Publié le 15 décembre 2010 sur le site fr.jpost.com
Par Nicolas Hasson
"Tsahal devrait donc rester, un certain temps encore, l'armée du peuple."
Cela signifie, que l'amoralité qui s'exerce en permanence à l'encontre des Palestiniens dans ce microcosme de la population israélienne qu'est l'armée, reflète au plus près la posture de tout un peuple! Cela en est d'autant plus abject!
Selon le JIMS, qui promeut, entre autres, les théories défendues par l'école autrichienne d'économie, Israël doit adopter une armée professionnelle et déléguer certaines de ses tâches subalternes à des contractuels de sécurité privés. Tant dans un but d'efficacité militaire que de garantie du libre choix pour le citoyen israélien de passer ou non par la case armée.
Les conclusions du rapport sont claires : Tsahal doit se mouvoir vers un modèle professionnel, c'est-à-dire une armée de métier composée de militaires volontaires et professionnels, et surtout rémunérés comme tels.
Photo: AP , JPost
Toujours selon les conclusions du rapport, la mutation de l'armée vers le modèle précité supra devrait permettre à Israël de bénéficier de forces de défense plus efficaces, plus à même de satisfaire aux besoins sécuritaires du pays et d'apaiser les tensions sociétales procédant du modèle actuel, comme les tensions avec le milieu haredi.
C'est Boaz Arad, analyste et chroniqueur pour le quotidien Makor Rishon, qui a rédigé le rapport, intitulé "Israel needs a professional army"* (Israël a besoin d'une armée professionnelle). Arad base son argumentaire sur deux axes, procédant eux-mêmes de deux constats : le nombre d'appelés exemptés de service et le coût de la conscription pour le budget national israélien.
Le rapport part d'un double constat, tant humain que financier, appuyé par un ensemble de statistiques relatives à la conscription : près d'un tiers des Israéliens appelés bénéficieraient d'une exemption totale ou partielle du service militaire, et 23 % des appelés ne serviraient pas du tout sous les drapeaux. Il faut aussi garder à l'esprit que les franges de la population (comme le milieu haredi) qui ne désirent pas avoir de lien avec l'armée croissent de façon exponentielle.
L'armée, c'est comme les impôts
Corinne Sauer, cofondatrice et directrice exécutive du JIMS, compare le système actuel à "un système d'imposition où les femmes paieraient moins que les hommes, les religieux seraient exemptés, et les jeunes hommes laïcs, particulièrement ponctionnés". Un système, en outre, préjudiciable pour les étudiants israéliens.
Boris Karpa, membre du comité israélien de l'association SFL, l'une des plus importantes organisations étudiantes au monde et doctorant en économie à l'université de Tel-Aviv, explique : retarder de trois ans le début des études supérieures rend les futurs salariés israéliens moins compétitifs sur le marché du travail : "Quand un jeune Israélien commence ses études supérieures, un Américain du même âge en a souvent fini avec son premier cycle - l'équivalent de la licence en France. Cela peut conduire à une perte de talent pour le pays tout entier."
Mais le facteur humain n'est pas le seul point du rapport : l'analyse et les perspectives en constituent l'autre aspect capital. Le système de conscription actuel a un coût de revient de 9 milliards de shekels par an. Un facteur économique non négligeable. Si Corinne Sauer se félicite de la couverture médiatique dont a bénéficié le rapport, son idée directrice, la transformation de Tsahal en une armée professionnelle, est loin de faire l'unanimité en Israël.
Le JIMS a en effet commandé à l'institut de sondage Dahaf une enquête d'opinion, menée par téléphone sur un échantillon représentatif de la population juive d'Israël de 992 hommes et femmes. Seuls 18 % des Israéliens se sont prononcés en faveur d'une "mutation vers une armée strictement professionnelle comme aux Etats-Unis", alors qu'une immense majorité des sondés désapprouve cette option.
Et pour l'heure, même si le débat est vif, et que cette possibilité est discutée et fait partie du débat israélien, la proposition du JIMS n'est défendue par aucun parti politique israélien. "Même les formations orthodoxes, dont les militants et sympathisants ne servent pas dans l'armée, n'incluent pas ces propositions dans leur plate-forme politique", déplore Corinne Sauer. Tsahal devrait donc rester, un certain temps encore, l'armée du peuple.
* Pour lire le rapport :
En anglais: http://www.jims-israel.org/pdf/PRarmyEnglish.pdf
En hébreu: http://www.jims-israel.org/pdf/PParmy.pdf
URL de l'article: http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1289993745422&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull
Hausse de 25% du nombre de recrues ultraorthodoxes dans Tsahal. Une majorité de haridim continue d’être exemptée de toute obligation militaire.
Publié le 16 décembre 2010 sur le site israelvalley.org
Par M.P
Le département des ressources humaines de l’armée israélienne (« Aka ») vient de rendre public les derniers chiffres qui portent sur l’enrôlement de jeunes juifs orthodoxes. Depuis le début de l’année, un millier d’entre eux ont ainsi intégré les rangs de Tsahal, ce qui représente une hausse de 25% par rapport à 2009.
Bien qu’encourageants, ces statistiques ne changent pas fondamentalement la donne. Ils ne sont en au total que 2500 « Haridim » (craignant Dieu, NDLR) à avoir renoncé à leurs habits noirs au profit de l’uniforme kaki. Cette année, sur les 65.000 jeunes en âge d’intégrer Tsahal, 62.500 ont été exemptés pour des motifs religieux.
Les ultraorthodoxes s’enrôlent en général dans Netzah Yehouda et Shi’har, deux unités conçues pour permettre une stricte pratique du Judaïsme et l’étude de la Torah. Aucune femme n’y est par conséquent admise.
Fondé en 1999, Netzah Yehouda est un bataillon d’infanterie de 1000 hommes rattaché à l’unité Kfir. Il est déployé en Cisjordanie (Judée-Samarie) dans le secteur palestinien de Jénine. Ce détachement accueille également des jeunes issus de la mouvance sioniste religieuse (Dati Leoumi).
A l’inverse, Shi’har est une unité non-combattante créée en 2007 pour faciliter l’intégration de jeunes « Haridim ». Elle propose un programme permettant aux jeunes recrues l’apprentissage d’un travail qui pourra leur servir par la suite dans le domaine civil. L’armée de l’air fut le premier corps de Tsahal à le mettre en avant. Le concept s’est désormais démocratisé : 455 juifs orthodoxes ont bénéficié de ce programme en 2010.
Aujourd’hui, Shi’har fonctionne en partie grâce à des fonds provenant de donateurs privés.Il faut dire que ce plan d’intégration est relativement coûteux pour l’État qui accorde à chaque recrue une solde d’environ 4 000 shekels par mois (800 euros), alors que la plupart des soldats non-combattants de Tsahal recoivent seulement 700 shekels (120 euros).
Sur trois ans de service militaire, le coût global du programme est estimé à 100.000 shekels (20.000 euros) par participant. Shi’har nécessite un budget de 20 millions de shekels par an. -
M.P
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