publié le jeudi 21 mai 2009 sur le site protection-palestine.org
Par Hassane Zerrouky - l’Humanité
Palestine . Après l’entrevue entre Obama et le premier ministre israélien, les Palestiniens sont suspendus à ce que le président américain va dire au Caire le 4 juin prochain. L’entretien de deux heures entre Barack Obama et Benyamin Netanyahou a créé un malaise en Israël. Dirigeants politiques, médias, tous ont relevé les divergences affichées entre les deux hommes. « Je n’ai jamais vu une rencontre officielle à Washington à l’issue de laquelle autant de divergences ont été publiquement exprimées », écrit l’éditorialiste de Haaretz (gauche), Akiva Eldar. « Ils sont d’accord pour ne pas être d’accord » rétorque le quotidien de droite Yediot Aharonot.
Certes, le président américain a réitéré devant le premier ministre israélien qu’il était « dans l’intérêt, je crois, non seulement des Palestiniens, mais aussi des Israéliens, des États-Unis et de la communauté internationale de parvenir à une solution à deux États », rappelant au dirigeant israélien que « la colonisation doit cesser » dans les territoires occupés. Mais le moins qu’on puisse dire est que Netanyahou est resté campé sur ses positions. « Cela signifie-t-il un État du Hamas ? » s’est interrogé sans rire le premier ministre israélien lors d’une conférence de presse ? « Comment puis-je m’assurer que ce ne sera pas un État du Hamas, une entité qui menace la sécurité d’Israël », a poursuivi le dirigeant d’un État, en l’occurrence Israël, qui occupe depuis 1967 la Cisjordanie, annexant au passage la partie est de Jérusalem et qui ne veut pas entendre parler d’un État palestinien dans les frontières de 1967.
Une fois ces divergences étalées au grand jour, la question n’est pas de savoir si les États-Unis vont à l’avenir se montrer fermes à l’égard de leur allié pour conserver une influence dans le monde arabe, mais s’ils sont en mesure de le contraindre à accepter une solution mettant un terme à un conflit qui dure depuis soixante ans.
Car, à l’évidence, Washington semble être parvenu à la conclusion que la résolution des tensions existantes au Moyen-Orient, y compris la question du nucléaire iranien, passe par le règlement de la question palestinienne. D’où l’idée de relancer l’offre de paix arabe adoptée à Beyrouth en 2002, sans doute en la réactualisant, et évoquée par l’émissaire spécial américain George Mitchell en avril dernier lors de sa tournée au Proche-Orient. À ce propos, selon le roi Abdallah de Jordanie, Barack Obama prônerait un plan de paix, reprenant l’offre de paix arabe, prévoyant une solution à 57 États, associant, en plus des 22 États de la ligue arabe, les 25 États du monde islamique, dont la Turquie, l’Indonésie et le Pakistan. Ce sera certainement au Caire, le 4 juin prochain, que le chef de la Maison-Blanche va annoncer les grandes lignes de ce plan dans un discours adressé au monde arabe et musulman. « Si Israël temporise sur la solution à deux États ou s’il n’y a pas de vision américaine claire de la façon dont cela va se jouer en 2009, alors la crédibilité énorme d’Obama dans le monde et dans cette région se volatilisera », avertissait le roi Abdallah de Jordanie dans un entretien au Times du 11 mai. Ce même jour, le souverain jordanien et le président syrien Bachar Al Assad avaient d’ailleurs appelé à une « solution fondée sur le principe de la terre contre la paix » !
Hassane Zerrouky - l’Humanité
Source: http://www.humanite.fr/2009-05-20_International_Benyamin-Netanyahou-reste-campe-sur-ses-positions
Lien de l'article: http://www.protection-palestine.org/spip.php?article7390
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