samedi 13 juin 2009

L'UE reçoit Lieberman lundi, juste après le discours de Netanyahu

Paru sur le site romandie.com le 12 juin 2009

BRUXELLES - L'Union européenne reçoit lundi le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman, au lendemain d'un discours très attendu de Benjamin Netanyahou dont les Européens espèrent qu'il s'orientera vers l'acceptation d'un Etat palestinien.

Avant l'arrivée de M. Lieberman à Luxembourg prévue vers 18H00 (16H00 GMT), les ministres des Affaires étrangères de l'UE devaient débattre de la situation au Proche-Orient en général et de leurs relations avec Israël. Et notamment de l'opportunité de conditionner un renforcement de ces relations à l'évolution du processus de paix israélo-palestinien.

Les Européens avaient décidé fin 2008 d'approfondir leurs relations avec Israël, au grand dam de l'Autorité palestinienne. Mais cet approfondissement a été de facto gelé après l'offensive israélienne contre Gaza.

Depuis, le débat est vif entre Européens pour savoir si ce gel devrait être officialisé. Au point de susciter une controverse en avril entre la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner, qui a fait un lien direct entre approfondissement et évolution du processus de paix, et la présidence tchèque de l'UE, qui a affirmé qu'elle ne parlait qu'en son nom propre.

Le texte préparé pour les ministres lundi en vue de la réunion avec M. Lieberman reflète la persistance de cette controverse.

Ainsi, certains pays, comme la Belgique, veulent y stipuler que si l'UE "reste attachée à l'objectif commun de renforcer les relations bilatérales avec Israël", ce processus ne reprendra que "lorsque l'environnement politique sera favorable". Et ajouter tous les engagements que l'UE attend du nouveau gouvernement israélien: engagement pour une solution à deux Etats, gel de la colonisation, réouverture des points d'accès à Gaza.

D'autres, comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la présidence tchèque de l'UE, s'opposent à la formulation de telles conditions. Ils ne veulent qu'évoquer le "besoin" de voir le renforcement des relations "dans un contexte large", comprenant notamment la résolution du conflit israélo-palestinien.

Mais ces divergences pourraient devenir mineures selon le discours que prononcera dimanche le Premier ministre israélien sur sa conception de la paix, selon un responsable européen.

Jusqu'à présent, M. Netanyahu a refusé de se prononcer en faveur d'un Etat palestinien et rejeté un gel de la construction dans les colonies de Cisjordanie où vivent quelque 300.000 Israéliens.

Ce double veto a provoqué de vives tensions avec l'administration Obama que M. Netanyahu espère dissiper.

Avant la réunion de lundi, plusieurs ONG ont appelé vendredi l'UE à ne pas poursuivre l'approfondissement de ses relations avec Israël tant que la situation humanitaire à Gaza ne s'améliorerait pas.

"Il est vital que l'UE donne un signe clair disant que sans amélioration de la situation sur le terrain, il n'y aura pas d'approfondissement", a déclaré à l'AFP Sara Hamood, responsable d'Oxfam à Jérusalem.

"Une approche +business as usual+ de l'UE envers Israël équivaudrait à un mépris flagrant des violations des droits de l'Homme par Israël", ont ajouté la Fédération internationale des droits de l'Homme et le réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme dans un communiqué.

(©AFP / 12 juin 2009 17h17)

Lien de l'article: http://www.romandie.com/infos/news2/090612151752.hme3i4xo.asp

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