Mise à jour le mercredi 1 décembre 2010 sur le site radio.canada
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Les commandos d'élite des Forces canadiennes font face à des allégations de crimes de guerre commis en Afghanistan entre 2005 et 2008.
L'unité d'enquête de Radio-Canada et de la CBC a pris connaissance du contenu de ces allégations, qui proviennent d'un membre des forces spéciales et que l'armée dit prendre très au sérieux au point d'avoir déclenché plusieurs enquêtes.
La plupart des Canadiens n'ont probablement jamais entendu parler de cette unité d'élite de l'armée canadienne généralement désignée par son acronyme anglais, JTF2. Sa spécialité : des opérations de type commando menées dans le plus grand secret.
Mais voilà qu'aujourd'hui certains secrets du JTF2 font l'objet d'enquêtes menées elles aussi dans la plus grande discrétion, dans un édifice du centre-ville d'Ottawa. Elles portent sur une série d'allégations d'un membre du JTF2 concernant un autre soldat de la même unité.
Il y est question d'un acte de grossière indécence devant des civils musulmans, d'un tir à l'aveugle en direction d'une zone habitée, et de l'exécution sommaire d'un civil afghan non armé, qui avait les mains en l'air.
L'unité aurait aussi été témoin d'opérations où un commando américain aurait exécuté des civils. Des allégations qui, si elles étaient prouvées, pourraient constituer des crimes de guerre.
Ce sont des allégations très sérieuses, nous les prenons très au sérieux.
— Le vice-amiral Bruce Donaldson
Plusieurs enquêtes concernant ces allégations sont en cours. Mais le problème, affirme l'opposition à Ottawa, c'est que l'armée enquête sur l'armée, sans regard extérieur, sans même rendre de comptes au comité parlementaire sur la Défense.
C'est un mur de silence qu'on frappe. Et ça, pour des membres du Parlement, j'ai toujours trouvé que c'était inadmissible, parce que je pense qu'on est les représentants de la population.
— Claude Bachand, député du Bloc québécois
Pour le colonel à la retraite Michel Drapeau, aujourd'hui avocat spécialiste des questions militaires, le Canada devrait se donner comme la plupart des pays démocratiques un mécanisme de supervision civile pour éviter que l'armée ne soit juge et partie dans ce genre d'affaires.
Ça n'existe pas, alors si vous êtes un militaire, vous devez être d'une prudence excessive avant de vous confier et avant de porter plainte.
— Michel Drapeau, colonel à la retraite
L'armée réplique qu'elle rend des comptes à un civil, le ministre de la Défense, et qu'il lui appartient par la suite de partager ou non ce qu'il sait.
D'après le reportage de Guy Gendron

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