Paru sur le site Alterinfo le 21 avril 2009
Une Palestinienne libérée cette semaine après six ans de détention pour avoir résisté à l’occupation militaire israélienne dénonce des « mauvais traitements horribles » et « des épisodes à faire dresser les cheveux sur la tête » dans les geôles israéliennes.
Par Khaled Amayreh
« Ils nous frappent, ils nous donnent des coups de pied, ils nous humilient. Ils nous traitent comme des animaux, » a dit Sherine Sheikh Khalil, 24 ans, à IslamOnLine lors d’un entretien exclusif.
« C’est très difficile de vous décrire la bestialité et la sauvagerie de leur conduite, » a ajouté la jeune militante depuis Khan Younis, au centre de la Bande de Gaza.
En 2003, alors qu’elle avait juste 17 ans, Sherine a été accusée par un tribunal militaire israélien d’avoir pris part à la tentative d’enlèvement d’un colon juif en Cisjordanie.
Elle a été libérée dimanche, à la fin de son condamnation.
Bien que son père, ses frères et ses sœurs habitent Ramallah, la capitale de la Cisjordanie occupée, le régime d’occupation israélienne a décidé de l’expulser dans la Bande de Gaza, apparemment comme punition supplémentaire.
« Je suis heureuse d’être libre, mais je voudrais voir ma famille à Ramallah. » Selon les groupes pour les droits de l’homme à Gaza, Israël a expulsé environ 30 Cisjordaniens vers l’enclave côtière depuis le début de l’Intifada Al-Aqsa en septembre 2000.
Sherine décrit les tribunaux israéliens comme « un système de châtiment et de représailles » plutôt que comme un « système de justice ».
« On ne peut pas réellement parler d’un véritable système de justice, » insiste-t-elle.
« Nous parlons d’un pays qui approuve le meurtre des non Juifs, qui vole leurs biens et démolit leurs maisons. C’est un Etat qui utilise toutes les circonstances atténuantes concevables pour exonérer les assassins juifs de Palestiniens pendant qu’il concocte toutes sortes de prétextes pour condamner et incriminer les Palestiniens. »
Sherine a dit que les tribunaux n’étaient rien d’autres que des outils aux mains du régime israélien pour nuire au peuple palestinien et donner une fausse légitimité à l’occupation militaire.
Il y a plus de 11.000 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.
Beaucoup d’entre eux sont des militants politiques, des hommes politiques locaux et des leaders communautaires, incarcérés pendant des années sans accusation ni procès.
Les groupes pour les droits de l’homme qui œuvrent dans les territoires occupés appellent souvent ces détenus des « otages » ou des « monnaies d’échange » dont se sert Israël pour extorquer des concessions politiques aux groupes de la résistance et à l’Autorité Palestinienne soutenue par l’Ouest.
Draconnien
Sherine, qui a laissé derrière elle des dizaines d’autres prisonnières palestiniennes, a parlé d’un régime total de « provocations et de punitions » qui hante constamment les détenus palestiniens dans les geôles et cachots israéliens.
Quelques-unes de ces prisonnières, dit-elle, ont été obligées à accoucher en prison, avec des menottes aux mains et des fers aux pieds.
La militante palestinienne a dit que les dernières représailles furent le transfert de nombreux prisonniers palestiniens avec des criminels israéliens endurcis.
« Alors, imaginez-vous en train de passer des jours et des nuits avec des assassins, des drogués, des prostitués et toute sorte de délinquants. »
Elle soupçonne que les responsables des prisons israéliennes étaient de connivence avec les criminels pour faire du mal ou du moins pour harceler les prisonniers palestiniens, quelque chose qui se produit dans de nombreuses occasions.
Abdul Nasser Farwana, directeur du Département des Statistiques du Ministère des Prisonniers à Ramallah, a parlé à IOL de persécution des prisonniers allant jusqu’à des simulacres d’étranglement avec des foulards.
Il a dit qu’Israël avait pris dernièrement des mesures « draconiennes » contre les détenus au seul motif de « se venger ».
Certaines de ces mesures visent spécifiquement les partisans du Hamas, mais d’autres prisonniers, y compris affiliés au Fatah et au Jihad Islamique, sont touchés.
Il y a quelques années, Israël a créé le “commando Nachshon”, dont la tâche principale est de réprimer et de brutaliser les détenus palestiniens.
Le nouveau gouvernement israélien, dirigé par le faucon Benyamin Netanyahu, a reconnu que des mesures plus dures étaient introduites, principalement pour obliger le Hamas à assouplir sa position pour la libération du soldat israélien capturé il y a près de trois ans.
Parmi ces mesures, on trouve la diminution de la qualité et de la quantité de nourriture, la confiscation des transistors, pas de livres, moins de visites familiales et une négligence médicale délibérée, qui a déjà entraîné la mort d’au moins deux détenus.
A la question de ce qu’elle pensait avoir été la période la plus difficile pendant ses six années d’incarcération, Sherine a dit qu’il y avait « des hauts et des bas » dans les niveaux de mauvais traitement.
« Ca dépend de l’humeur des responsables de la prison, quelquefois ils se précipitent dans nos cellules après minuit, pour nous fouiller. Et c’est particulièrement humiliant parce que ça a lieu devant un officier de sexe masculin qui accompagne les gardiennes, » dit-elle.
« Le motif réel de ces provocations est juste de nous humilier et de nous meurtrir émotionnellement. Ils voulaient briser notre volonté et détruire notre dignité. Mais, bien sûr, nous sommes plus forts que toutes leurs tactiques virulentes. »
Source : Islam On Line
Traduction : MR pour ISM
Lien de l'article: http://www.alterinfo.net/Une-femme-parle-des-conditions-de-detention-israeliennes-horribles_a31781.html
Cette vidéo pour vous montrer à quel point Israêl ne respecte pas les Conventions de Genève.
Nous profitons de cet article pour faire le point sur la situation des palestiniennes prisonnières en ce mois d'avril 2009
Prisonnières palestiniennes, avril 2009
Bulletin avril 2009
Il y a, à présent, environ 60 prisonnières politiques dans les prisons israéliennes: Environ 35 dans la Prison de Hasharon (Tel Mond), environ 22 dans la Prison de Damoon (Montagne du Carmel), et le reste dans quelques centres de détention.
Livres
Les autorités de la prison ont toujours fait des difficultés au sujet des livres que l'on pouvait apporter aux prisonnières politiques. A présent, les autorités ont annoncé que toutes les prisonnières ne pouvaient plus recevoir de livres. Des Associations pour les Droits Humains et pour le Support aux Prisonniers ont envoyé des lettres de protestation aux autorités de la prison.
Souliers
Depuis plus de six mois, les familles n'ont plus la permission d'apporter des souliers aux prisonnières politiques. Celles-ci doivent acheter les souliers à la cantine, où il n'y a que des souliers de gymnastique, dont le prix le plus bas est bien au-dessus du prix en Cisjordanie. Il y a donc des prisonnières qui, quand elles veulent sortir de la cellule, empruntent les souliers d'une autre femme.
Visites des familles
Les autorités israéliennes ont récemment entrepris des pas pour empêcher beaucoup de familles de passer les postes de contrôle. Elles sont forcées de quitter les moyens de transport de la Croix Rouge et doivent retourner à leur domicile sans avoir pu visiter la prison, bien qu'elles aient obtenu tous les permis nécessaires.
Télévision
A présent, les autorités de la prison ont bloqué les stations de télévision arabes où les prisonnières ont pu regarder Al-Jazeera et les programmes libanais.
Prison de Hasharon (Tel Mond)
Aile 2
Récemment, de nouvelles prisonnières ont été transférées à l'aile 2 de la Prison de Hasharon, où elles risquent d'être détenues pendant des mois. Dans cette aile, il y a aussi des prisonnières criminelles qui expriment leur hostilité envers les prisonnières politiques et les insultent sans cesse.
Lettres Les autorités de la prison continuent de retenir une grande part des lettres destinées aux prisonnières. Les femmes ne reçoivent pas de lettres de leurs familles. Les prisonnières de la Bande de Gaza - dont les familles n'ont pu les visiter depuis plus de deux ans - en sont particulièrement affligées.
Warda Bakrawi, de 'Arabeh dans la Galilée, a été arrêtée le 16 octobre 2003. Sa mère est morte le 29 janvier 2009. Les autorités de la prison ont refusé la requête de Warda d'aller voir sa mère avant sa mort.
Ihsan Dababsa, âgée de 22 ans, de Hébron, étudiante à l'Université de Hébron, a été arrêtée le 11 décembre 2007. Pendant les quatre mois passés, les membres de sa famille n'ont pas été autorisés à lui rendre visite. Son père est mort en janvier 2009. Elle ne l'a pas vu depuis le jour de son arrestation. Le comité de sursis a refusé sa requête d'être mise en liberté après qu'elle a purgé deux tiers de son terme de prison. Elle a va faire appel de ce refus.
Condamnations
Sana Salah, âgée de 26 ans, de Bethlehem, été arrêtée le 7 août 2008, a été condamnée à deux ans de prison.
Rima Tabal, âgée de 23 ans, de Tulkarem, été arrêtée le 20 septembre 2008, a été condamnée à dix mois de prison.
Arselin Ya'aqub, âgée de 22 ans, de Tulkarem, été arrêtée le 7 octobre 2008, a été condamnée à dix mois de prison.
Bara'a Malaqi et Samah Sma'ada, toutes les deux âgées de 15 ans, du Camp de Réfugiés de Jelazun, ont été arrêtées le 2 décembre 2008 et ont été condamnées à 12 mois de prison.
Nouvelles prisonnières
Khadija Habash, de Rahat dans le Néguev, a été arrêtée le 22 janvier 2009.
Siham elHih, âgée de 20 ans, de Surif, district de Hébron, travaille dans un centre de recherche au sujet de prisonniers. Arrêtée en mars 2009, elle a été mise en détention administrative.
Mises en liberté
'Abeer 'Odeh, de Tulkarem, arrêtée le 22 avril 2006, a été mise en liberté en mars 2009.
Hiba Hamidat, du Camp de Réfugiés de Jelazun, district de Ramallah, arrêtée le 10 août 2006, a été mise en liberté le 8 mars 2009.
Amal el'Abidi, de Jérusalem, arrêtée le 6 décembre 2008, a été mise en liberté en février 2009.
Prison de Damoon (Montagne du Carmel)
Eau
Ce dernier temps, les autorités de la prison ont fréquemment arrêté l'eau de couler pendant une demie journée ou même une journée entière. Pourtant, elles ont omis d'en informer les prisonnières auparavant.
Shireen Qandil Swidan, de Qalquilya, une mère de deux enfants, a été arrêtée le 7 septembre 2006. Le comité de sursis a refusé sa requête d'être mise en liberté avant le terme de son emprisonnement, bien qu'elle en ait purgé deux tiers.
Amal Jum'ah, du Camp de Réfugiés de 'Askar, district de Naplouse, a été arrêtée le 9 avril 2004. Depuis le jour de son arrestation, son frère handicapé et nécessitant une chaise roulante n'a pas été autorisé à lui rendre visite.
Condamnations
Wurud Qasam, de Tirah dans le Triangle, a été arrêtée le 4 octobre 2006 et a été condamnée à 6 ans de prison.
'Etaf Muhamad Jum'ah Btik, âgée de 18 ans, de Jérusalem, a été arrêtée le 5 février 2008 et a été condamnée à 16 mois de prison.
Sumud 'Abdalla, âgée de 17 ans, de Ramallah, a été arrêtée le 17 avril 2008 et a été condamnée à 22 mois de prison.
Faten elSa'adi, âgée de 25 ans, du Camp de Réfugiés de Jénine, a été arrêtée le 8 mai 2008 et a été condamnée à 4 ans de prison. Elle est une citoyenne brésilienne. Jusqu'à présent, aucune personne de l'Ambassade brésilienne ne lui a rendu visite.
Mises en liberté
'Arin Ahmad, de Bethlehem, arrêtée le 29 mai 2002, a été mise en liberté en février 2009.
Shirin elShekh Khalil, âgée de 23 ans, est née à Gaza et, depuis son enfance, a vécu à Ramallah où elle a été arrêtée le 13 juillet 2003. Elle a été mise en liberté le 12 avril 2009, mais les autorités israéliennes ont refusé d'autoriser son retour à Ramallah après sa mise en liberté et l'ont forcée de vivre à Gaza.
Samira Haniya Abu Shamala, âgée de 46 ans, de Y'abed, district de Jénine, une détenue administrative, arrêtée le 3 mars 2008, a été mise en liberté le 1 mars 2009.
Muntaha Ya'aqub elKhatib, âgée de 17 ans, du Camp de Réfugiés de Balata, district de Naplouse, arrêtée le 21 mars 2008, a été mise en liberté le 1 mars 2009.
Centre de Détention de Kishon (Jalame)
Nouvelle prisonnière
Rajaa elGhul, a été arrêtée en mars 2009. Elle a été détenue à la Prison de Hasharon et transférée ensuite au Centre de Détention de Kishon (Jalame). Elle avait été une prisonnière politique dans le passé.
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