mardi 29 septembre 2009

Israël lumière dans les ténèbres

Publié le 28 Septembre 2009 sur le site médiapart.fr
Par fxavier Francis

« Quand la loi est vraiment là, le désir ne tient pas, mais c’est pour la raison que la loi et le désir refoulé sont une seule et même chose.
A considérer les droits de l’homme sous l’optique de la philosophie, nous voyons apparaître ce qu’au reste tout le monde sait maintenant de leur vérité. Ils se ramènent à la liberté de désirer en vain. Belle jambe, mais occasion de confirmer que c’est bien la liberté de mourir » (« Écrits » : Jacques Lacan)

REFLEXIONS SUR ET A PROPOS DE :

ISRAËL LA LUMIERE DE L’OCCIDENT DANS LES TENEBRES DE L’ORIENT !

« Israël est l’Occident qui a fui l’Occident, il est aussi l’Orient qui a retrouvé l’Orient. Pour les pays du « Tiers Monde », il est peut-être, il devrait être le seul mode de présence de l’Occident qu’ils puissent tolérer, où une coopération sans arrière pensée se substitue à la colonisation (Eisenberg, Le Monde 1969)


LA VOLONTE DE PAIX d’ISRAËL « FILLE » DE LA SAINTE BIBLE

UN « VRAI POEME »

« Il ne peut que Israël tolère l’existence d’un Etat palestinien indépendant, c’est à dire disposant d’une armée et d’une politique étrangère indépendante d’Israël, et les difficultés d’une autonomie accordés aux palestiniens résident dans le partage d’un territoire qui n’est pas homogène »

« Nous sommes disposés à tendre la main de la paix aux Palestiniens mais dans l’autre main Israël tient son fusil le doigt appuyé sur la gâchette prêt à faire payer sept fois plus tout acte de terrorisme des Palestiniens… » (Yitzhak Rabin à la Knesset 1993)

PREAMBULE

Les raisons et circonstances de la réalisation cet « essai» et quelques réflexions préliminaires, pour situer clairement notre parti pris sur : le PROJET SIONISTE de COLONISATION DE LA PALESTINE

La « miraculeuse victoire », selon bon nombre de Juifs croyants, de la guerre des SIX JOURS JUIN 1967 , le temps que selon la Bible Dieu a mis pour créer le monde, a été le début de notre action militante en faveur des Palestiniens qui s’est traduite dès octobre 1967 par la création à Strasbourg d’un Comité Justice et Paix en Palestine que j’ai présidé jusqu’en octobre 1971, date à laquelle des étudiants trotskistes, opposés à notre soutien à l’O.L.P., préconisaient le soutien au F.P.L.P. et au F.P.P.L considérés comme des organisations de résistance « révolutionnaires », alors que l’O.L.P n’était, pour eux, qu’un « Mouvement de Libération Nationale », perspective relativement peu intéressante, à l’époque pour la gente trotskiste qui rêvait d’un Etat d’Israël « progressiste ».

Contraint de donner ma démission, je me suis borné à écrire diverses réflexions politiques sur le conflit Israélo palestinien, que j’ai proposées à différentes revues avec des fortunes diverses, et de participer à différentes manifestations. Quant au Comité J.P.P, il a fait long feu, les camarades trotskistes se sont « volatilisés » rapidement pour se brancher sur d’autres causes, sans doute, plus « nobles » et plus porteuses de rassemblements militants !

Je ne puis m’empêcher de remarquer, avec un certain amusement, que pendant des années, jusqu’à une date récente, ces mêmes camarades,en bons trotskistes c’est à dire politiquement « versatiles » ont en apparemment « viré leur cuti », soutiennent les différents « processus de paix » et appellent à la « réconciliation » des deux peuples en fustigeant les actes du « terrorisme » palestinien que j’ai la faiblesse de considérer aujourd’hui comme hier comme des « actes de résistance »nécessaire pour faire entendre raison à Israël.

La plupart de mes premiers textes écrits à partir de 1991, que nous avons repris pour l’essentiel, dans cet essai, ont été publiés dans la Revue : L’ECOLE EMANCIPEE jusqu’en 1996 /97 où il nous a été impossible de faire paraître nos « écrits », suite à un changement de direction., la « Revue » étant contrôlée par des camardes trotskistes, en particuliers Jean-François Pelé et Pierre Stambul qui en juin 1997 se sont fendus un article intitulé : Antisémitisme, négationnisme et confusion des genres. Ces « Messieurs épinglent des militants libertaires d’origine juive comme Jean-Gabriel Cohn-Bendit ou Noam Chomsky qui, selon eux : « sous prétexte de « radicalité » ou d’antisionisme ont écrits des horreurs, ils ont brisé le mur infranchissable qui nous sépare de l’extrême droite. Ils sont infréquentables. Les Eichmann en papier ne seront jamais des nôtres. » (L‘Ecole Emancipée N° 12 -15.06.97). Plus particulièrement, pour ce qui me concerne, ils sont allés jusqu’à stigmatiser violemment « mon antisémitisme» dans la « Revue » dans un article intitulé : « Basta Ya Ya », allusion des plus subtiles à mes origines alsaciennes (sic)

Nous aurons l’occasion d’analyser les récents écrits et actions militantes « exemplaires » de Pierre Stambul dans le cadre des associations des amitiés judéo arabes. Ce « Monsieur » s’est spécialisé, hier comme aujourd’hui, dans la dénonciation de l’antisémitisme, plus particulièrement celui de l’extrême gauche qui irait, selon lui, à l’encontre des intérêts du peuple de Palestine ! Se définissant comme étant du côté des « sionistes de gauche » , et plus particulièrement des militants israéliens du Mouvement la paix maintenant, qui étaient hier sans réserve favorable aux « Accords d’Oslo », alors que nous y étions radicalement opposés d’entrée de jeu. (cf. Accords d’Oslo, capitulation en rase campagne de l’O.L.P) et aujourd’hui encore, ils continuent à soutenir tous les « accords de paix » qui se pointent à l’horizon, tout en regrettant que ceux-ci fassent long feu et que Israël poursuive la colonisation de la Palestine

Au delà de ces cas particuliers, il nous a paru assez intéressant de comprendre pourquoi, nombre de militants qui, malgré les échecs patents de tous les « projets d’accords », prétendent « militer ardemment pour la paix », dénoncent « l’antisémitisme » de tous ceux qui, comme nous, soutiennent, toute forme résistance armée et doutent d’une possible réconciliation entre les deux peuples par les simples effets d’une « bonne volonté mutuelle ».

Ces « Messieurs » épinglent plus particulièrement le Hamas en Palestine et le Hezbollah au Liban, qu’ils accusent, à l’instar des militants israéliens du Mouvement la paix maintenant, d’être grandement responsables de la situation catastrophique actuelle, où les perspectives d’une paix durable sont non seulement bien lointaines mais « obligent » Israël à se livrer à des représailles, certes dommageables pour le peuple de Palestine, mais politiquement logiques et même « nécessaires ». Pour cette raison, face aux impasses de tous les processus ou propositions de paix, mis en route depuis 1993, nous nous attacherons à analyser les raisons de ces échecs.

Remarques actuelles

On peut noter qu’après l’expédition « Plomb durci », il y a bien eu quelques remises en questions, dont celle de Michel Warschawski qui reconnaît ses erreurs d’analyse

Pendant qu’Israël empêche les livraisons d’aide humanitaire à Gaza, l’UE veut renforcer les relations d’Israël avec la Communauté européenne.

“Gaza brûle”, écrit la militante française Liliane Cordova Kaczerginski, en citant les paroles d’une célèbre chanson racontant l’histoire d’un village juif détruit par les nazis. Comme il y a 60 ans, Gaza brûle et le monde se tait, attendant l’issue d’un processus de paix inexistant. « Une entité hostile », c’est la façon dont les dirigeants israéliens ont définie il y a un an, un territoire dans lequel 1.500.000 de civils, de femmes, de vieillards et d’enfants essayent de survivre. En tant que tel, l’Etat d’Israël a le droit, en fait le devoir, de lancer contre lui une guerre d’annihilation.

Il y a quelques années, la défunte Tanya Reinhart utilisa le mot “génocide” pour décrire la féroce répression exercée sur les Palestiniens dans les territoires occupés par Israël. J’ai fait partie de ceux qui l’ont critiquée pour avoir utilisé un concept trop fort. De là où tu es maintenant, pardonne-moi Tanya, parce que tu avais raison, tu voyais la vraie nature du projet israélien et moi j’avais complètement tort : l’Etat d’Israël mène un génocide rampant contre le peuple de Gaza en utilisant l’arme de la famine, des coupures d’électricité, de la privation d’eau potable, en provoquant des épidémies et en empêchant les soins médicaux essentiels.

Gaza est en état de siège et le criminel de guerre Ehud Barak vient juste d’ordonner la réduction de moitié de l’aide humanitaire d’urgence envoyée par les Nations Unies.

Cf. : Tanya Reinhart Détruire la Palestine
Ou comment terminer la guerre de 1948

Constat terrifiant par ce professeur israélien de linguistique pour qui les politiques israéliens se classent en deux catégories : les ”faucons”, qui veulent détruire totalement la société palestinienne, et les ”colombes”, partisans d’un ”apartheid tranquille sous le couvert de négociations éternelles”.

Et ces derniers temps, j’ai eu le « plaisir « de lire dans le Courrier du C.V.P.R (Bulletin du Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient : Juillet Août 2009, un entretien avec Pierre Stambul, Juif antisioniste qui condamne, dans la foulée, sans doute, d’Avram Burg, le sionisme et appelle les « héritiers de Jabotinsky au pouvoir et à un rassemblement des tous les « anti- impérialistes »

Lors de la « grande kermesse de 68 », sur le parvis de l’Université de Strasbourg nous nous sommes fait « jetés » en voulant faire passer une motion pour « dénoncer l’impérialisme sioniste »Aujourd’hui, j’enregistre ce revirement séduisant pour mon « ego » mais qui me pose politiquement un certain nombre de problèmes quand je tente de faire un état des lieux

Dans le cadre de notre réflexion sur « les militants de la paix » nous parlerons plus longuement de ce « Monsieur » avec qui nous avons eu quelques « problèmes »évoqués brièvement ci –dessus, et surtout nos nous aventurerons dans une interrogation essentielle

Comment a-t-il pu se faire qu’Israël soit sur le point d’apporter un « touche finale » au Projet sioniste ?

A PROPOS DE NOS DEBATS SUR INTERNET

Après une pause de quelques années, suite à la deuxième Intifada, en septembre 2000, nous avons participé activement à plusieurs forums sur Internet., tout particulièrement ceux qui concernaient le problème israélo palestinien

Donc, de 2001, jusqu’en début 2006 sur le site du NouvelObs permanent, nous avons publié des textes anciens et produit d’autres réflexions que nos avons rassemblés dans cet essai en y ajoutant des exemples d’interventions significatives d’autres internautes qui, pour la grande majorité déclaraient « être sionistes » et ne se gênaient guère pour non seulement me contredire, mais parfois déversaient des tombereaux d’injures.(Nous consacrons un chapitre sur ces « échanges »


Des échanges que nous avons pu avoir dans notre aventure à la fois passionnante et épuisante sur le site Internet du NouvelObs permanent nous en rendrons largement compte dans cet essai. S’il convient de rendre hommage au « webmaîtres » pour m’avoir laissé la possibilité de m’exprimer sans trop manier les ciseaux de la censure à mon égard, il nous importe quand même de souligner que mes adversaires politiques avaient une grande latitude dans le maniement des injures, en me traitant de « nazi » alors que de mon côté il fallait que je garde le calme et évite « toute injure à caractère antisémite ».

A ce propos, il est bon de rappeler que tout ce qui pourrait s’apparenter à une injure antisémite tombe sous le couperet de la Loi Gayssot, et à plusieurs reprises j’ai eu droit à des menaces de « poursuites judiciaires » de la part de quelques internautes sionistes « bienveillants » ou même «d’organisations sionistes » qui sont arrivées à quasiment neutraliser certaines interventions d’autres opposants jugées trop virulentes, opposants qui de ce fait ont renoncé à toute controverse antisioniste.

De cette expérience vécue, je garde une certaine amertume, dans la mesure où j’ai pu vérifier, comme cela se passe encore aujourd’hui sur le terrain, à quel point le problème central, le droit des Palestiniens à récupérer, pour l’essentiel, leurs terres, ou d’être indemnisés, est constamment escamoté, dénié même, et que sur le site Internet certains mes propos sur l’opportunité de la création d’Israël et la légitimité des revendications de l’Etat hébreu ont été souvent censurés. C’est bien pour cette raison que nous entamons nos réflexions sur l’interrogation concernant l’existence d’Israël, sur des interrogations concernant la création et les principales motivations qui sous-tendent les attitudes, toujours, presque toujours favorables à l’égard d’Israël.

Nous avons interrompu ces « échanges » parce que nous avions le sentiment de tourner en rond et les débats passionnants au début, au point de nous mobiliser quotidiennement, étaient davantage censurés et s’effilochaient. Par ailleurs, nous avions eu l’impression de nous déconnecter de certaines autres réalités. Pour avoir fait un petit tour, ces derniers temps sur le site du Nouvelobs permanent à deux ou trois reprises nous avons pu constater qu’il n’y avait pratiquement plus de débats sur la Palestine !

L’idée de rassembler pour une éventuelle publication différents textes comprenant nos réflexions personnelles et celles d’autres personnes enregistrés en différentes occasions nous est venue à partir des discours tenus qui continuent, comme hier en 1993 après la signature des « Accords d’Oslo », de proclamer la nécessité de créer un État palestinien, sans vouloir en préciser les contours qui d’ailleurs deviennent de plus en plus problématiques, dans la mesure où Israël, de Rabin à Olmert a plus que doublé son « LEBENSRAUM » dans les territoires occupés.

Tous ces « troubadours qui chantent la paix » pensent que le préalable d’une reconnaissance d’Israël comme étant « l’État du peuple juif » est justifié, ils condamnent donc, sans appel, la Résistance palestinienne accusée d’entraver la longue marche vers la paix, dans laquelle Israël s’était engagée sous l’égide d’Itzhak Rabin. Donc pour nous résumer, depuis les « Accords d’Oslo » en 1993, envers et contre tout, nos « hommes de bonne volonté » échafaudent des plans de paix en tous genres. Ils s’appellent principalement, après le constat de décès des Accords d’Oslo, Accords de Genève, Feuille de Route. Pour faire bonne mesure, ces « Messieurs » se font une vertu en dénonçant les « extrémismes de part et d’autre ». Si, la condamnation des « extrémismes » aussi bien du côté d’Israël que du côté des Palestiniens est proclamé vertueusement par nos « humanistes », on ne peut que constater, qu’on est nettement plus indulgent pour Israël dans ses actes de représailles, qui sont souvent minimisés ou même justifiés que pour « les attentats terroristes » .Selon ces « Messieurs », Israël serait vraiment en danger , sa disparition étant programmée par les « terroristes », hier ceux du Fatah et aujourd’hui ceux du Hamas, alors que dans nos analyses politiques, nous démontrerons que si quelqu’un est vraiment menacé de disparition, c’est bien la peuple de Palestine.

Il est particulièrement intéressant de noter, qu’en juillet 2006, le quasi totalité des Israéliens, dont ceux du « Mouvement la paix maintenant » approuvaient l’intervention au Liban, présentée comme un acte de « simple police », une salutaire éradication des « terroristes » du Hezbollah. Ce n’est que quand les choses ont viré au vinaigre qu’il y a eu quelques réactions hostiles, dont celles de David Grossman qui venait de perdre son fils, officier tankiste. Peretz, sioniste de gauche, y a laissé son « tablier » de ministre des Armées pour le céder à Barak.

Avec sa constante façon de dramatiser, de mettre en exergue le DANGER DE DESTRUCTION d’ISRAËL pour justifier leurs multiples interventions criminelles, les dirigeants israéliens et leurs « complices » de tous bords ont pu jusqu’à présent sauver la mise, en fait poursuivre sans désemparer leur bonhomme de chemin dans la mise en place du PROJET SIONISTE DE COLONISATION DE LA PALESTINE

Cette idée s’est précisée en novembre 2006 après que nous ayons vu au T.N.S Anthology et Wishponostar de Smadar Yaaron, israélienne, sioniste de « gauche » qui, d’une façon poétique, non dépourvue d’humour, nous parle d’Israël et du peuple juif. Nous placerons nos commentaires sur ces deux pièces de théâtre à la fin de cet essai.

Si nous nous risquons , dans cette entreprise, c’est qu’il y a péril en la demeure et qu’il importe, aujourd’hui plus que jamais, d’élucider et non d’éluder les dérives politiques d’Israël, dérives qui « autorisent » Israël à lâcher, en cet été de l’an 2006, des tonnes de bombes sur le Liban au prétexte de récupérer deux de ses soldats faits prisonniers par le Hezbollah,(il est à noter qu’à ce jour du mois de mars 2008, ces derniers restent toujours prisonniers du Hezbollah sans que Israël s’engage dans des négociations sérieuses pour leur libération).

Par ailleurs, aujourd’hui comme hier, Israël trouve aussi toutes les complicités pour bloquer les frontières, s’engager dans des opérations de représailles, affamer le peuple de Palestine parce qu’il a choisi le Hamas pour le représenter.

L’Etat hébreux, contrairement à certains accords signés, peut se permettre de poursuivre, conformément au Projet sioniste du Grand Israël, la colonisation des territoires occupés tout en causant de paix. Toutes ces dérives s’inscrivent, comme nous allons le démontrer, dans la logique sioniste, plus précisément dans le projet sioniste de la création d’un État du peuple juif sur l’ensemble de la Palestine, dérives dénoncées par une minorité d’intellectuels israéliens aujourd’hui bien isolés dans ce courant politique messianique qui, réalise étape par étape l’édification du « Grand Israël ».Dans sa logique biblique, Israël « dévoue par anathème à Yahvé » les Palestiniens qui résistent dans les territoires occupés, pendant que les uns ou les autres causent de paix, d’un Etat palestinien « viable » accordé à aux Palestiniens qui feront acte d’allégeance. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne est de temps à autre invité à rendre visite au Premier ministre israélien Ehud Olmert pour lui serrer la main, l’assurer de son soutien dans la lutte contre le terrorisme que mène Israël, tout particulièrement dans la bande de Gaza, quémander quelques subsides qu’Israël se permet indûment de bloquer dans ses banques, prier ce « Monsieur » d’alléger les contraintes draconiennes qui pèsent sur la libre circulation des biens et des personnes en Cisjordanie et de relancer le processus de paix qui pourrait lui donner quelques miettes de pouvoir et assurer la possession de quelques parcelles de terre aux Palestiniens des territoires occupés avec la bénédiction des US

C’est enfin, après de multiples modifications dues à la fois à la complexité des problèmes posés, en cette année du soixantième anniversaire de la création d’Israël que nous avons réussi enfin rassembler, pour une éventuelle publication, l’essentiel écrites nos réflexions dès 1969, reprises et complétées pour l’essentiel, confrontées à celles d’autres personnes tout particulièrement dans nos échanges sur Internet, après la deuxième Intifada qui aura été l’occasion, comme nous l’avons souligné plus haut, d’échanges fort intéressants et très instructifs.

La difficulté que nous avons rencontrée dans notre entreprise, c’est de dégager clairement un fil directeur qui évite de porter des jugements de valeur morale au lieu et en place d’analyses politiques qui rendent compte des enjeux qui ont présidés à la création d’Israël et expliquent toutes les complicités à ces mascarades autour de la « Volonté de Paix d’Israël », qui reste dans une tragique et bien logique impasse, pour la bonne raison que dialogue de paix entre palestiniens et israéliens ne peut exister, tant que Israël refuse de reconnaître ses torts, se positionne sur son projet de colonisation de la Palestine, n’accepte à priori le droit au retour des Palestiniens, et surtout refuse de mettre en cause le Droit au retour des Juifs sur la Terre Sainte inhérent au fondements même de l’Etat hébreu.

En Israël les dirigeants tout en causant de « Paix » avec les Palestiniens poursuivent le projet sioniste du « Grand Israël » tant qu’ils sont au pouvoir, tout en affirmant le contraire. Il est intéressant de noter qu’ Ehud Barak, avant des perdre les élections présidentielles en 2000 au profit d’Ariel Sharon, avait avec les dirigeants palestiniens échafaudé des plans de paix surprenants et intéressants à Taba, alors que pendant qu’il était au pouvoir il avait refusé tout compromis sérieux avec les dirigeants palestiniens. Ces derniers temps, revenu au pouvoir comme ministre des armées, il revient à ses anciennes amours.

Il paraît qu’aujourd’hui, Ehud Olmert, sans doute avant de se faire dégommer pour une affaire de corruption, s’apprête à discuter sérieusement avec Mahmoud Abbas alors que jusqu’à présent il l’avait tourné en bourrique et s’était même payé le luxe d’une incursion au Liban au prétexte de libérer des soldats prisonniers du Hezbollah, et qui à ce jour le sont toujours. Netanyahu qui attend au portillon du pouvoir, après de nouvelles « élections démocratiques », pourra prendre le relais avec le soutien de la majorité des Israéliens convaincus que la paix n’est pas encore à l’ordre du jour, qu’elle ne pourra se mettre en place qu’avec un pouvoir fort, capable d’imposer aux Palestiniens une « Soumission librement consentie ».

ORIENTATIONS DE CET ESSAI

Dans nos réflexions, après avoir largement développé les rapports existentiels entre sionisme et judaïsme, et les idées véhiculées à propos d’Israël, nous aborderons les problèmes posés par ces couples : antisionisme = antisémitisme ; résistance armée = terrorisme, et plus particulièrement nous examinerons, sous divers angles, le préalable posé par Israël aux dirigeants palestiniens qui est : LA RECONNAISSANCE DE SON DROIT A L’EXISTENCE COMME ETAT DU PEUPLE JUIF, exigence qui est, de notre point de vue, en contradiction fondamentale avec les droits élémentaires du peuple de Palestine, dont son droit au retour sur les terres volés par Israël. Pour nous,cette exigence posée par Israël comme un préalable, n’est en réalité , comme nous le verrons, qu’un acte de capitulation, un aveu de la légitimité de la colonisation sioniste de la Palestine, la reconnaissance donc du FAIT ACCOMPLI qui place Israël comme étant le seul maître du jeu, lui conférant ainsi toute latitude de décider ce qui est conforme à ses seuls intérêts, laissant ainsi aux Palestiniens les miettes tombées de la table des « seigneurs » qui depuis soixante ans poursuivent un PROJET DE COLONISATION esquissé depuis plus de cent ans par Théodore Herzl et projet précisé par les idéologues sionistes dont un certain Josef Weitz qui dès 1940 aura posé les revendications sionistes sur la Palestine, revendications auxquelles tous les dirigeants israéliens, quand ils exerçaient le pouvoir, ont apporté jusqu’à ce jour leur éminente contribution, quitte à se défausser, comme Avram Burg qui appelle ses concitoyens à renoncer aux « rêves anciens », quand ils ont quitté leur fonction de « Gardiens du Temple ».

Tout en causant, à intervalles réguliers, de « paix », les uns et les autres se sont attachés à réaliser le rêve sioniste du « GRAND ISRAËL » auquel Ariel Sharon a tenté, avant d’être terrassé par la maladie, d’apporter une « touche finale ».

Il est assez symptomatique, à nos yeux fondamentalement ubuesque même, que Ariel Sharon, ce héros national du sionisme, soit maintenu artificiellement en vie dans son coma, comme si l’on attendait, que cet Ubu roi, « voit » au cours de Grandes funérailles nationales, son rêve se réalise
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