samedi 6 novembre 2010

La mosquée de Bilal bin Rabah, colloque de philosophie à Téhéran : Richard Prasquier écrit a Irina Bokova, la directrice générale de l’Unesco

Publié le 4 novembre 2010 sur le site le crif.org

Le titre original était: Tombeau de Rachel, colloque de philosophie à Téhéran
: Richard Prasquier écrit a Irina Bokova, la directrice générale de l’Unesco

Madame la directrice générale,

Je vous écris pour vous dire la stupéfaction de la communauté juive de France, comme celle des diverses communautés juives dans le monde, devant deux mesures récentes prises par l’Unesco, incompréhensibles et outrageantes.

1° La première est la demande 184 Ex 37 du Conseil exécutif de l’Unesco dans sa récente session, au milieu d’autres motions injustement hostiles à Israël, de retirer le tombeau de Rachel (et le caveau des Patriarches) de la liste du patrimoine national israélien.

Dans cette décision, le tombeau de Rachel est appelé Mosquée de Bilal bin Rabah comme s’il s’agissait de sa dénomination réelle. Il est également signalé que ce lieu a une signification religieuse aux yeux des trois religions monothéistes.

Il n’en est rien. Le monument en question porte depuis des temps immémoriaux le nom de « tombeau de Rachel ». Les Juifs ne sont pas les seuls à l’appeler ainsi : dans l’histoire les musulmans ne l’ont jamais appelé autrement, jamais…jusqu’en 1996 où pour la première fois, est apparu le terme, sans justification historique, religieuse ou culturelle, de « mosquée de Bilal bin Rabah ».

Le tombeau de Rachel a été attribué en exclusivité aux Juifs par le pacha de Jérusalem en 1615. Il a fait l’objet d’un achat par le dirigeant Juif anglais Moses Montefiore en 1841 aux autorités turques. C’est le même Moses Montefiore, qui par respect a construit un mihrab attenant au bâtiment. Le tombeau de Rachel est un lieu célèbre de pèlerinage pour les Juifs. Il ne représente rien de particulier pour les autres religions.

L’Unesco, en avalisant une dénomination idéologique et toute récente, s’associe donc à une entreprise négationniste visant à effacer la mémoire juive des lieux où leurs ancêtres ont vécu et prié depuis des millénaires.

2° La seconde mesure incompréhensible et outrageante est le choix de Téhéran pour la tenue du 23 au 25 novembre 2010 d’un colloque de philosophie sous l’égide de l’UNESCO. Faire cet honneur à un gouvernement qui maintient son peuple dans un régime de terreur et de déni des droits élémentaires de la personne humaine, en particulier en ce qui concerne les femmes, qui s’agrippe au pouvoir après avoir truqué les résultats électoraux, qui menace continuellement d’anéantissement l’Etat d’Israël membre à part entière de l’ONU, est insupportable. Quel est l’apport du régime iranien totalitaire à la réflexion philosophique ? La lapidation fera-t-elle partie des thèmes traités ?

Madame la Directrice Générale, l’Unesco a été créée sur la base de belles et nobles ambitions. Il lui est arrivé dans le passé de faillir sous l’influence de pressions politiques en violant les impératifs de vérité à la base de toute éducation qui mérite ce nom. Cela s’est traduit par la déclaration honteuse de 1974 sur le sionisme comme racisme. Aujourd’hui, de nouveau, l’Unesco se trouve à la croisée des chemins. L’éducation, le progrès et la philosophie méritent de puiser leurs exemples ailleurs que chez le régime iranien. Votre élection a été accueillie avec joie par les partisans de la démocratie et de la liberté. Que restera-t-il demain de ces espoirs ?

Je vous prie, Madame la Directrice Générale, d’agréer mes sentiments très distingués.

Richard Prasquier
Président du CRIF


Notre commentaire

En 2009, lors de l’élection d’Irina Bokova à la tête de l’UNESCO, le philosophe Bernard-Henry Lévy qui s'était engagé avec Elie Wiesel et le cinéaste Claude Lanzmann contre la candidature de Farouk Hosni, avait déclaré tout à sa joie : «C'est la victoire de la morale sur la realpolitik, sur les petits arrangements politiques." Une année plus tard, la lune de miel semble bel et bien consommée entre le puissant lobby sioniste et celle qui est à la tête d’une organisation onusienne, (souvent soumise aux diktats sionistes ou au mieux laxiste envers la politique sioniste génocidaire) qui dans un soudain sursaut de dignité a quand même osé dernièrement prendre des décisions visant à rétablir des droits patrimoniaux inaliénables du peuple palestinien ; droits hautement menacés s’il en est, puisqu’au début de cette année 2010, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, dans le cadre de l'exécution zélé du projet sioniste qui n'est autre qu'"Eretz Israël", a décidé d’inscrire la mosquée Ibrahimi situé à al Khalil et la mosquée la mosquée de Bilal bin Rabah situé à Bethléem sur la liste des sites du patrimoine national israélien !

Or l’UNESCO vient de « réaffirmer que ces deux sites font partie intégrante des Territoires palestiniens occupés et que toute action unilatérale des autorités israéliennes doit être considérée comme une violation du droit international, des Conventions de l’UNESCO ainsi que les résolutions des Nations Unies et du Conseil de sécurité » !!!

Crime de lèse-majesté lourd de conséquences vous l'imaginez bien, puisqu’il a déclenché de la part du lobby juif et des dirigeants israéliens une levée de bouclier sans précédent qui a conduit le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Dani Yaalon, a déclaré qu’Israël avait "suspendu sa coopération avec l’Unesco jusqu’à ce qu’elle annule sa décision" ; décision qu’il a qualifiée " de nouvelle tentative pour délégitimer Israël ourdie par l’Autorité palestinienne" ! Ajoutant que "des décisions comme celle-ci éloignent encore davantage le processus de paix et nuisent à la réputation de l’Unesco", a-t-il estimé. Il y a deux jours, Israël est néanmoins revenu sur sa décision invoquant une " erreur de traduction "... mais il considère cependant toujours comme " nulles et non avenues les récentes résolutions de l'organisation internationale.
"
Pour sa part, Mr Prasquier, le président du CRIF entend user d’une autre stratégie bien plus douteuse encore ... « L’Unesco, en avalisant une dénomination idéologique et toute récente, s’associe donc à une entreprise négationniste visant à effacer la mémoire juive des lieux où leurs ancêtres ont vécu et prié depuis des millénaires. » L'usage du terme « négationniste » traduit à lui seul l'idéologie profondément raciste du sionisme et des sionsites! Car reconnaître (même à demi-mot) qu'avoir DETRUIT, EXPULSE, MASSACRE, SPOLIE, puis s'être REAPPROPRIE la Palestine, serait nié l'Histoire de l'entité sioniste! Et que vouloir le dénoncer, même formellement, revient à avaliser et à légitimer cette négation !!! Voilà la loi que veulent imposer les sionistes ! Dès qu'une fausse note est jouée, c'est tout l’orchestre sioniste qui se démène pour reprendre le contrôle de la symphonie afin que plus le moindre accord ne puisse sonner faux !

Par cette lettre, écrite en personne par le président du CRIF à Mme d’Irina Bokova, ce n'est pas seulement l'inoffensive organisation de l'UNESCO que le chef de file français des sionistes veut aviser! Loin de là ! Il s’agit en réalité d’un message on ne peut plus clair envoyé en direction de ceux qui pourraient se risquer d'avoir envie d’entraver les plans sionistes (désormais parfaitement clairs pour tout un chacun) qui sont actuellement mis en œuvre à la vitesse d’un TGV à Al-Qods et en Cisjordanie occupées et qui visent à judaïser totalement l’espace. Le terrain sur lequel Mr Prasquier veut que l’opinion glisse en dit véritablement très long sur l’état d’esprit du président du CRIF !
Il faut savoir aussi que cette lettre qui est présente depuis le 4 novembre sur tous les sites pro sionistes constitue également l’ossature d’une pétition qu’évidemment les soi-disant « grands intellectuels » du pays, éternels parafeurs de tout ce qui peut servir les intérêts de leur chère patrie fantasmée , vont s’empresser de glisser dans les tribunes qu’ils peuvent écrire à l’envi sur les grands médias nationaux !

Cette lettre est un nouveau cas d’école parce qu’elle traduit de façon odieuse la posture de ceux qui pensent que le monde entier leur doit des comptes y compris avant d’éternuer !

En ce qui concerne ce colloque de philosophie qui doit apparemment se tenir à Téhéran sous l’égide de l’UNESCO, en guise de réponse nous n’avons eu qu’une chose à faire vis à vis du texte écrit par Mr Prasquier : changer le terme Iran par Israël et UNESCO par OCDE et ô surprise cela nous donne exactement la même mesure totalement « incompréhensible et outrageante»

Faisons le test ensemble ! Ce qui est en bleu représente le texte initial !

2° La seconde mesure incompréhensible et outrageante est le choix de Jérusalem (Téhéran) pour la tenue du 20 au 22 octobre 2010 d’une conférence sur le tourisme sous l’égide de l'OCDE, (pour la tenue du 23 au 25 novembre 2010 d’un colloque de philosophie sous l’égide de l’UNESCO). Faire cet honneur à un gouvernement qui maintient le peuple palestinien
(son peuple) dans un régime de terreur et de déni des droits élémentaires de la personne humaine, en particulier en ce qui concerne les femmes et les enfants mineurs (les femmes), qui fait alliance avec l’extrême droite la plus raciste du monde (s’agrippe au pouvoir après avoir après avoir truqué les résultats électoraux), qui menace continuellement d’anéantissement la terre de Palestine occupée (Israël) futur membre à part entière de l’ONU (membre à part entière de l’ONU), est insupportable. Quel est l’apport du régime israélien (iranien) totalitaire à la réflexion sur le devenir de plus en plus menacé de Jérusalem, ville trois fois sainte (à la réflexion philosophique)? La complète annexion de Jérusalem et de la sainte mosquée al Aqsa (la lapidation) a t-elle fait (fera t-elle) partie des thèmes traités ?

Avez-vous pu constater comme nous à quel point ces changements fonctionnent à merveille et dépeignent au plus près, une entité sioniste qui nous est si sinistrement familière ?!!!

In fine, nous observerons bien entendu avec beaucoup d'attention, la réponse d'Irina Bokova à toutes ces menaces à peine déguisées formulées avec beaucoup de mépris par le président du CRIF!

Le Collectif Cheikh Yassine


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