Israël s'est engagé à relâcher son emprise sur l'enclave palestinienne en juin, en réaction au tollé international provoqué par son acte de piraterie en haute mer qui avait coûté la vie à neuf militants à bord de la "Flottille de la liberté', qui tentait de briser le blocus maritime illégal.
Cinq mois plus tard, Catherine Ashton estime qu'il n'y avait pas assez de marchandises importées à Gaza afin de répondre aux besoins humanitaires et de reconstruction.
"Gaza reste une source de grande préoccupation pour moi ... à l'heure actuelle, nous pensons que ce qui s'est passé avec Gaza n'est pas satisfaisant, le volume des marchandises n'augmente pas autant qu'il est nécessaire", dit-elle, parlant au nom de tous les ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne.
Il est toujours surprenant de constater l'apparente naïveté des responsables de la politique étrangère européenne. D'une part, Mme Ashton, comme ses prédécesseurs, serait bien en peine de citer un seul exemple d'engagements pris par Israël vis-à-vis de la communauté internationale et qui aient été loyalement exécutés.
La violation perpétuelle et systématique de tous les engagements pris est une des principales caractéristiques d'Israël, depuis son admission à l'ONU qui fut assortie de conditions jamais respectées, au blocus de Gaza dont il est question aujourd'hui, en passant par les "accords d'Oslo" dont les gouvernement israéliens n'ont jamais retenu que les clauses qui leur convenaient, ignorant, violant ou vidant de toute substance la moindre des contreparties au bénéfice de la partie palestinienne.
La surprise eut donc été que ces derniers engagements, par extraordinaire, soient tenus, alors que ni l'Union Européenne ni les Etats-Unis ne se décident à exercer les pressions qui seules pourraient l'y contraindre ou l'en convaincre.
Par ailleurs, il est extraordinaire d'entendre Mme Ashton se plaindre du fait que le blocus de Gaza n'a pas été suffisamment "allégé", alors que ce blocus (tant dans le chef d'Israël que de l'Egypte, d'ailleurs) que est dans son principe contraire au droit international.
C'est exactement comme quand l'Union Européenne condamne rituellement (elle l'a fait cent fois) "l'usage excessif de la force" par l'armée israélienne et accrédite ainsi l'idée qu'Israël serait en droit d'exercer une certaine dose de violence contre la population palestinienne, mais à condition de ne pas exagérer. Or, évidemment, il n'en est rien.
De même que l'occupation de la Palestine, le blocus de Gaza doit être condamné dans son principe, et l'Union Européenne doit donc réclamer - comme le faisaient les militants de la "flottille de la liberté" et comme beaucoup d'autres l'ont fait depuis - qu'il soit purement et simplement levé.

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