A la lisière du quartier populaire d'Abobo et de la banlieue d'Anyama, au nord de la capitale économique, des tirs nourris se sont longuement fait entendre jusqu'aux environs de 07H00 (locales et GMT), ont rapporté à l'AFP des riverains.
Aucune précision n'était disponible pour l'heure sur l'origine des tirs.
Vers 04H00, dans le quartier de Port-Bouët (sud) qui abrite la base de la force militaire française Licorne et l'aéroport de la ville, une patrouille de gendarmes et des inconnus en armes ont également échangé des tirs nourris, ont indiqué une source militaire et des habitants.
La Côte d'Ivoire est plongée dans une grave crise après la présidentielle du 28 novembre, entre un président proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, le sortant Laurent Gbagbo qui devait être investi samedi, et son rival Alassane Ouattara, reconnu "président élu" par l'ONU, les Etats-Unis et la France.
(©AFP / 04 décembre 2010 09h12)

Il est vrai que la Côte d’Ivoire est l’un des premiers pays où l’ONU engage un bras de fer avec un chef d’Etat qui veut rester au pouvoir. Un bras de fer qui ne fait sans doute que commencer.
Un pays, deux présidents
Dans cette bataille de légitimité, Alassane Ouattara gagne haut la main si une victoire se mesure au nombre de soutiens intérieurs et extérieurs.
Sur le plan local, le candidat du RHDP a reçu le soutien notamment des Forces Nouvelles et du Premier ministre, Guillaume Soro, qui s’est indigné de l’annulation des votes dans plusieurs départements du nord et du centre du pays.
Selon plusieurs sources diplomatiques, les appels à une sortie en beauté ne fonctionnent pas. Laurent Gbagbo pourrait pourtant se prévaloir du titre de chef d’Etat africain ayant le plus cédé à son opposition. Mais vendredi soir, il n’était manifestement pas prêt à céder le pouvoir à son plus farouche opposant, d’autant que la télévision nationale a annoncé la cérémonie de l'investiture pour ce samedi matin 4 décembreau palais présidentiel d’Abidjan.
| Réactions internationales Alors que le climat est tendu en Côte d'Ivoire, la communauté internationale a très vite réagi pour reconnaître la victoire d'Allassane Ouattara à quelques exceptions près. Dès le 3 décembre dans la journée, l'ONU avait pris les devants pour reconnaître la victoire d'Allasane Ouattara. Dans la soirée, coup de théâtre à New York : le Conseil de sécurité n'est pas parvenu à s'entendre sur une déclaration commune reconnaissant Allasane Ouattara comme nouveau président ivoirien. C'est la Russie qui a soulevé des objections, Moscou refusant que le Conseil de sécurité n’apporte son soutien à l'un des candidats. Quelques heures plus tôt cependant, Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU avait félicité Allasane Ouatara et avait demandé au président sortant Laurent Gbagbo de coopérer à une transition politique sans heurts dans le pays. Des messages identiques de félicitations à Allassane Ouatara et d'appel au sens de responsabilité du président sortant, Laurent Gbagbo, se sont succédé dans la soirée. Catherine Ashton pour l'Union européenne, Nicolas Sarkozy à Paris, Barak Obama à Washington. URL de l'article: http://www.rfi.fr/afrique/20101204-cote-ivoire-bras-fer-inedit-le-pouvoir-entre-ouattara-gbagbo |
Comme si personne n’avait entendu, la veille, la Commission électorale indépendante créditer Alassane Ouattara de 54,1 % des voix, Paul Yao N’Dré, président de la Cour constitutionnelle, révisant les comptes, annulant le vote ici et là, est parvenu aux 51 % qui lui ont permis, ce 3 décembre, de proclamer Laurent Gbagbo vainqueur de la présidentielle. On est gêné ! Très, très mal à l’aise.
Il est des circonstances qui imposent de ne pas craindre de déplaire, de ne pas chercher à complaire, de ne pas se taire, lorsque ce qui est en cause relève du devenir d’un peuple. Le devoir sacré, ici, impose de mettre de côté ses sympathies, ses amitiés, ses intérêts personnels, bref, toutes les avidités éhontées, pour parler librement de démocratie, de transparence, de crédibilité.
Oublions donc les soi-disant observateurs africains, surgis de nulle part, qui avaient table ouverte à la télévision ivoirienne, pour justifier, avant coup, les annulations ciblées du vote. L’Afrique n’en a pas fini avec les margoulins qui n’ont d’autre vocation que de prospérer sur les malheurs des peuples.
Ils font partie de la grosse ficelle qui discrédite cette victoire programmée. Et si Laurent Gbagbo doit en vouloir à quelqu’un d’être aujourd’hui dans l’impasse, c’est bien à ses propres camarades et lieutenants, dont la stratégie n’était ni crédible ni convaincante.
Pour la première fois en Afrique, les Nations unies contrecarrent les desseins d’un pouvoir en place, au nom de la vérité des urnes. Nul ne peut leur faire le reproche de manquer de preuves. Ils les ont ! Rayer ainsi, d’un simple trait de plume, les suffrages portés sur son challenger est d’autant plus désespérant que ces annulations de circonstance portaient sur près de 13 % des voix.
Les Etats-Unis l’ont fait, l’Union européenne aussi. Même la France, si prudente, a osé reconnaître la victoire de Ouattara, et beaucoup d’autres suivront, sans doute. La Cour pénale internationale ayant prévenu qu’elle est à l’affût, on ose espérer que chacun sait désormais jusqu’où ne pas aller trop loin.
A ceux qui s’offusquent de voir les puissances étrangères se mêler un peu trop des affaires ivoiriennes, on a envie de rappeler que l’Union africaine ne dit pas autre chose, même si c’est à mots couverts. Et ce que nombre d’Africains ont envie de conseiller à Laurent Gbagbo, c’est un Africain du Sénégal, Alioune Tine, de la Rencontre africaine des droits de l’homme, qui l’exprime le mieux, lorsqu’il invite Gbagbo à faire preuve « de réalisme, de grandeur et de noblesse, en acceptant sa défaite, en évitant d’instrumentaliser la Constitution ».
URL de l'article: http://www.rfi.fr/emission/20101204-laurent-gbagbo-impasse
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