jeudi 30 avril 2009

Les Palestiniens veulent recevoir le pape au pied du "mur"

Paru le lundi 27 avril 2009 sur le site al-Oufok
par La Rédaction


(Photo al-Oufok)

Les habitants du camp de réfugiés palestinien d’Aida, près de Bethléem, veulent recevoir le pape, attendu le 13 mai, dans un lieu qui déclenche la polémique : il construisent une scène en plein air, tout près de l’immense mur de béton gris, section du "mur de séparation" construit par Israël qui les surplombe sur deux côtés.
Le camp d’Aida, où vivent environ 5.000 personnes, situé entre Jérusalem et Béthléem, existe depuis 1948 et la guerre qui a accompagné la naissance de l’Etat d’Israël.
Benoît XVI doit visiter ce camp le 13 mai, et les résidents expliquent avoir choisi cet endroit pour mettre l’accent sur ce qu’est leur quotidien sous occupation militaire israélienne.
Mais le gouvernement israélien a donné l’ordre d’arrêter la construction de cette scène, jugeant que sa proximité du "mur" pose un risque de sécurité. Selon le maire de Béthléem, Benoît XVI, qui est en Terre sainte du 8 au 15 mai, est censé y prononcer un discours et assister à un spectacle de danse folklorique.
Les travaux de construction du théâtre en plein air, d’une capacité d’un millier de places, devraient être terminés d’ici au 5 mai.
Mais les responsables locaux ont expliqué que des soldats israéliens avaient forcé la semaine dernière les ouvriers à quitter le site, mais qu’ils sont revenus et mettent les bouchées doubles pour finir à temps.
"Nous sommes déterminés à recevoir le pape à cet endroit, parce que cela résume les souffrances palestiniennes : le camp de réfugiés, le mur et la tour de garde de l’armée israélienne", explique Salah Taameri, gouverneur du district de Béthléem.
Pour Miki Galin, responsable militaire en Cisjordanie, outre la proximité de la barrière qui risque de poser problème au niveau de la sécurité, cet ampithéâtre est construit dans un secteur sous contrôle israélien et n’a pas les autorisations nécessaires. Et de se refuser à commenter la portée symbolique de l’endroit choisi par les Palestiniens.
Les discussions entre Israéliens et Palestiniens se poursuivent pour trouver un éventuel autre lieu où organiser le discours du pape, mais les responsables locaux notent que le mur est visible de partout dans le camp. "Le mur nous entoure comme une bague entoure le doigt", dit le député palestinien Issa Karakeh.

Lien de l'article: http://www.aloufok.net/spip.php?article455

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