Dès le 29 mars dernier, nous avons posté sur notre blog l’interview que Mr Dalil Boubakeur a accordée au magazine touristique SVP Israël dans laquelle il déclarait ouvertement sa flamme à l'Etat hébreu. Dans un premier temps, nous n’avons pas communiqué sur ce texte qui nous le disons clairement nous a donné la nausée. Mr Boubakeur n’a jamais été notre tasse de thé ; ce n’est un secret pour personne et nous avons eu presqu’envie de le laisser lui et sa petitesse morale en compagnie de ceux qu’il estime être ses chers amis fidèles.
Et puis, force est de constater, que nous avons ressenti une responsabilité grandissante vis-à-vis de ceux qui ne sont pas toujours au fait de l’actualité. A-t-on le droit de laisser tous ces gens - soi disant représentants de l’islam en France (noter que nous ne disons pas l’Islam de France) - parler en notre nom comme ils le font depuis si longtemps et avoir une visibilité médiatique, sans que jamais personne ne leur manifeste une quelconque opposition ? Parce que dans le fond, c’est toujours au même feuilleton auquel nous avons droit. A force de dire : « c’est gens là ne sont pas des nôtres ; nous ne partageons pas les mêmes valeurs qu’eux etc. etc. » et bien le champ visuel est toujours occupé par les mêmes bons apôtres de la politique française qui, en élèves dociles, propagent cette notion d’« Islam de France » et par voie de conséquence, de discours un tant soit peu exigeants, fondés sur une éthique réellement représentative de la foi musulmane, ni les musulmans, ni les Français n’y ont jamais droit.
Tout ceci a été parfaitement orchestré ; nous sommes en effet en présence d’un pouvoir politique qui depuis fort longtemps - mais tout spécialement depuis que Mr Sarkozy s’est attelé à cette tâche - a décidé coûte que coûte que l’islam devait être revisité pour correspondre à des normes religieuses gauloises acceptables par tous. Il a tout naturellement estimé que pour bâtir « cette nouvelle religion » il avait à sa disposition de braves et vaillants soldats, qualifiés « d’aimables » et de « modérés » qui allaient lui rendre tous les services voulus. Et bien entendu, comme dans n’importe quel autre domaine, « les fréquentables » qui ont tout de suite compris où se situaient leurs intérêts personnels, n’ont pas hésité une seule seconde à donner leur blanc seing pour que soient intégrés à ce « nouvel islam » tous les ingrédients choisis par le pouvoir afin que cette nouvelle religion à la « sauce Marianne » ait le bon goût de la tradition française. Que voulez-vous ! Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir le privilège de voir son portrait régulièrement apparaître sur les écrans de TV et d’être invité dans toutes les réceptions parisiennes là, où tous ceux qui détiennent entre leurs mains la destinée de notre douce France, ont plaisir à se retrouver entre gens de bonne compagnie! Vous avouerez quand même que dans le cas de Monsieur Boubakeur, 17 ans de ripailles, cela fait beaucoup ! Dans tous les cas, on a bien compris que tous ces postes qui n’ont de prestigieux que leur nom au regard de l’islam, doivent être suffisamment intéressants pour justifier tous ces petits ou grands arrangements que Mr Boubakeur se permet avec Dieu et avec le dogme islamique. Parce que des arrangements avec les préceptes de l’islam, on peut dire qu’il en a fait un certain nombre tout au long de ces années; il suffit pour cela de lire toute la documentation disponible. Ce n’est pas cela qui manque.
Disons-le tout net ; il est ulcérant de constater que cet homme qui est à la tête de la Mosquée de Partis depuis 1992 (comme si conformément à ce qui se passe en Algérie, son pays d’origine, il ne pouvait pas y avoir de saine alternance du pouvoir) parlent en notre nom, nous autres musulmans. « Ma communauté » par ci, « ma communauté » par là ; « nous autres les musulmans » et tutti quanti. Et bien nous disons : « stop ! ça suffit ! » Et ce n’est pas parce que, jusqu’à présent, on ne lui a jamais dit ce que l’on pense de lui, que l’envie en était absente. Il y a juste, que souvent, à entendre tant d’ignorance s’exprimée, on ne parvient même pas à se placer à son niveau pour pouvoir y répondre avec la bassesse nécessaire. Ces derniers mois pourtant, Mr Boubakeur, est allé trop loin; beaucoup trop loin. On se demande même d’ailleurs, comment ses amis de tous bords, ne lui ont pas conseillé de la « mettre en sourdine » quelque peu, tant ses dernières déclarations, toutes plus effarantes les unes que les autres, ont provoqué la colère de bon nombre de nos coreligionnaires (même si aujourd’hui il nous est permis d’avoir un léger doute sur le fait qu’il ait la même religion que nous !...)
Sa présence le 02 février 2009 à la synagogue de la Victoire, pour l’intronisation de Monsieur Gilles Bernheim en tant que Grand rabbin de France, nous a semblé d’une incongruité sans nom. Nous rappelons que Monsieur Gilles Bernheim qu’il admire pour « sa grandeur d’esprit, sa sensibilité » s’était fait remarquer en déclarant au quotidien Libération (alors que nous étions en plein massacres de Gaza) lors d’une manifestation publique de soutien à Israël que : « la seule préoccupation de l’armée israélienne est de préserver, avec amour et courage, l’idée d’humanité pour tous les hommes. » Il fallait tout de même oser eu égard à toutes ces multiples images de génocide qui étaient diffusées sur toutes les télévisions arabes (celles de France n’étant évidemment pas assez indépendantes pour faire dignement cet honnête travail d’informations…) En dehors de son côté amoral, il ne fait aucun doute pour nous, que cette déclaration représentait de la part du Grand rabbin un message qui dépassait largement sa fonction de représentant des juifs de France ; d’autant plus que depuis le début du génocide, les membres du gouvernement et le CRIF ne cessaient de répéter à l’envi, que le conflit ne devait surtout pas être importé sur le sol français… Nous avouons, que nous aurions bien aimé voir les réactions politiques de tout bord, si Mr Boubakeur ou Mr Moussaoui, actuel président du CFCM, s’étaient exprimés en faveur de la résistance palestinienne. Je pense que nous aurions eu droit à une levée de boucliers en règle. Mais il n’y a que dans nos rêves les plus insensés que nous pouvions espérer entendre une telle déclaration dans leur bouche respective. On ne peut être dans « les petits papiers » du pouvoir et garder une intégrité digne de ce nom ; c’est tout simplement antinomique par les temps qui courent. Il faut en effet avoir une grande honnêteté intellectuelle ou une foi vive, pour s’en tenir au comportement enseigné par l’islam en toutes circonstances …
Le deuxième faux pas qu’il faut mettre à son passif, fut sa présence à ce dîner du CRIF du 02 mars 2009. Nous nous sommes demandés s’il allait oser s’y rendre alors que les rivières de sang de Gaza était à peine asséchées, et bien comme le « Yes, you can » d’Obama ; il l’a fait. (Monsieur Moussaoui aussi d’ailleurs, mais nous nous sommes déjà chargés de lui dire ce que nous en pensions à travers une lettre ouverte que vous pouvez retrouver sur notre blog !) Sa présence au sein de cette assemblée qui n’a eu de cesse, dans son ensemble, d’apporter son plein et son plus sincère soutien à Israël en dépit de l’abominable génocide des Palestiniens commis quelques semaines auparavant, nous a rempli d’un sentiment de honte eu égard à l’idée que nous nous faisons des valeurs humaines et de la préservation de la vie des hommes. Mais, nous pensons que ce sentiment-là, il n’est plus en mesure de l’éprouver et cela depuis fort longtemps, car nul doute que sinon, nous n’aurions pas eu à supporter de sa part tant de paroles inconsidérées prononcée au cours de l’interview qu’il a accordée ce soir-là et, cela, en dépit des signes très forts de soutien lancés par les membres de « sa communauté » aux Gazaouis dès les premiers jours des bombardements. Contrairement à lui, de nombreux musulmans n’ont pas hésité à organiser des manifestations de soutien dans toute la France pour que soient dénoncés comme ils se devaient de l’être, les massacres commis sur le peuple palestinien. Il nous apparaît en effet, qu’au lieu d’aller fanfaronner aux côtés de ceux qui soutiennent les criminels de guerre, Monsieur Boubakeur aurait dû se retrouver à leurs côtés pour dénoncer l’Holocauste de Gaza. Comme il le dit d’ailleurs si justement, « quand il y a des a des difficultés » (Gaza est sans doute une des plus grave qu’il nous ait été donné à tous de voir !...) l’amitié, envers les membres de sa communauté, « paraît plus utile, plus précieuse » et nous ajouterons plus morale que jamais. Sa voix aurait dû résonner puissamment à travers les médias dont il se sert à chaque fois que lui ou ses amis en ont besoin, car c’est à lui que revenait en premier, la charge d’inciter les fidèles à se mobiliser afin que les cris de la rue puissent résonner le plus fort possible pour que Mr Sarkozy comprennent bien que, contrairement à lui, les Français dénonçaient massivement le carnage de Gaza. En tout cas, son silence face à cette infamie, a fait autant de dégâts dans nos cœurs que toutes ces bombes destructrices lâchées sur le camp de concentration de Gaza duquel les Palestiniens ne pouvaient et ne peuvent toujours pas se libérer.
Nous sommes obligés de constater que l’Histoire n’apprend décidément rien aux hommes Monsieur le recteur ! En effet, la terrible histoire de son pays, aurait pourtant dû lui enseigner ce qu’est le concept de résistance quand bien même - et ce n’est un secret pour personne - cette notion ne fait pas partie de son héritage familial ; il avait toute une vie d’homme pour refaire une saine lecture de cette histoire coloniale qui a coûté la vie à de nombreux de ses compatriotes qui ont dignement lutté (alors que d’autres les trahissaient) pour assurer l’indépendance de l’Algérie… Car au lieu de se préoccuper du sort de ses « frères de la chère communauté juive » il eut été rassurant pour l’ensemble des fidèles de « sa propre communauté » qu’il trouve les mots adéquats qui auraient traduit « un minimum légal » de « compassion » (eu égard à sa fonction) pour ses frères dans la religion que sont les Palestiniens. Quand on a passé autant de temps que lui avec les politiques, on devrait finir par savoir que, même quand le cœur n’y est pas, on fait semblant de s’associer aux préoccupations de son électorat ; sinon on se met vite en posture de non réélection…enfin il est vrai en même temps, que ce genre de considération ne le concerne pas ! La question d’un scrutin ne peut effectivement pas le pousser à réfléchir en ce sens, puisque lui, son règne à la Mosquée de Paris, ne dépend pas d’un suffrage démocratique…
Le journaliste qui le questionnait au pavillon d’Ermenonville, avait bien raison de s’interroger sur la réaction provoquée dans sa communauté par sa présence dans ces lieux; et il faut dire que son argumentaire « de paix » pour justifier son ralliement à ceux qui soutiennent le génocide palestinien n’a manifestement convaincu que lui-même parce que dès le lendemain il a eu droit à une volée de bois vert dans la presse de la part des musulmans et d’autres personnes pour qui la morale a encore du sens. Pourtant, ces critiques (qu’il n’a pas lues nous en sommes sûrs) ne l’ont pas empêché de remettre le couvert quelques semaines plus tard et de quelle façon ! Sans aucun doute, se sentant plein d’importance d’être ainsi sollicité régulièrement par ses chers amis, il ne s’est pas fait prier pour accepter cette interview que le magazine SVP-Israël lui proposait de réaliser pour son n°22, dans laquelle pour le coup, il a véritablement déclaré sa flamme à Israël.
Son effarante bassesse à propos des derniers évènements de Gaza n’ont fait que le dévoiler encore un peu plus. Nous citons ses propos : « Concernant les derniers évènements à Gaza, je crois personnellement que lorsque des organisations comme le Hamas bombardent pendant des années le territoire d’Israël, elles suscitent forcément des réactions d’Israël et exposent les populations palestiniennes à des représailles. Ce qui est irresponsable et très dangereux. » A t-on besoin encore de rappeler que le Hamas a été élu démocratiquement par les Palestiniens en 2006 ? A t-on besoin de rappeler que la trahison de l’Autorité palestinienne a conduit la bande Gaza à devenir une entité hostile aux yeux de la communauté internationale qui a décidé au nom de « ses plus hautes valeurs civilisatrices » de faire subir en toute illégalité à ses habitants un blocus meurtrier depuis trois ans, transformant de fait la bande de Gaza, en un camp de concentration qui n’a pas d’équivalent ailleurs dans le monde ? Ces gens sont privés de tout : de droits, de liberté, de nourriture, de soins et de vie quand il prend l’envie aux différents responsables politiques israéliens d’en éliminer certains quand bon leur semble par le biais du terrorisme d’état qui lui, semble ne poser aucun problème de conscience à la communauté internationale! Et Mr Boubakeur a l’audace de s’étonner que ces gens résistent ! Ils devraient selon lui, dire « Amen » à leurs bourreaux et se laisser exterminer les uns après les autres pour qu’enfin toute la Terre de Palestine soit le plus rapidement possible entièrement entre leurs mains. Monsieur Boubakeur n’a d’ailleurs aucun état d’âme avec l’insatiable mouvement de colonisation israélien des terres palestiniennes puisque, il a aussi affirmé dans cette interview ceci : « Concernant Israël, je le vois et l’admire comme un pays en pleine expansion et qui a d’énormes possibilités grâce à l’intelligence de sa population, surtout quand on voit comment le pays a mis en valeur ses terres, en comparaison aux terres de ses pays voisins… » Peut-on trahir plus gravement que cela un peuple qui depuis 60 ans lutte sans relâche au prix de son sang pour sa survie et conserver juste un peu de sa terre annexée par Israël au mépris du droit international. Peut-on perdre ainsi tout honneur au point de justifier le génocide de Gaza ?
Alors et parce que cela relève de notre devoir de Mémoire (concept que ses amis cultivent remarquablement, mais que nous avons, nous aussi, décidé de nous approprier pour les Palestiniens) nous vous rappelons, Mr Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, que les Israéliens dont vous déclarez admirer « l’intelligence » ont soutenu à 96% un génocide de vingt-deux jours commis sur le peuple palestinien totalement prisonnier du camp de concentration de Gaza. Génocide dont le bilan infâme s’élève en ce début avril à presque 1500 morts (dont 413 enfants et 104 femmes) ; 5320 blessés, dont 501 dans un état très critique. Nous vous rappelons aussi qu’après l’opération plomb durci, la bande de Gaza n’est plus qu’un champ de ruines depuis que vos amis dont vous dîtes que « leur sensibilité est leur qualité première» l’ont entièrement bombardée et rasée au bulldozer sous les applaudissements de tous vos chers amis qui venaient faire du voyeurisme et manifester leur soutien en dansant de joie sur la colline de Parash surnommée par quelques rares pacifistes « la colline de la honte » ; même les rabbins ont donné leur bénédiction au génocide. Nous ajoutons à cela Mr Boubakeur, qu’à ce jour des milliers de Palestiniens vivent dans des tentes puisque privés d’habitations, que des milliers d’autres sont toujours privés d’eau, d’électricité, de denrées alimentaires puisque vos fidèles amis ne laissent même pas l’aide humanitaire rentrer normalement dans la bande de Gaza et que même la sioniste Mme Clinton, a dû hausser le ton pour que de simples macaronis puissent parvenir à ces gens qui dépendent aujourd’hui exclusivement de l’aide internationale puisque le rare secteur industriel, déjà considérablement affaibli par trois années de blocus total, est depuis l’opération plomb durci, hors d’état de fonctionner. Et vous, Mr Boubakeur, vous êtes tout à votre joie en constant qu’Israël « a mis en valeur ses terres, en comparaison aux terres de ses pays voisins… »
N.B. Tout ce qui est écrit en vert représente des citations extraites des interviews accordées par Mr Boubakeur au cours du dîner du CRIF et au magazine SVP Israël.
Pour les lecteurs francophones, le terme « hogra » signifie : mépris (en dialectal algérien), terme utilisé par le mouvement démocratique algérien à partir de 2001 pour désigner l'attitude des autorités vis-à-vis du peuple
Transcription du discours que Mr Dalil Boubakeur a prononcé au cour du dîner du CRIF 2009
Nous sommes avec Mr Dalil Boubakeur, le recteur de la Mosquée de Paris. Monsieur Boubakeur merci d’être avec nous. Fidèle de ce dîner annuel du CRIF, ce qui peut surprendre certains que vous soyez toujours là, à ce rendez-vous même quand les circonstances ne sont pas faciles.
Et je dirais surtout dans les circonstances où la véritable amitié se manifeste particulièrement lorsqu’il y a des difficultés dans l’air ; quand cette amitié paraît plus utile, plus précieuse et je dirais plus sincère que jamais. Mon amitié traditionnelle, affectueuse considère que nous formons au sein d’une même fraternité sémitique c’est évident, des préoccupations qui nous rapprochent beaucoup et comme on dit les malheurs des uns sont souvent les malheurs des autres pour ce qu’ils ont vécu donc, nous compatissons beaucoup lorsqu’il y a, effectivement, des problèmes d’antisémitisme ; lorsqu’il y a des situations qui font de la peine à nos frères de la chère communauté juive et nous voudrions par notre présence leur dire que nous sommes un soutien, un renfort et que comme je l’ai dit souvent, s’il y avait un antisémitisme et bien, je ferai tout pour que les musulmans soient les premiers protecteurs, les premiers remparts contre cet antisémitisme.
Alors ça, c’est le discours d’un responsable religieux, en même temps, parmi vos fidèles à la Mosquée de Paris, certains doivent se dire qu’on ne peut pas échapper à la difficulté d’un contexte politique de violence entre Israéliens et Palestiniens. Est-ce qu’ils ne vont pas être choqués par le fait que vous soyez là ; est-ce que d’une certaine façon ils ne vont pas se dire que vous appuyez aussi les positions qui sont exprimées par le CRIF sur le conflit du Proche Orient, et qui ne sont pas forcément les leurs ?
Alors, nous nous sommes largement expliqués avec les responsables du CRIF et notamment avec Mr le Grand rabbin de France Mr Gilles Bernheim, que tout le monde compatit à la violence, que dans son discours à la grande synagogue de la rue de la Victoire, que Mr Gilles Bernheim a dit qu’il est partisan des hommes de paix et que c’est un homme de paix et que c’est donc entre hommes de paix que nous tendons la main pas du tout pour provoquer la violence, pas du tout pour l’approuver, pas du tout pour la susciter, mais au contraire pour prouver que la main tendue au-delà des troubles, au-delà des évènements, au-delà des circonstances est aussi un facteur de paix ; je travaille pour la paix, je ne veux pas que le discours passionnel, réactionnel ; hostile et violent puisse étouffer les hommes de paix et je me place comme un homme de paix et j’aime lorsque mes frères de la communauté juive parle aussi de paix ; et nous parlons ensemble de paix parce que c’est très important en ce moment
Travailler pour la paix. Merci. C’est le sens de votre présence ici au dîner du CRIF
Lorsque juifs et arabes s’unissent, ils font un travail merveilleux :
Dalil Boubakeur est une grande personnalité de la communauté musulmane en France. Il est l'actuel recteur de la Grande Mosquée de Paris et fut le Premier président du Conseil Français du Culte Musulman. Homme remarquable par son intelligence, sa culture et son ouverture d’esprit, il a bien voulu répondre aux questions de notre Guide-Magazine israélien.
– SVP-Israël : Vous étiez présent à la Synagogue de la Victoire, lors de l’intronisation récente de Gilles Bernheim, nouveau Grand Rabbin de France. Que ressentez-vous lorsque vous assistez à un tel évènement intéressant la communauté juive?
– Dalil Boubakeur : J’ai éprouvé du bonheur, car j’étais entouré d’amis très chers dont Gilles Bernheim que j’admire pour sa grandeur d’esprit, sa sensibilité et sa vision d’avenir. Je suis également très admiratif par la formidable énergie déployée par Joël Mergui, le Président du Consistoire Central, J’ai toujours aimé cette grande sensibilité qui est la qualité première des juifs. Une sensibilité souvent empreinte de souffrance et même d’inquiétude qui m’émeuvent. J’espère ainsi apporter par ma présence, cette fraternité réconfortante et nécessaire, car j’ai toujours pensé que nous sommes faits pour nous entendre et partager les mêmes valeurs.
– Personnellement et par rapport à votre fonction, quels liens entretenez-vous avec la communauté juive de France?
– J’ai toujours tenu à préserver ma liberté de dire les choses telles que je les pense, les ressens et les voie. J’ai ainsi éprouvé, envers ma chère communauté juive, une affection extraordinaire que je souhaite communiquer aux autres. C’est une expérience exceptionnelle que j’ai vécue tant au niveau de la compréhension et des échanges qu’au contact de l’Intelligence. Ce qui m’a d’ailleurs valu pas mal d’hostilité de la part de mes propres amis, notamment lorsque je reçus l’ancien ambassadeur d’Israël en France, pour évoquer le rôle éminent de la Mosquée de Paris pour sauver de nombreux juifs durant la seconde guerre mondiale.
Que voulez-vous ? J’ai toujours admiré et rencontré de très nombreuses personnalités juives et israéliennes de très haut niveau, car leurs vies furent un exemple. Plus généralement, je suis convaincu que l’amitié judéo-musulmane en France peut être un exemple pour le monde entier et même pour nos frères du Moyen-Orient. C’est après tout notre sagesse sémitique commune qui a laissé émerger l’idée de D. pour le monde entier. Qu’attendons-nous pour faire ressurgir cette spécificité et cet héritage ?
– Cette perception et ce sentiment sont-ils partagés par la communauté musulmane de France?
– Il y a, venant des musulmans, un grand mouvement en marche qui tend à leur faire comprendre et respecter ce peuple inscrit dans le Coran et qui a reçu la parole de D. Cette attirance, lorsqu’elle s’affirmera, ravivera l’amitié judéo-musulmane et servira l’intérêt de la paix que D. a voulue. Quand on comprend et respecte, on est compris et respecté par l’autre. La communauté juive est ainsi faite qu’elle rend heureux ceux qui fraternisent et communient avec elle.
– Pour se limiter au contexte français, il faut regretter le manque de passerelles entre les deux communautés… Comment concevoir ce dialogue, cette connaissance de l’autre et les actions à mener en commun qui restent à construire?
– J’ai toujours déploré la pauvreté du dialogue judéo-musulman en France, qui est la conséquence directe du conflit au Proche-Orient. Ceci est d’autant plus regrettable que lorsque Juifs et Arabes s’unissent, ils font un travail merveilleux.
Concernant les derniers évènements à Gaza, je crois personnellement que lorsque des organisations comme le Hamas bombardent pendant des années le territoire d’Israël, elles suscitent forcément des réactions d’Israël et exposent les populations palestiniennes à des représailles. Ce qui est irresponsables et très dangereux.
Pour répondre à votre question portant sur les actions à mener ensemble, il suffit de reprendre nos sources pour voir à quel point le Coran est apparu comme un jalon et dans le droit fil du message biblique d’Abraham ou de Moïse. C’est pourquoi, je souhaiterais aller très loin dans notre identité commune judéo-arabe. D’ailleurs, dans le Coran, il est écrit que le peuple juif est le peuple que D. a choisi.
– Originaire d’Algérie, quel enseignement tirez-vous de la coexistence entre les deux communautés dans ce pays?
– J’ai grandi en Algérie. Je me rappelle que nous disions alors - lorsque des juifs s’installaient dans un village - que la richesse venait avec eux et que s’ils partaient, la misère revenait. Il faut savoir que l’antisémitisme n’est pas une invention arabe mais typiquement européenne. Car être antisémite pour un arabe n’a aucun sens, car ce serait pour un sémite être contre soi-même. Juifs et arabes sont donc amenés, par la nature des choses, à se tenir la main.
– Quelle image avez-vous d’Israël ?
– J’ai souvent été invité en Israël et j’ai promis d’y aller. J’estime pourtant - étant donné ma fonction - que je dois auparavant convaincre ma communauté de l’intérêt de ce voyage. Concernant Israël, je le voie et l’admire comme un pays en pleine expansion et qui a d’énormes ¬possibilités grâce à l’intelligence de sa population, surtout quand on voit comment le pays a mis en valeur ses terres, en comparaison aux terres de ses pays voisins… Israël est l’expression même de l’homme livré à la nature. D’où l’importance à mes yeux, de la connaissance et de l’intelligence humaine.
par Gilles Sitruk
Lien de l’article : http://svp-israel.com/?module=ArticlesArticle&id=238
Manifestation anti-Boubakeur devant la Mosquée de Paris
1ère partie
Manif Anti Boubakeur devant la Mosquée de Paris p1
envoyé par Resistance_palestinienne
2ème partie
Manif Anti Boubakeur devant la Mosquée de Paris p2
envoyé par Resistance_palestinienne
Communiqué concernant le rassemblement du 17 avril 2009 devant la Mosquée de Paris pour dénoncer les agissements et les propos du recteur

Arrivés vers 11 heures près de la Mosquée de Paris ; nous découvrons d’emblée les grandes portes fermées ; seule la petite porte qui filtre les entrées était ouverte. Nous avons tout de suite senti une tension palpable aux abords de la mosquée. Tous les employés semblaient avoir été réquisitionnés pour garder les deux portes… J’ai garé ma voiture (qui contenait tout le matériel sono, les banderoles, des photos grand format des victimes de Gaza) sur une place de stationnement payante en attendant le rassemblement. M’ayant vu descendre de la voiture, des employés de la mosquée sont arrivés pour observer ; l’un d’eux a commencé à me menacer de brûler mon véhicule et de me brûler si je ne partais pas. Bel accueil !
Un journaliste avec qui j’avais rendez-vous, avait déjà commencé à m’interviewer devant la mosquée quand, à peine quelques minutes plus tard, un responsable de la préfecture m’a dit que ma voiture devait absolument être déplacée vers le lieu du rassemblement, sur la place Monge. J’ai expliqué que la voiture était garée sur une place en stationnement payant et que j’avais le droit de laisser mon véhicule là où bon me semblait comme tout un chacun. La tension est alors montée d’un cran : un commissaire est intervenu, d’autres agents aussi dont un commissaire et ils ont commencé à préparer la procédure d’enlèvement de la voiture. A partir de ce moment-là, j’ai compris, que les amis de Monsieur Boubakeur avaient agi en haut lieu pour essayer de museler notre contestation. J’ai donc déplacé la voiture dans un lieu sûr et gardé, pour qu’il ne puisse pas l’enlever et faire ainsi disparaître tout le matériel prévu pour le rassemblement!
J’ai ensuite repris mes interviews avec les journalistes présents sur les lieux. Les gens du collectif ont commencé à arriver et les forces de l’ordre se sont immédiatement déployées dans tout le périmètre ; c’est alors que le commandant m’a demandé de partir sur le lieu du rassemblement. Je lui ai expliqué que ce dernier était prévu après la grande prière du vendredi (soit vers 14h 20) ; il m’a signifié que je n’avais d’autre choix que de partir. Je lui ai répondu que dans ce cas, de son côté, il n’avait pas d’autre choix que de me menotter et de m’amener ainsi sur la place Monge.
Les gens continuaient à arriver, la foule commençait à grossir ; les employés de la mosquée s’agitaient de plus en plus et les forces de l’ordre également ; c’est dans ce contexte pour le moins très tendu, que Monsieur le Préfet est arrivé. Je me suis entretenu avec lui pour gérer au mieux la situation. Du fait de sa présence, les forces de l’ordre ont subitement retrouvé la raison et n’ont plus exigé plus que je parte sur le lieu du rassemblement. C’est à ce moment précis, que du côté de la mosquée, l’agitation a atteint son paroxysme ; deux ou trois excités parmi les employés sont venus provoquer les fidèles qui se massaient devant le lieu de prière et ont décidé de fermer les deux portes devant nous. Plus personne ne pouvait donc rentrer dans la mosquée ; il était à ce moment déjà presque 13 heures. Au même moment, tout autour de la mosquée, sur un périmètre plus large les forces de l’ordre ont interdit à toute personne portant un kéfié, un t-shirt avec une effigie de la Palestine, un pin’s ou quoi que ce soit rappelant cette terre, de pénétrer sur le périmètre juste devant la mosquée là où je me trouvais avec Monsieur le Préfet. Plus tard, on a appris que des personnes ont été éloignées de la mosquée par les forces de l’ordre sous le prétexte fallacieux qu’il y avait une bombe à l’intérieur. D’autre part, les policiers disaient à tous ceux qui arrivaient des bouches de métro que la mosquée était fermée ; il y a donc eu un grand nombre de personnes qui ont rebroussé chemin pensant que tout avait été annulé. Nous voyons donc, comment tout a été mis en œuvre pour éloigner les gens au maximum.
De fait, le climat commençait à devenir très houleux devant la mosquée ; plusieurs centaines de personnes ont commencé à s’agiter eu égard au fait que l’heure de la prière s’approchait et qu’ils n’avaient pas accès à la mosquée. A 13h30, devant l’impasse qui se présentait à nous, nous avons convenu avec Monsieur le Préfet, que nous allions donc être dans l’obligation de faire la prière dans la rue. A 14 heures, nous avons fait l’appel à la prière et ce discours du vendredi en plein air (comme c’est le cas actuellement à Gaza eu égard au fait que la plupart des mosquées ont été détruites par les bombardements) a porté exclusivement sur le sujet pour lequel nous étions venus ce jour : à savoir la pleine justification des massacres de Gaza par le recteur Dalil Boubakeur. Deux prières ont donc été célébrées en ce jour ; une à huit clos à l’intérieur de la Mosquée de Paris et une à l’extérieur où des centaines de personnes ont été obligées de se prosterner sur le bitume.
Ensuite, nous nous sommes déplacés sur la place Monge, où le rassemblement a duré un peu plus de deux heures et durant lequel des discours relatant les agissements et les propos de Dalil Boubakeur au sujet des massacres de Gaza ont été prononcés par différents intervenants.
Pour comprendre ce que les employés de la Mosquée de Paris défendaient avec tant d’ardeur en ce jour ; et bien, c’est un système complexe sur lequel beaucoup de personnes ont beaucoup d’informations mais ne veulent rien dire officiellement… et ce que les hautes autorités de notre pays défendaient aujourd’hui quant à elle, c’est le poste avancé d’un gardien fidèle des lieux, qu’elles ont placé pour faire de telle sorte que cette mosquée qui était sensée rayonner de la lumière de l’islam en France reste un piètre territoire colonial, une sorte de laboratoire dans lequel sont testées toutes les formules permettant l’élaboration d’un « Islam de France » qui, comme la proposition de Dalil Boubakeur lors de son audition au sein de la commission Stasi, consiste à remplacer par exemple le voile islamique par un « petit serre tête vert au couleur de l’islam » !...
En dehors de notre présence pour rétablir la vérité sur les massacres de Gaza et honorer la mémoire de toutes les victimes palestiniennes, nous avions aussi un double message à faire passer en ce jour concernant la pratique de l’islam en ce lieu.
- L’un, qui s’adressait à notre gouvernement, pour lui dire qu’il est indigne dans notre république constitutionnellement laïque où la liberté de conscience est un droit inaliénable, que ce soient les autorités françaises qui nomment en commun accord avec celles d’Algérie, le recteur d’une mosquée. Il ressort de cette nomination contre nature, une gestion coloniale de l’islam en France qui porte intrinsèquement en elle le mépris des citoyens de confession musulmane.
- Notre deuxième message s’adresse aux différents pays musulmans qui gèrent des mosquées sur le territoire français (ce qui est déjà une anomalie au regard de la mosaïque qu’est la communauté musulmane française) à qui nous disons, qu’il est inacceptable de nommer des gens qui ne portent pas en eux le savoir, la pratique et les causes des musulmans de notre communauté et que cette communauté musulmane de France, ne consent plus à accepter un tel mépris de leur part.
Collectif Cheikh Yassine
Lien de l’article : http://www.alterinfo.net/DINER-DU-CRIF-Lettre-ouverte-du-CMF-a-messieurs-Moussaoui-et-Boubakeur_a30416.html
Lettre ouverte au Président du CFCM ainsi qu’à l’ensemble de ses représentants à propos de leur participation au dîner du CRIF le 02 mars 2009
10 mars 2009
Messieurs,
Bien que convertie française à l’islam depuis presqu’un quart de siècle, je ne vous ferai pas l’honneur de vous présenter les salutations islamiques d’usage avant de commencer mon propos car tout simplement je ne vous sens pas faire partie des miens, c'est-à-dire de cette Oumma qui portent naturellement en elle des valeurs essentielles et inaliénables telles qu’une posture sans équivoque face aux criminels de guerre; une dénonciation sans complaisance des crimes les plus odieux commis par des forces d’occupation des super-puissances et tout particulièrement ceux commis envers le peuple palestinien depuis plus de soixante ans, ainsi qu’une mise en œuvre de toutes les actions possibles afin que justice soit rendue pour inculper tous ceux qui doivent l’être, les commanditaires comme les exécutants. Ces valeurs sont essentielles pour moi, car elles traduisent en actes ce qu’il y a dans les cœurs de ceux qui prétendent avoir une foi digne de ce nom !
Lorsque j’ai appris avec stupéfaction et consternation que votre organisation avait voté la participation du CFCM au diner du CRIF du 02 mars 2009 et qu’elle s’était rendue à ce dîner, j’ai laissé la nouvelle me pénétrer et la première chose qui m’est venue à l’esprit, est que nos sœurs et nos frères en Palestine venaient d’être massacrés une deuxième fois par vous leurs soit disant frères. Cela signifie donc que ce conseil qui est sensé représenter les Musulmans de France ne peut traduire en acte la colère et la douleur que ces derniers ont ressenties face à l’infamie de Gaza; que la plupart de ses représentants n’ont de toute évidence pas été suffisamment choqués par les vingt-deux jours de l’un des pires actes de barbarie que l’humanité doit inscrire dans ses pages d’histoire pour les dénoncer symboliquement (à défaut de le faire ouvertement) à travers une non- représentation du CFCM à cette mascarade non républicaine ; qu’il n’y a pas dans cette organisation suffisamment de représentants dont le rappel de Dieu et du martyr des Palestiniens n’aient permis de prendre la seule décision qui s’imposait : refuser de s’asseoir à la même table que ceux qui cautionnent le génocide de tout un peuple. J’en reste encore sans voix.
En tant que musulmane française, j’ai déjà ressenti à maintes reprises l’amertume d’avoir été trahie ouvertement par l’organisation que vous représentez, mais force est de constater, que jamais vous n’étiez apparus à ma conscience si vils que ces jours-ci; non jamais votre petitesse n’était apparue si grande à mes yeux. Vos actes ne s’apparentent pas seulement à une trahison des plus scandaleuses envers les Palestiniens, c’est ni plus ni moins une marque de sympathie affichée ouvertement avec ceux qui soutiennent les tueurs d’enfants ainsi qu’avec le pouvoir politique de notre pays qui, non seulement n’a pas jugé bon de dénoncer les responsables de la mort de presque 1400 morts et plus de 5 500 blessés lors de l’opération génocidaire appelée "Plomb Durci ", mais au contraire qui a soutenu "la grande démocratie israélienne " du plus profond de son cœur.
Faites-vous, Messieurs du CFCM, à ce point fi de la barbarie qui a été mise en œuvre à Gaza ? Que faites-vous des actions complices des dirigeants français qui - faut-il vous le rappeler - n’ont pas jugé opportun de mettre les moyens nécessaires en œuvre pour porter secours à ces milliers de victimes palestiniennes en mettant par exemple à disposition des blessés, le navire hôpital de la Marine Nationale comme d’honnêtes citoyens l’avaient réclamé par le biais d’une lettre empreinte de solennité envoyée au Président Sarkozy le 11 janvier 2009 ? Ces mêmes responsables n’ont eu au contraire aucun état d’âme à envoyer la frégate porte-hélicoptères Germinal au large de Gaza prête à intervenir contre les Palestiniens et contre tout éventuel réarmement de la résistance palestinienne !
Faut-il vous rappeler que pour notre plus grande honte, le Président Sarkozy s’est affiché sans complexe devant les caméras du monde entier et à partager une franche rigolade et le verre de l’amitié avec ceux qui sont à l’œuvre chaque jour pour conduire toujours plus en avant la politique exterminatrice pratiquée en Palestine et que face à ce barreau d’honneur fait à nos consciences, je n’ai pas entendu ni lu la moindre condamnation de votre part ! Et là, pire encore que votre silence pendant Gaza, je dois supporter que vous représentiez la communauté musulmane de France (dont moi-même je fais partie) aux festivités d’après massacres…Sachez pour votre gouverne, que contrairement à la légèreté inqualifiable dont vous faites preuve envers ces milliers de victimes palestiniennes, un nombre innombrable de personnes, musulmanes ou non, luttent chaque jour dans notre pays et à travers le monde pour que ces dernières ne soient pas oubliées et pour que justice leur soit rendue. Mais pour tenir compte de cela il faudrait avoir une moralité qui soit sauve et manifestement ce n’est pas votre cas !
Ce qui me choque encore davantage - eu égard à l’organisation que vous représentez - c’est que je suis contrainte de constater aujourd’hui comme pendant les pires heures du massacre de Gaza, que ceux qui ont défendu avec le plus d’ardeur, le plus de détermination, le plus d’honnêteté intellectuelle les victimes palestiniennes ne s’inscrivent pas dans vos rangs. Oui, pendant les massacres de Gaza, j’ai eu l’honneur de lire des écrits ou d’entendre des discours d’une grande valeur de la part de gens ayant de toute évidence une moralité personnelle de haut rang ; ces personnes n’ont pas hésité un seul instant à qualifier les agissements d’Israël exactement pour ce qu’ils étaient c'est-à-dire de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ils ont utilisé des mots tels que " génocide ", " holocauste ", "camp de concentration de Gaza " et d’autres tout aussi terrifiants pour décrire une réalité qui l’était plus encore. Et vous, qui dans l’esprit des membres de la communauté musulmane, devriez être le plus à même de soutenir par le verbe et par le geste l’extrême douleur de ce peuple exterminé jour après jour depuis plus de soixante ans, vous piétinez par votre silence perpétuel et par vos gestes de soumission ces plus hautes valeurs morales que tous les hommes honnêtes sur cette terre se doivent de partager et ceux en particulier qui se réclament de l’islam.
Oui, par votre silence misérable vous avez bafoué la conscience morale de ceux qui espèrent en la droiture des hommes. En participant à ce dîner, vous avez trahi de la façon la plus abjecte la résistance palestinienne; par votre duplicité vous condamnez encore davantage toutes ces femmes et ces hommes qui ont donné leur sang pour libérer une terre illégalement occupée. Oui, Israël est une entité qui occupe, qui colonise, qui emprisonne par dizaines de milliers des palestiniens dont des femmes et des enfants et, une entité qui tue chaque jour, jour après jour, année après année depuis 1948 ! Gaza, Deir Yassine, Kafr Qassam et bien d’autres massacres ne sont en effet que les épisodes médiatiques d’un génocide qui se déroule depuis 60 ans sans discontinuité grâce à la complicité de la communauté internationale et de gens comme vous. Le peuple palestinien est un peuple sacrifié et vos agissements ne font que le menacer un peu plus ! C’est quand il n’en restera plus aucun en Terre de Palestine que vous vous souviendrez, dans des discours vides de sens dont vous avez l’art, que ces femmes et ces hommes étaient des êtres d’honneur.
Ce que vous ne pouvez pas comprendre parce que vos intérêts sont manifestement ailleurs, c’est que ce qui est en jeu avec le drame de la Palestine, c’est une vraie idée de la liberté et de la souveraineté des peuples, car la souveraineté des peuples est la condition indispensable de leur liberté. Que feriez-vous si c’étaient vos femmes, vos enfants qui étaient massacrés ? Que feriez-vous si c’était vos terres et vos maisons qui étaient volées ? Par vos agissements vous signifiez ouvertement aux Palestiniens qu’ils cessent de résister à ceux qui les oppriment et par votre présence à ce dîner c’est toute la politique israélienne criminelle que vous soutenez de fait. Je vous rappelle ce qu’écrivait Nelson Mandela, évoquant ses négociations avec le gouvernement blanc sud-africain et ses demandes d’arrêter la violence : " Je répondais que l’Etat était responsable de la violence et que c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. " Nelson Mandela. Je vous laisse le soin d’établir le parallèle avec la situation vécue par les Palestiniens.
Mais en réalité, force est de constater, que vos agissements de ces dernières semaines ne représentent que la pénible continuité de l’allégeance que vous avez montrée à ceux qui ont créé le CFCM ; les musulmans dont je fais partie n’ont jamais pu se reconnaître en vous tant vous apparaissez comme les dignes représentants du système et non les nôtres.
Il y a des gueules de bois dont on a du mal à se relever; celle de la trahison jamais…
Nelly LEBOUCHER
Voici un certain nombre de textes qui vous permettront de savoir quelles ont été les principales déclarations de Mr Dalil Boubakeur au cours de ces dernières années durant lesquelles nous vous le rappelons, il a cumulé les fonctions de recteur de la Mosquée de Paris (depuis 1992) et de Président du CFCM (2003/2008) .
Lettre ouverte aux responsables du CFCM
vendredi 26 décembre 2003 - par Noureddine Aoussat
Assalâmu ’alaykoum,
Chères sœurs, chers frères, membres du CFCM,
La commission Stasi ayant rendu son rapport, nous connaissons donc la position du Président de la République, les réactions des principaux partis politiques et des différents acteurs associatifs. L’heure est désormais à l’analyse. Disons-le d’emblée, le résultat de ces neuf mois de discussions, de manœuvres et de lobbying ( la polémique a été lancée par les propos de Sarkozy au mois d’avril, lors de la rencontre annuelle de L’UOIF ) est pour le moins injuste et inacceptable.
Sur la question du port du foulard à l’école, les propositions du rapport tout comme le discours du Président sont surprenants, tant ils remettent en cause de façon radicale l’avis du Conseil d’Etat du 27 novembre 1989, qui stipule expressément que le droit des élèves : « comporte pour eux le droit d’exprimer et de manifester leurs croyances religieuses à l’intérieur des établissements scolaires, dans le respect du pluralisme et de la liberté d’autrui, et sans qu’il soit porté atteinte aux activités d’enseignement, au contenu des programmes et à l’obligation d’assiduité ». L’avis du Conseil d’Etat précise bien - et là, il s’agit d’un point à souligner avec force - « .dans les établissements scolaires, le port par les élèves de signes par lesquels ils entendent manifester leur appartenance à une religion n’est pas par lui-même incompatible avec le principe de laïcité. »
Que s’est-il donc passé depuis 1989, pour qu’on en arrive - du côté aussi bien des politiques que d’une partie de l’opinion - à des positions radicalement et ostensiblement opposées à l’avis du conseil d’Etat ? La question est particulièrement importante et mérite une profonde réflexion.
D’aucuns diraient qu’en 1989, on fêtait le bicentenaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme, et qu’aujourd’hui hélas en décembre 2004, les événements du 11 septembre ont laissé des traces…
Cependant, l’heure est à l’analyse de la situation en agissant de façon conséquente, afin d’éviter à la fois aux musulmanes des drames terribles, et à l’ensemble des musulmans de France des lendemains qui s’annoncent particulièrement sombres.
Que faut-il faire alors ?
Il est impératif de rappeler haut et fort, qu’il n’a jamais été question pour les musulmans de France de négocier la laïcité ou de la remettre en cause. Aussi, il ne saurait être question également d’accepter une loi injuste qui leur dénierait un droit constitutionnel fondamental.
Oui, la laïcité n’est pas négociable, mais son application l’est. On est en droit de se demander, aujourd’hui comme hier, pourquoi l’application de la laïcité en France est toujours contraignante et coercitive à l’encontre des musulmans, mais ouverte et neutre envers les autres religions ?
Faut-il rappeler que déjà au début des années 40, les ulémas d’Algérie - qui étaient tous des français - rédigèrent un mémorandum adressé aux autorités françaises, dans lequel ils demandaient à ce que l’Etat observe envers le culte musulman la même neutralité appliquée aux autres cultes.
Le projet de loi interdisant le port du foulard est maintenant lancé. Pour tous ceux qui sont contre cette loi , est-il encore possible d’agir ?
Oui, et je m’adresse en premier lieu au Conseil français du culte musulman
A vous mes frères et sœurs qui composez le CFCM, vous avez aujourd’hui, la lourde responsabilité d’être les portes paroles et les représentants du culte musulman en France. Votre rôle est d’être avant tout de bons médiateurs.
Vous êtes les seuls, en toute conscience, à affirmer si oui ou non, vous avez pleinement assumé votre fonction en ne ménageant aucun effort pour défendre le droit des musulmanes à observer librement cette prescription religieuse qu’est le port du foulard.
Cependant, force est de constater que les déclarations ambivalentes de ces derniers mois - celles du Président du CFCM par exemple - ne sont pas de nature à rassurer les musulmanes et les inciter à compter sur votre soutien.
Etait-il nécessaire de déclarer à chaud juste après le discours du Président, je cite « la loi de l’Etat est notre loi » de façon absolue et intangible comme si c’était un article de foi ou une règle de dogme ? Etait-il encore nécessaire de vanter le ton du discours du Président, qui est celui « d’un bon père de famille qui n’a négligé aucune des souffrances, en particulier des jeunes ? ».
S’il est louable pour un Président de chercher à protéger ses enfants - et tous les enfants de la République sont ses enfants - « pour que notre jeunesse ne soit pas exposée aux vents mauvais. », il est tout autant louable pour tous ceux qui en toute conscience sont convaincus que le Président se trompe dans sa décision, de lui rappeler sereinement et respectueusement que celle-ci est injuste et porteuse de souffrances.
Mes frères et sœurs du CFCM, votre rôle aujourd’hui est de rassurer les musulmans. Aujourd’hui, certains proviseurs refusent à des mères voilées - parentes d’élèves - d’assister à des réunions ou de participer à des sorties. Ou encore ce Maire qui décide de ne pas marier des filles voilées. Que nous réservera-t-on demain ?
Il y a tout juste un an le Président du CFCM, Dalil Boubakeur, soulignait au sujet du rôle du CFCM, :« Surtout, ce conseil va s’attacher à répondre aux inquiétudes de la société française » (Le Figaro Magazine du samedi 21 décembre 2002 ). Il faut surtout cesser de culpabiliser les musulmans. C’est aux inquiétudes de ces mêmes musulmans qu’il faudrait s’attacher à répondre. Cette inquiétude est réelle et non fantasmée.
Mes frères et sœurs du CFCM, votre rôle aujourd’hui, est de dire que si l’on pouvait comprendre les inquiétudes et les arguments de ceux qui s’opposaient au port du foulard au début des années 90 - car faut-il le rappeler pour eux « le port du foulard est connoté comme étant obligatoirement un signe du refus du progrès et de l’émancipation individuelle des femmes » - , cependant, continuer en 2003, à utiliser avec virulence et véhémence ces d’arguments est grotesque et inadmissible.
En effet, nombre d’études sociologiques sérieuses menées ces dernières années par des spécialistes ont montré que la signification du port du foulard est loin des clichés dans les quels ses détracteurs voudraient l’enfermer. Citons par exemple les ouvrages suivants :
Hervé Flaquart, « Croyances et valeurs chez les jeunes Maghrébins » éditions complexe, 2003, Françoise Gaspard et Farhad Khosrokhavar « Le foulard et la république », la Découverte 1995, Nadine Weibel « Par-delà le voile, femmes d’islam en Europe », Complexe, 2000 , et plus récemment, Dounia Bouzar et Saïda Kada, « L’une voilée l’autre pas », Albin Michel, 2003. Toutes ces études ont mis en exergue que le port du voile a des significations plurielles et respectueuses.
Mes frères et sœurs du CFCM, votre rôle aujourd’hui est d’expliquer à tous - hommes et femmes de médias et politiques, qui continuent à propager une image alarmiste du port du voile - que c’est à eux qu’il revient décidément de se dévoiler. Au lieu de chercher à forcer les musulmanes à retirer leur voile, il est temps plutôt, pour ces hommes et femmes d’ôter ce voile qui leur voile la face et les empêche de regarder la réalité en face.
Dites à ces hommes et femmes : « libérez-vous de vos préjugés ; daignez pour une fois écoutez ces musulmanes vous expliquer pourquoi elles portent le foulard. ». Il est désolant de constater que la commission Stasi elle-même, n’a daigné auditionner des femmes voilées qu’en dernier lieu (le 5 décembre), et ce à la demande insistante de quelques uns de ses membres.
Enfin, j’aimerais surtout vous mettre en garde, mes frères et sœurs du CFCM, contre toute Fetwa, émise à la hâte. Ce qui ne fera qu’ ajouter confusion et colère au drame.
On entend depuis des mois les déclarations des grandes fédérations composant le CFCM, laissant supposer que dans les coulisses, ces dernières ne seraient pas opposés à une loi interdisant le port du foulard. Pire encore, qu’ elles encourageraient une telle décision.
Voilà ce qu’on pouvait lire notamment dans les pages du Figaro en date du 17 décembre 2003 : « Alors que le bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM) a demandé, mardi, dans une lettre ouverte à Jacques Chirac, de ne pas adopter de mesures dont la conséquence serait de « stigmatiser les musulmanes, certaines fédérations de musulmans, représentées au sein du CFCM, ont souhaité, hier, qu’un délai soit accordé avant de légiférer. L’idée étant de permettre au CFCM de déclarer, en s’appuyant sur l’avis d’oulémas, que le port du voile n’est pas obligatoire en France »
Alors que dans le journal le Monde daté du mardi 14 octobre 2003, un article intitulé « Enquête sur ce foulard qui divise la société française » ; on pouvait lire également sous la plume du journaliste Xavier Ternisien, le titre suivant : « Ces musulmans de France hostile au port du foulard ». En bas de page, un autre article du même journaliste portait le titre suivant « L’UOIF, principale organisation musulmane, défend le port du voile mais souhaite une loi l’interdisant ». Dans cet article nous lisons : « Les dirigeants de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui mènent depuis 1989 la lutte pour le port du foulard à l’école, avouent en privé qu’ils sont favorables à une loi d’interdiction. « Nous ne voulons pas rester dans l’ambiguïté, confie l’un d’eux. Si le foulard est interdit, il serait plus simple d’argumenter auprès des jeunes filles, d’un point de vue théologique, et de leur demander de l’enlever à la porte de l’école. » Les théologiens musulmans pourraient en effet évoquer « l’état de nécessité » (daroûrat), un principe constant du droit musulman, qui impose aux fidèles de se soumettre aux lois civiles, quand elles contreviennent à des prescriptions religieuses, tandis que le flou actuel place les conservateurs de l’UOIF dans l’embarras. Ils continuent d’affirmer que le port du voile est une prescription religieuse , mais ils ne peuvent invoquer le respect des lois pour demander aux jeunes filles de se soumettre, quand elles sont exclues par les conseils de discipline. L’UOIF se voit en outre sans cesse accusée de tenir un double langage » .
Ceux à qui ces propos sont prêtés sont clairement désignés. Pourtant jusqu’à ce jour, aucun démenti n’est venu infirmer ces propos lourds de conséquences.
Qu’il me soit permis de rappeler que la notion de « daroûrat » l’indispensable dont il est question ici, est un sujet complexe et délicat. Mais chercher à se cacher derrière la notion de « darourat » à propos du port du foulard , est tout simplement de l’abus pour ne pas dire une manipulation du droit musulman.
Le lecteur francophone peut se faire une idée claire et complète sur cette question en se référant notamment au livre « les fondements du droit musulman ’ilm ousoul al-fiqh » écrit par ’Abd Al -Wahhab Khallaf, traduit par une équipe de traducteurs performants et préfacé par l’islamologue Abdel-Madjid Turki.
Dans ce livre donc, édité par les éditions Al Qalam, on trouve un exposé particulièrement intéressant sur la finalité de la législation, ainsi qu’ une définition précise de l’indispensable (addaroûrah), le nécessaire (al hâjah) et l’accessoire (at tahsînî ).
La définition de la notion d’ addaroûrah est la suivante : « l’indispensable est ce sur quoi est fondée la vie humaine, et sans quoi la vie ne peut se dérouler sainement :son absence entraîne inévitablement le désordre et la corruption. Compris dans ce sens, l’indispensable se résume à la préservation de cinq choses : la religion, la vie, la raison, l’honneur et la propriété. La préservation de chacune de ces cinq choses est indispensable à l’être humain ». Op cité page 309.
Evoquer le caractère indispensable afin de se soustraire à l’obligation de porter le foulard à l’école, revient à mettre sur le même niveau ce cas, et celui citer dans le Coran : « Allah vous a seulement interdit la bête morte, le sang, la viande de porc et tout animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que Allah. Quiconque en consomme toutefois par ce qu’il est contraint (par nécessité), non par insolence non plus par transgression, nul pêché ne lui sera imputé. Allah est celui qui pardonne, Il est Miséricordieux » (s 2, v 173)
Certes, en islam il existe des lois en termes de concession (ar-roukhass) qui sont des dispenses qu’ Allah a institué afin de faciliter la pratique de la religion aux croyants vivant des situations difficiles (voir l’op cité page 176 à 183 ). Mais de là à recourir à la daroûrat , dans le cas du port du voile en France, c’est tout simplement faire croire qu’on serait revenu au contexte historique de l’Espagne du XVI siècle ! J’imagine déjà certains responsables de fédérations musulmanes se prendre pour l’Imâm Al Wansharîssi en quête de solutions pour les musulmans confrontés aux affres de la Reconquista. Puisse Dieu nous épargner cette épreuve.
Pour conclure, mes frères et sœurs du CFCM, ce que les musulmans attendent de vous, n’est ni plus ni moins ce qu’ attendent les juifs pratiquants de leurs représentants. A ce sujet, je vous invite avec insistance, à lire ce qu’a rédigé le grand Rabbin de France à propos de : « La laïcité aujourd’hui :l’intelligence de la diversité » (http:/www.viejuive.com/synagogue/messages/grf5.htm )
Voilà, mes frères et sœurs du CFCM, ce que je souhaitais vous rappeler et partager avec vous. Puisse Allah nous conférer le bon sens et nous assister dans ce que l’on dit et ce que l’on fait. Amine.
« Ô vous qui croyez craignez Allah et dites une parole juste »
Assalâmu ’alaykoum
Fraternellement, Noureddine Aoussat
Paris, le 24 décembre 2003
Lien de l’article : http://oumma.com/Lettre-ouverte-aux-responsables-du
Interview de Dalil Boubakeur donné au magazine Afrik en 2003
Dalil Boubakeur plaide pour la laïcité
Le Recteur de la Mosquée de Paris répond à Afrik
mercredi 24 septembre 2003, par Olivia Marsaud
Recteur de la Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur est un fervent défenseur de la laïcité. Incarnant un islam modéré et ouvert, il explique à Afrik ses engagements.
Dalil Boubakeur est recteur de la Mosquée de Paris depuis 1992. Né à Skikda, en Algérie, en 1940, ce médecin de formation, profondément humaniste, est également président du Conseil français du culte musulman (CFCM), dont les membres ont été élus en avril dernier. Il revient pour Afrik sur le CFCM, le débat sur la laïcité et ses différentes fonctions.
Afrik : Le CFCM est le fruit d’une démarche engagée il y a trois ans. Etes-vous satisfait qu’elle ait enfin aboutie ?
Dalil Boubakeur : Cette démarche a été engagée dans le but très louable d’accueillir l’islam de France à la table de la République. Son déroulement a été délicat. Il s’est fait pas à pas. Il a fallu organiser la consultation, l’élection et définir les principes caractérisant cette démarche démocratique. Son critère général a été d’inscrire l’islam dans le cadre de la laïcité républicaine. Nous avons été très surpris par la poussé fondamentaliste révélée par les élections. Malgré tout, ma présence à la présidence du système s’est fait avec l’accord de toutes les parties.
Afrik : Les travaux du CFCM ont-ils déjà commencé et dans quelle ambiance ?
Dalil Boubakeur : Une douzaine de commissions sont mises sur pied pour aborder tous les grands problèmes qui se posent aux musulmans aujourd’hui, comme la situation des mosquées, le pèlerinage à La Mecque, le mois de Ramadan, la célébration des fêtes religieuses, l’audiovisuel, l’aumônerie, la formation des imams, la viande hallal… Ça se passe bien, dans un climat de travail et de responsabilité. Il y a de bonnes relations entre tous les membres du Conseil. Je me félicite d’ailleurs du fait que chacun ait su oublier les passions de la période électorale.
Afrik : Votre légitimité, critiquée par certains, n’est donc pas remise en cause ?
Dalil Boubakeur : J’ai été le premier à remettre ma légitimité en cause ! J’ai proposé ma démission à plusieurs reprises, notamment à l’annonce des résultats (la Mosquée de Paris n’a obtenu que deux sièges sur les 40 que compte le CFCM, ndlr). Je ne pouvais accepter d’être la minorité de courant libéral et d’être réduit à devenir un président sans pouvoir. Mais j’ai compris que pour la France et pour la stabilité du CFCM, il fallait que la Mosquée de Paris et moi-même soyons les éléments rassurants et équilibrants. Finalement, les craintes vis-à-vis de certains élus se sont révélées sans fondement. Moi qui incarne la modération, je retrouve cette modération dans le travail et la collaboration avec ceux qui pouvaient effrayer.
Afrik : Certains affirment que les musulmans de France n’étaient pas vraiment concernés par la création du CFCM. Le Conseil est-il l’expression de tous les musulmans du pays ?
Dalil Boubakeur : L’expérience a passionné les musulmans de France et ils sont plus de 80% à avoir voté aux élections. Mais il faut comprendre que le culte, ce n’est pas l’ensemble des musulmans. Les jeune musulmans qui ne vont pas dans les mosquées ont peut-être l’impression d’être en-dehors de ce système qui parle pourtant au nom des musulmans. C’est vrai qu’il y a une distorsion par rapport à ces musulmans laïcs. L’organisation concerne ceux qui sont en charge les lieux de culte et sont concernés par la chose religieuse. Le CFCM, c’est la préoccupation et l’expression cultuelle de l’islam en France et d’un islam français.
Afrik : Le débat sur la laïcité bat son plein en ce moment. Qu’en pensez-vous ?
Dalil Boubakeur : En France, le problème de la laïcité se pose car beaucoup de musulmans ont voulu faire entrer dans la loi certaines choses qui concernent le culte. L’exemple du foulard à l’école est le plus symbolique. Il y a ceux qui sont contre la présence des signes religieux mais les fondamentalistes sont pour. Moi, je suis contre ce qui est anti-laïc. L’engagement des membres du CFCM est formel : ne pas empiéter sur la laïcité. Beaucoup de fondamentalistes l’ont compris et accepté.
Afrik : La laïcité n’est donc pas en danger ?
Dalil Boubakeur : La laïcité tient bon. Et les réactions de défense montrent à quel point ses partisans, dont je fais partie, tout religieux que je suis, ne baisseront pas les bras. J’incite tous les musulmans de France à la respecter strictement. La laïcité a surmonté le défi de l’Eglise, elle ne succombera pas au défi de certaines formes de l’islam. Je suis musulman, français et cela me paraît compatible. Les deux cultures se conforment à une même attitude d’humanisme et de progrès et leurs valeurs sont conciliables. Je souhaite dire aux jeunes : l’islam de France est bon pour vous, les cultures française et musulmanes sont bonnes pour vous en tant qu’enrichissement.
Afrik : Recteur de la Mosquée de Paris et président du CFCM… Dans laquelle des deux fonctions vous reconnaissez-vous le mieux ?
Dalil Boubakeur : Mon cursus a été évolutif. Je suis médecin de formation et donc profondément humaniste. J’ai grandi et je me suis formé religieusement à la Mosquée de Paris. Ma nomination est arrivée dans cette droite ligne. La présidence du CFCM est un aboutissement supplémentaire qui n’innove pas fondamentalement dans ma réflexion. En tant que recteur, j’ai l’occasion d’exprimer mes vues libérales, j’ai un contact direct avec mes frères, mes amis, mes fidèles, avec la société française, l’administration, les pouvoirs publics. Cette institution est le trait d’union entre l’histoire de France, le gouvernement français et les musulmans. C’est une tâche exaltante que d’être recteur, surtout dans la période actuelle, devant le développement des tendances radicales et extrémistes, en Europe et dans le monde. La mosquée se présente comme un foyer de libéralisme et d’ouverture.
Afrik : Prière pour les victimes de la canicule, université d’été du Medef (patronat français)… Cet été, vous avez fait plusieurs sorties publiques et remarquées. Pourquoi cette multiplication de gestes symboliques ?
Dalil Boubakeur : Le rôle de la Mosquée de Paris est devenu plus important. Pendant longtemps, je ne savais pas vraiment ce que l’on attendait de nous. Je suis comme le médecin qui n’impose rien contre la volonté du malade, qui n’exprime ses idées que lorsqu’on les lui demande. Lorsque j’appelais les gens à la tolérance, à la paix, j’avais l’impression de prêcher dans le désert. Peu à peu je me suis rendu compte que la société française, dans sa profondeur, m’écoutait en silence. Je la remercie de sa confiance qui s’est manifestée à travers le gouvernement. J’ai fait fi de mes désillusions, de mes déceptions et j’ai voulu multiplier les gestes dans sa direction. Je vais maintenant à pas assurés.
Afrik : Quelle était le but de votre présence parmi les patrons français ?
Dalil Boubakeur : J’ai participé à l’université d’été du Medef pour rappeler les principes intangibles de l’Islam français mais aussi pour ouvrir les yeux des patrons français sur les jeunes musulmans fortement frappés par le chômage. Ils doivent les intégrer. Quant à la prière pour la canicule, elle était adressée à toutes les victimes, pas seulement les musulmans. Je ne fais pas de différence et c’est cette solidarité que j’enseigne à mes frères et sœurs. J’ai également pris la parole la semaine dernière devant 2 000 jeunes dans le sud de la France. Ce sont les acteurs de la France de demain et je veux leur dire qu’il faut éviter le communautarisme, la segmentation dans la société. La France doit rester un melting-pot. Musulman, j’ai choisi de vivre au sein d’une nation que j’aime, aussi je ne veux pas la détruire ou la changer. Je défends l’unité nationale de la France telle qu’elle s’est construite à travers les siècles.
Lien de l’article : http://www.afrik.com/article6609.html
Le double discours de Dalil Boubakeur (partie1 / 2)
Les sorties médiatiques du recteur de la Mosquée de Paris se succèdent, multipliant ainsi les déclarations, sans véritable cohérence. On se demande surtout à quel titre il intervient : serait-ce en sa qualité de recteur de la Mosquée de Paris, de Président du CFCM, ou de simple citoyen ?
Quand bien même on s’habituerait à la « hardiesse » de Dalil Boubakeur à tenir des discours maladroits sur l’Islam et les musulmans, force est de constater que cette fois-ci, son propos va au-delà de l’imagination.
« Soucieux » de trouver une solution aux jeunes filles qui portent le foulard, le Président du CFCM , Dalil Boubkeur a déclaré à la presse :« On peut envisager quelque chose de symbolique et d’accepté par le milieu scolaire qui, par une couleur, par une forme et par une taille, permette à la jeune musulmane de se sentir en règle avec la religion. » (1)
« Quelque chose de « symbolique !? ». On est en droit de s’interroger sur cette obsession du recteur de la Mosquée de Paris, à parler de « symbole », de « signe », etc… Puis Dalil Boubakeur ajoute « Un substitut qui ne soit pas le voile mais qui ne soit pas rien, un petit bandana ou, pourquoi pas, un petit bandeau blanc ou un serre-tête vert, aux couleurs de l’islam ? ». Outre que ses « propositions » sont terriblement farfelues pour ne pas dire scandaleuses, le Président du CFCM persiste à souligner le caractère prétendument symbolique du foulard.
Faut-il rappeler que le foulard n’est en aucun cas un signe religieux. Il n’y a donc nul besoin de lui chercher un quelconque substitut symbolique. La jeune fille musulmane qui porte le voile dans un pays musulman, le fait-elle au titre de montrer son appartenance religieuse ? Evidemment non ! Pourquoi alors, Dalil Boubakeur cherche-t-il tant à faire passer le foulard pour un signe religieux, si ce n’est pour contribuer à le faire interdire en tant que tel ? (2).
Comment peut-on oser proposer de remplacer le foulard - prescription divine - par « un bandana », « un bandeau », ou pire encore par un serre-tête « vert aux couleurs de l’islam ».
D’où Dalil Boubakeur sort-il que le vert est la couleur de l’islam ? Ce stéréotype n’est évoqué que par des profanes dont la connaissance de l’islam demeure vague et superficielle. Le vert n’est pas la couleur de l’islam, Monsieur le Recteur, pas plus qu’une autre couleur, d’ailleurs.
Les musulmans de France, déjà suffisamment ridiculisés par la fameuse « main de Fatima » (3) qu’on leur a proposée, pouvaient bien se passer de ces « propositions ». Constatons toutefois, que plus le recteur fait montre d’une attitude « conciliante » - au détriment même des droits fondamentaux des musulmanes, comme c’est le cas ici - et plus ses interlocuteurs se raidissent comme l’a pu constaté Dalil Boubekeur lui-même : « Le CFCM avait souhaité, mi décembre, être associé à l’élaboration de la loi sur les signes religieux à l’école. La réponse est tombée vendredi : c’est non. » Ce « non », convenez-en, Monsieur le Président du CFCM, est un véritable désaveu !
Qu’à cela ne tienne ! En dépit de tout ce qui a été sus mentionné - qui n’est en fait que la partie visible de l’iceberg - d’autres déclarations bien plus graves et dommageables de Dalil Boubakeur ont été formulées. Des déclarations extraites d’un document officiel, que Dalil Boubakeur pourra difficilement nier en les imputant à un journaliste malveillant, qui lui aurait prêté des propos qu’il n’aurait jamais tenus. (4)
Afin donc que le lecteur puisse se forger une opinion objective des propos de Boubakeur tenus devant la commission Debré en sa qualité de président du CFCM, je l’invite à prendre le temps de lire l’intégralité de la déclaration, disponible sur le site de l’Assemblée Nationale.(5)
La première question que le président de la commission lui a posé était d’une grande clarté : « est-ce que selon vous le port du voile pour les femmes relève d’une obligation du coran ? ». A une question aussi claire et précise, on pouvait s’attendre à une réponse aussi claire et précise de la part du Président du CFCM. Hélas, ce ne fut pas le cas. Dalil Boubakeur n’a pas trouvé mieux que de répondre : « La communauté est divisée sur l’interprétation à donner aux textes ; les théologiens ne sont pas tous d’accord. ». Il n’y a pourtant aucune division au sein de la communauté des croyants sur cette question, et encore moins entre les théologiens, toute école confondue.
Dans la suite de sa réponse, le recteur se prête à un pseudo exposé de théologie, expliquant : « il y a deux lectures du Coran : une lecture littérale… et une lecture symbolique » Certes, ce qu’il dit ici n’est pas tout à fait faux. Ces deux écoles existent bien et d’autres encore. Mais ce qu’il ne dit pas (c’est là une omission douteuse), est que l’exégèse symbolique, qu’elle soit rationnelle ou mystique, ne transgresse jamais les limites orthodoxes de l’exégèse littérale et ne contredit jamais le sens littéral.
Voila comment Abu ’Ali al-Djubbâ ’i, exégète rationnel, commente le verset 31 sourate 24 (6) : « Khumur, c’est-à-dire : maqâni’ qui est le pluriel de miqna’a, voile de tête retombant jusqu’à terre ». Concernant le verset 59, sourate 33 (7), il affirme : « que faut-il entendre par djalâbîb ? Les habits, la tunique (qamis), le voile de tête (khimâr), et tout ce dont la femme se couvre ». (8) Par ailleurs, Al-Hujwiri précisait qu’ « une interprétation allégorique ne peut jamais contredire le sens apparent et exotérique d’un texte, ni le remplacer, car c’est là de toute évidence une prérogative de Dieu et de sa révélation » (9)
A ma connaissance, seule une personne a interprété ces versets coraniques en aboutissant à un sens qui contredit le sens apparent. Il s’agit en l’occurrence du Mufti sans moquée Soheib Bencheikh. Il faut dépasser, selon ce dernier, l’interprétation « archaïque » du Coran : « le voile a été conçu par le coran pour protéger la femme. Aujourd’hui, la protection de la femme, c’est son éducation, son instruction. Aujourd’hui, le voile de la musulmane en France, c’est l’école, laïque, gratuite et obligatoire » Un délire doublé d’une forte dose d’hypocrisie. Le problème n’est pas le voile, qui n’a jamais empêché la musulmane de s’instruire. Bien au contraire, le problème réside plutôt dans le fait qu’on lui refuse l’instruction à « l’école laïque… » sous prétexte justement qu’elle porte le voile.
Suite à la réponse plutôt confuse de Boubakeur, le Président de la commission lui repose à nouveau la question sur le port du voile : « il faut donc porter le voile ? ». La réponse du recteur est pour le moins insolite : « Cette recommandation (il s’agit du verset 59 sus cité) se termine par la formule suivante : « Dieu est pardonneur et miséricordieux. » Cela ne fait donc pas partie des obligations habituelles du Coran qui précise : « Dieu est terrible dans les châtiments » ou « Dieu est rapide dans ses châtiments ». Quelle interprétation fantaisiste, et surtout quelle audace ! Dalil Boubakeur se réfère-t-il à un livre d’exégèse pour comprendre pourquoi le verset se termine par : « Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux » ? (10) Manifestement non ! S’ il l’avait fait, il aurait compris qu’Allah, de par Sa clémence et Son indulgence, promet à ceux qui désormais se conforment à cette recommandation, le pardon pour leur manquement commis avant la révélation de ce verset. S’appuyant sur des citations coraniques, Dalil Boubakeur réussit presque à convaincre le Président de la commission que le port du voile ne constitue pas une obligation. « Si je vous comprends bien, ce n’est pas une obligation absolue. » déduit le Président de la commission. Le recteur de la Mosquée de Paris répond alors : « Non. Parmi, les 70 péchés de l’islam aucun ne concerne le non port du foulard. » (11). A trois reprises, l’occasion a été donnée au recteur de communiquer une information juste et honnête quant au port du voile en islam. N’oublions pas que Dalil Boubakeur intervenait en tant que représentant de l’Islam. Hélas, à chaque fois ses réponses étaient fantaisistes. Le double discours du recteur de la Mosquée de Paris est pour le moins désolant et particulièrement dommageable. Devant la commission Debré, il affirme qu’il n’est pas obligatoire. En revanche, devant les médias (pour les besoins du marketing ?), il déclare que c’est une obligation religieuse (12). Comment expliquer aussi que le recteur Boubakeur déclare le 31 décembre : « l’avis de l’imam d’Al-azhar, sur le voile n’est pas un quitus… », et que le lendemain même, il lui envoie une lettre en son nom, mais plus grave encore, au nom de l’ensemble de la communauté musulmane de France, afin de le remercier pour la teneur de sa fetwa ?(13). Bref, chacun peut constater que Dalil Boubakeur est passé maître dans l’art du double discours.
Notes :
1.libération du samedi 3 janvier et le monde du dimanche 4 et lundi 5 janvier
2.Cette hypothèse sera davantage développée dans la seconde partie de l’article
3.La main de Fatimah : « La main ainsi représentée est un symbole magique de pouvoir, et est utilisée comme talisman, car elle symbolise la capacité à contrôler la nature (de repousser le regard envieux) et de rétablir l’ordre dans le chaos. Ce symbole est ancien et on le retrouve dans de nombreuses civilisations, chez les indiens d’Amérique du Nord en particulier. En dépit de son nom, elle n’a rien à voir avec Fatimah, fille du Prophète » Dictionnaire encyclopédique de l’Islam, Cyril Grassé, p 240
4.: Souvenons-nous de l’entretien qu’il a accordé au journal 20 Minutes "Islam des banlieues, islam des excités".
5.Rapport N° 1275 - tome II - 5ème partie. Par ailleurs il est intéressant de lire les autres auditions.
6.Sourate An-Nûr (la lumière) verset 24
7.Sourate Al Ahzâb (les coalisés) verset 59. Il est intéressant de lire le commentaire de J. Berque, p 454-455 ; A. Chouraqui, p 856-857 ; et R.Blachére, p 453
8.Voir Daniel Gimaret, « Une lecture mu’tazilite du coran » bibliothèque des hautes études en sciences religieuses, volume CI, pp 635 et 681
9.Dictionnaire encyclopédique de l’islam, p 391
10.Ici, j’ai choisi la traduction de Denise Masson, p 561
11.Allusion au livre : « Les grands péchés » (Al kabâir), dont l’auteur présumé Ad- dhahabi, y recense - sans être exhaustif - 70 grands péchés recueillis parmi d’autres.
12.« Le hijab répond à plusieurs prescriptions coraniques. Des versets des sourates Nour, al Ahzab font obligation aux femmes du prophète, aux femmes des croyants, aux filles du prophète de se couvrir afin d’être mieux reconnues. Il n’y a aucun doute, aucune discussion sur cette prescription » déclare le président du CFCM le 30 décembre à Saphir.net
13.Dans cette lettre que l’Azhar s’est empressé de rendre publique dès le samedi 3 janvier, Dalil Boubakeur écrit : « l’avis religieux du Cheikh d’Al-Azhar sur la question du voile a eu un impact apaisant, et a été bien accueilli à tous les niveaux, et dans tous les milieux de France. Bien entendu, par ce que cet avis est fondé d’une part sur la religion, et d’autre part sur la considération des intérêts généraux » (voir islamonline.net ).
Lien de l’article : http://oumma.com/Le-double-discours-de-Dalil
Dalil Boubakeur expulse des sans-papiers de sa mosquée
vendredi 22 avril 2005 - par le collectif initiateur de l’Appel « Nous sommes les Indigènes de la République »
Alors que les populations issues de la colonisation subissent un traitement discriminatoire dans tous les domaines de la vie quotidienne (logement, travail, santé, éducation, ..), alors qu’elles sont rendues responsables de tous les maux de la société française, la frange la plus précarisée d’entre elles, à savoir les sans papiers, pensait trouver un soutien moral dans son combat pour retrouver justice et dignité auprès des autorités religieuses musulmanes en l’occurrence la Mosquée de Paris. Or, au mépris même des valeurs de solidarité qu’elle est censée véhiculer, le recteur de la Mosquée a fait procéder à l’évacuation des lieux par la Police.
Cette attitude est scandaleuse. Nous, indigènes de la République, dénonçons avec force le comportement du Recteur et condamnons avec la plus extrême vigueur la politique de répression qui s’abat sur les sans-papiers. Le comportement du Recteur de la Mosquée de Paris ne laisse rien présager de bon quant à la gestion de l’Islam de France, dont nous avons dénoncé les mécanismes coloniaux à travers cette structure que constitue le Conseil français du Culte Musulman.
Vive la lutte des sans-papiers !
Le collectif initiateur de l’Appel « Nous sommes les Indigènes de la République »
Lien de l’article : http://oumma.com/Dalil-Boubakeur-expulse-des-sans
Lettre à Dalil BOUBAKEUR
vendredi 9 janvier 2004 - par Saïd Daoui
J’ai pris connaissance de votre position concernant l’attitude que les musulmans devraient adopter face à la décision du gouvernement de légiférer contre les signes religieux (termes hypocritement pudiques pour désigner exclusivement le foulard) à l’école.
Elle soulève en moi un certain nombre de remarques que je ne me prive pas de vous faire partager.
Faut-il revenir sur le spectacle affligeant que vous avez donné à l’ensemble du pays portant aussi effrontément la contradiction à « votre » vice-président (de qui vous disiez deux minutes auparavant que ses propos vous engageaient !) ? Vous avez donné ici une bien piètre image de l’islam et des musulmans : celle de personnes immatures, irresponsables et finalement peu dignes de confiance. Les musulmans, déjà considérés au mieux comme des intégristes archaïques au pire comme des terroristes potentiels, n’avaient nullement besoin de surcroît de bouffonneries de la part de l’instance censée les représenter !
Votre excès de fierté mal placée (n’est-ce pas vous qui vous plaisiez à rappeler à qui veut l’entendre que vous parlez « en tant que président du CFCM » ? !) est parfaitement injustifié et injustifiable quand on sait les conditions de votre accès à ce poste. Vous savez pertinemment, « M. le président », que l’application stricte des règles élémentaires de la démocratie - ce terme évoque-t-il seulement quelque chose pour vous ? ! - ne vous aurait jamais porté à ce poste. Ce faisant, un minimum de décence vous aurait amené à un peu plus de retenue et de sagesse au lieu d’être prompt à « rugir », dans un complexe d’autorité, comme pour montrer pâte blanche à « cette société ».
Venons-en justement au fond de vos propos (si tant est qu’ils en aient un !). Vous osez prétendre du haut de votre siège (ou plutôt devrais-je dire du haut de votre trône de papier !) de président du CFCM que les musulmans et musulmanes ont tout intérêt à « respecter cette société » ! Quelle posture honteuse pour quelqu’un censé être responsable et défendre les intérêts de la seconde religion du pays !
Ceci dit, ma bonté originelle ne peut vous laisser dans votre médiocrité morale et intellectuelle : M. Boubakeur, sachez que les musulmans de France sont des citoyens à part entière et non plus entièrement à part. Ainsi, si leur identité, voire parfois leur présence, est systématiquement montrée du doigt et constamment stigmatisée, il est de leur droit, que dis-je ! de leur devoir de clamer leur désapprobation avec tous les moyens légaux à leur disposition. Et ce avec d’autant plus d’acuité que le pouvoir politique, censé assurer la pérennité et l’unité de corps social, s’apprête à légitimer une injustice par la Loi.
Autre information, que je porte à votre connaissance en toute charité bien sûr : la colonisation n’est plus heureusement (malheureusement pour certains…) depuis plusieurs décennies. Rassurez-vous donc, M. Boubakeur, nul besoin désormais de montrer au « maître blanc » que vous êtes un bon « indigène » totalement disposé à accepter la « mission civilisatrice » du père blanc et paraître ainsi comme le « modéré de service ».
Comme vous l’avez reconnu vous même (doit-on croire qu’il vous parvient de temps à autre des lueurs de clairvoyance !), la France est atteinte d’une maladie que l’on nomme « islamophobie ». Ce n’est pas en occultant, n’est-ce pas cher Docteur Boubakeur, au malade sa maladie que vous l’aiderez à guérir, ni même en minorant cette dernière que son état s’en trouvera amélioré. Au contraire, de courage il faut faire preuve et il faut lui annoncer la triste nouvelle afin qu’il puisse avec vous lutter contre ce mal qui le ronge. Ce malade une fois guéri ne pourra que vous en être reconnaissant. Prenez donc garde, docteur, que le malade une fois remis sur pied ne vous reproche de ne pas avoir été un bon médecin et d’un bien mauvais conseil ! L’Histoire prend note des actes et dires de chacun ; prenez-en la pleine mesure.
Sachez aussi, M. le président de ce vaillant CFCM, que votre rôle n’est pas de faire plaisir à qui que ce soit mais d’être à la hauteur de la lourde responsabilité qui vous incombe. Par conséquent, de grâce, évitez de faire de ce CFCM un véritable satisfecit politique qui donnerait à croire que la translittération du sigle serait effectivement comme on a pu l’entendre ici ou là : Contentez-vous de Faire Comme le Ministre…
Si, enfin, pour des raisons d’ordre politique (intérieure…ou extérieure), il ne vous sied pas d’assumer pleinement votre charge, là encore, dans le même élan de bonté qui a dicté cette volonté inextinguible de vous écrire ces quelques lignes, je vous fais don de ce conseil pour solutionner vos tracas : la démission
Lien de l’article : http://oumma.com/Lettre-a-Dalil-BOUBAKEUR
Boubakeur ordonne le boycottage des funérailles de l’ancien secrétaire d’Etat Barakrok
« Paroissien » de la mosquée du V° arrondissement, Barakrok était unanimement estimé pour son dévouement et son engagement en faveur de l’Islam en France. Mais la mosquée a décidé de boycotter ses obsèques à la demande de Dalil Boubakeur lui-même, qui a interdit notamment à l’imam Bouzidi d’y participer
L’ancien secrétaire d’Etat Abdelkader Barakrok (1915-2006) est mort le 31 octobre à Paris. Il a été enterré à Thiais le 10 novembre. Les participants ont remarqué l’absence totale de la mosquée de Paris aux funérailles de ce musulman pratiquant. « Paroissien » de la mosquée du V° arrondissement, Barakrok était unanimement estimé pour son dévouement et son engagement en faveur de l’Islam en France. Mais la mosquée a décidé de boycotter ses obsèques à la demande de Dalil Boubakeur lui-même, qui a interdit notamment à l’imam Bouzidi d’y participer. Bouzidi avait failli être expulsé en 1992, quand le ministère de l’Intérieur était en conflit avec la famille Boubakeur, qui, par égoïsme, refusa le projet de Fondation destiné à faire fonctionner l’Institut, jusque-là fictif, de la mosquée. Le gouvernement proposait un budget de 20 millions de francs et demandait de séparer l’Institut de la Société des Habous. Le gouvernement algérien donna son accord. Mais les Boubakeur rêvaient de voir ce montant versé à la Société des Habous juste pour compenser la décision d’interrompre le versement de plusieurs subventions ministérielles à ce « monstre juridique », prise en 1980 par le gouvernement Barre. Le permis de séjour de Bouzidi n’a été renouvelé que sur intervention de Barakrok qui déplora la sanction d’un imam (qui était encore estimé par des fidèles sous-informés) à cause d’un recteur parachuté et d’une famille habituée aux passe-droits coloniaux. En obéissant aveuglément à Dalil, Bouzidi montre une ingratitude aggravée par une transgression de la Sunna qui recommande de participer aux funérailles de quelqu’un qu’on avait connu. Bouzidi aurait dû accomplir ce devoir élémentaire en ignorant les caprices et les rancunes d’un « recteur » éloigné de la religion. Bouzidi irritait les fidèles par la flagornerie de ses prêches et son goût pour le culte des personnalités. Il vient de montrer qu’il est un béni-oui-oui qui sacrifie sa dignité à sa servilité. Déjà, Boubakeur avait interdit la participation aux obsèques de Mohamed Ayoubie-Khodja, qui était un voisin de la mosquée depuis 1961, puis celles de l’ancien sénateur Mohamed Guéroui. En apprenant la mort de celui-ci, Dalil s’est exclamé : « voilà enfin une bonne nouvelle » ! Il reprochait à ces deux figures de l’Islam en France de savoir que Hamza Boubakeur n’avait rien à voir avec la religion. De la même façon, Barakrok est coupable à ses yeux d’avoir été au courant des turpitudes de son père. Barakrok avait joué en effet un rôle actif dans la « Commission-Dominati » qui priva la famille Boubakeur des subventions que versaient plusieurs ministères à un « Institut » dont le caractère fictif a été vérifié par une enquête approfondie. Il réussit surtout à faire parvenir au président Giscard d’Estaing le témoignage précis d’une jeune convertie à l’Islam qui accusait Hamza Boubakeur de harcèlement sexuel. Catholique pratiquant, le président fut choqué par l’inconduite d’un « représentant » religieux qui fit l’objet d’une enquête de plusieurs semaines menée par le commissaire Bozec. Cette enquête confirmait que le recteur imposé par Guy Mollet menait une vie dissolue qui ignorait totalement les prescriptions religieuses les plus élémentaires. Giscard d’Estaing promit de l’évincer. Mais la victoire de Mitterrand en mai 1981 compromit ce projet. A l’annonce des résultats du vote du 10.5.1981, H. Boubakeur se fit porter sur les épaules de ses employés qui firent le tour de la cour en manifestant leur soulagement. Barakrok venait de recevoir des menaces de mort écrites maladroitement. Une enquête de la préfecture de police a vite montré que ces menaces avaient été dictées par Hamza Boubakeur lui-même à un de ses employés qui utilisa la main gauche en y mettant un gant. C’est à cette occasion que le préfet de police apprit à Barakrok (qui le connaissait depuis Constantine) que Boubakeur l’abreuvait régulièrement de rapports de pure délation mensongère farcis de fausses accusations accablant tous ceux qui contrariaient ces desseins islamo-affairistes En 1961, il accusa Hadj-Sadok, de « collusion avec les terroristes du FLN », quand il apprit sa nomination au poste d’inspecteur d’arabe en France. Boubakeur reprochait à ce homme intègre d’être renseigné sur les conditions douteuses de son admission à l’agrégation d’arabe en 1949. C’est le souvenir de cette délation qui empêcha Hadj-Sadok de participer aux funérailles de Hamza en 1995.
Samir MEHALLA (Lundi 20 Novembre 2006)
Lien de l’article : http://www.alterinfo.net/Boubakeur-ordonne-le-boycottage-des-funerailles-de-l-ancien-secretaire-d-Etat-Barakrok_a4555.html
Commentaire à l'article : Que pensez-vous du CFCM ?
7 octobre 2008
Tarik a dit :
Que pensez des représentants après de telles paroles de négation de toute fraternité avec nos frères opprimés à travers le monde :
Le CFCM exprime son respect à l’égard de l’armée française pour son action en faveur de la paix dans le monde et espère que cette noble mission lui procure le respect et l’estime des nations et des peuples.
Paris, le 23 août 2008 Mohammed MOUSSAOUI Président du CFCM
Ou encore ceci de la part de l’ancien président du CFCM, le dénommé Dalil Boubakeur qui lui apporte un soutien total à nos sœurs voilées qui sont au lycée et qui ne peuvent s’y rendre à cause d’une loi injuste condamné par les instances internationales des droits de l’Homme
On lui repose encore une question : « Le port du voile peut-il être considéré comme une sorte d’esclavage ?
La réponse de Dalil Boubakeur :" Le port du voile marque une réserve, c’est un signe d’enfermement".
Dans son livre " L’Islam de France sera libéral ", p 87 il affirme : « En effet, le voile est un cache-misère, il donne à voir une panne de l’intégration »
Ou encore
Encouragé par les deux députés Dalil Boubakeur va plus loin dans son propos, je cite : « La laïcité est le fruit d’une exigence de rationalité moderne dans l’organisation de la société et, à l’évidence, elle reste un modèle de valeur universelle, alors que le foulard ne l’est pas. »
Un peu plus loin encore : « Mais les religieux doivent être formés à la compréhension de l’école laïque pour bien comprendre la différence entre la voie publique et l’école laïque qui, à mes yeux, est sacrée : ! : Je suis un enfant de l’école laïque, je sais de quoi je parle. Il faut donc former. L’école, un temps, enseigna l’éducation civique. On apprenait aux enfants à respecter les valeurs de la Nation et à la laïcité. A cette époque, la révolution française composait le principal chapitre de nos études d’histoire. Avec Combes, nous comprenions ce qui avait pu faire de l’école de Jules Ferry l’école du peuple : obligatoire, gratuite, mais laïque ! »
Assalama alaykoum
Lien du commentaire : http://oumma.com/spip.php?page=affiche_commentaire&id_forum=18023
Animal et société
Va-t-on vers une interdiction de la viande halal ? La question paraît a priori farfelue. A priori, seulement. Même si nul n’ose imaginer un instant que les autorités françaises puissent en venir à une telle interdiction, dans les faits cette interdiction est envisageable. Et envisagée.
Grenelle de l’animal. Depuis mars 2008, à la demande de Nicolas Sarkozy et sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, un travail de réflexion sur la question de la protection animale est mené en concertation avec différents acteurs (pouvoirs publics, association de défense du bien-être animal, association de consommateurs, etc.). Trois groupes de travail ont été mis en place, dont l’un, le numéro 3 : Animal, économie et territoires, est consacré à l’abattage rituel - quasi exclusivement. A cette occasion, l’Oaba, la Fondation Brigitte Bardot et autres, ont pesé de tout leur poids pour imposer l’électronarcose et poursuivre leur combat contre l’abattage rituel.
Un lobby actif et efficace
Interdire la viande halal paraît au premier abord tout bonnement invraisemblable. D’abord parce qu’elle représente à elle seule un marché estimé à 5 milliards d’euros en France. Ensuite parce qu’on voit mal comment et surtout pourquoi la viande halal serait désormais interdite en France. Et pourtant. Les actions de lobbying des organisations comme l’OABA (voir Imposer l’électronarcose : les méthodes douteuses de l’OABA) auprès des autorités publiques et la docilité bienveillante de représentants religieux relèguent loin derrière une revendication légitime : manger halal. Si ce travail de lobbying ne vise pas, à proprement parler, l’interdiction de la viande halal, mais à modifier les pratiques d’abattage, dans les faits cet aménagement ne permettra plus d’avoir de viande halal.
L’électronarcose
Une viande est considérée halal si l’animal a été sacrifié selon le rite islamique. La bête doit être en outre en bonne santé, pas blessée ni morte, faute de quoi la viande devient impropre à la consommation. Or, c’est précisément là que se pose le problème de l’électronarcose, qui consiste à envoyer une décharge électrique sur l’animal pour l’étourdir.
Si, en théorie, étourdir un animal, par un choc électrique ou autre, ne contrevient pas aux règles d’abattage selon les principes islamiques, dans les faits il en est tout autrement. S’agissant de la volaille électronasée, on estime à 40 % le taux de mortalité. En d’autres termes, près de la moitié des bêtes meurent avant même d’avoir été abattues. On sacrifie alors des cadavres et non plus des animaux vivants et en bonne santé.
C’est sur cette ambiguïté que jouent les organisations de protection animale quand elles citent les mosquées de Paris, d’Evry ou encore de Lyon qui ont donné leur blanc-seing. Elles affirment à qui veut l’entendre que les principes islamiques n’interdisent pas l’électronarcose, mais se gardent bien de préciser que dans les faits cette même électronarcose contrevient pleinement à ces mêmes principes.
Des musulmans inaudibles
Que la Fondation Brigitte Bardot ou encore l’OABA prônent l’interdiction de l’abattage sans électronarcorse n’a rien de surprenant. Ces organisations sont dans leur rôle, quand bien même une certaine conception fantasmée de la nature animale les amène à adopter des postures exclusivement idéologiques. En revanche, le silence assourdissant des musulmans et leur absence remarquée dans ce débat crucial sont inquiétants.
Animal et Société - participants au groupe de travail n° 3 : Animal, économie et territoires
Arriver après la messe n’est plus acceptable. On ne peut se désintéresser de ses propres intérêts, puis, quand il a été décidé de tout en haut, crier au loup, endosser le vêtement de la pleureuse et adopter une posture victimaire, voire hurler à l’islamophobie. Si les organisations animales devaient arriver à leurs fins, à savoir obliger que tout animal soit étourdi ou électronarcosé lors de l’abattage, il en sera fini de la viande halal. Les musulmans pourront dire leur consternation, mais ce sera trop tard. C’est aujourd’hui, pas demain, qu’il faut discuter et faire valoir ses droits.
Et rien ne servira d’accuser les partisans de l’électronarcose d’islamophobie. Car qu’elles le soient ou non - et nous pensons que ce n’est pas ce qui les motive -, ce n’est pas l’islamophobie qui les aura fait triompher, mais l’absence des musulmans incapables de prendre leurs responsabilités.
Lien de l’article : http://209.85.229.132/search?q=cache:L4C3ixL1nbIJ:www.al-kanz.org/2008/05/13/viande-halal-grenelle-animal/+boubakeur+autorise+l%27%C3%A9lectronarcose&cd=4&hl=fr&ct=clnk&gl=fr
Commentaire au sujet de cet article posté par:
Al-Kanz nous dit le 14 mai, 2008 à 17:52 :
Marie-Aude,
Il n’y aurait rien dans les textes selon Dalil Boubakeur qui justifie l’interdiction de l’électronarcose.
Extrait d’un article de Marianne consacrée à la viande halal
"Chérif Kriouche, patron de la Société française de contrôle de la viande hallal (SFCVH) a trouvé la solution : accepter l’électronarcose (étourdissement de l’animal par électrocution), considérée comme illicite par beaucoup de pratiquants musulmans et donc par nombre d’organismes de contrôle rituel. Apparemment pas par l’influent recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, dont Chérif Kriouche a obtenu la signature convoitée au bas d’un cahier des charges portant sur le contrôle de la traçabilité de la viande halal."
source : http://www.marianne2.fr/VIANDE-HALAL-PETITES-TRICHES-ENTRE-FReRES_a58254.html
On retrouve la même information dans un texte intitulé : Respecter l'animal, c'est aussi respecter l'Homme dont voici le lien : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=62
dans ses auteurs rapportent que :
« Le Docteur Dalil Boubakeur, Recteur de la Mosquée de Paris, a confirmé que l'électronarcose pouvait être pratiquée avant l'égorgement de l'animal lors de l'abattage rituel comme lors de l'Aïd El Kebir (commémoration du sacrifice d'Abraham). Nous espérons que les deux autres grandes mosquées françaises d'Evry et de Lyon (habilitant les " sacrificateurs " officiels) suivront l'exemple du Dr Boubakeur.»
DINER DU CRIF: Lettre ouverte du CMF à messieurs Moussaoui et Boubakeur
Honte à vous M. Moussaoui !! Honte à vous M. Boubakeur !!
C´est avec surprise mais surtout révolte que nous avons pu constater sur les écrans de la chaîne "Public Sénat", lundi 2 mars, la participation du président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), M. Moussaoui, au dîner annuel du CRIF. On savait le CFCM faire l´objet d´instrumentalisatio ns variées et multiples mais cette participation dépasse toutes les limites du supportable.
M. Moussaoui, comment avez-vous pu accepter l´invitation au dîner d´une organisation qui se fait de manière aussi manifeste le relais de la politique criminelle et terroriste de l´Etat d´Israël ? Comment avez-vous osé assister, applaudir et soutenir un tel rassemblement quelques semaines à peine après le déferlement de violence qui a ravagé et dévasté la bande de Gaza ? Non, M. Moussaoui, vous avez fait preuve d´un tel cynisme et d´une telle hypocrisie qu´il est de notre devoir de faire connaître aux musulmans de France cette véritable trahison.
Où est l´époque où vous prêchiez, du haut du Minbar de la Mosquée Al-Boukhari en Avignon, la solidarité avec les Palestiniens, victimes de l´oppression et de la barbarie israélienne ? Où est cette once d´humanité et de fraternité qui aurait dû vous guider tout naturellement à rejeter cette honteuse invitation ? Au lieu de cela, vous avez préféré aller à la soupe en vous pressant, tout comme votre piteux prédécesseur M. Boubakeur, à un dîner mondain d´une association dont l´objectif affiché est un soutien inconditionnel à un Etat voyou qui a déchiqueté des femmes, des enfants, des vieillards et des familles entières.
M. Moussaoui, vous avez atteint le paroxysme de la honte. A la tête d´une institution censée régler les difficultés liées à l´exercice du culte musulman dans notre pays, vous avez non seulement failli à votre mission mais également compromis votre intégrité et votre honneur. Les larmes, les douleurs et souffrances des orphelins de Gaza sont là pour vous le rappeler.
Le Collectif des Musulmans de France dénonce avec la plus grande fermeté cette participation odieuse et choquante. Il appelle les musulmans de France à manifester leur mécontentement et désapprobation à une telle infamie.
M. Moussaoui, il ne vous reste qu´une seule chose à faire pour vous rattraper : démissionnez !
Le Collectif des Musulmans de France. (Jeudi 05 Mars 2009)
Monsieur Boubakeur, on vous va vous montrer le vrai visage d'Israël pour que vous ne puissiez jamais nier la réalité!
NE MEURT PAS ! PALESTINE ...
envoyé par NOORSHAHEED
Dénonçons l’outrage fait à notre communauté par Dalil Boubakeur
Grand rassemblement vendredi 17 avril à 14 h devant la Mosquée de Paris
Il est vrai que les traîtres ont l’habitude de se cacher pour commettre leurs forfaits; Mr Boubakeur n’en avait tout simplement pas besoin parce que cela fait longtemps qu’il n’est plus des nôtres mais bien des leurs. Et comme a dit le Prophète (SBSL) nous lui disons que « les hommes seront avec ceux qu’ils aiment le jour du jugement dernier. »
Voilà quelques déclarations qui ont été faites en notre nom par le recteur de la mosquée de Paris ! :
Au diner du Crif : « Je dirais surtout dans les circonstances où la véritable amitié se manifeste particulièrement lorsqu’il y’a des difficultés dans l’air lorsque cette amitié parait plus utile plus précieuse et je dirais plus sincère que jamais mon amitié traditionnelle et affectueuse … Et comme on dit les malheurs des uns sont souvent les malheurs des autres ceux qu’ils ont vécus donc nous compatissons beaucoup lorsqu’il y’a effectivement des problèmes d’antisémitisme lorsqu’il y’a des situations qui font de la peine à nos frères de la chère communauté juive et nous voudrions par notre présence leur dire que nous sommes là soutien et renfort et … »
A un magazine israélien : « Concernant Israël, je le voie et l’admire comme un pays en pleine expansion et qui a d’énormes ¬possibilités grâce à l’intelligence de sa population, surtout quand on voit comment le pays a mis en valeur ses terres, en comparaison aux terres de ses pays voisins… Israël est l’expression même de l’homme livré à la nature. D’où l’importance à mes yeux, de la connaissance et de l’intelligence humaine…Concernant les derniers évènements à Gaza, je crois personnellement que lorsque des organisations comme le Hamas bombardent pendant des années le territoire d’Israël, elles suscitent forcément des réactions d’Israël et exposent les populations palestiniennes à des représailles. Ce qui est irresponsables et très dangereux… J'ai grandi en Algérie. Je me rappelle que nous disions alors - lorsque des juifs s'installaient dans un village - que la richesse venait avec eux et que s'ils partaient, la misère revenait.»
Il est temps de dénoncer les despotes qui n’ont de légitimité qu’auprès de ceux qui leurs permettent de parler en notre nom et cela au mépris de la volonté de 10 millions de musulmans français.
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