1ère partie
Publié le 12 Octobre 2009 sur le site mediapart.fr
Par fxavier
En guise de préambule à nos commentaires sur les différents "Accords de Paix " officiels
Il nous a paru intéressant de présenter :
Les diverses offres « généreuses » faites aux Palestiniens
1°Le « Plan de partage » des Nations unies aux Palestiniens :
Vous recevrez 47% des 100% qui vous appartenaient à l'origine.
2°Les « Accords d'Oslo » aux Palestiniens :
Vous recevrez 22% des 100% qui vous appartenaient à l'origine.
3°L'« Offre généreuse » de Barak aux Palestiniens :
Nous sommes prêts à vous donner 80% des 22% des 100% de votre territoire d'origine.
4°Le « Plan de Paix » de Sharon aux Palestiniens en 2000 :
Nous sommes prêts à vous donner 42% des 80% des 22% des 100% de votre territoire d'origine, et ces 42% resteront continuellement soumis au couvre-feu.
5°La « Feuille de route » envisagée par Bush pour les Palestiniens et qui est toujours d’actualité
· si vous mettez un terme au terrorisme (ce que vous appelez votre résistance à l'occupation) si vous acceptez de mettre derrière les barreaux tous vos combattants de la résistance
- si vos réfugiés renoncent à leur droit de retour vers les maisons de leurs ancêtres,
- si vous acceptez de n'élire que des représentants politiques agréés par Bush et Sharon,
- si vous acceptez de renoncer à Jérusalem pour capitale, si vous renoncez à tout Etat indépendant d’Israël
- si vous acceptez que l'éducation de vos enfants ne fasse appel qu'à des cours et des manuels scolaires qui ont reçu l'approbation du gouvernement israélien,
- si vous acceptez de ne pas donner naissance à plus de trois enfants par famille, alors Sharon, ou tout autre dirigeant israélien, pourrait envisager de négocier avec vous des 80% des 22% des 100% de votre territoire d'origine.
Les « Sionistes fondamentalistes» aux Palestiniens : Selon notre interprétation de la Bible, la Palestine est la Terre Sainte attribuée au peuple juif jusqu’à la fin des temps par Yahvé, alors contentez-vous des quelques parcelles de Notre Terre que nous voulons, par l’effet de notre générosité, bien vous laisser provisoirement, eu égard à votre bonne conduite.
La volonté de Paix d’Israël de David Ben Gourion à Aujourd’hui
La volonté de colonisation de toute la Palestine clairement affichée par Ben Gourion: « Un Etat juif partiel n’est pas une fin, mais seulement un début ; je suis certain que nous ne pourrons pas être empêchés de coloniser d’autres parties du pays et de la région …. Nous et eux (les Palestiniens) nous voulons la même chose, nos voulons tous les deux la Palestine. Et c’est le conflit fondamental. …. Ne nous racontons pas d’histoire….. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent… C’est leur pays parce qu’ils y habitent, alors que nous voulons venir ici et coloniser, et de leur point de vue, nous voulons nous emparer de leur pays (David Ben Gourion, lettres à son fils, 1936 -1938)
Après la création de l’Etat en 1948 : « Nous devons nous préparer à passer à l’offensive. Notre but est de casser le Liban, la Transjordanie et la Syrie. Le point faible est le Liban, parce que le régime musulman est artificiel et facile pour nous à déstabiliser. Nous établirons là un Etat chrétien, et ensuite nous frapperons la Légion Arabe, éliminerons la Transjordanie ; la Syrie nous revendra. Puis nous bombarderons, avancerons et prendrons Port Saïd, Alexandrie et le Sinaï. » (David Ben Gourion 1948, à l’Etat Major)
« L’événement le plus spectaculaire dans l’histoire contemporaine de la Palestine – plus spectaculaire dans un sens que la création de l’Etat juif – est l’évacuation en masse de sa population arabe qui a entraînée avec elle également de milliers d’Arabes de régions menacées et/ou occupées par nous en dehors de nos frontières….
Après la création de l’Etat, qui fera de nous une force puissante, nous abolirons la partition et nous nous étendrons sur toute la Palestine…..Nous devons tout faire pour nous assurer qu’ils (les Palestiniens) ne reviendrons jamais dans leurs maisons. Les vieux mourons et les jeunes oublieront (Moshé Sharett, ministre des Affaires étrangères israélien, juin 1948)
Un autre dirigeant de « gauche » qui devint en 1948, l’un des chefs du Mapam et ministre du gouvernement israélien, A. Cizling, avait aussi une conception bien à lui de la morale, et une certaine vision de l’avenir :« Je ne conteste pas notre droit moral de proposer un échange de population. Il n’y a rien d’immoral dans cette proposition dont le but est de permettre la concentration de la vie nationale. Bien au contraire. Peut-être que cela se produira dans un nouvel ordre mondial et incarnera un grand projet humain …. Mais la proposition sera plus réalisable, plus raisonnable si elle consiste en un échange de populations entre une Terre d’Israël unifiée, plus tard, et l’Irak ou d’autres pays lointains, qui pourraient transférer leurs juifs vers la Terre d’Israël »
« C’est le devoir des leaders israéliens d’expliquer à l’opinion publique clairement et courageusement, un certain nombre de faits qui ont été oubliés avec le temps. Le premier est qu’il n’y a pas de sionisme, de colonisation ou d’Etat juif sans l’éviction des Arabes et l’expropriation de leurs terres. » (Yoram Bar Porath, juillet 1972)
La volonté de paix d’Israël avec les Palestiniens, reste encore aujourd’hui un vrai « poème » !
« Je vais aux pourparlers de paix avec la foi qu’il ne faut renoncer à aucune partie d’Eretz, Israël, et je m’efforcerai en sorte que la paix ne porte pas atteinte à cette foi, ni aux besoin de mon pays. Mon gouvernement n’acceptera pas que la paix américaine fasse pousser des mauvaises herbes telles qu’un Etat palestinien (Shamir 1991)
Pour conclure en beauté nous citerons le « grand pacifiste Rabin », promoteur des Accords d’Oslo qui, il est vrai, a payé de sa personne ses bonnes intentions :
« Il ne peut être question qu’Israël tolère l’existence d’Etat palestinien indépendant, c’est à dire disposant d’une armée et d’une politique étrangère indépendante d’Israël, et les difficultés d’une autonomie accordée aux Palestiniens résident dans le partage d’un territoire qui n’est pas homogène »
« Nous voulons gagner la bataille de la paix, mais à chaque attaque Israël répondra sept fois plus forts. La main que nous tendons vers ceux qui veulent la paix est la même qui appuiera sur la gâchette contre les meurtriers » (Rabin 1993)
2ème partie
Publié le 24 Octobre 2009 sur le site mediapart.fr
Par fxavier
LA VOLONTE DE PAIX D’ISRAËL, encore et toujours un vrai poème !
Ehud Barak, « SOLDAT DE LA PAIX »
Après l’assassinat de Rabin, Barak a pris la relève pour réaliser la paix tant attendue et qu’un fanatique religieux avait, selon nos médias et la majorité des « bonnes âmes », avec la complicité de la droite israélienne assassiné.
Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur, fervent soutien des « Accord d’Oslo » nous fit un éloge dithyrambique de Barak, en nous le présentant comme le « SOLDAT DE LA PAIX »
Barak, le "soldat de la paix" à Camp David !?
Il paraît que, dans sa générosité extrême « Israël avait fait des concessions territoriales douloureuses et inespérées »:
- en concédant aux Palestiniens quelques unes des parcelles de terres des colonies juives dans les territoires occupés – plus précisément, les colonies dispersées où les colons juifs pouvaient choisir entre partir ou rester à conditions qu'ils acceptent de se conformer à une cohabitation pacifique avec les Palestiniens
- en "offrant" aux Palestiniens quelques arpents de terres désertiques du Néguev en échange des gros blocs des implantations coloniales déjà reliées par un réseau routier à Israël, et à titre de bonus on leur promettait la gestion de quelques quartiers périphériques de Jérusalem Est
Les Palestiniens ont estimé, à juste titre, que ce « plan de paix » Barak Clinton avait des allures d'un marché de dupes, qu'ils étaient bien loin du compte d’autant plus que, comme "prime d'assurance", ils devaient sacrifier sur l'autel de la "PAX JUDAÏCA" les réfugiés palestiniens parqués dans des camps en s'engageant solennellement à renoncer à tout droit au retour de ces derniers alors que tout Juif possède ce DROIT AU RETOUR., droit inscrit dans la Constitution d'Israël .L'Autorité palestinienne, qui avait déjà fait tant de concessions s'est trouvée dans l'obligation de rejeter le plan de "Paix Barak Clinton" sous la pression du peuple de Palestine. Les Palestiniens, spoliés d’une grande partie de leurs terres, enfermés dans des camps de réfugiés, soumis à intervalles réguliers aux bouclages des « territoires autonomes », ont pris conscience que: accepter cette "main tendue par Ehud Barak à Camp David" aurait été le dernier acte d’une sinistre farce à laquelle se sont prêtés, pendant sept ans, les dirigeants de l’Autorité palestinienne et aurait signifié un enterrement de seconde classe d’un Etat palestinien libre et indépendant !
Bilan non exhaustif de sept ans de négociations
Les uns et les autres se sont trompés et surtout nous ont trompés sur la finalité du "Plan de Paix". Aujourd’hui, après plus d’un an la résistance des Palestiniens se poursuit malgré toutes les tentatives conjointes des USA, d’Israël, de l'Égypte, de l'Europe et de certains responsables de l'Autorité palestinienne prêts à "négocier" avec Israël qui se croit fondé d'exiger d'Arafat la reprise de la collaboration si bénéfique pour Israël pendant ces sept ans de "négociations" sur la base des "Accords d'Oslo :
- 200 000 colons israéliens vivaient dans les territoires palestiniens contre 116 000 en 1993
- 895 maisons palestiniennes ont été détruites et 35 0000 hectares ont été confisqués unilatéralement
- En sept ans la Cisjordanie a été bouclée 326 jours
- Quelques centaines de kilomètres de routes réservées aux colons ont été construites
La farce se répète
Il y a un peu plus de trois ans, nous dénoncions les « généreuses proposition » d’Ehud Barak, aujourd’hui on nous repasse le plat à peine réchauffé
La comparaison entre les « propositions généreuses de Ehud Barak et celles acceptées par la délégation palestinienne s’impose. Il nous a paru donc intéressant de reprendre ce que nous écrivions alors
Ehud Barak lance son ultime assaut pour conclure « la paix des braves » ! ! !
Avant que Clinton ne quitte la scène politique Ehud Barak nous offre son numéro de propagande sur les « concessions sans précédent » faites à Camp David par Israël , et dans un dans un acte d’immense générosité il ajoute sa cerise sur le gâteau en faisant valoir que : « Israël pouvait accepter que tous les quartiers arabes de Jérusalem passent sous la souveraineté palestinienne, y compris l’Esplanade des mosquées à Jérusalem annexé », mais dans une note subsidiaire il est précisé qu’il faut que : « les Palestiniens renoncent en échange au droit au retour en Israël de quelque 3,5 millions de réfugiés », et comme pour corser, rendre acceptable par l’ensemble de la population juive d’Israël ce « bond en avant vers la paix » (sic), alors que les Palestiniens veulent qu’Israël se soumette aux résolution de l’ONU en évacuant d’abord tous les territoires occupés et admette la création d‘un Etat ayant tous les attributs de la souveraineté, l’Etat hébreu réclame sa démilitarisation, le contrôle de son espace aérien et de ses frontières extérieures.
Donc très clairement Barak, au nom d’Israël, entérine certains faits acquis, en refusant de revenir strictement aux lignes d’armistice qui prévalaient avant 1967, comme l’exigent les Palestiniens conformément à la résolution 242, et demande aux dirigeants de l’Autorité palestinienne de renoncer en lieu et place des réfugiés palestiniens à leur droit au retour sur les terres qu’ils ont quittées ou dont ils ont été spoliées, conformément à la résolution 194
Comme pour nous démontrer que ces propositions sont « des propositions de paix audacieuses », l’ancien Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu a indiqué de son côté qu’il tenterait d’empêcher la conclusion d’un accord de paix par Ehud Barak !
Ces dernières facéties de Barak, seront, sans doute, saluées par certains comme « un pas vers la paix », nous démontrent que Israël n’a encore rien compris, et dans cet aveuglement, les Etats-Unis, nos dirigeants et bien sûr l’immense majorité de nos média, portent une bien lourde responsabilité
Aujourd’hui, comme hier, face à une certaine déliquescence de l’Etat hébreu dont l’aura mythique se défraîchit, certain tentent de redorer le blason, et pour ce faire ils s’allient entre « gens bien intentionnés » qui se remettent à l’ouvrage pour sauver les meubles. De fait, il apparaît bien nous que la résistance du peuple de Palestine, sous prétexte de servir les intérêts du peuple de Palestine est bafouée, trahie non pas au nom des seuls intérêts d’Israël mais au nom d’un réalisme qui serait profitable aux deux peuples !
A moins de penser que l’asservissement librement consentie est la seule solution pour les Palestiniens, que l’Intifada n’aura été qu’un jeu inutile auquel il faut mettre un terme avant toute chose, comme cela fut les cas en 1993 nous ne pouvons nous empêcher de penser que ces « Messieurs » nous rejouent avec le « pacte de Genève » la sinistre farce à laquelle s’est prêtée Arafat, et qui a permis aux Israéliens de doubler sans trop de dégâts ,leurs colonies, de s’emparer des principales ressources d’eau dans les territoires occupés
Il importe donc de dire très clairement
Halte :
- à la propagande sioniste qui a permis la mise en œuvre d’une politique coloniale agressive au nom de « la sécurité d’Israël »,
- au « droit au Retour du peuple juif » en Palestine, droit inique qui autorise, incite même tout Juif à regagner sa « Terre » au nom d’un droit mythique, biblique, alors que Israël refuse ce droit élémentaire aux Palestiniens chassés, depuis cinquante ans, de leurs terres .
- aux « Accords d’Oslo » ou autres marchés de dupes, qui exigent avant tout un acte de capitulation de la résistance palestinienne en échange d’une promesse d’autonomie accordée aux Palestiniens , dans un Etat dont les limites territoriales et les conditions de son existence restent liées au bon vouloir d’Israël
Il importe que nos voix s’élèvent nombreux pour faire entendre raison à la grande masse des Israéliens qui vivent dans un climat paranoïaque, parce que depuis cinquante ans ils mènent une politique d’agressions et de conquête coloniale dont ils imputent aux arabes la motivation Cette imposture d’une « guerre imposée à Israël avide de paix » aura été signifiée d’une façon claire par Golda Meir accueillant le Président égyptien Anouar el Sadate : « Nous pourrons vous pardonner d’avoir tué nos enfants, mais nous ne pourrons jamais vous pardonner de nous avoir obligé à tuer les vôtres »
Il importe que les Nations Unies imposent, en utilisant les moyens adéquats pour que se soumette aux règles internationales, tout particulièrement aux résolutions 242et 194 de l’O.N.U.
Donc bien concrètement, les premières démarches d’Israël doivent être :
- l’évacuation sans condition de tous les « territoires occupés »,
L’acceptation du principe du droit au retour des Palestiniens, (les modalité de l’application de la résolution 194 peuvent être discutées, mais personne ne peut décider en lieu et place des ayants droit) conformément aux résolutions de l’O.N.U. (NouvelObs Franz 13. 03. 2003)
Lien de l'article: http://www.mediapart.fr/club/blog/fxavier/241009/la-volonte-de-paix-d-israel-un-vrai-poeme-suite
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire