponse : Je pense que la question d’al-Quds, dans la pensée stratégique israélienne, est plus importante que ce qui se dit, il ne s’agit pas de détails, de chiffres, de statistiques, de vingt ou deux milles unités, etc.. Ce n’est pas ainsi. Le dossier d’al-Quds, dans le règlement proposé, est le dossier le plus ardu. Netanyahu utilise l’état de faiblesse arabe et utilise la démission totale de l’Autorité palestinienne face aux Israéliens, cette autorité qui a perdu toute initiative et qui ne cesse de dire qu’il n’y a nulle alternative aux négociations que les négociations, et les Arabes disent qu’il n’y a pas d’alternative à l’initiative de la paix que l’initiative de la paix. Il s’agit, pour la droite israélienne et notamment Netanyahu, d’une occasion en or pour clore le dossier d’al-Quds, de sorte que s’il y a quelque chose nommée encore règlement, il n’y aura plus de négociations sur al-Quds. Ce sont les données, des données graves.
Prenez par exemple la solution des deux Etats. Netanyahu a lié la solution des deux Etats à la reconnaissance par les Palestiniens de la judaïté de l’Etat (sioniste). La question d’al-Quds n’est pas discutée. Mais y at-il un seul Palestinien qui accepte un Etat palestinien sans que al-Quds (ou pour certains la partie Est d’al-Quds, comme Abou Mazen et ses collaborateurs) n’en soit la capitale ? Aujourd’hui, Netanyahu essaie d’arracher al-Quds du mental palestinien. Il dit : « Oubliez-la ! » Lorsqu’il dit qu’il n’y a pas de Quds capitale de l’Etat palestinien, que al-Quds n’est pas une colonie et que la construction dans al-Quds est semblable à la construction dans Tel Aviv, cela veut dire qu’actuellement dans al-Quds, est en train d’être enterré le projet illusoire de deux Etats, fondement de ce problème dans l’histoire et la gestion du conflit dans la lutte nationale palestinienne.

Question : comment cependant empêcher les Israéliens de réussir leurs projets ?

Réponse : Avant de parler du comment les en empêcher, il faut dire que le projet israélien pour al-Quds est complexe. Lorsque les Israéliens promulguent une loi pour interdire l’extension de la partie occidentale d’al-Quds, en direction de l’entité, ou des terres occupées en 48, ils veulent signifier que cette profondeur qui s’appelle la Cisjordanie, c’est l’espace où doit s’étendre la colonisation. Là, il y a légifération. L’affaire est au cœur même du régime politique israélien. Lorsque les aides arrivent et qu’il y a course aux Etats-Unis entre les donateurs, les Eglises, les Evangélistes et que des millions de dollars sont dépensés pour le projet de judaïsation d’al-Quds, ils ont pris la décision qu’il n’y aura plus d’al-Quds.
Concernant les mécanismes que nous pouvons utliser pour empêcher cela, posons la question d’une autre façon : d’où vient leur appétit ? Pourquoi sont-ils aussi féroces et pressés pour clore le dossier d’al-Quds : ils ne craignent personne, ni les Arabes, ni les Etats-Unis, ni personne. En Israël, les gens croient que Netanyahu peut faire ce qu’il veut dans al-Quds, aucune attitude arabe l’en empêchera. Concernant même les Etats-Unis, Netanyahu pense qu’il peut vaincre Obama en plein cœur des Etats-Unis, en ce qui concerne la politique dans la région et la politique extérieure. Face à cette sensation de puissance, où aucune partie ne peut dissuader l’ennemi, il ne reste, pour changer l’équation, que la résistance et le choix de la résistance, qui ont imposé de nouvelles données, comme l’a dit le président Bashar al-Assad il y a quelques jours dans une interview dans al-Manar. Certains veulent supprimer ces acquis, tout ce que la résistance a réalisé, toute la fermeté et le refus de se plier, pour l’offrir à Netanyahu afin qu’il poursuive son projet dans al-Quds.

Question : la question posée reflète ce qui se dit dans les milieux populaires. Face à cette grave situation, il n’y a pas en face une attitude adéquate, ni sur le plan palestinien, ni sur le plan arabe, ni sur le plan international. Tout le monde reconnaît la gravité de la situation, mais dans le passé, al-Quds a été le moteur de toute action et de toute lutte.

Réponse : Al-Quds est le moteur sur le plan symbolique, mais malheureusement, même les symboles n’ont plus de poids dans la politique arabe. Le problème, c’est comment comprendre la situation arabe qui se comporte ainsi avec la question d’al-Quds. Il y a deux visions dans la région. L’une dit qu’Israël est devenu un état de fait, que nous devons admettre absolument sa présence dans la région. Les responsables de cette vision nous disent que c’est « Israël (qui) est une ligne rouge » et non pas al-Quds. Ceux qui gênent Israël et qui luttent contre Israël, Israël a reçu le droit de les pourchasser dans les hôtels et les pays arabes. Les drapeaux israéliens sont présents dans les pays arabes comme si Israël était leur allié stratégique, et tout ce qui s’est passé dans al-Quds, dans son sens symbolique, n’a pas suffi pour qu’un dirigeant arabe interpelle l’ambassadeur israélien et lui dise de prendre la porte car « la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa que vous voulez détruire représente pour nous plus que tout ». Mais l’ennemi sioniste réalise à présent qu’al-Quds, dans le sens symbolique, est déjà détruite dans la conscience officielle arabe. Elle n’existe plus.. Au temps de Yasser Arafat, il y a eu quelques remous et lorsqu’il a pris une décision ferme, ils l’ont rejeté. Actuellement, il n’y a pas personne pour s’occuper d’al-Quds. La synagogue de la ruine, qui se trouve actuellement, que le touriste américain va prendre en photo, et dont le dôme est plus élevé que celui du dôme du Rocher, cette synagogue est en construction depuis 2006. A cette époque, le président de l’Autorité se rendait chez le premier ministre israélien pour prendre un repas, et peut-être que de la fenêtre, il voyait la construction ou du moins les bulldozers qui étaient en action, mais personne n’en a parlé. Si l’ennemi parvient à la conviction que la ville d’al-Quds et même la mosquée al-Aqsa n’existent plus dans la conscience arabe, qu’ils ont été détruits dans la conscience des arabes, ce sera le début de sa destruction sur le terrain. La question de la destruction d’al-Aqsa n’est pas de la propagande que nous menons, les Israéliens ont des documents et des projets. La mosquée al-Ibrahimi, après avoir été divisée, vient d’être intégrée dans la liste du du patrimoine juif, c’est une question de temps. Ils envahissent al-Aqsa, ils le divisent, ils le mettent dans la liste du patrimoine. Il y a actuellement 150 sites, des sites et des lieux islamiques attendent d’être progressivement intégrés à cette liste.

Question : certains appellent à une troisième intifada. Dans le temps, un ministre israélien avait dit : si nous bougeons une pierre de la mosquée al-Aqsa, nous commençons une guerre. Aujourd’hui, les appels à l’intifada ne sont pas suivis.

Réponse : quand on me pose la question à propos de l’intifada, je donne deux réponses principales : 1) Ce qui se passe en Cisjordanie, quant à al-Quds et la mosquée al-Aqsa, sous le pouvoir de l’Autorité d’Oslo, sous l’égide de Dayton et de l’équipe de Dayton, la tâche de cette équipe étant d’empêcher l’intifada, quelle que soit la forme de la résistance contre cette agression. L’intifada est aujourd’hui interdite par décision palestinienne officielle, qui pratique la répression et pourchasse les résistants, tout en développant le pessimisme au sein du le peuple, en lui faisant sentir qu’il n’y a plus d’espoir dans la résistance, et que celle-ci a nui à ses intérêts. 2) l’intifada ne se déclenche pas par décision. C’est un acte populaire et spontané. Dès le début de notre mouvement de libération, dans les années vingt jusqu’à aujourd’hui, c’est ainsi que cela fut. Cela s’est ainsi passé lors de la première intifada, et dans la seconde. Ensuite, les organisations interviennent pour encadrer, diriger, selon le rapport de forces qui s’établit dans la bataille avec l’ennemi. Je suis certain qu’à un moment, le peuple palestinien ne permettra pas la destruction de la mosquée al-Aqsa ni n’abandonnera al-Quds, comme le pensent certains. Mais ce moment dont nous sommes sûrs qu’il viendra, les autres oeuvrent pour qu’il soit annulé et entravé.
Question : Netanyahu est revenu des Etats-Unis tout en maintenant ses projets de colonisation dans al-Quds. Tout le monde parle des dissensions entre les Etats-Unis et le gouvernement de l’occupation. La première question est : sont-elles sérieuses, ces dissensions ?

Réponse : pour comprendre objectivement cette question, il faut dire d’abord qu’il y a deux points de vue dans le monde arabe à ce propos, le premier point de vue affirmant qu’entre les Etats-Unis et Israël, il y a une alliance stratégique, donc, il n’y a aucune dissension. Je pense de mon côté qu’il s’agit d’une simplification de la question, qui est beaucoup plus complexe. En fait, il faut revenir à l’arrivée d’Obama et le besoin des Etats-Unis, après Bush, de changer leur image dans le monde. L’institution américaine a eu un rôle important dans l’élection d’Obama. Ce dernier avait et a toujours des problèmes internes, notamment économiques, et des problèmes externes, dans notre région notamment, en Irak, en Afghanistan, la question du règlement, bref, les dossiers « chauds ». Obama a levé le slogan du changement, mais concernant sa relation avec l’Etat sioniste, il a affirmé clairement, en tant que démocrate, que la sécurité et lla prospérité de l’Etat d’Israël sont garanties. Mais, a-t-il ajouté, « nous avons des problèmes internes et externes, et comme nous sommes partenaires, vous devez tenir compte de nos intérêts ». Netanyahu, du fait de sa situation interne, son alliance avec les partis de la colonisation et sa vision idéologique et stratégique, ainsi que sa vision relative aux Arabes et au règlement, tout cela l’a incité à ne pas tenir compte des Etats-Unis, surtout qu’il y a des dossiers avec lesquels il se comporte avec l’administration américaine comme des dossiers de négociations, le dossier du nucléaire iranien par exemple. Netanyahu pense que ce dernier représente un danger existentiel pour Israël et reproche aux Etats-Unis qui veulent le négocier, il affirme donc que pour al-Quds et la colonisation, il n’est pas prêt à écouter les Etats-Unis. De l’autre côté, des responsables militaires américains et même un rapport présenté au congrès disent franchement que la politique israélienne nuit à l’intérêt des Etats-Unis d’abord, et nuit même à la vie des soldats américains à l’étranger, même si les dernières déclarations américaines à ce propos ont été désavouées. Hillary Clinton, l’amie chaleureuse d’Israël, est obligée de faire pareil. Cette poussée de Netanyahu concernant al-Quds et ses exigences du processus de règlement indique qu’il vise les Arabes et la région, plus amplement que ne s’attendent les Etats-Unis. Ces derniers affirment poursuivre la voie de toutes les administrations précédentes, que non seulement la sécurité mais aussi la prospérité d’Israël seront garanties, mais réclament qu’Israël tienne compte de leurs intérêts, car rien d’autre dans la région n’aide Obama.
Du côté, arabe, les Arabes n’ont aucune carte, et il y a une autorité palestinienne qui dit : « trois facteurs existent pour le règlement : les Etats-Unis, Israël et le régime arabe qui considère qu’Israël est une ligne rouge. Que peut donner un tel trio ? Le fait de dire qu’il n’y a aucune alternative aux négociations que les négociations est un cadeau à Netanyahu.

Question : Peut-on considérer qu’il y a un changement dans la politique américaine ?

Réponse : A mon avis, il y a un changement, et ce changement, c’est le Hezbollah qui l’a fait, le Hamas, le Jihad islamique, la résistance, l’attitude de la Syrie et de l’Iran. Le soutien à la résistance et l’attitude de la résistance ont instauré une nouvelle équation dans la région. Actuellement, le peuple américain se demande jusqu’à quand il va être sacrifié pour Israël qui pose ses lois, et pourquoi ses fils sont tués ? Le régime arabe, au lieu de tirer profit de cette équation, au sommet arabe, par exemple, au lieu de tourner la page, retirer l’initiative arabe, se réconcilier avec les peuples et prendre en compte leurs aspirations, voit dans le discours de la résistance une menace contre lui et contre ses intérêts. Après ce qui s’est passé au Liban et à Gaza, l’image d’Israël dans le monde est au plus bas. Israël n’est plus perçu comme la victime et nous, les bourreaux. Quiconque regarde les images de Gaza, les armes au phosphore, les bombardements, l’enfer qui est tombé sur Gaza, réalise parfaitement ce qu’est Israël. Il y a changement, mais est-ce que ce changement peut modifier les bases de la politique américaine dans la région ? Jusqu’à présent, il n’y a pas de changement pratique. Netanyahu a dit ce qu’il voulait, Obama l’a bien écouté. Netanyahu a remis l’affaire entre les mains de son cabinet, ce qui veut dire qu’il ne veut pas écouter les demandes américaines, qui sont d’ailleurs rien que l’arrêt de la colonisation, car 4 des ministres se situent à la droite de Netanyahu et ce dernier, comme disent certains, se situe à sa propre droite.

Question : Une question que se posent les intellectuels et politiciens dans le monde arabe : qui dirige qui ? Israël ou les Etats-Unis ?

Réponse : Cette question s’est terminée avec l’effondrement de l’Union soviétique. Ce débat est un débat académique, qui ressemble à l’affaire de l’œuf et de la poule. Netanyahu est revenu des Etats-Unis se comportant avec arrogance et disant que l’Etat hébreu est la grande puissance dans le monde. Les Etats-Unis craignent pour leur image dans le monde, et à présent, l’opinion publique américaine sait pourquoi les peuples les détestent. Obama a besoin du lobby juif aux Etats-Unis, et Netanyahu s’est comporté comme s’il était le maître aux Etats-Unis, mais l’institution militaire est mécontente. Elle réclame que le centre de décision envers la zone palestinienne soit transféré vers le lieu où domine l’armée américaine, en Floride, pour ne pas être maintenu sous la domination du lobby israélien, en Europe. Je ne dis pas que les Etats-Unis vont prendre en compte nos aspirations, non, les Etats-Unis sont les Etats-Unis. Mais nous, nous ne nous aidons pas nous-mêmes. Car nos régimes, depuis les années 50, sont au service de la politique extérieure des Etats-Unis, dont les piliers dans la région sont le pétrole, le soutien à Israël et le soutien aux régimes arabes et non pas soutenir la démocratie comme les text books des universités américaines le propagent. C’est un grand mensonge. Nos régimes considèrent qu’ils ont été programmés à obéir à la politique américaine à tout jamais …
Les journalistes israéliens ont mis en garde Netanyahu contre la colère d’Obama. Quelle est la réalité de cette colère ?

Réponse : que signifie la colère d’Obama ? Est-ce qu’il va faire la guerre contre Israël ? Est-ce qu’il va prendre des décisions aux Nations-Unies contre Israël ? Non, la colère d’Obama peut s’exprimer sur un point : le règlement américain proposé (nous, nous sommes contre ce règlement, d’ailleurs, pour que personne ne vienne prétendre que nous cherchons à le vendre).. Obama peut être en colère en disant voilà la vision américaine, si Israël veut une solution, la voici. Ou Netanyahu la prend ou Israël va vers de nouvelles élections. Je suis d’ailleurs certain que toutes nouvelles élections n’amèneront que Netanyahu ou pire que lui, jusqu’à ce qu’il y ait un nouveau dirigeant qui adopte la vision américaine issue de la colère d’Obama.

Question : concernant la question d’al-Quds, certains experts de la politique américaine disent qu’il n’y a pas de différence entre les visions américaine et israélienne, mais qu’il y a un bavardage israélien, que si la colonisation se poursuivait en silence, il n’y aurait pas eu de problème. Est-ce que la question est cette droite israélienne qui affirme tout haut son arrogance de vouloir coloniser al-Quds ?

Réponse : Il faut laisser de côté la droite israélienne et revenir aux négociations au temps de Barak, lorsqu’il était en pourparlers avec Yasser Arafat, sous l’égide de Clinton qui appartient au même parti qu’Obama. Les détails sur les quartiers chrétien, arménien, ce qu’on appelle quartier juif et ce qui a été pris après juin 67, nos dirigeants étaient arrivés à un accord, et même Silwan où il y a actuellement une poussée israélienne, ils étaient prêts à l’abandonner. Le problème était uniquement à propos de la place de la mosquée al-Aqsa, ils ont dit à Yasser Arafat : « vous avez ce qui est situé au-dessus de la terre, et nous nous voulons le souterrain où nous construirons notre temple car vous avez construit votre mosquée sur le mont du templeé. Yasser Arafat avait ce jour-là refusé et prononcé sa célèbre phrase à Clinton qui a essayé de faire pression sur lui. Il lui a dit : « si tu veux que j’accepte cela, je t’invite à mes funérailles ». Yasser Arafat a eu peur que le peuple palestinien ne le tue. Mais il ne l’a pas pas tué, ce sont eux (les Israéliens) qui l’ont tué. Il s’est avéré depuis que Barak ne voulait que jeter de la poudre aux yeux, il n’était pas sérieux.
Revenons à la droite, le problème d’Obama avec la droite est qu’il veut quelle tienne compte des intérêts des Etats-Unis dans la région. Que veulent les Etats-Unis ? Ils veulent ne pas être détestés, ils ne veulent pas que les régimes amis qui assurent le pétrole soient déstabilisés par leurs peuples, la résistance et ce grand mensonge qui s’appelle terrorisme international. Les Etats-Unis ont un projet de règlement, depuis Madrid, où ils ont placé toutes leurs cartes pour régler la question du Moyen-Orient. Actuellement, un des éléments de cette solution, qui consiste à liquider la question palestinienne, est la question d’al-Quds, qui est un symbole, où les Palestiniens n’acceptent pas qu’on leur donne un bout de terrain, un canton, sans qu’il y ait quelque chose qui s’appelle al-Quds, pour leur vendre cette transaction et enrober le poison. Aujourd’hui, la droite israélienne est têtue, même cela, elle ne veut pas l’admettre. Elle dit : « Ces gens-là ne nous concernent pas ». Les Israéliens sont dans le projet de l’Etat Juif. D’ailleurs, que signifie la judéité de l’Etat ? L’expulsion des Palestiniens de 48 et un Etat palestinien dépourvu de toute souveraineté, puissance et maîtrise. En réalité, c’est un grand mensonge.
Aux Etats-Unis, en mai 2006, d’après Noam Chomsky, Olmert que certains considèrent comme étant modéré, a prononcé un discours au congrès américain, au temps de Bush, où il a dit : « dans l’histoire ancienne d’Israël, nos ancêtres ont peut-être abandonné, sans aucun droit, des miettes de terrain pour les « cafards drogués » (les Arabes et les Palestiniens). Bien que j’ai foi dans la terre d’Israël entière et le non abandon d’une parcelle de cette terre, nous serons probablement contraints, pour rester sur cette terre dans la sécurité et la stabilité, d’abandonner, comme l’ont fait les ancêtres, quelques miettes de la terre pour les « cafards drogués ». Le congrès américain a applaudi parce que Barak nous avait décrit comme des « cafards drogués ». Mais les jeunes qui ont affronté les généraux israéliens, à l’est de Khan Younes, ces jours-ci, s’ils sont des « cafards drogués », que Dieu fasse de tous les Arabes des « cafards drogués » de cette sorte.
Question : Certains pensent que, puisqu’il n’y a que les négociations, que la question d’al-Quds sera remise à plus tard, que la colonisation sera gelée, quelques prisonniers seront libérés et les négociations reprendront. Penses-tu que ce scénario est possible ?
Réponse : Je ne veux pas discuter de ces scénarios. Je vais parler du point de départ, pour ne pas faire partie de leur agenda. Le fond de l’affaire, la Palestine est notre terre. L’occident et le colonialisme ont aidé les bandes sionistes à créer cette entité, ils nous ont arrachés à notre terre, et expulsés en 48. A partir de là, les Arabes (les pères et ancêtres de ceux qui se trouvent au sommet) ont voulu aider et sauver la Palestine. Il y eut ensuite la création de l’OLP, pour libérer la Palestine, toute la Palestine, du fleuve à la mer. En 1967, les Arabes ont réduit le but en parlant d’effacer les conséquences de l’agression de 67, puis ensuite, ce but a été adopté. Il ne reste que 22% de la Palestine qui est devenu le but stratégique. Ensuite, même la libération de la terre, les 22%, a été retirée, le terme terre a été retiré et on nous a annoncé : le rêve palestinien c’est l’Etat palestinien. Cet Etat, ils veulent le faire dans un garage, dans le marché de Gaza, ou la poissonnerie d’al-Khalil, personne ne sait. L’essentiel, c’est l’Etat, le rêve palestinien. En 1988, ils l’ont proclamé indépendant à Alger, ils ont applaudi, dansé, et tous les ans, on célèbre cette occasion ; gare à celui qui n’y participe pas. Quelle différence entre la fête de l’Indépendance de l’Etat d’Israël qui défie aujourd’hui les Etats-Unis, et la nôtre, la fête de notre indépendance, qui est sur le papier, pour laquelle le regretté Mahmoud Darwish a écrit 300 lignes pour dire que nous avons un Etat.
Les accords d’Oslo concernent une terre que nous avons abandonné à 80%, et qui considère que les 20% restants sont des terres sur lesquelles il y a conflit. Depuis Oslo jusqu’à aujourd’hui, tant que la définition de la Cisjordanie et de la bande de Gaza demeure « des terres sur lesquelles il y a confit » et que les Palestiniens ont signé ceci à Oslo, pourquoi reprocher aux Israéliens qui, à cause du rapport de forces, tirent de leurs côtés et arrachent les oliviers à Naplouse, Jénine et ailleurs ? Le rapport de force en leur faveur leur permet d’arracher ce qu’ils veulent, parce qu’ils sont vainqueurs. Tout ce calcul, A, B, C, a eu lieu parce qu’il y a eu falsification et tromperie, il y a un processus d’égarement envers le Palestinien, d’égarement du Palestinien.
Ils se demandent pourquoi il ne se soulève pas ? Quand Gaza était en train d’être bombardée, ils lui ont dit : « c’est Gaza du Hamas », comme si c’était un autre peuple. Au Brésil, au Vénézuela, il y a eu des réactions, et en Cisjordanie, le maximum, certains ont brûlé des bougies. Est-ce que cela veut dire que le peuple palestinien a abandonné sa terre et son peuple ? Non, lorsque la bande de Gaza a été libérée et que les colons sont partis, je l’avais dit, à l’époque, sur al-Manar même, c’est la Cisjordanie, avec les opérations martyres, qui a libéré la bande de Gaza,. Qu’est-ce qui nous a amené à cette situation d’effondrement ? à ce sentiment de vanité ? C’est ce mensonge qui est pratiqué, le rêve palestinien n’est pas l’Etat palestinien. Ils nous ont pris la terre, ils nous ont chassés, et le bout de terrain le plus cher pour cette nation, c’est al-Quds. Aujourd’hui, les Israéliens l’envahissent de tous côtés, destructions de maisons, judaïsation, bulldozers. Qui défend aujourd’hui al-Quds ? Il n’y a que sheikh Raed Salah et ses frères, les Palestiniens de 48, ils représentent le milliard et demi de musulmans. Quels que soient les scénarios, et je reviens à ta question, il faut que cesse la falsification, la tromperie et le lavage de la conscience palestinienne avec l’encre américaine et israélienne doit cesser. Il n’y a rien qui s’appelle Etat palestinien. C’est fini. Cet Etat érigé par le mot d’ordre de la solution de deux Etats est un prétexte pour qu’ils prennent toute la Cisjordanie. Ils ont doublé la colonisation et il n’y a plus que la mosquée d’al-Aqsa à prendre.

Question : Qu’en est-il des négociations non directes et de l’initiative arabe ?

Réponse : Ils ne vont pas retirer l’initiative arabe. C’est un prétexte pour masquer leur vision. Il y a deux visions : pour l’une, il faut reconnaître l’existence d’Israël, et pour l’autre, le refus absolu de l’existence d’Israël. Depuis Camp David, la jeunesse résistante refuse absolument cette existence.
Il y a une vision qui considère qu’Israël a le droit d’exister dans la région, à l’intérieur de cette nation, c’est la vision du régime arabe en général, même s’il y a certaines voix différentes, mais dans l’ensemble, c’est cette vision. Il y a d’autre part l’autre vision, celle du refus absolu de cette présence, qui considère que la nation peut changer le cours des événements, et réaliser l’objectif de la libération. Aujourd’hui, nous disons à ces régimes : « nous ne voulons pas que vous déclenchiez la guerre pour al-Quds ». Il y a trois choix : soit remplacer une initiative pour une autre, ce qui veut dire s’abandonner encore plus à Israël. Cela n’est pas d’actualité. Le second choix est ce que souhaitent toutes les masses de cette nation, qui est un devoir national, légal, humain, c’est de se préparer à l’affrontement. L’Iran se prépare, la Turquie se prépare. Le troisième choix, c’est de rester neutre. Nous leur disons : « Si vous dites : nous ne pouvons rien faire aujourd’hui, ni la guerre ni la paix, en tant que régimes, les gens d’al-Quds sont là, nous pouvons affronter cette entité. Nous ne voulons ni soutien matériel, ni soutien militaire, laissez nos peuples mener leur devoir national, légal, humain et moral, laissez nos peuples soutenir la résistance, l’aider autant qu’ils peuvent le faire. En tant que régimes, dites seulement que ceux qui sont agressés ont le droit de se défendre, c’est le droit du peuple palestinien de se défendre et de ne pas être assassiné par Israël ». C’est tout ce que nous leur demandons. Mais maintenir l’initiative arabe en tant que prétexte, signifie qu’ils disent à Israël « fais ce que tu veux ». C’est ce qui s’est passé avec la demande des reprises des négociations indirectes. Israël a des difficultés, il est dans l’impasse, les Etats-Unis lui demandent de geler la colonisation, même limitée, pour reprendre les négociations, les régimes arabes interviennent et parlent de négociations indirectes, ce qui signifie qu’ils veulent sortir Israël de son impasse, de lever la gêne dans laquelle il se trouve, de lui pardonner ses crimes, d’assurer une couverture pour tout ce que fait Israël dans al-Quds et la mosquée al-Aqsa. C’est pourquoi si ces négociations reprennent de manière directe ou indirecte, par une fatwa officielle arabe ou du mufti, c’est un crime commis contre le peuple palestinien et la nation.

Question : la réconciliation est-elle devenue un rêve palestinien ?

Réponse : Non, il y a un cauchemar qui s’appelle division et réconciliation. Des parties extérieures sont responsables de la non-réconciliation. Cela a été longuement expliqué. S’il y avait une volonté sincère de la part des frères de l’Autorité palestinienne et s’il y avait un soutien arabe à cette réconciliation, qui est une demande et un besoin palestiniens, il y aurait eu réconciliation. Mais ils ont posé des conditions préalables, il faut que Hamas reconnaisse une deux trois choses…des conditions du quartet, ce qui veut dire que le Hamas s’annule en tant que résistance et qu’il rejoigne le cadre de l’autorité et qu’il entre dans le jeu concurrenciel de l’Etat. Ces conditions sont posées pour empêcher la réconciliation. A ma connaissance, les positions de la résistance étaient favorables, dans une grande mesure, mais des bâtons ont été mis par d’autres parties.

Question : qu’en est-il du document égyptien ?

Réponse : Le document égyptien, dans sa formule actuelle, ne répond pas aux besoins et revendications du peuple palestinien. Nous, pour notre part, nous ne l’avons pas reçu, nous l’avons lu dans la presse, nous avions des remarques à son propos, plus vives même que celles de Hamas, mais les parties responsables de ce document n’ont pas demandé notre avis. Cependant, avec les organisations palestiniennes, nous avions discuté et notre position est connue. Nous avons beaucoup de remarques sur ce document, la plus importante étant que nous ne sommes pas dans l’Autorité. S’il s’agit de l’OLP, nous pouvons discuter comment y participer, mais pour l’Autorité, nous ne sommes pas au gouvernement, nous n’avons pas participé aux élections, nous ne faisons pas partie de l’appareil sécuritaire. Tous ces détails, qui sont d’ailleurs minés, renferment des expressions qui nous entraînent dans un cercle par rapport auquel nous avons pris position, comme par rapport au document de la réconciliation, ou de l’entente nationale, par le passé, qui a été rédigé à partir du document des prisonniers. A l’époque, nous étions la seule organisation dans la scène palestinienne qui avait exprimé ses réserves alors que le document des prisonniers est mille fois meilleur que celui-ci.
Un dernier mot, pour ne pas croire que nous sommes contre la réconciliation. Nous sommes pour une réconciliation qui consolide la résistance, contre une réconciliation qui empêche la résistance, nous voulons protéger la résistance et le peuple palestinien.

Question : certains parlent de la nécessité de supprimer l’Autorité alors que d’autres évoquent le nouveau système palestinien, qui serait un système post-organisations. Qu’en penses-tu ?

Réponse : Concernant la suppression de l’autorité, lorsque nous en parlons, cela part de la comparaison entre ce qu’il y a aujourd’hui, et ce qui serait si l’autorité est supprimée. Ce qui existe aujourd’hui, c’est une occupation reposante pour Israël. L’autorité est une couverture qui accorde une légitimité, en Cisjordanie, à Gaza et al-Quds, pour tout ce que fait l’occupation sans cependant lui faire porter de poids, ni humain, ni moral, que devrait assumer tout Etat qui occupe un peuple, selon le droit international. Le peuple palestinien vivait avant Oslo, sous occupation, Israël était obligé d’apporter l’eau, la farine, de faire en sorte que le peuple vive. Et la résistance était là, comme elle a toujours été dans la lutte contre l’occupation. Actuellement, Israël sorti, il n’a plus aucune obligation envers ces gens qui existent dans cette terre, et qui sont surveillés par un grand surveillant qui s’appelle l’autorité, un fonctionnaire sécuritaire au service de l’ennemi sous couvert de coordination sécuritaire. L’autorité parle d’Etat, de bien-être, etc.. ce sont des mots qu’ils doivent vendre ailleurs, c’est une occupation reposante qui a libéré Israël des charges dont il a l’obligation, selon le droit et les accords internationaux. Ainsi, à quoi sert l’autorité si elle a pour but de freiner le peuple palestinien ? Il faut supprimer l’autorité et faire en sorte que tout le peuple palestinien intègre la résistance, le projet de résistance, y compris le Fateh, notamment en Cisjordanie, et jusqu’aux profondeurs de l’état israélien, par les opérations martyres,comme cela s’est passé lors de l’intifada al-Aqsa. La bande de Gaza, les Israéliens en sont sortis, elle peut être transformée en une véritable zone libérée, soit une base de résistance et un point d’appui, lorsque Israël fait ce qu’il fait à al-Quds, il faut que la résistance parte de la bande de Gaza, dans une stratégie globale où tout l’ensemble palestinien est pris en compte..

Question : Finalement, après ce tableau, penses-tu que les forces de la résistance sont en progrès et que l’ennemi est en recul ?

Réponse : Si nous regardons l’occupation en tant qu’Etat et entité, dans son ensemble, Israël n’est plus ce qu’il était avant, il ne peut plus, même avec son arsenal nucléaire, ramener les choses comme avant. Le temps où Israël remportait des victoires faciles et où nous étions défaits, est fini… Nous avons combattu et avons résisté : par la résistance en 2000 au sud du Liban, la terre a été libérée par la force des armes. Après l’effondrement de l’Union soviétique et l’instauration d’un nouvel ordre mondial, et où les Etats-Unis sont les protecteurs d’Israël, la résistance a combattu et est sortie victorieuse à Gaza, elle a chassé les Israéliens, par la résistance et les opérations martyres, de la bande de Gaza en 2005. La résistance a été victorieuse en 2006 dans une victoire légendaire qui a menacé toute l’entité, et la résistance a combattu et est sortie victorieuse en 2008 et 2009. Je suis certain que les combattants et les résistants remporteront de nouvelles victoires pour cette nation, car il est fini le temps où notre sort est la défaite et l’abandon, comme veulent nous l’imposer les autres.