Publié sur le site Al-Oufok le 15 juin 2009
Par la rédaction
L'entourage du président palestinien Mahmoud Abbas appelle la communauté internationale à contester les termes d'un processus de paix énoncés la veille par Benjamin Netanyahu.
Dans un discours prononcé dimanche soir, le Premier ministre israélien a accepté le principe de la création d'un Etat palestinien, à condition qu'il soit démilitarisé, et refusé d'annoncer le gel du développement des colonies juives de Cisjordanie, que réclamait Washington.
Il a également imposé aux Palestiniens qu'ils reconnaissent Israël comme Etat juif et réaffirmé que Jérusalem devait rester la capitale indivisible de son pays.
"La communauté internationale doit contester cette politique, par laquelle Netanyahu cherche à porter un coup fatal à toute chance de paix", a estimé Yasser Abed Rabbo, conseiller du président de l'Autorité palestinienne.
"Elle doit isoler et contester cette politique adoptée par Netanyahu et exercer des pressions sur lui afin qu'il adhère à la légitimité internationale et à la feuille de route", a-t-il ajouté par allusion au plan de paix de 2003 parrainé par les Etats-Unis.
La Maison blanche a salué un "important pas en avant" dans l'acceptation par le Premier ministre israélien d'un Etat palestinien. L'Union européenne a parlé de même d'un "pas dans la bonne direction".
Le négociateur palestinien Saeb Erekat a appelé les médiateurs à demander clairement à Netanyahu s'il était prêt à aborder des questions territoriales telles que les frontières, les réfugiés et Jérusalem.
"Netanyahu évoque des négociations sur un canton - le canton de l'Etat de Palestine, avec un drapeau et un hymne, un Etat sans frontières, sans souveraineté, sans capitale", a souligné Erekat.
Uzi Arad, conseiller à la sécurité nationale d'Israël, a rejeté les critiques palestiniennes, estimant qu'elles étaient motivées par le fait qu'"ils ont remarqué que les précédents gouvernements (israéliens) ne fixaient pas de conditions de manière catégorique".
Le chef de cabinet de Netanyahu, Zvi Hauser, a parlé d'un geste d'ouverture, ajoutant qu'Israël souhaitait des discussions sur un plan de paix impliquant l'ensemble du monde arabe.
"Il faut évidemment faire la distinction entre ce qui est souhaitable et ce qui est à portée de la main. Hier, le Premier ministre a délimité ce qui était souhaitable", a-t-il déclaré à la radio militaire israélienne.
"A compter de ce matin, nous devons négocier avec ce qui est à la portée de la main, et ce qui est à la portée de la main n'est pas seulement dans notre camp, mais principalement dans l'autre camp."
Le discours de Netanyahu a été accueilli avec circonspection en Israël, où l'on entend parler depuis deux décennies de discussions sur une "solution à deux Etats".
"Bienvenue au XXe siècle, M. le Premier ministre. Le problème, c'est que nous sommes au XXIe siècle", ironise l'éditorialiste Ben Caspit dans le quotidien Maariv.
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