Publié le 27 mai 2009 sur le site sudonline.sn le 27 mai 2009
En ce mois de Mai, nombres d’indices ou de messages politiques, touchant le Moyen-Orient et plus particulièrement le conflit Israélo-palestinien ont focalisé l’attention des observateurs.
Citant essentiellement la visite du Pape Benoît XVI qui a fait sa première tournée dans la région, la rencontre à Washington entre le président Américain Barack Obama et du premier ministre Israélien Benyamin Netannyahou et enfin la mise au point ou l’appréciation Française du président Nicolas Sarkozy, sur cette partie du monde, toujours source d’ennui et classée foyer de tension en permanence. Sans oublier évidemment qu’il y aura prochainement le 28/05/2009 , une rencontre à la maison blanche entre le président Barack Obama et le président de l’autorité Palestinienne Mahmoud Abass, suivi d’une autre rencontre avec le ministre Egyptien des affaires étrangères Ahmed Abou EL Gaith.
Le président Barack Obama lui-même va se déplacer au Caire vers le 4 Juin pour adresser un discours à la Oumma Islamique, s’entretenir avec le rais Moubarak et s’occuper ainsi de près du conflit Israélo-Arabe.
Tout cette dynamique et cette pression, pour examiner sérieusement ce dossier épineux, exercée avec la bénédiction de la communauté internationale, faisant suite à l’arrivée du gouvernement de droite et d’extrême droite à Tel-Aviv, augure t-elle d’une nouvelle page pour reprendre le cours des négociations qui pourrait amener la paix et installer « un espoir » pour la coexistence de deux états voisins que sont Israël et la Palestine ? That’s the question.
Reprenant le fils de l’actualité, pour mesurer l’enjeux et l’importance de ce qui est entrain de se tramer actuellement et des manœuvres des différentes parties.
Le pape insiste sur une solution à deux Etats
A Tel Aviv et au terme d’une tournée de huit jours en Terre sainte (Jordanie, Palestine et Israël) durant laquelle il a prêché pour la coexistence d’un Etat palestinien avec Israël . Le pape Benoît XVI a déclaré qu’« une des visions les plus tristes » de sa visite avait été, entre Jérusalem et Bethléem, celle du mur de béton érigé par Israël. Ajoutant « Tandis que je le longeais, j’ai prié pour un avenir où les peuples de la Terre sainte pourraient vivre ensemble en paix et en harmonie sans avoir besoin de tels instruments de sécurité et de séparation, mais en se respectant, en se faisant confiance mutuellement et en renonçant à toute formes de violence et d’agression. »
Le Pape Benoît XVI s’est rendu, dans les territoires palestiniens, plus précisément à Bethléem. Après avoir franchi le Mur de sécurité et s’adressant au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, il a rappelé que le Saint-Siège soutenait le droit de son peuple à « une patrie palestinienne, souveraine sur la terre de ses ancêtres, sûre et en paix avec ses voisins, à l’intérieur de frontières reconnues au niveau international ». Dans la mosquée du Rocher, il a expliqué que l’unicité de Dieu, proclamée par les trois grandes religions, doit se traduire par une contribution à l’unité de la famille humaine : la recherche de la paix se trouve ainsi intrinsèquement liée au Dieu unique.
Rappelant qu’au mois de janvier, Benoît XVI était intervenu à Rome, devant le corps diplomatique, sur le conflit de Gaza alors attaqué par Israël, en réponse aux tirs de roquettes sur sa population pou dire : « Une fois de plus je voudrais redire que l’option militaire n’est pas une solution et que la violence, d’où qu’elle provienne et quelque forme qu’elle prenne, doit être condamnée fermement. » Il appelait à « la trêve dans la bande de Gaza » et à des « négociations de paix », au « renoncement à la haine, aux provocations et à l’usage des armes ».
Plan Liebermann
Le nouveau gouvernement israélien a une nouvelle approche ou une nouvelle manœuvre pour soit disant faire la paix avec les Palestiniens. Avigdor Liebermann, l’extrémiste ministre des affaires étrangères de Benyamin Netannyahou, l’a exposée lors d’une tournée européenne. Est-ce qu’il faut prendre cette approche au sérieux. Qu’a-t-il dit ?
Trois choses. D’abord, le temps n’est pas venu d’établir un Etat palestinien en Cisjordanie et a Gaza ; la priorité est à l’amélioration des conditions économiques dans les territoires.
Ensuite, la vraie source de tensions régionales ne serait pas le conflit israélo-palestinien. M. Liebermann, habitant lui-même une implantation en Cisjordanie, assure que ni l’occupation ni la poursuite de la colonisation ne posent problème. Non, la question stratégique numéro un, le vrai obstacle à la paix, la seule priorité, c’est l’Iran. Avec ses deux « filiales » arabes (Hamas palestinien et Hezbollah libanais), sa volonté de se doter de l’arme nucléaire et son président, Mahmoud Ahmadinejad, qui qualifiait Israël de « microbe destructeur », la République islamique est au coeur de la question de la paix. Il faut l’affaiblir, l’isoler, l’empêcher de devenir une puissance nucléaire et de diffuser son radicalisme islamique pour pouvoir faire - après, après seulement, dans cinq ou sept ans, dit-on à Jérusalem - la paix avec les Palestiniens.
Enfin, dans ce combat, poursuit M. Liebermann, Israël trouvera à ses côtés bien des Etats arabes qui se sentent aussi menacés que lui par les ambitions régionales de l’Iran.
Pour des observateurs, si l’affaire de l’heure est pour Israël de tenir la République islamique en respect, avec l’aide des Etats-Unis, de l’Europe et de quelques Etats arabes modérés, si c’est, là, la priorité, le gouvernement israélien a un geste à faire, dans son propre intérêt : l’arrêt complet de la colonisation et le démantèlement des implantations sauvages en Cisjordanie.
Seul ce geste témoignerait de sa bonne foi et favoriserait l’alliance suggérée pour « contenir » l’Iran. Il ne coûterait rien en termes de sécurité. En revanche, si les implantations progressent au rythme actuel, la nouvelle approche israélienne apparaîtra comme un leurre destiné à masquer l’objectif réellement poursuivi : interdire à jamais, par la colonisation, la possibilité d’un Etat palestinien.
Obama réclame la fin de la colonisation israélienne Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont exposé lundi 18/05/2009 au grand jour leurs divergences sur la paix au Proche-Orient, concédant le strict minimum pour ne pas compromettre une relation historique dès leur première entrevue.
M. Netanyahu a résisté aux appels de M. Obama en faveur de la création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël, tout en disant pouvoir envisager un « arrangement » dans lequel Israéliens et Palestiniens vivraient côte à côte.
M. Obama, quant à lui, s’est montré déterminé à donner sa chance à la diplomatie avec l’Iran, malgré les inquiétudes israéliennes, tout en fixant à fin 2009 un début d’échéance pour juger du succès ou de l’échec de cette entreprise et en prévenant que les discussions entre les gouvernements américain et iranien ne dureraient pas éternellement.
« Il est dans l’intérêt, je crois, non seulement des Palestiniens, mais aussi des Israéliens, des Etats-Unis et de la communauté internationale de parvenir à une solution à deux Etats », a dit M. Obama.
M. Netanyahu s’est gardé d’endosser le terme d’Etat palestinien, bien que la création d’un tel Etat soit la pierre angulaire de l’effort diplomatique américain et international pour la paix.
Netanyahu a posé ses conditions : la sécurité d’Israël doit être garantie et les Palestiniens doivent reconnaître Israël comme un Etat juif (épuration ethnique et renvoi des arabes de 1948) une exigence rejetée par les Palestiniens.
Si ces conditions sont satisfaites, « je crois que nous pouvons envisager un arrangement dans lequel Palestiniens et Israéliens vivent côte à côte dans la dignité, la sécurité et la paix ».
L’Autorité palestinienne, a jugé les propos de M. Obama « encourageants » et ceux de M. Netanyahu « décevants ».
M. Obama a affirmé qu’Israéliens et Palestiniens devaient « prendre au sérieux (leurs) obligations » au regard des accords passés, comme le plan de paix international pour la paix (la « feuille de route ») et les engagements pris à Annapolis (Etats-Unis) sous les auspices de l’ex-président George W. Bush.
Israël « va devoir prendre des décisions difficiles », a dit M. Obama : « La colonisation doit cesser pour que nous puissions avancer ». Il faudra aussi s’occuper de la situation humanitaire dans la Bande Gaza, a-t-il dit.
M. Netanyahu a cependant montré que le programme nucléaire iranien, dont Israël se croit la cible, était dans ses préoccupations au moins au même niveau que la paix avec les Palestiniens. M. Netanyahu s’inquiète que la diplomatie de la main tendue à l’Iran proposée par M. Obama ne laisse au régime islamique le temps de fabriquer la bombe atomique.
M. Obama a refusé tout calendrier « artificiel », face à la pression israélienne pour que le processus diplomatique soit limité dans le temps.
Il a souligné que l’Iran était actuellement en plein processus électoral menant à la présidentielle de juin et que ce n’était pas « le meilleur moment pour négocier ».
Obama en faveur de la création d’un Etat palestinien
A noter que le président Barack Obama a réitéré son désir d’un nouveau partenariat avec le monde musulman sur la base d’un respect mutuel et d’un intérêt commun. S’exprimant sur la chaîne de télévision Al-Arabiya, au mois de janvier 2009 , au cours de sa toute première interview télévisée depuis son investiture, M. Obama a expliqué que son travail, en ce qui concerne le monde musulman, est de prouver que l’Amérique n’est pas une ennemie. Le chef de l’exécutif américain a également indiqué qu’il veut communiquer aux Américains que le monde musulman est plein de personnes extraordinaires, qui veulent tout simplement vivre leur vie et voir leurs enfants avoir une vie meilleure.
Barack Obama a fait remarquer qu’il a vécu dans des pays musulmans, et que certains membres de sa famille sont musulmans. Pendant ce temps, l’émissaire spécial américain pour le Proche-Orient George Mitchell se trouve au Caire, première étape de sa première mission dans la région. Celle-ci la conduit en Israël, dans les territoires palestiniens, en Jordanie, en Egypte et en Arabie Saoudite.
Le président Barack Obama et l’émissaire spécial pour le Proche-Orient George Mitchell A la faveur d’une réunion à la Maison Blanche avec Mitchell et la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, le chef de l’exécutif américain a souligné son engagement à revigorer le processus de paix du Proche-Orient.
« La charge confiée au sénateur Mitchell est d’agir vigoureusement et de manière consistante afin que nous puissions accomplir de réels progrès. Et lorsque je dis progrès, cela ne signifie pas simplement une photo de groupe, mais des progrès concret, que peuvent ressentir les gens sur le terrain, afin que ceux-ci se sentent plus en sécurité, et qu’ils pensent que les espoirs, les rêves et les aspirations de leurs enfants peuvent se réaliser », a déclaré M. Obama.
George Mitchell a rédigé, en 2001, un rapport très apprécié sur le conflit israélo-palestinien. Ce document, qui critique les politiques des deux parties, a formé la base de la feuille de route vers la solution des deux Etats présentée deux ans plus tard par le Quartet international sur le Proche-Orient
La France condamne l’extension des colonies
Alors qu’un appel d’offres vient d’être lancé pour la construction de nouveaux logements, la France rappelle le 18/05/2009 sa condamnation de la décision d’extension de la colonie de Maskiot dans le nord de la vallée du Jourdain, en Cisjordanie occupée.
Cette décision va à l’encontre des engagements pris par Israël, notamment au titre de la Feuille de route. La colonisation constitue l’un des principaux obstacles à la paix.
La France, comme le reste de la communauté internationale, appelle les autorités israéliennes à geler complètement et immédiatement toute activité de colonisation et à s’abstenir de toute action unilatérale qui préjuge du statut final des Territoires palestiniens.
D’ailleurs « Bernard Kouchner a rappelé lors de sa rencontre avec Liebermann au quai d’Orsay , les attentes de la France, s’agissant en particulier de la création d’un Etat palestinien viable coexistant dans la paix et la sécurité avec Israël ». Il a jugé « urgent » de « reprendre le processus de négociation en vue de cet objectif », estimant que c’était « l’intérêt d’Israël et la seule voie susceptible de garantir sa sécurité à long terme ». M. Kouchner a en outre demandé « l’arrêt complet » des activités de colonisation juive dans les territoires palestiniens. Il a également « rappelé qu’il ne pouvait y avoir de solution militaire à Gaza » et que la situation humanitaire et économique dans l’étroite bande côtière ne pourra s’améliorer « que par l’ouverture permanente des points de passage ». Sarkozy : les négociations pour un Etat palestinien et la restitution à la Syrie du plateau du Golan
Jean Daniel, a rapporté sur Le Nouvel Observateur du 11/05/2009, que lors d’un déjeuner à l’Elysée avec le président Nicolas Sarkozy, celui-ci, indiquait « qu’au Proche-Orient, il peut aider l’Amérique de Barack Obama, en raison de sa popularité auprès des Israéliens et de sa capacité à leur dire la vérité sur les colonies, sur un Etat palestinien, sur Gaza et même sur Jérusalem. Il pense (Sarkozy) que l’heure est venue pour imposer le retour des Israéliens aux négociations sur un Etat palestinien et la restitution à la Syrie du plateau du Golan.
Assad souhaite une conférence sur le Proche-Orient à Moscou qui sera « bien préparée »
Le président syrien Bachar al-Assad a souhaité que la conférence internationale sur le Proche-Orient que Moscou souhaite accueillir soit « bien préparée », lors d’un entretien à Damas avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
M. Assad a jugé important que « la conférence soit bien préparée » et de « fixer ses objectifs ainsi que la position des parties concernées par le conflit » israélo-arabe.
M. Assad a notamment souligné la nécessité qu’« Israël montre le niveau de son engagement à appliquer les principes d’une paix juste et globale ». M. Lavrov a réitéré au président Assad « la volonté de la Russie d’organiser une conférence sur le Proche-Orient pour discuter du processus de paix ». Les Etats-Unis et Israël n’avaient pas accueilli l’offre Russe avec enthousiasme. La Russie fait partie, avec l’Union européenne, les Nations unies et les Etats-Unis du Quartette international pour la paix au Proche-Orient qui travaille à la recherche d’une solution au conflit dans la région.
Hommage de Barack Obama au président Ben Ali
Tout en se félicitant, la semaine dernière à la maison blanche, des excellentes relations d’amitié et de coopération existant entre les Etats-Unis et la Tunisie et du caractère historique de ces relations, en recevant le plénipotentiaire Tunisien, le Président Barack Obama a rendu hommage à la Tunisie pour ses efforts en faveur de la paix, de la stabilité et de la sécurité dans la région.
Mai, mois des tractations au Proche-Orient
Depuis le plan de partage de la Palestine établi par l’ONU en 1948, ce mois a toujours représenté à la fois un anniversaire pour la création de l’état hébreu et une catastrophe pour les arabes Palestiniens qui ont perdu leur Terre et qui vivent on bien sous occupation, en réfugiés et ou dans la diaspora.
Les négociations entre Israélien et Palestinien, sont supposées permettre la création d’un petit état Palestinien à Gaza et en CisJordanie, qui ne représente qu’a peine moins de 20 % de la Palestine historique en face d’une puissante Israël qui détient la première force militaire au Moyen-Orient, avec des armes stratégiques, un centre industriel nucléaire de Dimona et l’appui de la première puissance mondiale, dire alors pourquoi Israël craint la paix et un minuscule état Palestinien ?
Les voisins arabes, …, mais ils se sont engagés avec leurs initiatives de Beyrouth de 2002, avec la création de la Palestine, a établir des relations diplomatiques avec Israël.
Il semble de plus en plus sure qu’Israël a peur de la paix, à moins que les mois prochains, avec leurs tractations et éventuellement, s’il y aura des négociations qui pourront amèner Israël à la raison pour envisager l’apparition de l’état de Palestine et tirer le tapis sous les pieds de tous les extrémistes et les va-t-on guerre !
•Jalel LAKHDAR
•Ambassadeur de Tunisie
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