mercredi 17 novembre 2010

Exposition Gaza 2010 : la Fondation Carmignac n'entend pas "prendre parti" sur le conflit

Publié le 16 novembre 2010 sur le site la-croix.com

Après l'indignation de la nouvelle et très active police politique crifenne de ce pays, les réactions consternantes de la Fondation Carmignac!

PARIS, 16 nov 2010 (AFP) - Gaza : la Fondation Carmignac n'entend pas "prendre parti" sur le conflit

La Fondation Carmignac Gestion a déclaré mardi ne pas avoir "vocation à prendre parti dans le conflit israélo-palestinien", après les critiques du Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crif) sur une exposition photo sur Gaza au musée d'Art moderne de Paris.

Le musée accueille jusqu'au 5 décembre une exposition "Gaza 2010" réalisée par l'Allemand Kai Wiedenhöfer, lauréat du prix de photojournalisme attribué par Carmignac Gestion. On peut y voir notamment des photographies de personnes mutilées.

Le Crif, qui estime que le photographe fait "oeuvre de propagande", a exprimé "son indignation" lundi dans un communiqué. "Cette focalisation contre Israël est un acte de militantisme politique que ne devrait pas accepter le musée d'Art moderne de Paris, qui est sous la responsabilité de la Ville de Paris", considère le Crif.

Le prix Carmignac Gestion du photojournalisme, créé par Edouard Carmignac en 2009, consiste à financer un reportage sur un thème donné, en prise directe avec l'actualité.

Dans une déclaration à l'AFP, la Fondation Carmignac Gestion indique avoir retenu le thème de Gaza en 2009. "L'angle du reportage a été proposé par Kai Wiedenhöfer au jury, indépendant, qui lui a finalement décerné le prix", ajoute-t-elle.

"A travers ce prix, la Fondation Carmignac Gestion soutient le photojournalisme, qui souffre d'une grave crise de financement, dans le but de contribuer à préserver son rôle de témoignage, à vocation humaniste universelle", a-t-elle souligné.

"La Fondation Carmignac Gestion n'a pas vocation à prendre parti dans le conflit israélo-palestinien et déplore la tragédie qui frappe les populations de part et d'autre depuis plus de 60 ans", ajoute cette Fondation.

"Gage de cette absence de parti pris, le thème du prochain prix est le Pachtounistan, qui illustrera la dégradation des conditions de vie des populations locales à la suite des agressions des talibans", poursuit la Fondation.

L'exposition ne fait pas partie de la programmation du musée d'Art moderne de Paris. Elle a lieu dans le cadre d'un contrat de mécénat avec Carmignac Gestion, société de gestion d'actifs, qui sponsorise notamment l'exposition Basquiat, actuellement en cours.

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Le CRIF qui dénonce l’exposition du Musée d’art moderne consacrée à Gaza ; le CRIF indigné par l’exposition présentée au Musée d’art moderne de Paris sur des personnes mutilées à Gaza. ; nous avons pris acte et nous avons dénoncé comme il le fallait cette réac-SION pour le moins inquiétante !

Le CRIF dénonce l’exposition du Musée d’art moderne consacrée à Gaza

Cela nous intéressait beaucoup de savoir quelles allaient être les réactions du Musée d’Art moderne de Paris (qui est sous la responsabilité de la ville de Paris) et celle de la Fondation Carmignac Gestion en charge de l’exposition, violemment pris à partie dans cette déclaration négationniste du CRIF. Parce que quand même, recevoir une telle volée de bois vert de la part de la police politique sioniste de ce pays ce n’est quand même pas rien et cela pourrait en faire s’angoisser plus d’un! Cela pourrait même conduire à se poser de légitimes interrogations quant à l’avenir!

A la fin du papier de la croix.com, nous apprenons que « l'exposition ne fait pas partie de la programmation du musée d'Art moderne de Paris et qu’elle a lieu dans le cadre d'un contrat de mécénat avec Carmignac Gestion » Ouf ! L’honneur de Bertrand Delanoë est sauf ! La ville de Paris n’est en aucune manière responsable de cette insupportable « propagande anti-israélienne » ; il fallait que cela se sache ! Pour notre part, on n’a pas attendu la publication de ce papier pour savoir que Bertrand Delanoë qui a fait du soldat franco-israélien Guilad Shalit LE citoyen d’honneur de la ville de Paris ; qui a inauguré au printemps dernier la sinistre esplanade Ben Gourion n’avait en aucun cas pu changer de cap ; lui sa boussole indique uniquement la direction de Tel Aviv et perd le nord dès qu’il s’agit de Gaza ou de notre compatriote Salah Hamouri!

L’article publié hier sur le site la-croix.com nous apprend également que « l’exposition a lieu dans le cadre d'un contrat de mécénat avec Carmignac Gestion" et que cette Fondation Carmignac Gestion a déclaré mardi à l'AFP ne pas avoir "vocation à prendre parti dans le conflit israélo-palestinien"!!! Waouh ! Fichtre ! On peut récompenser un tel travail de photojournalisme, dans lequel des photos d’une dureté extrême, sont présentées au public par un prix et une dotation de 50 000 euros sans à aucun moment « prendre parti sur le conflit israélo-palestinien » !!! Plus fort encore, puisque dans sa déclaration faite à l'AFP, la Fondation « déplore la tragédie qui frappe les populations de part et d'autre depuis plus de 60 ans". Incroyable mais vrai ! Là encore, comme partout ailleurs dans ce pays et en Occident, il n’y a donc pas d' « Etat israélien » qui s’est construit illégitimement par la volonté onusienne sur le vol d’une terre laissant un peuple, le peuple palestinien, apatride ; pas de colonisateur qui a pratiqué la déportation de milliers de Palestiniens à partir de 1948 et qui n’a jamais cessé depuis; pas d'entité sioniste qui à intervalles régulier a pratiqué des massacres dont la barbarie ne peut pas être restituée avec des mots ; pas de politique coloniale sioniste qui a littéralement désagrégé la terre de Palestine et qui viole chaque jour les droits fondamentaux de tout un peuple ; NON! il y a pour ces gens qui se cache derrière cette fondation "une tragédie qui frappe les populations de part et d'autre "!!! On reste abasourdie par tant de lâcheté (parce que c’est bien cela qui colle comme de la glue sur les mots de ces déclarations !) On se demande alors, incrédules, si cela est possible pour des individus de financer le photojournalisme pour soi-disant l’aider à « contribuer à préserver son rôle de témoignage ; de primer une exposition d’une grande dignité dont le contenu est si dur et perturbant pour la conscience et finir par donner le même statut aux victimes palestiniennes et à leurs oppresseurs! C’est extrêmement perturbant pour la conscience et c’est pour cela que cette attitude misérablee nous a tant interpellés !

Alors nous avons cherché un peu plus en avant sur le Web pour voir s’il s’agissait bien-là de ses convictions intimes ou bien si la Fondation Carmignac Gestion avait viré sa cuti face aux accusations portées par la police politique Crifienne !

Et ce que nous cherchions nous l’avons en partie trouvé sur le site web de la très sioniste Véronique Chemla . En effet un papier publié le 8 novembre 2010 intitulé « Gaza 2010 » de Kai Wiedenhöfernous , laisse penser que oui, mardi dans sa pitoyable déclaration à l’AFP, la Fondation Carmignac Gestion a bel et bien fini par se renier et renier un certain nombre de ses valeurs que l’on avait pu observer à travers l’intérêt et le soutien portés à l’encontre du travail courageux du photo-journaliste allemand Kai Wiedenhöfer et surtout à travers ses déclarations lors du vernissage de l'exposition!

Voici cet article qui transpire d'une haine nauséabonde envers les Palestiniens ; mais cela est un autre sujet et il faut savoir passer au-dessus pour se concentrer sur ce qui fait l'objet de la présente réflexion!

A lire ce papier et les premières déclarations de la Fondation Carmignac, une seule conclusion s'impose à nous: les quelques personnes qui peuvent encore avoir à certains moments des sursauts de prise de conscience finissent par s’excuser bassement d’avoir pu oser, dans un moment de lucidité, manifester une moralité et une éthique qui pouvaient les amener à dénoncer le génocide de tout un peuple dès lors que le CRIF leur tombe dessus et entend exercer le rôle de police des consciences!

Ceci est consternant et d'une gravité car, cela permet de constater à quel point il faut peu de choses pour que des gens ploient sous les menaces d'organisations tel que le CRIF à qui ils attribuent des pouvoirs qu'ils n'ont pas et qu'ils ne devraient en aucun cas avoir dans un pays de droit comme la France!

Nous sommes dans un pays libre ou la liberté de conscience et la liberté d'exprimer cette conscience par un travail artistique de libre expression est un droit constitutionnel ! C'est bien ce qui a été rappelé très haut et très fort en 2005 dans ce pays, lors de la publication des exécrables caricatures du prophète de l'islam?!

« Gaza 2010 » de Kai Wiedenhöfer
Publié le 8 novembre 2010 sur le site veroniquechemla.info

« Gaza 2010 » de Kai Wiedenhöfer

Le Musée d’art moderne (MAM) de la Ville de Paris accueille l’exposition scandaleuse éponyme du « photojournaliste » allemandeKai Wiedenhöfer, premier Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009. Plus de 80 clichés partiaux, pris en 2009 et 2010, sur des bâtiments détruits à Gaza et des Gazaouis amputés, tous faits dramatiques attribués à l’armée israélienne lors de l’Opération Plomb durci (27 décembre 2008-18 janvier 2009) contre le mouvement terroriste Hamas. Le 9 novembre 2010, la Ville de Paris m'a indiqué n'avoir « pas visé cette exposition ». Le 10 novembre 2010, Fabrice Hergott, directeur du MAM de la Ville de Paris, a précisé que ce « musée n'était pas intervenu dans le contenu de l'exposition » promue par Carmignac Gestion qui ne communique plus.

Dans le vase espace blanc, immaculé, au sous-sol du prestigieux Musée d’art moderne de la Ville de Paris, cette exposition choquante présente 85 photographies en couleurs « autour de deux thèmes majeurs, les décombres et les portraits : 35 photographies de bâtiments détruits dont 10 panoramiques montrant les stigmates des bombardements et 50 portraits de Gazaouis blessés au cours de l’opération Plomb durci ».

Le résultat du travail de Kai Wiedenhöfer, 1er Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009, dont une partie a été montrée au festival Visa pour l’image à Perpignan .

La Fondation Carmignac

Créée en 2000 « pour promouvoir l’art contemporain », la Fondation Carmignac souhaite « faire partager le goût [du] président-fondateur [de Carmignac Gestion, société de gestion d’actifs], Edouard Carmignac, et de ses équipes, pour l’art contemporain ».

Elle organise ce Prix Carmignac Gestion du Photojournalisme 2009 « constitué d’une bourse de 50 000 euros permettant au lauréat la réalisation d’un sujet autour d’un thème imposé ». Cette Fondation veut « contribuer à défendre, non seulement l’indépendance financière de cette profession gravement fragilisée, mais également son indispensable indépendance d’esprit ». Un prix richement doté car la Fondation veut « donner les moyens à ces témoins essentiels du monde contemporain de continuer à se rendre dans des zones délaissées par les medias de masse, afin de faire leur travail avec le temps nécessaire à l’approfondissement des questions ».

Pourquoi Edouard Carmignac a-t-il choisi Gaza comme thème 2009 ? L’explication a été donnée aux journalistes lors du vernissage presse le 4 novembre 2010 :
« Il est inacceptable de voir les victimes de l’une des plus terribles tragédies du siècle rester pratiquement oubliées et abandonnées de tous. Vu d’Europe, ce n’est pas parce que la réalité effroyable des camps de concentration nazis a vu le jour sur le sol de notre continent que l’on peut accepter aujourd’hui la réalité de ce qui est devenu en 60 ans, avec la radicalisation du conflit israélo-palestinien, un véritable camp d’internement des Palestiniens aux portes d’Israël. Il ne s’agit pas ici de prendre parti pour un camp ou un autre, mais de montrer la réalité nue, dans toute son atrocité. Et de contribuer ainsi, non seulement au devoir de témoignage du photojournaliste qu’est Kai Waidenhöfer, mais aussi à la prise de conscience des citoyens que nous sommes tous. Ces photos choqueront sans doute, et c’est aussi leur rôle pour contribuer à faire émerger la vérité. Le prix Carmignac Gestion n’a en effet d’autre vocation que de contribuer à faire la lumière sur un sujet qui nous tient à cœur ».
Aux journalistes indignés par ce parallèle infamant camp nazi/bande de Gaza et ce parti pris non assumé, Carmignac Gestion se récriait sans argumenter ni convaincre.

En plus de cette bourse généreuse, Carmignac Gestion « accompagne le lauréat après son reportage en lui offrant une exposition et une monographie, publiée par Steidl Publishers ». Un luxueux catalogue The Book of Destruction Gaza – One Year After the 2009 War offert aux journalistes avec… le résumé en français, de 20 pages, du rapport Goldstone.

Quant au dossier de presse bilingue français/anglais, il s’apparente à un opuscule de propagande anti-israélienne.

Kai Wiedenhöfer primé à Téhéran
Né en 1966 en Allemagne de l’Ouest, Kai Wiedenhöfer a lu à 14 ans son premier livre sur ce conflit au Proche-Orient. Une région où il s’est rendu pour la première fois à l’âge de 23 ans. Depuis 1989, cet Arabophone « réalise un travail documentaire sur le conflit israélo-palestinien qui affecte le Moyen-Orient ».

C’est d’ailleurs le thème de ses trois livres :
Perfect Peace (Paix parfaite) en 2002 et Wall (Mur) en 2007, tous deux publiés par Steidl Publishers, et Checkpoint Huwara avec Karin Wenger.

En 2008, l’exposition de Kai Wiedenhöfer
Moving Walls s’est tenue à l’Open Society Inst. de la fondation Soros à New York.

Ce photographe a aussi été récompensé lors de la Biennale internationale de photographie du monde islamique à Téhéran (Iran). A-t-il photographié les centaines de milliers de victimes de la guerre entre l'Iran et l'Iraq ou du régime des ayatollahs iraniens ou encore les pauvres civils massacrés au
Darfour (300 000 morts) ou au Congo ?

Un fauxtographe anti-israélien épinglé

HonestReporting a épinglé à deux reprises Kai Wiedenhöfer essentiellement en raison de son parti pris anti-israélien.

En 2004, ce photojournaliste avait été récompensé par le 2e prix pour des "News Stories" du prestigieux World Press Photo (WPPH) awards (Prix mondial de la photo de presse) pour sa série anti-israélienne de 12 photographies intitulées The Wall, Israel Occupied Territories (Le Mur, Israël a occupé des territoires). HonestReporting avait relevé que trois de ces 12 clichés, présentés comme ayant été pris en Judée et Samarie ('West Bank barrier', barrière de la rive occidentale), avaient en fait été pris près de la frontière gazaouie avec l'Egypte...

En 2005, c'est sa série partiale Sharon's Wall: Holy Land, Divided Land (Le Mur de Sharon : Terre Sainte, terre divisée) qui est récompensée par le célèbre Getty Images qui lui remet la coquettes omme de 20 000 dollars. « Habib al-Schaab, friend of the people » (ami du peuple), c'est ainsi que les Palestiniens ont surnommé Kai Wiedenhöfer.

Le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2009

Présidé par le photographe et réalisateur William Klein, le
jury de ce Prix était composé de Christian Caujolle, journaliste, écrivain, commissaire d'expositions, fondateur de l'agence et de la galerie VU, Guillaume Herbaut, photographe, membre fondateur de l'agence Œil Public, Fabrice Hergott, directeur du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Jean-Luc Marty, directeur éditorial et rédacteur en chef du magazine Géo, Alain Mingam, photojournaliste, commissaire d'exposition et agent, et Vivienne Walt, correspondant de Time Magazine.

Ce jury a retenu le projet de Kai Wiedenhöfer, tout en attribuant son Prix Spécial à Eman Mohammed pour son travail sur la «
condition des femmes palestiniennes ».

Ses
critères de sélection : « l'engagement du photojournaliste, la pertinence du sujet dans le cadre des valeurs du prix et du thème proposé, l'originalité du sujet, la cohérence du reportage et le traitement de l'image ».

Au jury du Prix, Kai Wiedenhöfer avait présenté ainsi son projet. Il imputait à « l’occupation qui s’intensifiait » la « détérioration accrue de la vie quotidienne des Palestiniens ».

Sa stratégie était en «
deux temps » : d’abord, « couvrir les séquelles de l’attaque israélienne de janvier 2009 – les décombres -, ensuite je mettrai en scène la vie des Palestiniens après le blocus – le siège. Dans un troisième temps, je photographierai les colonies israéliennes abandonnées ».

Et de poursuivre :
« Aucune reconstruction n’a eu lieu à cause du blocus israélien… En janvier 2006, j’ai photographié les supporters du Hamas à Gaza après leur incroyable victoire aux élections d’un parlement libre et honnête… Les Palestiniens de la bande de Gaza sont coupés du monde par les Israéliens… L’objectif de ce projet est de mettre l’accent sur la violation patente de l’article 33 (châtiment collectif) et de l’article 55 (sécurisation de l’alimentation/fournitures médicales) de la quatrième Convention de Genève par les Israéliens, avec la complicité presque totale de l’Union Européenne et des Etats-Unis ».
Suit la description misérabiliste de la vie quotidienne alléguée des Gazaouis.

Est-ce là un projet artistique ? Quid de l'Egypte ? Pourquoi ne pas qualifier le Hamas de mouvement terroriste ? Le Hamas, dont le but inscrit dans sa Charte est la destruction de l'Etat d'Israël, est qualifié de mouvement terroriste par l'Union européenne, les Etats-Unis, le Canada, etc. Son logo est aussi explicite.

De plus, le
Hamas reconnaît utiliser hommes, femmes et enfants comme boucliers humains pour lancer ses attaques contre les civils israéliens. Une pratique condamnée notamment par Human Rights Watch.

Ce Prix « m’a donné l’occasion unique de poursuivre un travail de longue haleine dans les territoires occupés et de retourner notamment à Gaza pour une enquête plus approfondie. Je regrettais de ne pas avoir pu photographier une partie du projet en janvier 2009 quand je me trouvais à Gaza. A l’époque, personne n’était prêt à payer même 1000 euros pour témoigner des dégâts causés par la guerre. Pour eux, la guerre était terminée », allègue ce photographe. Or, ce conflit est l'un des plus médiatisés.

Kai Wiedenhöfer « a passé trois mois à Gaza pour réaliser ce nouveau reportage. Ses photographies, récompensées par de nombreux prix internationaux, sont reconnues pour leur écriture originale, audacieuse et leur force de témoignage, portée par une grande connaissance de la région ». Dixit le dossier de presse.

Quand j'ai interrogé, à deux reprises, ce photojournaliste sur sa conception du photojournalisme, Kai Wiedenhöfer a éludé...

Une propagande anti-israélienne

Le concept du photographe : demander aux Gazaouis de fixer droit l’objectif de son appareil photographique. Par ce regard direct, ces Palestiniens interpellent les visiteurs de l’exposition.

Que des estropiés, des amputés exhibant leurs moignons. Des corps cicatrisés, couturés, exhibés sans pudeur ni décence. Une violence sourde et brutale saisie sur un fond parfois cosy.

Des clichés assortis de légendes détaillant les horreurs et les coûts financiers (factures d’hospitalisation) alléguées, et qui constituent « un compte-rendu factuel des évènements, tels qui lui sont relatés par les personnes qu’il photographie ». Dans « photojournaliste », il y a « journaliste », donc un professionnel qui doit vérifier et recouper ses informations…

En plus de la gêne qui saisit en voyant tous ces clichés, c’est le dégoût, l’écœurement et la colère que l’on a ressentis devant ces photos partiales qui risquent de susciter la haine à l’égard d’Israël.

Interrogé sur l’absence de photos sur les victimes israéliennes du terrorisme palestinien, Kai Wiedenhöfer a nié les milliers d’attaques des mouvements terroristes à partir de la bande de Gaza contre le Sud d’Israël et pendant des années.

Il a complaisamment souligné le déséquilibre entre le nombre élevé de morts palestiniens et celui moins élevé des morts israéliens. Et quand je lui ai signalé la différence entre le terrorisme palestinien qui cible des civils israéliens alors qu’Israël vise les terroristes du Hamas, il a éludé en souriant…

En fait, un reportage sur des pauvres Palestiniens, et non sur des Israéliens victimes du terrorisme palestinien islamiste ou des chrétiens persécutés à Gaza, est vendable, conforme au narratif palestinien et au « politiquement correct ».

Comment un photojournaliste si primé n'a-t-il pas vu ce centre commercial en construction pendant son séjour à Gaza ou entendu parler de son érection ?

Quant à la chronologie, placée au fond d’une pièce, que de carences informatives !

Tout comme les photos exposées au musée dont pas une ne montre la reconstruction et la croissance économique de 16% à Gaza au premier semestre 2010 selon le FMI, l’opulence et les riches fashionistas gazaouies, les centres commerciaux et le Grand Palace Hôtel de Gaza, les Gazaouis envahissant, heureux et sans la moindre blessure, des plages bien équipées...

Un mécénat politisé

Lors de son
dîner 2010, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a distribué à tous ses invités le numéro de Controverses, revue dirigée par Shmuel Trigano, et intitulé Gaza, une critique du rapport Goldstone, notamment au Maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë.

Et voilà un musée réputé qui confère un label artistique et de qualité à une exposition de photos stéréotypées, moins que médiocres, politisées, anti-israéliennes, partiales - occultation des sites militaires du Hamas en plein zone civile, de l'aide israélienne humanitaire et autre aux Gazaouis lors de l'Opération Plomb durci, etc. - et assorties de légendes sur des faits allégués non vérifiés, d’un catalogue ainsi que d'un résumé du rapport Goldstone biaisé et largement infondé !

Ce musée est un service public culturel institutionnalisé, donc soumis au principe de neutralité. Un principe violé par cette exposition.

Pourquoi ce musée a-t-il accepté d’enfreindre cette règle élémentaire ? Est-ce une contrepartie à un de ses fidèles mécènes, au « mécène exclusif » de l’exposition actuelle sur le graffiteur et peintre Basquiat ? Qui fixe la programmation de ce musée : le directeur de cet établissement et ses commissaires d’expositions ou un mécène ? Et sur quels critères ? Cette exposition illustre-t-elle un mécénat détourné de ses objectifs pour servir les objectifs politiques ou l’idéologie d’Edouard Carmignac et de Kai Wiedenhöfer ? Le désengagement des autorités publiques, nationales ou locales, ou la baisse de leurs subventions, engendrent-t-ils une plus grande dépendance des institutions culturelles à l’égard des mécènes ?

Signe d’une gêne du musée d’art moderne de la Ville de Paris à l’égard de cette exposition ? Cette institution culturelle publique ne mentionne pas cette exposition sur son site Internet.

Cependant, elle lui assure la gratuité, des visiteurs « comme hébétés » et des gardiens !

Est-ce là une utilisation légale et souhaitable de l’argent public ?

Le 9 novembre 2010, la Ville de Paris m'a indiqué qu'elle «
n'avait pas visé cette exposition » qui « devait être hors du cadre de la démarche scientifique du musée ».

Le 10 novembre 2010, Fabrice Hergott, directeur du MAM de la Ville de Paris, m'a indiqué que ce « musée n'était pas intervenu dans le contenu de l'exposition » non intégrée dans la programmation du musée. Une manifestation promue par Carmignac Gestion dans le cadre de son mécénat avec le MAM. Celui-ci a ainsi pu présenter plusieurs expositions, dont celle sur Basquiat, dans un contexte difficile.

Fabrice Hergott a ajouté que le logo du musée n'apparaît nulle part dans l'exposition. Il a annoncé que «
cette première expérience avec ce mécène était perfectible » et qu'il ferait preuve « d'une plus grande clarté, précision et rigueur dans ses relations avec les mécènes ».

Il a conclu sur son attachement à la réputation, facteur important, du MAM.

Le 15 novembre 2010, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), a
dénoncé cette exposition : « Ce photographe fait œuvre de propagande. Il veut ignorer que de nombreux Israéliens aussi ont été victimes et marqués à vie par des attentats dont la plus grande partie a été organisée par le Hamas qui fait peser une loi de fer et de haine sur Gaza. Cette focalisation contre Israël est un acte de militantisme politique que ne devrait pas accepter le Musée d’art moderne de Paris, qui est sous la responsabilité de la ville de Paris ».

J'ai interrogé Carmignac Gestion et je publierai ses éventuelles réponses.

URL de l'article:
http://www.veroniquechemla.info/2010/11/gaza-2010-par-kai-wiedenhofer.html

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