vendredi 29 mai 2009

Netanyahou défie Obama

Publié sur le site protection-palestine.org le 28 mai 2009
L’Humanité

Palestine . Quelques jours avant le discours du président des États-Unis au Caire, le premier ministre israélien annonce qu’il refusera le gel de la colonisation. Une semaine après sa rencontre avec Barack Obama, Benyamin Netanyahou a exprimé dimanche des « réserves concernant un État palestinien dans un accord sur le statut final » tout en refusant le gel des colonisations comme le lui avait demandé le locataire de la Maison-Blanche. « Nous n’avons pas l’intention de construire de nouvelles implantations, mais il ne serait pas équitable d’interdire les constructions répondant aux besoins d’expansion naturelle et de bannir purement et simplement toute construction », a-t-il affirmé.

Plus de 300 000 colons vivent en Cisjordanie occupée dans une centaine d’implantations jugées illégales par la Cour internationale de justice. Qui plus est, la colonisation de la partie est de Jérusalem se poursuit, et des ordres d’expulsion de Palestiniens habitant la vieille ville sont prêts pour exécution. À quoi s’ajoute, selon le mouvement La Paix maintenant, une centaine de colonies dites « sauvages », et non « 22 », comme l’affirment les autorités israéliennes, créées en Cisjordanie, et que le gouvernement Netanyahou ne semble nullement presser à démanteler.

Ce refus israélien, en opposition aux demandes de Washington, intervient quelques jours avant le discours que prononcera Barack Obama le 4 juin au Caire. Ce jour-là, s’adressant aux pays arabes et au monde musulman, le président américain doit décliner les grandes lignes de sa vision du règlement d’un conflit qui dure depuis plus de soixante ans. Une intervention qui, dit-on, prendrait en compte l’offre de paix arabe adoptée à Beyrouth en 2002 - la normalisation avec Israël contre le retrait israélien de tous les territoires occupés - et associerait, en plus des 22 pays membres de la Ligue des États arabes, les 25 pays (non arabes) du monde musulman, dont la Turquie, l’Indonésie, le Pakistan et probablement l’Iran.

En attendant, le président Obama poursuit sa série de consultations avec les dirigeants de la région. Après le roi Abdallah de Jordanie et le premier ministre israélien Netanyahou, il recevra ce mardi le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. « Sans l’acceptation par Israël d’un règlement à deux États et sans l’arrêt de la colonisation, une reprise des négociations sera impossible », a averti le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne, Nabil Abou Roudeina.

« Le président Obama a le choix : soit il contraint Israël d’accepter deux États et ouvre ce faisant une nouvelle page dans la région, soit il continue de traiter Israël comme un État au-dessus des lois, ce qui est susceptible de clore le chapitre de la paix et faire le jeu des extrémistes dans la région », a ajouté pour sa part le négociateur palestinien Saeb Erakat. « La vérité, c’est que la meilleure garantie de sécurité pour Israël, c’est très exactement la création d’un État palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable », a déclaré hier Nicolas Sarkozy à la veille de la visite qu’il doit effectuer à Abu Dhabi. Ajoutant que « la meilleure garantie de sécurité pour Israël, c’est qu’il faut que la colonisation cesse, parce qu’elle éloigne chaque jour un peu plus la possibilité de la paix ».

H. Z./ L’Humanité

26 mai 209 - http://www.humanite.fr/2009-05-26_International_Netanyahou-defie-Obama

Lien de l'article: http://www.protection-palestine.org/spip.php?article7417

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