jeudi 22 octobre 2009

Assassinat de la petite Abir Aramin, le 17 janvier 2007, par un soldat de l’armée d’occupation

Publié le mercredi 21 octobre 2009 sur le site protection-palestine.org
par Nurit Peled Elhanan 14 octobre 2009

Ce mercredi, nous – membres du mouvement des Combattants pour la Paix, des femmes de Machsom Watch (veilleuses aux Check-points) , membres du forum des familles endeuillées pour la paix, et l’écrivain David Grossman - avons assisté à une audition de la Haute Cour de Justice au sujet de la clôture du dossier d’enquête pour un manque d’éléments probants sur la mort il y a environ trois ans de Abir Aramin, une fillette de dix ans.



L’audition qui avait été programmée à 11H, puis à 9H, puis à 10H , puis à 13H a finalement commencé à 14H. Les journalistes s’agitaient dans tous les sens dans le hall (Qui est mort ? Une petite fille ? Vraiment ? Excusez-moi, Monsieur, est-ce que votre fille est morte ? Oui. Alors vous êtes Bassam Aramin ? Non, je suis Rami Elhanan. Oh ! désolé ! Mais où donc est Aramin ? Et vous, vous êtes qui ? Vous êtes de Machsom Watch ? De quel check-point ? Qu’est-ce que vous faites ici ? Et vous qui êtes-vous ? Je suis une amie. De ces Palestiniens ? Oui. Comment est-ce que c’est arrivé ? Comment est-ce que cela est possible ? Est-ce que je peux vous interviewer ? Est-ce que vous avez aussi une fille qui est morte ? Vraiment ? Où ? Quand ? Comment ? Quel était son nom ? Et après tout ça vous êtes de leur côté ?)… mais à la fin de la journée presque aucun média israélien n’a rapporté quoi que ce soit sur ce qui s’était passé.

Salwa et Bassam Aramin ne sont pas juifs, ils ne sont pas Israéliens. Ils vivent sous une occupation cruelle et ils ont expérimenté toutes les opportunités que celle-ci a à leur offrir : l’exil, l’emprisonnement et le meurtre de leur petite fille Abir, par une balle caoutchoutée qui serait supposée avoir été tirée par l’arme d’un militaire, policier des frontières, qui serait supposé avoir été installé dans sa jeep blindée et qui serait supposé avoir tiré par l’orifice qui serait supposé avoir été ménagé à cet effet, et il serait supposé avoir tiré dans la tête de la fillette qui était debout à côté de sa sœur devant une boutique où elle devait acheter des friandises pendant la récréation entre le premier et le deuxième cours de la journée.

Le projectile a été ôté du corps de l’enfant et a été remis aux autorités.

Les témoins visuels ainsi que les gardes frontières militaires ont attesté qu’il n’y avait pas de danger avéré pour leurs vies et que le tir avait eu lieu – s’il a bien eu lieu- en contrevenant aux instructions.

Deux légistes ont attesté qu’il était probable que la fracture dans le petit crane d’Abir ait été provoquée par une balle caoutchoutée. Le médecin de garde à Hadassah a dit qu’il ne s’agissait pas d’une balle réelle.

La vidéo de la reconstitution n’a été remise ni à l’avocat de la défense ni à la Cour car les soldats qui seraient supposés avoir tiré, ce qui veut dire qui ont passé le canon de leur arme dans l’orifice qui a été spécialement prévu à cet effet, qui ont visé et tiré dans la tête de Abir Aramin étaient filmés à l’enregistrement.

Une avocate représentant l’Etat, balbutiante, pas préparée, échevelée, plantée comme un commandant de section chargé de nouvelles recrues, tournant le dos au public, réfutait toutes les allégations : Ainsi ils ont trouvé un projectile ? mais qui sait depuis combien de temps il traînait là ? Des gens ont témoigné ? Mais quoi, ils peuvent (ces Arabes) raconter n’importe quoi, est-ce que c’est ça un témoignage ? Ainsi, personne ne lançait de pierres à cet endroit ? Mais quoi, dans une rue pas loin de là on en a lancé. Si vous étiez à ma place, dit-elle en riant à Michael Sfard, le défenseur des Aramin, vous les auriez déjà mis en pièces.

En pièces…

La juge Beinish rappelle à Sfard – à deux reprises - qu’il y a eu des incidents de cet ordre dans le passé et que les soldats ont rarement eu de procès ou même été inculpés, aussi, le mieux serait-il juste d’oublier. La représentante de l’Etat avec un rire : j’avais le plaisir de participer aux procès de ce genre.

En pièces… plaisir

Mais Salwa et Bassam Aramin n’ont pas d’autre choix que de demander justice dans une cour israélienne. Ils demandent que la vérité vienne en pleine lumière dans le tribunal des occupants, des meurtriers, « Pour que je puisse être en repos et qu’Abir puisse reposer en Paix » dit Salwa aux journalistes . Le crime parfait, a écrit Jean-François Lyotard, n’est pas seulement le meurtre mais aussi d’effacer les témoignages et de faire taire la voix des victimes. Et la plus grande injustice est de contraindre les victimes à demander justice au tribunal de leurs tortionnaires.

Comme la Juge Beinish le sous-entendait dans son commentaire à Sfard, le sang Palestinien ne vaut pas bien cher dans ce pays. Personne n’a jamais été puni pour avoir tué des Palestiniens - enfants, adultes, nouveau-nés ou vieillards. Les assassins juifs, eux, vivent parmi nous libres et heureux.

Les assassins de nos enfants israéliens, les suicidaires palestiniens, au moins ont dit : « laissez-moi mourir avec les Philistins » * et nous ont dispensé de nous poser des questions quant à leur présence dans ce monde.

Mais le meurtrier d’Abir Aramin a passé, à n’en pas douter, ce soir-là dans un bar (Merde ! Quelle sale journée ! Une petite gamine marchait tout droit en face de mon viseur) et il continue de passer encore bien d’autres soirs dans bien d’autres bars pendant que les parents de Abir réclament la justice à leurs occupants, à leurs oppresseurs.

Mon fils de 17 ans, Yigal, est resté présent au tribunal toute la journée avec une expression abasourdie sur le visage. Le même soir, il partait pour Auschwitz en voyage scolaire.

Par égard pour lui, j’espérais, je priais, j’implorais, j’ai failli crier à ces juges somnolentes – Beinish, Arbel, Fruccia - de trouver au fond d’elles-mêmes une lueur d’humanité, de sentiments maternels et d’oser regarder Salwa dans les yeux, Salwa qui n’a pas cessé de pleurer et de regarder le visage de cendre de Bassam et de dire : « La Haute Cour de Justice compatit avec vous qui avez perdu votre petite Abir. »

Mais elles ne l’ont pas fait.

http://www.ujfp.org/modules/news/article.php ?storyid=609

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Lettre ouverte au ministre de la Défense, Ehud Barak

30 mai 2008

Général Ehud Barak,

Vous ne me connaissez pas personnellement. Je suis en quête de la paix et je me bats de toute mes forces, et avec toutes mes capacités, pour que se réalise une juste paix qui apportera calme et prospérité, à la fois pour les Palestiniens et pour les Israéliens. J’ai souffert, dans ma personne, de votre occupation criminelle et j’en ai payé un prix élevé. D’abord, j’ai été mis en prison alors que j’avais 17 ans et j’ai perdu 7 années de ma vie dans vos prisons barbares. Ensuite..., mais peut-être avez-vous lu ou entendu parler ce qui est arrivé à la petite fille qui s’appelait Abir Aramin ? Elle avait 10 ans quand vos soldats l’ont tuée d’une balle enrobée de caoutchouc à une distance de 15 pieds [moins de 5 mètres], le 16 janvier 2007, devant sa grande sœur Areen âgée de 11 ans. Malgré cela, moi, le père d’Abir - puisse-t-elle reposer en paix - moi je crois dans le droit de la personne israélienne, comme dans le droit de toute personne, à exister et à vivre en paix et en sécurité. Alors, pourquoi ne croyez-vous pas dans notre droit à jouir de ces mêmes choses, Monsieur ?

Où était la nature démocratique de votre Etat quand vos héroïques soldats ont tué ma petite fille sous les yeux de ses amis, à l’entrée de son école, à Anata ? Où étaient vos idéaux démocratiques quand vous avez bouclé l’enquête sur le meurtre d’Abir pour manque de preuves suffisantes, bien que le crime ait été manifeste et commis devant plus de dix témoins ? Abir représentait-elle vraiment une menace pour vos soldats, Monsieur ?

J’ai en ma possession les armes avec lesquelles Abir menaçait ces soldats. J’ai dans la main son sac à dos pour l’école, renforcé et blindé évidemment, j’ai aussi son crayon mécanique, chargé de dangereuses cartouches de plomb, et son livre de mathématiques, car elle avait un examen à passer ce jour-là, ce qui inclut bien entendu des instructions précises sur la façon de préparer des armes chimiques. En plus de tout cela, elle avait une règle tranchante qui aurait bien pu être utilisée comme arme pour poignarder quelqu’un. Enfin, j’ai trouvé en sa possession deux morceaux de chocolat, peut-être contenaient-ils un peu d’uranium enrichi qui aurait pu abattre, sans aucun doute, la dévastation sur votre Etat si elle n’avait pas cherché à les prendre dans sa main pour les goûter, quelques secondes avant d’être abattue.

Ici, je me dois d’attribuer à vos soldats le mérite de leur incroyable capacité à neutraliser et à tuer avec cette précision meurtrière. La balle a touché Abir exactement à un centimètre de son hypothalamus, ce qui lui a valu immédiatement d’entrer dans le coma, par la suite elle est décédée et s’en est allée habiter auprès de Dieu, s’épargnant une douleur et un chagrin sans fin.

Ainsi, vous pouvez ajouter Abir Aramin à la liste des grands succès et des réalisations sécuritaires accomplis au nom de l’Etat d’Israël. Mais, Monsieur le Ministre et Général, je vous demande, en ma qualité de père de cette fillette, au moins de reconnaître la responsabilité de ce meurtre, ou de sa cause. Il est de votre devoir de conduire le soldat qui a assassiné Abir devant un tribunal pour qu’il y soit jugé et déclaré meurtrier et criminel.

Je crois qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit et lorsque ces lâches ont assassiné ma fille, j’ai déclaré que je ne chercherais pas la vengeance, que je voulais la justice, même si la vengeance est de beaucoup la voie la plus facile. Le vrai combattant est celui qui choisit le chemin le plus difficile des deux vers la paix, la vengeance est le chemin du lâche.

Monsieur, le peuple palestinien ne peut pas en permanence payer le prix de la peur et de la méfiance du peuple israélien. Libérez mon peuple de cette abominable occupation pour que votre peuple puisse vivre dans la prospérité et sortir de sa peur.

Depuis soixante ans, le peuple palestinien paie le prix de l’occupation militaire israélienne, une occupation qui, pour célébrer le début de l’Etat israélien, commet des actes d’une hostilité aveugle, faisant couler sans discernement le sang palestinien, celui des combattants, des femmes, des enfants, des personnes âgées. C’est la population palestinienne en général qui est la cible de votre machine de guerre, une machine qui ne différencie pas l’enfant de l’adulte. Notre peuple est confronté au même assassin depuis Gaza en 1956, et l’interminable série continue.

Je ne vais pas vous rappeler ici les massacres que votre gouvernement a commis contre mon peuple ; vous les connaissez mieux que moi. J’ai lu, j’ai entendu beaucoup à ce propos, mais vous, vous y avez participé.

La question que je voudrais vous poser est celle-ci : à la lumière de votre riche expérience militaire, et en tant que témoin direct de ces soixante années de conflit passées, quand pensez-vous qu’Israël aura acquis la force de mettre fin au conflit par les armes et de remporter une victoire totale sur les Palestiniens ? Restez-vous donc à penser que ce qui n’a pu être obtenu par la force pourra l’être par davantage de force encore ? L’occupation garde-t-elle dans son sac d’autres tours, d’autres méthodes pour tuer, que les Palestiniens n’auraient pas eu encore la malchance de connaître ?

Si tel est le cas, alors peut-être serait-ce une bonne idée pour le gouvernement israélien que d’essayer et de mettre en oeuvre ces méthodes. Peut-être qu’elles pourront vous donner cette victoire totale si insaisissable... dans 60 autres années.

Monsieur, quand comprendrez-vous que vous ne pouvez pas mettre fin avec votre armée au conflit qui nous oppose ? En dépit de tout l’effort et de toute la suffisance de l’occupation, celle-ci n’a pas pu empêcher les pierres de nos enfants d’atteindre vos soldats qui nous occupent. Comment pourriez-vous arrêter le soulèvement palestinien ? C’est un rêve qui ne se réalisera jamais, même avec 1 000 ans de plus. Alors, pourquoi n’allez-vous pas dire cette vérité aux habitants d’Ashkelon et de Sderot, pourquoi n’allez-vous pas leur dire qu’il n’y a pas de solution pour empêcher les missiles Qassam de leur tomber dessus depuis une Gaza détruite et soumise à blocus, à moins de mettre fin à l’occupation ?

Telle est la vérité à laquelle vous essayez d’échapper depuis longtemps.

Croyez-moi, Monsieur, vous ne gagnerez rien non plus à nous emprisonner. Plus de 750 000 d’entre nous ont été enfermés dans vos prisons depuis 1967 jusqu’à aujourd’hui. Quel résultat avez-vous obtenu sinon d’avoir renforcé notre détermination pour la confrontation et la résistance ?

La politique de l’occupation ne fait que fabriquer toujours plus de gens qui se lèvent pour combattre l’occupation et qui refusent ce fardeau. Les prisonniers palestiniens enfermés dans vos prisons comptent parmi les plus instruits, les plus savants de notre peuple, ils sont les plus sensibles, les plus humanistes. Ils ont été élevés dans la tradition de la liberté et de la démocratie et pour cette raison, ils n’accepteront jamais l’occupation et l’assujettissement. Ce sont ces hommes et ces femmes qui combattront pour la paix et si vous voulez réaliser la paix, vous n’aurez d’autre choix que de libérer ces soldats de la paix, d’abord et avant tout.

Qu’avez-vous gagné avec votre stratégie de démolitions de nos maisons, d’arrachages de nos arbres, de confiscations de nos terres sur des raisons discutables et pour implanter des colonies illégales sur ces mêmes terres ? En quoi cela vous a-t-il aidé d’installer des check-points honteux à chaque coin et sur chaque route de Cisjordanie et de Gaza et à chaque carrefour, cela pour humilier les habitants de ces régions et parmi eux, les travailleurs, les étudiants et les dirigeants politiques ? Quel est le bien-fondé de tout cela, Monsieur ?

Quand les balles assoiffées de sang de vos soldats seront-elles rassasiées du sang de nos enfants ? Quand serez-vous satisfait de notre sang que vous avez déjà tant répandu, quand nous laisserez-vous ? Quand allez-vous quitter nos eaux et nos ciels ? Ne voyez-vous pas les casques de vos soldats sur lesquels ils ont écrit : « Je suis né pour tuer » ? Ne voyez-vous pas vos braves tuer les enfants, jour après jour ? Comment pouvez-vous décider que les gens de Gaza n’auront pas de gaz pour la cuisine et en même temps leur envoyer des gaz lacrymogènes, des chars d’assaut et des avions de combat ?

C’est seulement maintenant que je comprends la volonté d’une femme israélienne que j’ai rencontrée en Italie, ma collègue Eidan ; nous participions à une marche pour la paix entre Perugia et Assise en tant que représentants des Combattants pour la Paix. Quand je lui ai demandé : « Avez-vous prévu de retourner en Israël ? », elle m’a répondu : « J’ai juré que si Ehud Barak gagnait les élections, je quitterais Israël pour toujours ». Elle reste en Italie parce vous agissez dans le cadre d’une politique qui prétend qu’il n’y a pas de partenaire palestinien.

Je ne peux aborder dans cette courte lettre l’énormité des échecs moraux qui ont nui à la société israélienne. Le journal Yediot Ahronot a écrit que 40% des nouvelles recrues des FDI [forces de défense israéliennes] ont un casier judiciaire et que ceci pourrait expliquer pour une grande part la longue liste des actes qu’ils commettent contre les civils palestiniens durant leur service. N’est-ce pas cette armée qui est censée être la plus distinguée, la plus morale du monde, non ? Est-ce pour cette raison que nous voyons que 25% des soldats de votre armée d’occupation ont pris part à des séances de torture et à des punitions contre des civils innocents, ou ont été les témoins de tels actes ?

Monsieur, je voudrais que vous sachiez que j’ai pu lire le rapport honteux devant lequel toute personne de conscience devrait être horrifiée, le rapport qui relate les tortures d’enfants à Hébron. Par exemple : l’étranglement d’enfants palestiniens par des soldats rien que pour tester le temps qu’ils peuvent rester sans respirer, actes commis par des capitaines de votre armée, la plus morale du monde, c’est la couronne de la honte au front de l’occupant.

Monsieur, comment justifiez-vous que vos soldats se servent d’enfants de 10 ans comme de boucliers individuels, attachés, placés en tête de vos patrouilles, quand celles-ci font des fouilles pour trouver des personnes recherchées ou veulent disperser une manifestation ? Quelle est la disposition du droit international qui vous le permet ? J’essaie de comprendre si cet emploi d’enfants comme boucliers humains fait partie, en quelque sorte, de la science de la guerre moderne, car j’entends l’accusation que dans tous les cas les morts d’enfants en particulier et de citoyens palestiniens en général viennent du fait que les combattants palestiniens se servent de ces citoyens comme boucliers humains et se cachent derrière eux. Comment peut-il y avoir une justification légale et une distinction dans la terminologie israélienne entre Israéliens et Palestiniens, alors qu’il n’y en a pas dans la terminologie internationale ?

Comment justifiez-vous la mort de ces innocents qui n’ont fait que tenter, sans violence, de passer les check-points que vos soldats installent à l’entrée des villages, des villes ou des camps, et qui empêchent les femmes prêtes d’accoucher de se rendre dans les hôpitaux ? Accepteriez-vous que cela se passe ainsi pour votre épouse ? Que feriez-vous alors ?

Il y a cependant, des militaires, des soldats israéliens qui se sont battus autrefois contre les Palestiniens et qui, à l’heure de vérité, s’aperçoivent qu’ils n’ont pas été plus qu’un pion entre les mains de l’occupation. Ils ont eu le courage, la bravoure d’annoncer unanimement qu’ils refusaient d’être des occupants. Ils ont exhibé les mensonges de leurs dirigeants qui prétendent qu’Israël tend sa main vers la paix mais qu’il ne trouve aucun partenaire du côté palestinien. Ils ont réalisé qu’ils ne s’étaient jamais trouvés au combat face à face avec un véritable combattant palestinien, mais que leur tâche quotidienne avait été de faire la chasse aux petits écoliers, de renforcer les bouclages, de détruire les maisons et de poser des check-points et des barrages pour bloquer des enfants qui n’avaient même pas 13 ans. Ces militaires ont fait le choix de prendre une position morale et courageuse et, sans la moindre difficulté, ils ont trouvé, d’eux-mêmes, un partenaire palestinien, au cœur du mouvement palestinien, de ces gens qui ont passé le printemps de leur jeunesse dans les prisons de votre occupation. Ensemble, ils ont fondé l’organisation Combattants pour la Paix. Ce nom à lui seul démonte les déclarations et politique mensongères selon lesquelles il n’y aurait pas de partenaire pour la paix. Cette organisation, soudée dans la bravoure et la moralité, est composée de gens des deux côtés qui ont compris qu’il n’y avait qu’un seul ennemi, qui est commun, un ennemi qui dissimule le chemin qui conduit à la paix et à vivre ensemble en tant que deux nations. Cet ennemi, c’est l’occupation illégale et immorale israélienne. Je suis membre de cette organisation et j’appelle toutes celles et tous ceux qui recherchent une paix juste à nous rejoindre.

Nous disons la vérité à nos deux peuples, rien que la vérité. Nous nous sommes engagés dans la résistance non violente contre l’occupation et j’en appelle, dans cette lettre même, à celles et ceux de notre nation palestinienne qui sont inscrits dans nos pages d’histoire comme la détermination incarnée, qui ont eu l’humanité de résister pendant des décennies contre les violations et l’occupation avec la ténacité la plus absolue. Je demande aussi au peuple en Israël d’assumer la responsabilité morale et historique de l’établissement de ces deux Etats et, dans le cadre d’une Intifada nationale, humaniste, pacifique, d’accepter une rébellion contre cette occupation injuste qui a transformé nos enfants en criminels de guerre et en abjects assassins. Vous, Israéliens, arrêtez d’envoyer vos soldats - vos fils - tuer nos enfants, car le sang de nos enfants et le sang de tous les Palestiniens innocents poursuivront en jugement vos soldats et les généraux de votre armée devant les tribunaux internationaux, comme tous les autres criminels de guerre dans le monde.

Il vous faut apprendre cette leçon. Le général que vous êtes doit bien être conscient que la majorité des capitaines et des généraux de l’armée israélienne sont interdits de séjour dans tous les Etats européens car ils sont recherchés en Europe, et qu’ils seront arrêtés et présentés à la justice pour crimes de guerre et crime contre l’humanité ?

Un mot encore. Le sang d’Abir restera comme une couronne noire sur le front de chaque Israélien et de chaque Juif dans le monde, jusqu’à ce que son assassin soit présenté à la justice et passe le reste de ses jours en prison, avec les meurtriers et les criminels.

Bassam Aramin

Bassam Aramin a été dans sa jeunesse un militant actif du Fatah, il fut emprisonné pendant sept années à cause de cela. Pourtant, aujourd’hui, il est engagé activement dans le dialogue israélo-palestinien. Il est co-fondateur de l’organisation pacifiste israélo-palestinienne Combatants for Peace.

Âgé de 39 ans, père de six enfants (dont Abir), il est originaire du village de Seir, près d’Hébron, il vit depuis son mariage à Anata. Il travaille (en 2007) aux archives nationales palestiniennes à Ramallah. Il parle couramment l’hébreu. Grâce à la carte d’identité bleue de sa mère jérusalémite, Abir était résidente israélienne.

Pour vous remémorer les faits et les réactions :

"Mort tragique de la fille d’un militant" - 22 janvier 2007 - Donald Macintyre - The Independent.

"Abir Aramin, 10 ans, tuée à la sortie de son école, à Anata" - 20 janvier 2007 - Yasser Akawi - Alternative Information Center.

"Laissez vivre nos enfants" - 26 janvier 2007 - Nourit Peled-Elhanan.

"La fille d’un combattant" - 1er février 2007 - Gideon Lévy - Ha’aretz

Traduite de l’hébreu par Mimi Asnes. Publiée en anglais sur : Palestine Chronicle- Traduction de l’anglais : JPP.

http://www.info-palestine.net/article.php3 ?id_article=4493

Nurit Peled Elhanan (via UJFP) et autres textes (via info Palestine)

Lien de l'article: http://www.protection-palestine.org/spip.php?article7845

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