mardi 19 mai 2009

Palestine : Est-il encore temps de séparer ?

Publié le mardi 19 mai 2009 sur le site Info-Palestine
Par Terry Lacey/Palestine Chronicle

L’oiseau mythologique Ousalam a disparu parce que sa danse nuptiale était si compliquée qu’il avait oublié pourquoi il l’a faisait.


500 000 colons israéliens juifs se sont installés en Cisjordanie y compris Jérusalem-Est.
(Image : Emad Hajjaj/Jordan)

Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle phase des négociations de paix au Moyen-Orient, dans lesquelles l’objectif sera de danser de la plus belle façon qui soit, et aussi longtemps que possible. Nous commençons à voir ce que nous avons longtemps soupçonné, qu’il pourrait bien être trop tard pour deux Etats jumeaux.

Quelle citation intéressante dans Al Jazeera, que celle de Michael Williams, le nouveau coordinateur spécial des Nations unies pour le Moyen-Orient ! N’a-t-il pas déclaré, « Il est encore temps de séparer » ?

Il se pourrait bien pourtant qu’il soit trop tard pour séparer. Les murs, les clôtures et la balkanisation, preuves manifestes de la séparation entre Israéliens et Palestiniens, en partie justifiée par la sécurité, pourraient signifier l’impossibilité aujourd’hui de créer un Etat palestinien à côté de celui d’Israël.

Le secrétaire général Ban Ki-moon vient d’annoncer au Conseil de sécurité des Nations unies que le Britannique Michael Williams était nommé coordinateur spécial des Nations unies pour le Moyen-Orient.

Il sera l’émissaire de l’ONU auprès de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ainsi qu’auprès des conseillers du Quartet pour le Moyen-Orient, constitué des Etats-Unis, de l’Union européenne, de la Russie et des Nations unies.

Mais le pouvoir de l’Autorité palestinienne et de l’OLP, basées à Ramallah, se limite à la Cisjordanie balkanisée et n’a aucune légitimité électorale. Le Hamas détient l’initiative politique et il a été élu.

Ban, dans une lettre au Conseil, a également indiqué que Williams coordonnerait « toutes les activités des Nations unies sur le terrain liées au processus de paix au Moyen-Orient, avec l’objectif de veiller à ce que la contribution des Nations unies soit pleinement intégrée et coordonnée. »

Ce Michael Williams, basé à Jérusalem, avec son expérience du système onusien, d’Amnesty International et des Balkans est le bienvenu, comme l’a été George Mitchell, désigné par le président Obama comme médiateur pour le Moyen-Orient, avec son expérience de l’Irlande du Nord et de la négociation politique, luttant contre le terrorisme mais sans interdire le mouvement politique impliqué.

Les antécédents de ces nouveaux conseillers vont dans le sens d’un traitement interactif entre les problèmes intercommunautaires complexes et l’institutionnalisation de solutions politiques spéciales pour répondre aux besoins d’aides aux communautés, notamment le partage du pouvoir et la politique de fédération. Cela nous annonce de nouveaux horizons.

Cette relève de la garde souligne également l’importance d’avoir les pieds sur terre. Il existe des réalités sur le terrain qui vont décider des paramètres pour la paix.

Le Pape en visite à Bethléhem a pu voir par lui-même les murs, les clôtures et les barbelés bloquant les Palestiniens dans des enclaves séparées, avec les routes vers Jérusalem qui sont barrées, la Cisjordanie qui est divisée en une partie Nord, une partie Sud, et la vallée du Jourdain, et le district toujours plus petit d’une Bethléhem séparée de tout, perdant et l’espoir et sa population.

Et, bien sûr, la bande de Gaza, totalement isolée de la Cisjordanie, politiquement, administrativement et économiquement.

Les voies de communication israéliennes courent principalement d’est en ouest à travers la Cisjordanie, avec des voies rapides modernes reliant les colonies israéliennes et les postes militaires à Israël, tandis que les vieilles routes palestiniennes vont dans le sens nord/sud, totalement tronquées par les barrages routiers et les obstacles.

Les colonies israéliennes sont stratégiquement implantées au sommet des collines et sur les crêtes afin de dominer.

Les urbanistes israéliens ont également élargi le couloir qui traverse la Cisjordanie et qui relie Jérusalem au reste d’Israël, avec une autre route parallèle au nord à hauteur de Ramallah, et une réalisation routière plus complexe au sud pour assurer les communications israéliennes avec les colonies à l’intérieur et autour d’Hébron.

Même si le Pape a soutenu fermement à Bethléhem la création d’un Etat palestinien, le Premier ministre israélien, Benjamin Natanyahu, a refusé de donner son aval pour un deuxième Etat (Jakarta Post et AP, 15 mai 2009) et met en avant que les Palestiniens ne sont pas prêts d’avoir leur propre Etat.

C’est un peu comme si un directeur d’établissement pénitentiaire déclarait que ses prisonniers à perpétuité n’étaient pas prêts de sortir de prison.

Mais avec quels objectifs à long terme ?

Terry Lacey est économiste, il écrit de Jakarta sur la modernisation du monde musulman, sur l’investissement et les relations commerciales avec les banques européennes et islamiques. Il a écrit cet article pour PalestineChronicle.com

16 mai 2009 - Palestine Chronicle - traduction : JPP

Lien de l'article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6631

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