mercredi 3 mars 2010

Le CRIF reçoit Jean-Paul Huchon, actuel président de la région Ile-de-France et candidat du PS à sa succession

Publié le 25 février 2010 sur le site crif.org

A l’occasion des échéances régionales, le CRIF invite les têtes de liste des principaux partis politiques candidats pour la région Ile de France à s’exprimer devant les membres de son Assemblée générale. Jean-Paul Huchon, qui préside actuellement la région Ile de France, se porte candidat, sur la liste du Parti socialiste, à sa propre succession. Il a présenté les grands thèmes de sa campagne le mercredi 24 février 2010 aux membres du CRIF, et répondu aux nombreuses questions de l’assistance, avec Richard Prasquier, président du CRIF, Yonathan Arfi, conseiller du président, ou encore Bernard Gahnassia, président de la commission pour les relations avec les élus.

«Moi catholique, laïc - pourquoi m’être engagé en politique ? Au collège, j’avais une professeure d’instruction civique qui avait été déportée avec Maidanek…. Ca va peut-être vous paraître étrange, mais c’est ce moment là que j’ai choisi de m’engager à gauche. Pour combattre contre le racisme et l’antisémitisme. » C’est sur ces confidences que s’est ouvert la discussion avec Jean-Paul Huchon, qui depuis a mené depuis une action exemplaire, dans le rôle qu’il a fait jouer à sa région, pour la transmission de la mémoire de la Shoah. Grâce à un travail rapproché avec Eric de Rothschild, le président du Mémorial de la Shoah, il a fait visiter ce lieu de mémoire à plus de 10 000 enfants, et a par ailleurs financé les voyages des lycéens à Auschwitz. S’il était réélu, il souhaiterait que « ce ne soit pas toujours les mêmes lycées, et toujours les mêmes professeurs » qui soient à l’initiative de ces voyages, et souhaiterait pour se faire s’entretenir avec les proviseurs. Jean-Paul Huchon a également mis en place le Conseil Régional des Jeunes, dont le premier thème de travail, a été, de leur propre initiative, le « devoir de mémoire », sur la Shoah et le Rwanda. « Dans ce travail, a raconté Huchon, les jeunes ont investigué avec des spécialistes et ils ont pu parler eux-mêmes, ensuite, du caractère propre de la Shoah, qui était sa systématicité et l’administration fonctionnarisé de la mort » pratiquée par les nazis. C’est enfin par le soutien à la production culturelle que la région Ile-de-France œuvre en faveur de la mémoire. Ainsi, le film « La rafle » a été soutenu ainsi à hauteur de 10% par la région.

En matière de sécurité, Jean-Paul Huchon a rappelé que les commissariats étaient financés de 35% à 85% par la région, mais qu’ils ne pouvaient pas « se substituer au rôle de la police nationale », qui relève des obligations du ministère de l’intérieur. La région finance à l’heure actuelle tous les équipements de sécurité des lycées et des transports en commun, ainsi que les services des médiateurs et du GPSR (Groupe de police spéciale de la RATP). La région finance également des centres de prévention contre les phénomènes d’addictions qui conduisent aux violences (alcool, toxicomanie, etc)

Jean-Paul Huchon s’est livré à une analyse très riche du rapport entre sécurité et processus de paix en Israël. Ancien président du comité permanent du renseignement, qui coordonnait les activités de la DGSE et de la DST, Jean-Paul Huchon a suivi de près la fin d’Action Directe et la menace Islamiste. Les questions de sécurité d’Israël, il ne les prend pas à la légère. L’antisémitisme de gauche lui est insupportable. « Israël est un état démocrate, un état de droit. Comment peut-on le condamner aussi facilement ? C’est un Etat qui est obligé de prendre des précautions de sécurité importante, il n’y aura pas de paix dans la mollesse. L’Europe doit se porter garante de la sécurité d’Israël», a rappelé Jean-Paul Huchon. Avec la structure de lobbying que la région à mise en place auprès de l’Europe, l’Ile-de-France peut faire part de sa préoccupation envers les financements, par l’Union Européenne, de manuels scolaires palestiniens dans lesquels la haine est encore enseignée. Par ailleurs, Jean-Paul Huchon a rappelé que la coopération décentralisée de l’Ile-de-France avec Beyrouth, qui était une décision de son prédécesseur Michel Girault, permet aussi d’œuvrer au contrôle des ouvrages non-discriminatoires. Huchon, qui était en Israël au moment des accords d’Oslo, se souvient des espoirs de l’époque, constatant les impasses actuelles, a réfléchi à haute voix sur une piste « fédéraliste » pour une solution viable à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Jean-Paul Huchon a également fait part des autres thèmes de sa campagne, parmi lesquels un travail sur la promotion sociale face aux inégalités « socialement et écologiquement » présente sur le territoire. Quelle différence, en effet, entre le paysage territorial « de la Défense, et celui d’Evry »... « Le logement est la première préoccupation des français, avant l’emploi », a rappelé Jean-Paul Huchon. Il s’est également engagé à mettre en place un passeport pour la santé des jeunes et travailler sur le développement des transports publics avec des extensions de lignes de métro et des tramways.

Dans le domaine de la lutte contre le racisme et les discriminations, Jean-Paul Huchon a rédigé une Charte contre les discriminations qu’il fait appliquer dans toutes ses actions. Le tête de liste PS est un défenseur du choix à l’école privée, et a soutenu l’ouverture des établissements privés catholiques, juifs, et musulmans. Il a été, sur ce sujet, très ouvert à la suggestion de Raphaël Haddad, ancien président de l’UEJF et nouveau membre coopté du comité directeur du CRIF : « permettre que se rencontrent les élèves lycées privés confessionnels et publics, notamment dans les quartiers sensibles, comme dans le 19è arrondissement de Paris ».

Lien de l'article: http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=19026&returnto=accueil/main&artyd=2

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