Publié sur le site france-palestine.org le 4 juin 2009
Par Jason Keyser
L’Université du Caire, bastion intellectuel du monde arabe C’est depuis le Grand Hall de l’Université du Caire que le président américain Barack Obama devrait prononcer un discours très attendu.
Les examens prévus jeudi ont été reportés et les équipes de la sécurité présidentielle ont investi les lieux en préparation de l’événement : c’est depuis le Grand Hall de l’Université du Caire, prestigieux bastion intellectuel et libéral du monde arabe, plutôt que de la millénaire mosquée d’Al-Azhar, que le président américain Barack Obama devrait prononcer un discours très attendu.
Si l’ambassade américaine se refuse à confirmer, les responsables égyptiens l’affirment : c’est le campus situé sur la rive ouest du Nil qui, le 4 juin, fournira l’arrière-plan à un Obama s’attachant à réconcilier l’Amérique et le monde arabo-musulman. Sûr, « à 90% », selon le porte-parole de l’université Sami Abdel-Aziz.
Ce campus, qui fut au coeur des manifestations étudiantes pour la démocratie et compta parmi ses plus prestigieux élèves le prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz, est « un symbole du libéralisme en Égypte », note l’écrivain Ali Salem : « On envoyait les étudiants se former en Europe pour revenir y enseigner. Cette université était censée être une véritable fenêtre sur le monde. »
Elle a semble-t-il été préférée à un autre haut lieu : la mosquée d’Al-Azhar, qui incarne elle depuis mille ans l’autorité en matière de science islamique pour l’ensemble du monde musulman sunnite, située dans le Vieux Caire populeux et conservateur.
Selon les responsables égyptiens, l’université aurait été préférée à Al-Azhar pour des raisons de sécurité. Mais c’est peut-être aussi le choix d’Obama que de la préférer à sa rivale religieuse.
Ces dernières années, l’université a été au coeur des manifestations antigouvernementales. Comme tous les établissements d’enseignement supérieur cairotes, elle compte nombre de Frères musulmans parmi le corps étudiant et l’encadrement. Et vit donc sous l’étroite surveillance des services de renseignement de l’État traquant la contestation.
Établie en 1908, l’Université du Caire se voulait la réponse séculière à la domination régionale de l’Université d’Al-Azhar, et devint un pont intellectuel entre Orient et Occident, via des échanges avec l’Europe, comme un complément aux traditions islamiques portées par Al-Azhar. Ses étudiants furent le fer de lance de l’opposition à l’occupation britannique, qui déboucha sur la révolution de 1952.
Le Grand Hall, où les préparatifs étaient en cours pour le discours, peut accueillir plus de 3000 personnes. Quelque 300 des 300 000 étudiants seront choisis pour y assister.
Et si le campus fut un bastion de l’anti-américanisme pendant la guerre d’Irak, l’excitation n’est pas du tout la même en attendant Obama. « Je sens que je peux établir un rapport avec Obama. Il est africain, son père est musulman », note Abdel Aziz Harby, étudiant en sciences de l’éducation. « Bush s’est fait lancer des chaussures dessus, mais ça n’arrivera jamais ici. Obama est vraiment le bienvenu. »
Associated Press (AP) relayé par canoe info
Source: http://www.canoe.com/infos/internat...
Lien de l'article: http://www.france-palestine.org/article11989.html
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