Publié sur le site aloufok.net le 15 juin 2009
Jusqu'à présent allergiques à l'idée d'un Etat palestinien, les faucons du gouvernement israélien ont salué lundi l'appel lancé la veille par Benyamin Nétanyahou pour l'ouverture de négociations en ce sens. Yisrael Beitenou et le Shas ont particulièrement apprécié la pléthore de conditions posées par le Premier ministre à toute souveraineté palestinienne.
Dans son discours télévisé dimanche soir, le chef du gouvernement a trouvé "l'équilibre entre nos aspirations à la paix et l'aspiration à la sécurité", a réagi le chef de la diplomatie israélienne Avidgor Lieberman.
Son parti d'extrême droite Yisrael Beitenou (Israël est notre maison) s'est vigoureusement opposé durant toute la campagne des législatives du 10 février dernier, à la création d'un Etat palestinien. Cette formation, qui est désormais l'allié le plus puissant de la coalition Nétanyahou, ne s'est pas formalisée de la position affichée dimanche soir par le Premier ministre.
"Nétanyahou a ouvert la porte aux Palestiniens et aux pays arabes pour entamer des pourparlers de paix et nous espérons que l'autre partie va répondre à cette offre de reprise des négociations", a déclaré Avidgor Lieberman.
Le parti ultra-orthodoxe Shas a également salué le discours du Premier ministre. Benyamin Nétanyahou a "insisté sur son engagement pour une paix possible et pour la sécurité", a déclaré Eli Yishai, le chef du parti Shas.
Avec Yisrael Beitenou et le Shas, le Parti travailliste est le troisième grand allié du Likoud conservateur de Benyamin Nétanyahou dans la coalition gouvernementale en place. La formation d'Ehoud Barak a depuis longtemps accepté l'idée de la création d'un Etat palestinien.
Si les faucons du gouvernement n'ont pas rejeté la solution à deux Etats, prônée pour la première fois publiquement par Benyamin Nétanyahou, c'est sans doute en raison de toutes les conditions qu'a émises le Premier ministre dans ce discours.
Le chef du gouvernement israélien s'est dit ouvert à un Etat palestinien "démilitarisé" mais il a refusé de geler l'expansion des colonies juives en Cisjordanie, comme le réclame depuis des semaines l'administration Obama, en application de la "feuille de route" pour la paix au Proche-Orient du Quartet (USA, Russie, Nations unies et Union européenne).
Il a réaffirmé que Jérusalem resterait la capitale une et indivisible d'Israël, alors que les Palestiniens revendiquent la partie Est de la ville comme capitale de leur futur Etat. Et il a opposé une fin de non-recevoir au droit au retour en Israël des réfugiés palestiniens.
"Ce ne sont pas des conditions préalables" à la reprise des pourparlers, a affirmé lundi le porte-parole du gouvernement israélien Mark Regev. "Ce sont des conditions essentielles à la réussite de ces négociations".
Ce n'est pas l'avis de l'Autorité palestinienne. "Le discours de Nétanyahou ferme la porte aux négociations sur le statut final", a observé le principal négociateur palestinien Saeb Erekat.
Les Accords d'Oslo (1993-94) avaient laissé de côté les questions des réfugiés palestiniens, de Jérusalem, des frontières et des colonies juives- qui devaient être débattues lors des négociations sur le statut final.
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