Publié sur le site fr.news.yahoo.com le 13 mai 2009
Par Philip Pullella et Moustafa Abou Ganeyeh
Benoît XVI, en visite mercredi à Bethléem, la ville natale de Jésus-Christ, a émis l'espoir que la clôture érigée par Israël en Cisjordanie occupée disparaisse un jour.
"J'ai vu, (...) dominant une bonne partie de Bethléem, le mur qui empiète sur votre territoire, sépare les voisins et divise les familles", a déclaré le pape à la fin du sixième jour de sa visite en Terre sainte.
"Si l'on peut édifier facilement des murs, chacun sait qu'ils ne durent pas éternellement. Ils peuvent être supprimés".
Soulignant la nécessité de supprimer d'abord "les murs que nous construisons autour de nos coeurs", il a ajouté :
"Mon souhait le plus cher pour vous, peuple de Palestine, c'est que cela arrive rapidement et que vous soyez au moins en mesure de jouir de la paix, de la liberté et de la stabilité qui vous échappent depuis si longtemps".
Auparavant, prenant la parole au camp de réfugiés palestiniens d'Aida, Benoît XVI avait estimé que le mur israélien symbolisait "l'impasse" dans les rapports entre l'Etat juif et les Palestiniens.
Dans la matinée, à son arrivée à Bethléem, il avait appelé à la création d'un Etat palestinien.
Venant d'Israël, il avait dû passer le mur de sécurité, construit par les Israéliens afin de prévenir les attentats, pour gagner le territoire palestinien où il a été accueilli par le président Mahmoud Abbas.
Alors que son convoi franchissait à faible allure trois barrières successives pour pénétrer en Cisjordanie, le pape a pu voir les tours de guet et le mur qui sépare Bethléem de Jérusalem. "Un mur d'apartheid", comme l'a appelé le président de l'Autorité palestinienne.
"UNE PATRIE PALESTINIENNE SOUVERAINE"
Dans les rues en pente de la ville natale du Christ, le souverain pontife avait été accueilli dans la matinée par une foule en liesse aux cris de "Vive le pape, vive la Palestine".
"Je sais combien vous avez souffert et combien vous continuez à souffrir en raison des bouleversements qu'a connus cette terre depuis des décennies", a déclaré le pape.
"Mon coeur se tourne vers toutes ces familles qui ont tant perdu", a-t-il ajouté, en soulignant qu'il se rendrait dans un camp de réfugiés.
Le pape a eu des mots particuliers à l'adresse des habitants de Gaza, victimes de l'offensive israélienne de janvier dernier. Le souverain pontife ne se rendra pas dans ce territoire au cours de son voyage.
S'adressant à Mahmoud Abbas, il a déclaré : "M. le président, le Saint-Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie palestinienne souveraine sur la terre de vos ancêtres, sûre et en paix avec ses voisins, à l'intérieur de frontières internationalement reconnues".
Il a rappelé les paroles prononcées par son prédécesseur Jean Paul II lors de la visite de ce dernier en Terre sainte en 2000 : "Il ne peut y avoir de paix sans justice, et de justice sans pardon".
De son côté, le président de l'Autorité palestinienne a rappelé les difficultés que connaît son peuple, composé majoritairement de musulmans mais qui comprend aussi des dizaines de milliers de chrétiens.
"Sur cette terre sainte, il y a ceux qui continuent à bâtir des murs de séparation plutôt que des ponts, et qui tentent avec leurs forces d'occupation d'obliger chrétiens et musulmans à quitter le pays, afin que les lieux saints deviennent de simples sites archéologiques plutôt que des lieux vivants de prière", a-t-il déclaré.
MESSE DEVANT LA BASILIQUE DE LA NATIVITE
"On exerce contre tous les citoyens arabes, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, toutes les formes possibles d'oppression, de tyrannie et d'expropriation de terres", a ajouté Mahmoud Abbas, qui a souhaité un avenir "sans occupation, sans barrages, sans murs, sans prisonniers, sans réfugiés".
"Jérusalem (...) est entourée d'un mur d'apartheid qui empêche notre peuple de Cisjordanie de se rendre à l'église du Saint-Sépulcre et à la mosquée Al Aksa", a-t-il déploré.
Benoît XVI lui a indirectement répondu en faisant allusion aux impératifs sécuritaires d'Israël. "Mon espoir le plus sincère est que les graves préoccupations concernant la sécurité en Israël et dans les territoires palestiniens soient rapidement et suffisamment dissipées pour permettre une plus grande liberté de mouvement".
A cet égard, le pape a exhorté les populations de la région à ne pas "recourir (...) au terrorisme".
Benoît XVI a visité dans la matinée la basilique de la Nativité, où Jésus est né, selon la tradition chrétienne, avant de célébrer la messe sur la place de la Crèche, devant 5.000 fidèles. Un énorme drapeau palestinien décorait la place.
Des applaudissements ont éclaté quand le pape est revenu dans son homélie sur le sort de la population gazaouie. Il a souhaité la levée rapide du blocus imposé par Israël au petit territoire côtier palestinien, contrôlé depuis juin 2007 par les islamistes du Hamas.
Jeudi, Benoît XVI dira la messe dans la ville où Jésus a grandi, Nazareth, en Galilée, dans le nord d'Israël, région où vivent la plupart des 154.000 chrétiens du pays. Benoît XVI doit y rencontrer le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Son retour à Rome est prévu vendredi.
Lien de l'article: http://fr.news.yahoo.com/4/20090513/tts-po-pape-972e905_3.html
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire