Gaza – CPILe président de l’Autorité palestinienne a déclaré qu’il n’irait pas briguer un deuxième mandat. Cette déclaration donnée dans un discours, le 5 novembre, a-t-elle été faite pour se sauver la face, après avoir vu le processus de paix tomber dans un échec cuisant ? Ou tout simplement, ne serait-ce qu’une décision américaine, préalablement prise, pour se débarrasser de lui ?
Plusieurs gifles
Après le discours d’Abbas, il est bien clair que Washington n’a donné aucun signe montrant son attachement à lui, aucun signe montrant sa volonté de regarder de près ses dires accusant les Américains d’être totalement aux côtés des Israéliens. En fait, ces Américains, via la secrétaire d’Etat américaine des affaires étrangères Hillary Clinton, ne considèrent plus le gel de la colonisation comme une condition préalable à une reprise des négociations palestino-sionistes. Les Américains n’ont fait aucune attention à ses huit points suggérés pour faire bouger les négociations gelées.
Cette même Hillary Clinton a commenté la volonté du départ d’Abbas. Elle ne s’est aucunement montrée inquiétée de ce départ, bien qu’Abbas soit l’ingénieur d’Oslo, bien qu’il soit parmi les premiers à avoir appelé à laisser tomber la résistance au profit de la paix, qui tarde à venir.
Beaucoup d’observateurs palestiniens croient que le refus d’Abbas n’est que subterfuge, une scène de théâtre pour faire pression sur les Américains et les Israéliens afin qu’ils l’aident à renforcer sa place et surtout à retrouver une popularité perdue, notamment après sa position douteuse par rapport au rapport de Goldstone.
On veut se débarrasser d’Abbas
L’ancien président de l’OLP Farouq Al-Qaddomi remarque que ce n’est pas la première fois qu’Abbas fait une telle déclaration. Il pourrait changer d’avis. Il l’a déjà fait lorsqu’il était premier ministre, à l’époque d’Arafat.
Le problème d’Abbas, c’est que les Américains n’ont donné aucune attention à sa déclaration, dit Khaled Mechaal, président du bureau politique du Hamas.
Les Américains, eux-mêmes, ont connu un échec cuisant dans leur volonté déclarée d’obliger "Israël" à geler la colonisation, même pour une durée d’un an seulement ! En effet, ils ne veulent pas fâcher les Israéliens. Mais que les Arabes soient fâchés ou non, rien ne changera pour les Américains, dit Mechaal.
Certains observateurs croient qu’Abbas a voulu, par son coup de théâtre, se donner plus de chance dans sa volonté cachée d’être réélu à la tête de son mouvement du Fatah et de l’OLP. En réalité ce coup de théâtre est une réponse à l’intention des Américains de le remplacer par un autre. Quand les Américains disent qu’ils travailleront avec lui, quelle que soit sa nouvelle fonction, cela veut dire qu’ils ne veulent pas qu’il reste à la fonction de la présidence de l’Autorité palestinienne.
En conclusion
Enfin, si Abbas a pris sa décision c'est parce que les Américains l’ont délaissé ou bien c'est sur un un coup de tête; dans les deux cas la situation restera la même. Il y a un échec cuisant du processus de paix. Il n’a rien donné, même pas un petit minimum. Il faut aussi remarquer comment on retourne sa veste devant une personnalité palestinienne engagée dans ce processus dès lors que cette dernière ne sert plus à rien pour les Sionistes et à leur soutien américain. C’était le cas de Yasser Arafat. Maintenant, c’est celui de Mahmoud Abbas. Demain, ce sera le tour de qui ? Qui vivra verra !
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