Par IntMorb
Avec l’aide de nos amis locaux, nous avons quitté la maison à 7h en empruntant une route qui évite tous les checkpoints entre al-Arish et la frontière (environ 40 km) et nous sommes arrivés à la frontière avant les autorités, les prenant au dépourvu.
Nous avons donc passé notre première journée à soutenir une myriade de Palestiniens qui voulaient désespérément entrer à Gaza.
Il y avait Sami, un jeune pharmacien, qui, il y a 3 semaines, avait accompagné sa belle-sœur en Egypte. Il est venu à la frontière tous les 21 derniers jours, essayant sans succès de traverser.
Une mère et ses trois filles, maintenant citoyennes suédoises, attendaient patiemment, mais ont été, comme nous tous, finalement refoulées.
Nous avons tous été appelés vers 13h30 pour remettre nos passeports. C’était une démarche nouvelle et nous avons espéré pouvoir entrer à Gaza.
Plus tôt dans la journée, nous avons rencontré une famille palestino-américaine qui vit près de Dallas, Texas. Le couple est allé il y a quelques années à l’Université, au Texas, décidant de s’installer aux Etats Unis parce que la violence augmentait, à l’époque, à Gaza. Les parents et leurs quatre enfants ont des générations d’histoire à Gaza. Ils ont voulu revenir, m’explique le père, cet été, aux prix de frais considérables, parce que deux jeunes neveux ont été tués pendant la récente guerre. Il nous dit qu’ils veulent voir leurs familles, qu’ils aiment profondément, avant que davantage de violence ne prennent plus de vies.
Vers 15h, nous avons été rappelés à la frontière pour nous entendre dire : « On ne passe pas aujourd’hui, revenez demain. »
Nous étions tous choqués, la consternation et la souffrance étaient palpables sur les visages des Palestiniens. J’ai cherché la famille du Texas. Le père avait pris un taxi pour aller chercher les bagages de la famille, encouragé par le fait que les autorités égyptiennes avaient demandé les passeports. Il s’était précipité, espérant être de retour avant que sa famille ne traverse la frontière. Après l’avoir appelé pour lui faire part des changements, sa femme, en larmes, me dit : « C’est tellement humiliant. »
C’était la fin de la journée. Nous sommes repartis pour Al-Arish, décidés à revenir pour continuer à soutenir, à témoigner, à demander justice.
La citation du jour : « Nous sommes ici pour conforter les affligés et pour accabler les confortables. »
Paki wieland
paki43@gmail.com
Traduction : MR pour ISM
Lien de l'article: http://ism-france.org/news/article.php?id=12135&type=temoignage&lesujet=Actions

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