Publié sur le site nouvelles.sympatico.msn.ca le 15 juin 2009
Par Radio-Canada
Le premier ministre israélien se dit prêt à considérer la création d'un État palestinien, mais à des conditions qui choquent l'Autorité palestinienne. Washington parle d'un « important pas en avant ».
Dans son premier discours de politique étrangère, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a pour la première fois ouvert la porte à la création d'un État palestinien.
Il s'est dit prêt à une reprise immédiate des pourparlers en ce sens, mais assortie de conditions vites décriées par les Palestiniens.
« Nous voulons vivre à vos côtés en relations de bon voisinage », a-t-il soutenu.
Il a toutefois exclu un gel de la colonisation en Cisjordanie, comme le réclame la communauté internationale, et il a exclu le retour en Israël des réfugiés palestiniens. « Leur retour va à l'encontre du maintien d'Israël comme État juif », a-t-il dit.
Benjamin Nétanyahou juge aussi seul acceptable un État palestinien démilitarisé, accompagnée de garanties internationales, en particulier des États-Unis.
Il a ajouté que le nouvel État palestinien devrait reconnaître formellement Israël comme étant l'État du peuple juif.
Les Palestiniens outrés
L'Autorité palestinienne a immédiatement réagi en accusant Benjamin Nétanyahou de « torpiller » tous les efforts de paix.
« Ce discours entrave les efforts visant à sauver le processus de paix dans un clair défi à l'administration américaine », a rétorqué Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
Un autre proche collaborateur de M. Abbas a dénoncé le projet israélien comme une coquille vide.
Tout aussi outré, le négociateur palestinien Saëb Erakat estime que Nétanyahou a « posé une série de conditions qui rendent impossible la création d'un État palestinien viable, indépendant et souverain ».
Le Hamas y voit pour sa part le reflet de « l'idéologie raciste et extrémiste de Nétanyahou ».
Mais Washington et Paris on salué le discours du premier ministre israélien.
La Maison-Blanche l'a qualifié « d'important pas en avant », rappelant son attachement à une solution qui passe par la création d'un État palestinien, tandis que Paris a salué « la perspective tracée » par Benjamin Nétanyahou.
Le 4 juin dernier, au Caire, le président américain Barack Obama a pressé l'État hébreu d'endosser le principe de « deux États pour deux peuples ».
Des colons furieux
Des colons israéliens ont aussi eu des mots durs à l'endroit de Benjamin Néthanyahou.
« Nous déplorons que le premier ministre ait donné son accord à la constitution d'un État palestinien démilitarisé, alors que plus que quiconque Nétanyahou a expliqué au fil des années quelle menace constituerait pour Israël un tel État, même démilitarisé », a déclaré dans un communiqué le Conseil des implantations de Judée Samarie (Cisjordanie).
Le comité des colonies du nord de la Cisjordanie a pour sa part affirmé que « la Terre d'Israël ne constitue pas une monnaie d'échange dont tel ou tel gouvernement passager disposerait à sa guise ».
Près de 300 000 colons juifs vivent en Cisjordanie, sans compter près de 200 000 Israéliens installés à Jérusalem-Est, annexée après sa conquête en juin 1967.
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