jeudi 30 décembre 2010

30 décembre 2008 /30 décembre 2010 : Gaza deux ans après … Et si les massacres recommençaient?!

Publié le 30 novembre 2008 sur le site tempsreel.nouvelobs.com

Reportage : cinq sœurs périssent dans l'effondrement d'une mosquée
Par Sakher Abou El-Oun/AFP

Un journaliste présent à Gaza raconte comment cinq filles de la même famille ont péri dans l'effondrement d'une mosquée.

Anwar Baaloucha dormait chez lui lorsque la mosquée voisine s'est effondrée sur sa maison après un raid aérien israélien. Sous les décombres, ce sont les corps de cinq de ses filles qu'il a découverts.

Le toit en tôle ondulée de la modeste bâtisse s'est écroulé sous le poids des ruines de la mosquée, frappée dimanche soir dans le miséreux camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza.
Cinq sœurs de la famille Baaloucha, Jawaher, 4 ans, Dina, 8 ans, Samar, 12 ans, Ikram, 14 ans et Tahrir, 17 ans, ont péri sous les gravats.
Blessé lui aussi, le père, Anwar, un chômeur de 37 ans, est sorti de l'hôpital lundi pour participer aux obsèques de ses filles.
S'appuyant sur deux parents, le corps couvert d'ecchymoses et de plaies, il avance lentement dans le cortège funèbre à Jabaliya.
"On dormait lorsque j'ai entendu une énorme explosion et la mosquée s'est effondrée sur nous, d'un seul coup, raconte-t-il. J'étais avec ma femme, mon fils qui a un an et demi et ma fille de 15 jours dans une pièce et sept autres filles dans l'autre".
"Les voisins nous ont tirés des décombres", explique-t-il. Les parents, le fils et deux sœurs ont survécu.

"C'est un crime de guerre"

Emu aux larmes, il laisse éclater sa colère. "Si un seul enfant israélien avait été tué, le monde entier se serait indigné et le Conseil de sécurité de l'ONU se serait réuni, tonne-t-il. Le sang de nos enfants n'a pas de valeur aux yeux du monde".
"C'est un crime de guerre, les dirigeants de l'ennemi doivent être traînés en justice", hurle le père endeuillé.
La cortège funèbre composé de centaines de personnes suit d'étroites ruelles du camp en direction du cimetière. Les cinq corps, enveloppés du drapeau vert du Hamas, sont portés sur les épaules.
La foule scande des slogans invoquant l'aide de Dieu contre "Israël, l'Amérique et tous ceux qui complotent contre le peuple de Gaza".
Avant d'être mis en terre, le plus petit corps, celui de Jawaher, a été brièvement posé sur les gravats de la mosquée Imad Aqel, du nom d'un chef militaire du Hamas assassiné par Israël en 1993.
Un oncle des filles tuées, Nafez Baaloucha, 40 ans, prend ensuite la dépouille dans ses bras. "C'est un acte lâche perpétré par les forces d'occupation nazies. J'espère que cela servira de message pour briser le silence des pays arabes complices d'Israël", lance-t-il, les yeux embués par les larmes.

"Des gémissements sous les gravats"

"Leur mère souffre d'une dépression nerveuse et elle est hospitalisée avec ce qui reste de ses enfants", ajoute-t-il.
Un des voisins, Hani Abou Youssef, affirme que les opérations de secours ont été entravées par une coupure de courant. "Nous avons réussi à ouvrir une brèche dans un des murs et on a sorti les parents et les plus petits, mais on n'a pas pu retrouver les autres filles en raison de l'obscurité", raconte-il.
Un autre voisin accouru sur le site affirme avoir "entendu des gémissements sous les gravats". "On a commencé à dégager les décombres et on a trouvé une fille encore en vie puis les corps de deux autres en pyjama. Ensuite nous avons retrouvé trois autres corps sous une couette, dans un coin de la pièce".
L'offensive israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza a fait depuis samedi au moins 57 morts civils, dont 21 enfants, parmi au moins 320 personnes tuées, a affirmé lundi l'ONU en citant des chiffres obtenus de sources hospitalières.

Par Sakher Abou El-Oun (AFP)

URL de
l'article:http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20081229.OBS7593/reportage-cinq-s-oelig-urs-perissent-dans-l-effondrement-d-une-mosquee.html

Proche Orient : « Vous dansez sur le sang des Palestiniens innocents et vous me répugnez »
Publié le 30 décembre 2008 sur le site le temps.ch
par Serge DUMONT

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Des Palestiniens se précipitent vers le lieu de l’impact d’un missile israélien, à Beit Lahiya, le 29 décembre 2008

Trois jours après le déclenchement de l’opération « Plomb durci », le Hamas semble récupérer une partie de ses moyens. Sa branche armée a multiplié, lundi 29 décembre 2008, les tirs de roquettes à longue portée sur les villes d’Ashkelon et de Netivot, ainsi que des traditionnels Kassam sur Sderot. Cette fois, des immeubles, un centre culturel et la centrale électrique d’Ashkelon -la plus importante de l’Etat hébreu- ont été touchés. Un ouvrier travaillant sur un chantier a été tué et vingt de ses collègues ont été blessés. A Ashkelon, à Sderot, ainsi que dans les kibboutzim les plus exposés aux tirs, des dizaines d’habitants ont commencé à migrer vers l’intérieur d’Israël. Des centaines d’enfants ont également été emmenés en autocar vers des zones plus calmes et pour une période indéterminée.

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La bande de Gaza

Au cours d’une séance spéciale de la Knesset, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a confirmé que l’offensive militaire « n’en est qu’à son début ». Avant d’être expulsés de l’hémicycle, les dix députés arabes israéliens l’ont accusé de « massacrer des Palestiniens dans le cadre de sa campagne électorale ». « Vous dansez sur le sang des Palestiniens innocents et vous me répugnez », a notamment hurlé Ahmed Tibi. Mais à l’exception de ces dix élus, tous les partis de l’opposition ont apporté leur soutien au gouvernement et l’ont autorisé à poursuivre « Plomb durci ».

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Evacuation d’une victime d’un bombardement israélien, à Beit Lahiya, le 29 décembre 2008

Après avoir proclamé l’état d’urgence, Ehud Olmert et ses ministres ont pris une série d’ordonnances relatives au fonctionnement des services publics en temps de guerre. L’état-major de l’armée israélienne a proclamé les environs de la bande de Gaza « zone militaire fermée ». A l’exception des personnes accréditées, plus personne ne peut y pénétrer. De l’avis des chroniqueurs israéliens, cette mesure signifierait qu’après avoir déployé des dizaines de chars et de véhicules blindés dans cette zone, l’armée peaufinerait son dispositif en vue d’une offensive terrestre. Pour conforter cette impression, Dan Harel, le vice-chef de l’état-major de l’armée, a déclaré, au cours d’une tournée des troupes, que « le pire est encore à venir ». En attendant, les chasseurs-bombardiers F-16 et les hélicoptères Cobra de l’Etat hébreu, mais également des vedettes croisant au large de Gaza-City, ont multiplié les raids. Outre le ministère de l’Intérieur et la maison jouxtant celle du « premier ministre » de Gaza, Ismaïl Hanyeh, des laboratoires de l’université islamique ont été rasés. Selon le porte-parole de l’armée israélienne, ils auraient abrité une fabrique clandestine de Kassam. Par ailleurs, la marine israélienne est entrée en action en tirant une série de missiles sur des casernes et des bâtiments de la police. D’autres frappes ont également eu lieu sur l’ensemble de la bande de Gaza, une mosquée a notamment été touchée. Au moins dix-sept personnes -dont de hauts responsables du Hamas et du Djihad islamique- ont été tuées. Ce qui porte le bilan établi par le Croissant-Rouge à 337 morts palestiniens et plus de 1400 blessés. Selon l’UNWRA (l’agence des Nations Unies chargée de fournir une aide aux réfugiés), au moins 55 civils ont perdu la vie depuis le déclenchement, samedi 27 décembre 2008, de « Plomb durci ». « L’état-major dispose d’une longue liste de cibles potentielles établie grâce à l’Aman (les Renseignements militaires) et au Shabak (la Sûreté générale). Cette liste est modifiée de jour en jour, voire d’heure en heure », explique le chroniqueur militaire israélien Alon Ben David, pour lequel l’armée israélienne « agit cette fois de manière beaucoup plus méthodique que durant la dernière guerre du Liban » (été 2006). Interviewé par la radio publique, le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnaï, a affirmé que les « liquidations » de dirigeants du Hamas et du Jihad islamique restent à l’ordre du jour. Deux raids ont été menés, lundi 29 décembre 2008 au soir, tuant douze personnes dans le nord du territoire.

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Un Palestinien blessé par un bombardement israélien, à Beit Lahiya, le 29 décembre 2008

Les Gazaouis témoignent de l’enfer des bombardements et de l’injustice du blocus

Ibrahim El-Massri, ouvrier en bâtiment, marié et père de sept enfants. Longtemps manœuvre en Israël, il n’y a plus jamais mis les pieds depuis le début de la première Intifada (1987). Dimanche 28 décembre 2008, c’est à côté de sa modeste demeure du quartier populaire de Zeitoun (Gaza-City) que les premières bombes se sont abattues. « Le plus dur, c’est l’incertitude. On ne sait jamais quand l’ennemi va frapper ni pourquoi. On s’attendait à quelque chose, mais pas de cette ampleur-là. Lorsque les premiers missiles sont tombés, toutes les vitres de la maison se sont cassées et nous nous sommes précipités sous les fauteuils en rampant. Les enfants pleuraient. J’ai invoqué Allah dans sa grande bonté pour qu’Il épargne mes proches. Dans la rue, les gens courraient dans tous les sens, certains hurlaient. Surprises par les explosions, deux voitures se sont embouties et leurs passagers ont été gravement blessés. C’étaient des enfants. Etant donné le manque d’essence, très peu d’ambulances avaient la possibilité de circuler et elles ont mis beaucoup de temps pour arriver. En fin de compte, ce sont les gens qui ont dégagé leurs voisins blessés par les frappes israéliennes. Ils les ont transportés à l’hôpital dans leur voiture ou dans leurs bras. »

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Bombardement israélien sur Beit Hanoun, le 29 décembre 2008

Omar, employé à la morgue de l’hôpital Shifa, seul établissement hospitalier digne de ce nom dans la bande de Gaza. « Les frigos sont pleins et il faut étendre les nouvelles victimes à même le sol. Heureusement, les musulmans enterrent rapidement leurs morts. Ceux-ci ne restent pas plus de quelques heures, mais ce n’est pas facile de passer des journées devant les corps de « chayidin » (martyrs). Surtout devant ceux qui arrivent en morceaux. »

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Des Palestiniens courent se mettre à l’abri pendant un bombardement israélien sur Jabalya, le 29 décembre 2008

Mohamad A., commercant réputé du quartier bourgeois de Rimal. « Je n’ai plus rien vendu depuis des mois. Les gens n’ont plus d’argent et le peu qu’il leur reste, ils l’utilisent pour stocker des produits de première nécessité. Qui a la tête à faire du shopping à Gaza ? Avant l’opération israélienne, les gens ne sortaient plus et maintenant c’est encore pire. Par manque d’électricité, les magasins n’éclairent plus leurs vitrines. J’ai l’impression de vivre dans un cimetière. Les journalistes et les étrangers travaillant pour des ONG n’ont plus accès à la bande de Gaza. Pour nous, qui ne sommes plus sortis du territoire depuis l’an 2000, ces gens représentaient une bouffée d’oxygène. Une sorte de rayon de soleil qui nous apportait des nouvelles de l’extérieur. On discutait de Paris, de Rome ou de Londres autour d’une tasse de café. On refaisait le monde en parlant des moyens de trouver la paix. Avec leur blocus, les Israéliens nous étouffent aussi intellectuellement. »

Serge DUMONT

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Les décombres d’une mosquée bombardée par l’aviation israélienne, à Jabalya, le 29 décembre 2008

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Les destructions consécutives à un bombardement israélien sur Jabalya, le 29 décembre 2008

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Le père de cinq fillettes victimes de la barbarie israélienne pleure en tenant son fils blessé, à Rafah, le 29 décembre 2008

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Les funérailles de trois enfants victimes de la barbarie israélienne, à Rafah, le 29 décembre 2008

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Les funérailles de cinq fillettes victimes de la barbarie israélienne, à Rafah, le 29 décembre 2008
Source: letemps.ch

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http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=11868

الطيران الحربي الإسرائيلي يشن ثلاث غارات على مدينة غزة
par al Jazeera

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