lundi 6 février 2012

Israël entrave la circulation


Publié le 6 février 2012 sur le site lexpressiondz.com

Six ans après son retrait de la bande de Ghaza, Israël contrôle toujours le registre de la population de l'enclave palestinienne ce qui lui permet d'accorder, ou non, des permis de circulation, indique l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié hier.

«Le contrôle d'Israël sur le registre de la population a réduit de façon significative le nombre de Palestiniens enregistrés légalement en Cisjordanie et à Ghaza, probablement de plusieurs centaines de milliers de personnes», estime HRW dans son rapport de 90 pages.

Le rapport intitulé «Oubliez-le, il n'est pas là», explique que seuls les résidents enregistrés par Israël sont en mesure d'obtenir des cartes d'identité, indispensables pour traverser les checkpoints israéliens, et pour obtenir un passeport.

«La façon dont l'armée israélienne contrôle le registre de la population palestinienne (...) a séparé des familles, empêché des Palestiniens de travailler ou d'étudier, interdisant à certains de pénétrer en Cisjordanie ou à Ghaza et à d'autres d'en sortir», précise Human Rights Watch.

Selon l'ONG, de nombreuses familles de Cisjordanie sont séparées depuis des années de leurs proches vivant à Ghaza.

HRW ajoute que 12.000 Palestiniens de Ghaza ne sont pas enregistrés et sont donc privés de toute possibilité de sortir de l'enclave.

URL du billet: http://www.lexpressiondz.com/internationale/147694-israel-entrave-la-circulation.html

Two Front International Struggle For Palestine: An Analysis by Dr. Lawrence Davidson

URL du billet: http://www.intifada-palestine.com/2012/02/two-front-international-struggle-for-palestine-an-analysis-by-dr-lawrence-davidson/

Israël: l'armée de l'Air a un nouveau chef, en pleines tensions avec l'Iran

Publié le 6 février 2012 sur le site lorientlejour;com
OLJ/Agences

Israël a nommé dimanche un nouveau commandant pour son l'armée de l'Air, le général Amir Eshel. Selon un communiqué de l'armée, le général Eshel a été désigné par le chef d'état major, le général Beny Gantz, avec l'approbation du ministre de la Défense Ehud Barak. A la tête de l'armée de l'Air, il va remplacer le général Ido Nehushtan, dont les fonctions prendront fin en mai.

Selon les médias, le général Eshel avait pour principal rival le général Yohanan Locker, attaché militaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu et présenté par certains commentateurs comme plus favorable à des attaques aériennes contre l'Iran.


Comme le général Nehushtan, le général Eshel était responsable du service de planification de l'armée avant sa nomination à la tête de l'aviation.


Amir Eshel a débuté sa carrière militaire 1977 et achevé sa formation de pilote deux ans plus tard. Il a commandé des escadrilles de Phantom et de F-16, géré des bases et servi comme chef des opérations au sein de l'armée de l'Air dans les années 1990. Fils de survivants de l'Holocauste, il a mené en 2003 une formation de trois appareils de l'armée de l'air survolant pour la première fois le camp d'extermination d'Auschwitz en Pologne.

Le choix d'un chef de l'aviation survient alors que la tension ne cesse de monter entre Israël et l'Iran. L'Etat hébreu accuse Téhéran, qu'il considère comme son principal ennemi stratégique, de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, ce que les autorités iraniennes démentent. De nombreux responsables israéliens répètent régulièrement que le pays n'écarte pas une intervention militaire pour contrer le programme iranien.

URl du billet: http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/743616/Israel%3A_larmee_de_lAir_a_un_nouveau_chef,_en_pleines_tensions_avec_lIran.html

Israël - Netanyahu ordonne le silence à ses ministres et généraux sur l'Iran (médias)

URL du billet: http://www.afreeknews.com/sports.php?sport_id=409

نتنياهو لعباس: السلام معنا أو المصالحة مع حماس

Publié le 6 février 2012 sur le site alaqsavoice.ps




غزة – صوت الأقصى
قال رئيس الوزراء الصهيوني بنيامين نتنياهو إن على عباس الاختيار بين عملية التسوية مع الكيان والسلام مع حركة حماس.

وهاجم نتنياهو حركة حماس بشدة وذلك في مستهل جلسة كتلة الليكود البرلمانية اليوم الإثنين 6-2-2012، مضيفاً:"حماس تسعى لتدمير إسرائيل".

ومضى يقول إنه إذا تبين بأن عباس قد اختار تطبيق الاتفاق الذي تم التوقيع عليه في الدوحة فإن المغزى من ذلك سيكون أنه ينبذ طريق السلام ويحبذ التحالف مع حماس.

وتوجه إلى عباس متابعاً:"لا يمكن امساك العصا من طرفيها بل يجب أن تختار بين السلام معنا والمصالحة مع حماس".


Nettoyage ethnique de personnes imaginaires

Publié le 5 février 2012 sur le site mikopeled.wordpress.com
par Miko Peled


Mostafa Tamimi de Nabi Saleh, Bahjat Zaalan et son fils Ramadan de Gaza sont morts le jour de mon cinquantième anniversaire et quelques jours après que Newt Gingrich [un des principaux dirigeants du parti Républicain aux États-Unis - NDLR] avait déclaré que ces personnes appartenaient à un peuple imaginaire. Ils ont été assassinés par l’organisation terroriste israélienne, les Forces de Défense Israéliennes, une organisation qui est soutenue et financée par les États Unis. Un terroriste israélien a tiré une cartouche de gaz lacrymogène sur la tête de la personne imaginaire de M. Tamini et un autre terroriste israélien a tiré une roquette qui a tué les personnes imaginaires de B. Zaalan et de son fils Ramadan. Les deux terroristes ont été formés et entraînés par Israël et armés par les Etats Unis. Les terroristes israéliens ne sont pas imaginaires mais bien réels et ils sont en sécurité, protégés par le régime d’apartheid qui les a entraînés et envoyés en mission, et le système judiciaire israélien s’assurera qu’ils ne seront jamais traduits en justice.
Voilà comment fonctionne la machine israélienne bien huilée du nettoyage ethnique.

Le nettoyage ethnique sioniste de la Palestine n’appartient pas au passé, c’est une campagne permanente mise en œuvre par trois bras de l’État d’Israël : le système éducatif, une bureaucratie aux ordres et les forces de sécurité.

Le système éducatif est destiné à endoctriner et à produire des soldats et des bureaucrates qui exécuteront et appliqueront le nettoyage ethnique. La bureaucratie est chargée de faire des lois qui rendent impossible la vie des Palestiniens. Des lois qui restreignent l’accès des Palestiniens à leurs terres, et qui restreignent leur capacité à se rendre librement à leur travail et à l’école. Cette même bureaucratie exige ensuite des Palestiniens qu’ils payent pour obtenir des permis les autorisant justement à faire ces choses élémentaires qui leur sont refusées. Les forces de sécurité, dont les plus visibles sont les Forces de Défense Israéliennes (FDI), sont chargées de mettre en œuvre les restrictions, de combattre la résistance, armée ou pacifique, et de terroriser les personnes « imaginaires » de Palestine.

Etant donné que mon père était général et que j’ai servi comme soldat dans l’organisation terroriste des Forces de Défense Israéliennes, les gens me demandent souvent comment il se peut que les enfants israéliens qui sont élevés dans une démocratie de type occidental deviennent des monstres une fois qu’ils sont en uniforme. On peut trouver la réponse détaillée dans mon livre, Le Fils du Général, à paraître en février 2012, mais la réponse brève est la suivante : l’éducation – le racisme nécessite une manière de penser qui est façonnée par l’éducation. Afin de rationaliser et de justifier le nettoyage ethnique, le système éducatif israélien décrit les Palestiniens comme culturellement inférieurs, violents et programmés pour l’anéantissement des Juifs, et, en même temps, dépourvus de véritable identité nationale. L’identité nationale palestinienne n’est qu’un produit de l’imaginaire antisémite.

On éduque les enfants israéliens à considérer les Palestiniens comme un problème à régler et comme une menace à éliminer. Ils peuvent passer toute leur vie, comme moi-même qui ai grandi à Jérusalem, sans jamais rencontrer un enfant palestinien. Ils ne savent rien de la vie ni de la culture des Palestiniens qui bien souvent ne vivent qu’à quelques centaines de mètres d’eux.

Les Palestiniens sont décrits comme une menace pour l’existence, et pour ce faire, on a recours à des comparaisons absurdes comme celles de Yasser Arafat avec Hitler, des Palestiniens avec les Nazis, et la résistance Palestinienne avec Al Qaëda. Comme les enfants israéliens ne rencontrent jamais les Palestiniens, ce qu’ils apprennent à l’école, en particulier dans les manuels scolaires, c’est tout ce qu’ils connaissent. Tout ce que les enfants israéliens savent – vu qu’ils ne rencontrent jamais de Palestiniens – ils l’apprennent à l’école, en particulier dans les manuels. Il faut en effet souligner que même s’ils vivent tout près les uns des autres, une grande partie, si ce n’est tout ce que les Israéliens savent de leurs voisins Palestiniens vient de leurs manuels de lycée et des stéréotypes racistes répandus. Les Israéliens ne savent pas que les Palestiniens n’ont jamais eu d’armée, qu’ils ne possèdent pas un seul tank, un seul bateau de guerre ou un seul avion de chasse, qu’ils n’ont pas une seule batterie de canons et qu’ils ne représentent en fait aucune menace militaire. D’après le nouveau livre de Nurit Peled-Elhanan, il n’existe pas une seule photo de personnage palestinien dans les manuels scolaires israéliens, pourtant il y a des millions de Palestiniens en Israël et autour d’Israël. Les Israéliens n’apprennent pas qu’il existe des Palestiniens médecins, enseignants, ingénieurs ou écrivains. Ils n’apprennent pas la poésie ni la prose palestinienne et ils ne lisent pas les ouvrages des historiens palestiniens.

Récemment, dans une conférence, j’ai fait allusion au nettoyage ethnique de la Palestine et quelqu’un s’est écrié : « quel nettoyage ethnique ? ». Les gens n’ont pas conscience du nettoyage ethnique qui est en train de se dérouler en Palestine parce qu’Israël le cache bien et que cela ne préoccupe pas suffisamment les grands médias pour qu’ils posent la question. Dans les principaux groupes pacifistes et de dialogue qui discutent de Palestine / Israël, une des conditions de base des Israéliens est de ne pas poser de questions comme celle du nettoyage ethnique parce qu’Israël n’aime pas parler de ça.

Mais durant ces 64 dernières années, c’est le nettoyage ethnique de la Palestine qui a été et reste le moteur de la politique sioniste envers les Palestiniens. Tous les gouvernements sionistes et tous les partis politiques sionistes de gauche, de droite et du centre soutiennent le nettoyage ethnique. Le système judiciaire israélien ferme les yeux sur les abus de pouvoir, les vols et les meurtres commis par les autorités israéliennes dès lors que ces faits sont perpétrés contre les Palestiniens. Si ces mêmes crimes avaient été commis contre des Juifs israéliens, ils auraient été poursuivis avec toute la rigueur de la loi.

Les partisans du sionisme aiment mettre en avant le fait que le 29 novembre 1947, les Nations Unies ont voté la partition de la Palestine en un État juif et un Etat arabe. Ce qui est passé sous silence dans la fable sioniste, c’est que dans l’année qui a suivi le vote, les forces israéliennes sont parvenues à s’emparer de près de 80 % de la Palestine, à détruire près de 500 villes et villages palestiniens, à tuer des quantités de civils sans défense et à contraindre quelque 800 000 Palestiniens à l’exil.

Ensuite, quand, en décembre 1948, l’ONU a adopté la résolution194 qui demandait à ce que les réfugiés soient autorisés à rentrer chez eux, Israël a commencé à construire des villes et des agglomérations, des parcs et des routes à l’usage des Juifs israéliens sur la terre palestinienne. Puis la Knesset a commencé à adopter des lois interdisant le retour des réfugiés et permettant au nouvel État de confisquer leurs terres.

Quand la guerre a été terminée, les Palestiniens qui sont restés à l’intérieur de l’Etat juif nouvellement créé ont été contraints de devenir des citoyens d’un Etat qui les méprisait et qui les considérait comme un « problème » et comme une « menace ». On les a désignés comme « les Arabes d’Israël », un qualificatif qui les a dépouillés de leur identité nationale et privés de tous les droits à la terre et qui leur a accordé, en tant que citoyens, des droits très limités. Alors qu’auparavant ils étaient les propriétaires légitimes de leurs terres et de leur pays, ils n’existaient désormais plus que selon le bon plaisir du nouveau propriétaire de la terre, l’Etat d’Israël. Les réfugiés palestiniens ont été contraints de s’installer dans des camps de concentration, appelés de façon pratique camps de réfugiés, et ceux qui tentèrent de rentrer chez eux ont été tués. Une unité militaire a été créée dans le but de châtier les réfugiés palestiniens qui « s’infiltraient » pour rentrer dans leur patrie, désormais appelée Israël. Cette unité s’appelait Unité 101, le fameux Ariel Sharon la dirigeait et elle s’est rendue célèbre comme bande d’assassins disposant du droit de tuer des Palestiniens.

Donc, sans tenir compte du mythe, désormais perpétué par Newt Gingrich entre autres, qui prétend qu’il n’y a pas eu de nettoyage ethnique utilisant la force, nous savons aujourd’hui que la création d’Israël n’a été rendue possible par une campagne systématique de nettoyage ethnique, menée par la milice juive, impliquant des massacres, le terrorisme et le pillage généralisé de toute une nation.

Newt Gingrich, passionné d’histoire s’il en est, pourrait s’intéresser à l’anecdote que je mentionne dans mon livre, Le fils du Général, au sujet de ma mère. Elle est née et elle a grandi à Jérusalem et elle se souvient des maisons des familles palestiniennes de son voisinage à Jérusalem ouest. Elle m’a dit que quand elle était petite, le samedi après-midi elle se promenait dans ces quartiers, admirant la beauté des maisons, regardant les familles assises ensemble dans leurs beaux jardins. En 1948, quand les familles palestiniennes ont été contraintes de quitter Jérusalem ouest, on a offert à ma mère une de ces belles maisons spacieuses mais elle a refusé. A 22 ans, mariée à un jeune officier de l’armée disposant de peu de moyens financiers et avec deux enfants en bas âge, elle a refusé une belle maison spacieuse, qu’on lui a proposée à titre entièrement gratuit, parce qu’elle ne pouvait pas accepter l’idée de vivre dans la maison d’une famille qui avait été contrainte de partir et qui vit maintenant dans un camp de réfugiés. « Le café était encore chaud sur les tables et les soldats sont entrés et ils ont commencé le pillage », m’a-t-elle dit. « Peux-tu imaginer combien ces familles, ces mères doivent regretter leur maison ? » se demandait-elle et elle poursuivait : « Je me souviens avoir vu ces camions chargés du butin pris par les soldats israéliens dans ces maisons. Comment ont-ils pu ne pas avoir honte d’eux-mêmes ? » Il y a eu des milliers et des milliers de maisons prises dans toutes les villes du pays.

Allons maintenant jusqu’en 1967 avec le mythe qu’Israël se battait pour son existence, car il était attaqué par des armées arabes venant de toute part. On a beaucoup écrit à ce sujet mais rien n’est plus révélateur que les procès-verbaux de l’État-major des FDI à partir de juin 1967, juste avant la guerre. Selon les généraux, dont l’un était mon père, Matti Peled, non seulement il n’y avait aucune menace sur l’existence de l’ État mais les mêmes généraux ont clairement établi que l’armée égyptienne avait besoin d’au moins un an et demi avant d’être prête pour la guerre et que c’était donc le moment opportun pour l’attaquer et la détruire. L’armée a fait pression sur le Cabinet pour autoriser une attaque et en effet le Cabinet a approuvé une attaque contre l’Égypte. Les Forces de Défense israéliennes ont détruit l’armée égyptienne et sont ensuite allées attaquer la Jordanie et la Syrie. Il a fallu aux FDI six jours et 700 morts pour tuer un nombre évalué à 15 000 soldats arabes, prendre la Cisjordanie, le plateau du Golan et la péninsule du Sinaï. On peut préférer penser qu’il s’est agi d’un miracle mais c’était une attaque bien planifiée et bien exécutée contre des pays qui n’avaient pas de forces militaires opérationnelles.

L’armée israélienne avait ainsi rempli son objectif de conquérir la totalité de la Terre d’Israël et la dés-arabisation de la Palestine pouvait désormais se poursuivre en Cisjordanie et à Gaza.

Dès les premiers jours de l’État d’Israël, les Forces de Défense israéliennes se sont donné pour mission d’être le tyran le plus violent de la région. Aujourd’hui les FDI n’ont qu’un but : mener une guerre totale contre les Palestiniens en terrorisant les civils palestiniens, en kidnappant les enfants chez eux et faisant preuve de violence contre ceux qui protestent. On a en mémoire le niveau de violence des FDI à tout moment, la dernière démonstration de force importante étant le bain de sang qui a duré trois semaines à Gaza et qui a commencé le 27 décembre 2008. Des centaines de tonnes de bombes ont été déversées sur Gaza par les pilotes israéliens, ces bombardements ont été suivis par une invasion massive de forces terrestres. Tout cela dans le but de terroriser une population civile sans défense dont 800 000 enfants.
Cela fait maintenant quatre décennies qu’Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie et l’Etat y a construit et investi en grande quantité. Mais l’ensemble de l’investissement et de la construction en Cisjordanie ont été réalisés pour y faire venir des Juifs. Les terres palestiniennes sont prises à un rythme inquiétant, les maisons sont détruites et des milliers d’habitations brûlées, tandis que l’industrie, les routes, les marchés, les écoles, les résidences closes avec piscine sont construits uniquement pour les Juifs. L’eau, qui est la ressource la plus rare de toutes, est contrôlée et distribuée par l’autorité israélienne. De l’eau selon le principe suivant : les Israéliens reçoivent 300 mètres cubes d’eau par personne et par an. Par comparaison, en Cisjordanie et à Gaza, les Palestiniens reçoivent entre 35 et 85 mètres cubes par personne et par an, alors que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande un minimum de 100 mètres cubes d’eau par personne et par an. Mais ce qui est plus grave, c’est qu’on alloue aux colons israéliens en Cisjordanie 1 500 mètres cubes d’eau par personne et par an. Les Juifs de Cisjordanie vivent au milieu de pelouses verdoyantes et de piscines tandis que bien souvent les Palestiniens n’ont pas d’eau du tout. Peut-être que les personnes imaginaires n’ont nullement besoin d’eau.

La dés-arabisation de l’histoire de la Palestine est un autre élément crucial du nettoyage ethnique. On banalise 1 500 ans de domination et de culture arabe et musulmane en Palestine, on est en train de détruire les marques de cette existence et tout cela est fait pour relier de façon absurde l’antique civilisation des Hébreux avec l’Israël d’aujourd’hui. L’exemple le plus éclatant aujourd’hui, c’est à Silwan, (Wadi Hilwe), une ville qui touche la Vieille Ville de Jérusalem et qui compte quelque 50 000 habitants. L’État d’Israël est en train d’expulser les familles de Silwan et de détruire leurs maisons parce qu’il prétend que le roi David a construit là une ville il y a environ 3 000 ans. Des milliers de familles seront jetées à la rue afin qu’Israël puisse construire un parc pour commémorer un roi qui a peut-être ou peut-être pas vécu il y a 3 000 ans. Il n’existe pas l’ombre d’une preuve historique qui puisse démontrer que le roi David ait jamais vécu et cependant des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards palestiniens, ainsi que leurs écoles et leurs mosquées, leurs églises et leurs anciens cimetières et toutes les preuves de leur existence doivent être détruits et qui plus est niés afin d’appuyer les revendications sionistes aux droits exclusifs sur la terre.

Dès lors que l’on relie les points un à un, il n’est pas difficile de voir que l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza n’est qu’une petite partie de la question israélo-palestinienne. Le véritable enjeu est le nettoyage ethnique en cours de la Palestine par l’État sioniste. L’issue pour les Israéliens comme pour les Palestiniens, c’est de s’opposer au nettoyage ethnique en s’opposant à toutes ses manifestations. Cela signifie soutenir le mouvement du Boycott, de Désinvestissement et de Sanction contre Israël, BDS pour parler brièvement, cela signifie participer activement à la lutte populaire non-violente en Palestine et cela signifie remettre en cause les lois racistes qui régissent Israël en les bravant. Il faut qu’il y ait un appel clair et sans équivoque pour reconnaître que les FDI sont une organisation terroriste et que ses officiers sont des criminels de guerre. De plus, la discrimination illégale à l’encontre des Palestiniens, qu’ils vivent ou non en Israël/Palestine, pratiquée par les responsables de la sécurité à l’aéroport Ben Gourion et à d’autres points d’entrée en Israël/Palestine doit être remise en cause. La lutte pour la démocratie dans notre patrie partagée n’est pas différente de la lutte sur la Place Tahrir et elle peut en fait être considérée comme faisant partie du Printemps Arabe.

URL du billet:  http://mikopeled.wordpress.com/2012/02/05/nettoyage-ethnique-de-personnes-imaginaires/

"L'accord avec le Hamas revient à abandonner la paix" dixit Netanyahu

Publié le 6 février 2012 sur le site 7sur7.be

"Le chemin de la paix" selon les seules vues sionistes !!! 

© afp

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé lundi que le président palestinien Mahmoud Abbas devait choisir entre la réconciliation avec le Hamas et le "chemin de la paix" avec Israël.

"Si Abou Mazen (Mahmoud Abbas, NDLR) applique ce qui a été signé à Doha, il choisit d'abandonner le chemin de la paix pour se joindre au Hamas", a déclaré M. Netanyahu, cité par un communiqué de son bureau, après la signature au Qatar d'une déclaration commune entre M. Abbas et le chef du Hamas, Khaled Mechaal, pour appliquer leur accord de réconciliation.

"C'est soit la paix avec le Hamas, soit la paix avec Israël, vous ne pouvez pas avoir les deux", a lancé M. Netanyahu à l'intention de Mahmoud Abbas, lors d'une réunion avec les ministres de son parti, le Likoud.

"Le Hamas n'a pas accepté les exigences minimales de la communauté internationale et non seulement ne reconnaît pas Israël et les accords signés, mais ne renonce pas au terrorisme", a-t-il affirmé.

La communauté internationale boycotte le Hamas, vainqueur des dernières élections palestiniennes en 2006, qui gouverne la bande de Gaza. Elle exige pour traiter avec le mouvement islamiste qu'il reconnaisse Israël et les accords signés et renonce à toute forme de violence.

"La déclaration de Doha" signée lundi prévoit que Mahmoud Abbas assume la direction du "gouvernement d'entente nationale formé de technocrates indépendants pour faciliter la tenue d'élections présidentielle et législatives et entamer la reconstruction de la bande de Gaza" prévu par l'accord sur la réconciliation palestinienne.

Les négociations de paix israélo-palestiniennes sont suspendues depuis septembre 2010, après une brève reprise. (belga)

06/02/12 16h00

Apprenons à reconnaître un chef d'Etat (2)

Publié le 5 février 2012 sur le site dieguez-philosophe.com
par Manuel de Diéguez


A lire ou à relire Apprenons à reconnaître un chef d'Etat (1)

La semaine passée nous avions fortement insisté sur la nécessité de lire le volet 1 de la nouvelle chronique de Manuel de Diéguez intitulée Apprenons à reconnaître un chef d'Etat ; ce lundi,  après la nouvelle sortie de l’« horribilis » Mr Claude de l’actuel gouvernement Sarkozy, ministre de l’Intérieur de son état, qui a déclaré ce week-end devant des sympathisants de l’extrême droite (inutile en effet de tourner autour du pot!) "Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas". "Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient", "Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique." nous réaffirmons davantage encore, la nécessité de prendre le temps de lire les analyses d’un homme, dont la France aurait eu le plus salutaire des intérêts, à ce qu’il figure parmi les candidats aux élections présidentielles de ce pays, pour prétendre par le biais du suffrage universel, en assurer la saine et éthique gouvernance !

Il est évident alors, que tous les flibustiers de droite et de gauche, candidats à la présidence de la République française, tous de purs produits périssables de notre prétendue « civilisation supérieure », auraient paru, lors des faces à face télévisés de campagne, sinistrement peu civilisés face au très honorable et cultivé Manuel de Diéguez! 




La semaine dernière, je vous ai proposé une première analyse de la vocation des grands chefs d'Etat de civiliser leur nation ; et j'ai tenté de vous démontrer que la marche des civilisations passe par les conquêtes progressives de la pensée rationnelle. C'était tenter de donner à la notion même de souveraineté politique un contenu émancipateur, c'était rêver d'armer la liberté d'un contenu intellectuel, c'était s'engager sur le chemin d'une histoire de notre conque sommitale que l'intelligence critique aurait tracée de siècle en siècle, c'était prétendre sceller les retrouvailles de la guerre de notre espèce contre les illusions tantôt de ses sens eux-mêmes, tantôt de son imagination religieuse, c'était soutenir que le véritable destin politique de la planète est inscrit dans la bataille multimillénaire de notre cervelle pour la conquête de son propre devenir, c'était rappeler que notre époque est celle de la rencontre de nos connaissances scientifiques avec le décryptage des ultimes secrets psychiques de notre espèce, puisque la politique est devenue l'agent de liaison planétaire entre notre instinct de survie et la puissance de plus en plus redoutable de nos armes. Du coup, le droit public devenait le nouveau baromètre de la politique et de la civilisation confondues.

La question imposée à l'anthropologie scientifique par ces prolégomènes inquiétants est maintenant celle de savoir quelles relations le grand homme d'Etat entretient avec l'instinct animal qui, lui aussi, rattache la liberté à la propriété d'un territoire. Quels sont les liens que les civilisations entretiennent avec leur tanière, comment les plus hautes conquêtes de l'intelligence trouvent-elles leur assise dans un terrier, pourquoi les sociétés privées de leur sol périssent-elles dans la servitude?

Telle est la question de jour en jour plus pressante que nous pose la vassalisation de l'Europe sous le joug de l'occupation militaire américaine de son habitat. Du coup, la réflexion sur la stature émancipatrice de l'homme d'Etat en vient à occuper le centre de la science politique. Car si le capitaine tient le gouvernail d'une civilisation condamnée à demeurer en marche ou à périr, on demande au philosophe et à l'anthropologue de rédiger en commun le nouveau "Discours de la méthode" qu'appelle la raison politique mondiale.
 
1 - Les ophtalmologues de l'humanité
2 - La dégénérescence cérébrale et la dégénérescence politique
3 - Aux sources de la sorcellerie démocratique
4 - Les sorciers d'aujourd'hui
5 - La politique de la dignité humaine
6 - L'industrie des ténèbres
7 - L'homme d'Etat et l'avenir de l'Europe de la pensée
8 - L'immoralité de "Dieu"
9 - Une démocratie acéphale
10 - Le salaire des sorciers
11 - L'exilé volontaire
12 - Les méditants
1 - Les ophtalmologues de l'humanité
 

L'intelligence politique de l'homme d'Etat civilisateur se nourrira de la simplicité même du spectacle que l'histoire entière du monde présente à son regard. Qu'en est-il du solide bon sens que requiert la compréhension du déroulement de la pièce? Il est des évidences sauvages, mais d'une grande charge de vérité.

Pour comprendre ce point inaugural, considérons un instant l'habillage zoologique dont la pensée politique se revêt encore de nos jours: tout vrai chef d'Etat voit au premier coup d'œil qu'un continent occupé par cinq cents garnisons de l'étranger incrustées sur son sol depuis plus de six décennies n'est qu'un cadavre politique à ramener à la vie. Voyons comme le diagnostic des ophtalmologues du trépas est sans appel: jamais, disent-ils, un habitacle asservi à une puissance extérieure depuis trois générations ne reconquerra la liberté de jugement indispensable à l'exercice d'une souveraineté réelle s'il ne change d'encéphale, jamais aucun élan du cœur, jamais aucune ambition de l'esprit ne prendront une forme viable dans le creuset des cerveaux vassalisés par l'étroitesse de leur horizon mental.

Quand une occupation militaire enracinée sous la meule du temps - des traités internationaux auront été doucereusement conclus et signés entre des Etats de figurants - aura fait souche dans les têtes des moribonds de la politique, une longue mascarade diplomatique légitimera des fantômes. Le droit international sera rendu aussi illusoire que pain bénit. Sachez qu'un chef d'Etat dont la cervelle n'apercevrait pas le tranchant d'un glaive triomphant sous un montage politique aussi artificiel que féroce, qu'un tel chef d'Etat, dis-je, ne dispose en rien du jugement qu'exige l'exercice réel de sa charge.

2 - La dégénérescence cérébrale et la dégénérescence politique

Ce premier constat nous aidera à suivre le sillon creusé par le soc d'une raison politique d'un calibre supérieur à celui des mourants, tellement nous nous dirons que si la cécité cyclopéenne des Etats européens actuels est partagée par toute la classe dirigeante d'une civilisation autrefois glorieuse, il nous faudra descendre dans les abysses inexplorés du genre simiohumain d'hier d'aujourd'hui et de demain afin de tenter d'en découvrir les racines.
Du coup, le gouffre qui nous semblait immense et impossible à combler entre l'instinct politique des bêtes en liberté et les aménagements cérébraux ultérieurs dont nos sociétés civilisées se sont progressivement dotées, ce gouffre même rendra prospective notre intelligence trans-zoologique encore en germe; car cet abîme nous incitera à raccorder la surface des choses à une spéléologie du pithécanthrope. Pourquoi, nous demanderons-nous, la raison politique la plus rudimentaire du simianthrope originel, celui dont la guerre se réduisait à un combat pour sa survie, peut-elle se trouver entièrement anéantie par les conquêtes ultérieures de sa raison?

Naturellement, nous dirons-nous, si M. François Bayrou ne sait plus ni ce que signifie, dans les profondeurs du psychisme simiohumain actuel, la croyance béate aux prodiges religieux pourtant les plus sots d'autrefois, ni quelles plantes le bathyscaphe de la pensée moderne ira chercher au fond des mers, il nous deviendra plus aisé de comprendre pourquoi un chef d'Etat ficelé des quatre membres au ciel des millénaires antérieurs ne saurait disposer du recul nouveau dont l'homme politique a besoin. Mais encore nous faudra-t-il apprendre à démonter pièce par pièce l'échafaudage cérébral dont notre espèce s'est armée siècle après siècle; sinon, inutile de seulement tenter de nous expliquer clairement par quel prodige une civilisation fondée depuis la Renaissance sur les sciences exactes, donc sur la distanciation spécifique qu'appelle l'esprit de logique, peut produire des boîtes osseuses inaccessibles à l'éclairage politique le plus élémentaire; et si nous n'acquérions pas une connaissance détaillée de l'arrière-monde aveugle à lui-même qui commande encore la cécité cérébrale du singe devenu semi-réflexif d'aujourd'hui, jamais nous n'observerons au microscope le statut mental et la spécificité psychique qui n'appartiennent qu'aux hommes d'Etat de haut vol.
Car l'animal en bonne santé chasse de son territoire l'intrus qui prétendrait s'y implanter à demeure. Quelle est donc la maladie qui entraîne l'atrophie, puis l'extinction radicale de ce savoir inné chez les bêtes au sein d'une civilisation cérébralisée en apparence par des idéalités spéculaires? L'examen de ces idoles autoglorificatrices exigera une spectrographie des sacralisations verbales pseudo promotionnelles entièrement inédite; et il nous appartiendra de percer les secrets de fabrication du pithécanthrope totémisé par son langage. Car la sorcellerie incantatoire, fulminatoire et pestifératoire des primitifs a changé de flèches et de miroirs.

3 - Aux sources de la sorcellerie démocratique

Voici la balance dont les plateaux recevront l'un la cervelle du singe demeuré muet, l'autre celle d'une humanité rendue paralogique du haut des cieux, voici le fil d'Ariane qui nous conduira à l'examen critique des sciences théoriques - celles qui nous donnent l'illusion fascinatoire que nous soumettrions la nature à notre parole, mais qui nous conduiront maintenant à l'inspection sacrilège des souterrains zoologiques qui téléguident encore les civilisations oniriques de notre temps.

Apprenons seulement, pour l'instant, que Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939) assurera nos premiers pas et que nous avancerons à grandes enjambées dans la connaissance de la topographie du cerveau de la démocratie et de son mythe de la liberté; car nous apprendrons que le sorcier assis sur le rivage est un géographe et un opérateur à distance. Sa conviction est entière: il se trouve, pense-t-il, aux commandes de la baleine qu'il suit des yeux et qui croise au large. L'action censée abolir les distances est la clé de l'esprit magique.

A la suite de ce précurseur de l'anthropologique critique que fut Lucien Lévy-Bruhl, le monde moderne qualifie la mentalité des primitifs de projective. Mais la psychanalyse a fait de si grands progrès dans la spectrographie de l'inconscient simiohumain qui pilote le vocabulaire encore si proche de l'animal dont témoigne la raison scientifique occidentale qu'un Erich Fromm (1900-1980) - le "pieux" en allemand - observait déjà quelques traits saisissants de l'esprit viscéralement projectif qui téléguide toutes les religions du monde - mais non encore la magie qui sous-tendait la physique pré-einsteinienne.

Voici les étapes intellectuelles que nous aurons à parcourir avant de nous colleter à nouveaux frais avec la question du génie spectrographique qui caractérise les plus grands hommes d'Etat, c'est-à-dire leurs capacités naturelles de transcender la raison demeurée semi-animale de leurs congénères. Car si tout homme politique d'envergure est un anthropologue-né, comme il est suggéré plus haut, c'est parce que ce type de civilisateurs sait d'instinct sur quelle assise le cerveau semi animal des Etats et des nations s'est construit. L' arrière-monde des sauvages qu'il contemple en libérateur du joug de la magie lui a permis de descendre plusieurs siècles avant les anthropologues actuels dans les entrailles des sorciers et des exorcistes dont toutes les civilisations simiohumaines font encore leur principale nourriture cérébrale.

Car, se dit l'homme d'Etat prospectif, si la croyance en l'existence extérieure à la conscience de tous les dieux ou d'un seul est nécessairement une représentation des divers personnages cosmiques enfantés par la volonté des visionnaires de la politique et si ces sorciers de plus en plus avisés ont fini par installer un souverain de génie dans le néant; et s'ils ont fait d'un sorcier suprême du cosmos leur maître sur la terre, c'est que cet acteur unique sera donc un politologue de toute première force, puisqu'il se rendra capable de prendre sur ses épaules le fardeau le plus lourd, celui de guider et d'administrer l'univers dans toute son étendue. De plus, cet empereur solitaire de la vie et de la mort de ses sujets sera également un législateur de génie, un moraliste de premier rang et un protecteur adroit, donc un dirigeant polyvalent dans l'ordre du fascinatoire.

Du coup, il se sur-idéalisera de main de maître par "l'intercession" d'un animal déjà devenu relativement réflexif. Il me faudra donc, se dit l'apprenti des Etats destinés à devenir pensants, il me faudra approfondir mes analyses rudimentaires des entrailles de la sorcellerie et de la magie, ce qui me fera accéder à une psychanalyse transcendantale des ressorts qui commandent la raison projective de toutes les "créatures" soumises à un maître imaginaire de l'univers; puis il me faudra décrypter l'inconscient politique des prosternations qui sous-tendront également et nécessairement les constructions théoriques de la physique mathématique des ancêtres. Alors seulement je connaîtrai l'assiette cérébrale de la science politique naïve d'autrefois, qui s'étendait jusqu'à expliquer la dromonanie de la matière cosmique."

4 - Les sorciers d'aujourd'hui

C'est pourquoi, se dit notre civilisateur des Etats d'aujourd'hui, la première physique mathématique que l'Occident s'est construite reposait sur le langage juridique, donc politique hérité des Romains : à partir de cette mimétique primitive, les usages et coutumes constants, mais aveugles et muets de la matière inanimée se calquaient docilement sur une mise en ordre du monde elle-même imitatrice et vénératrice du règne alors rigide et ritualisé qu'exerçaient les lois sur les cités en cours de civilisation. Alors les redites mystérieuses de l'inerte se sont mises à parler par la voix du droit censé les habiter, à la manière, précisément, dont le sorcier de Lucien Lévy-Bruhl se croyait l'acteur dont la voix mettait la baleine en mouvement au large. Mais nous apprendrons également que le cosmos est une baleine guidée par la relativité générale d'Einstein, et non à l'écoute de l'espace et du temps à trois dimensions au nom desquelles les hommes d'autrefois se prenaient pour des sorciers de la matière en mouvement. Le terrain se trouve donc suffisamment déminé pour que nous approfondissions jusqu'au vertige la notion encore en voie d'élaboration, de "raison projective" de Lévy-Bruhl, puisque le genre simiohumain actuel auquel nous appartenons encore est demeuré tout entier une immense tribu de sorciers inconsciemment agenouillés devant la statue de leur langage régulateur, donc candidement projecteur de personnages cérébraux censés régir les constances des comportement du cosmos.

Nous observerons donc comment les premiers dieux sont nés de la voix et du langage des chefs de tribu donc des hommes politiques rendus instantanément agissants dans l'étendue, puis censés exister concrètement par les soins empressés de soutiens matériels multiples et de nombreuses jambes de force - ciboires, encensoirs, parfums, autels, bougies. De même les citoyens actuels "objectivent" les diverses nations auxquelles ils "appartiennent" à projeter le concept omniprésent de patrie sur des uniformes, des décorations, des robes noires, des galons, des drapeaux, qui n'y peuvent mais, les pauvres. Car Dieu et la France ne sont vivants que dans nos têtes. Sachons qu'il est illusoire de tenter de substantifier des acteurs omnipotents de l'esprit - ils sont immatériels par nature. Les supports physiques à l'aide desquels nous nous efforçons de les secourir, ils s'en moquent comme d'une guigne. Se loger dans la baleine du sorcier, nous disent-ils, c'est fabriquer des corps à l'aide de vos voix.
Et voilà que nous commençons de rendre intelligible qu'un agrégé de Lettres puisse demeurer aveugle en politique; car il se croit assis sur le tas d'or d'un savoir qu'il croit rendre "objectif" à l'école des signifiants physiques censés les habiter et qu'il projette sur eux et en eux par magie; mais il ignore que la chosification des signes et des signaux ne renvoie jamais qu'à la fausse monnaie que frappent les sorciers autoréfléchis dans le miroir de leur parole, celle que forgent les gigantesques ateliers de la conscience pseudo démocratique de l'humanité actuelle. Le mythe de la Liberté agissante à distance est l'ultime héritier de la baleine ensorcelée de Lévy Brühl.

Du coup, le concept de justice devient le moyen abstrait du char de l'histoire, du coup, l'accès à l'animal ignore la médiation de la politique et la scolarisation du langage fétichise les savoirs.

5 - La politique de la dignité humaine

Parvenus à ce point de notre initiation au regard que l'homme d'Etat civilisateur porte sur l'animal spécularisé, donc totémisé - regard dont bénéficiaient déjà les grands esprits désensorcelés du passé - nous nous demanderons de quelle émancipation du joug et des recettes de l'esprit magique et de quelle élévation intellectuelle et morale une lucidité désillusionnée en apparence armera l'homme d'Etat libérateur.

Pour faciliter notre cheminement sur ce sentier, observons le lien étroit qui rattache la chosification magique des valeurs, d'une part, aux principes qui régissent la vassalisation politique de l'Europe, d'autre part, et comment le langage chosifiant des sorciers de la démocratie véhicule sous nos yeux la servitude à laquelle nos aînés se trouvaient encore plus systématiquement asservis que nous-mêmes. Car c'est au nom de la défense universelle des droits de l'homme et pour le salut de notre espèce censée menacée par l'arme nucléaire iranienne que l'Amérique a convaincu l'Europe asservie de frapper d'un embargo le pétrole de la Perse. Mais outre que les Etats-Unis n'en sont pas acheteurs, ce qui ne coûte rien à l'affichage de leur blason démocratique, il ne s'agit nullement de conjurer un prétendu danger atomique, mais seulement de perpétuer l'hégémonie militaire et politique d'Israël au Moyen Orient; et comme Israël est devenu le maître du Congrès et des élections présidentielles du Nouveau Monde, la sorcellerie projective à laquelle la parole réputée démocratique de Washington s'exerce depuis 1945 nous aide à observer le véritable enjeu, c'est-à-dire les objectifs politiques concrets d'un empire. Le discours messianisé et le message idéaliste de la civilisation mondiale sont construits sur le même modèle évangélisateur que le mythe du salut des chrétiens, qui cachait l'expansion politique et guerrière de l'Eglise sous le masque de la "rédemption" des pécheurs - donc sous le drapeau de leur "rachat" au diable dans les griffes duquel ils étaient censés être tombés.

Ce sera donc à la lumière de la connaissance anthropologique du cerveau ensorcelé de l'humanité tout entière et de l'histoire sotériologique que nous radiographierons l'homme d'Etat de génie; car ce qu'il observe en psychobiologiste de la servitude mentale dont les semi évadés de la zoologie se trouvent frappés de naissance, ce qu'il aperçoit en outre et bien au-delà de ce premier paysage, c'est que l'extension impérieuse du mythe démocratique à la pestifération et à la damnation de l'Iran n'est elle-même que l'avant-scène appelée à camoufler les ressorts de l'intrigue centrale, celle de la conquête du "Grand Israël".

Chacun sait que l'arme atomique iranienne est mythologique par nature et par définition, puisque inutilisable face à un adversaire qui en dispose également. Mais les huit détenteurs actuels d'une foudre inutile sont de mèche pour feindre de disposer effectivement de cette arme de sorciers; et cette magie politique fonctionne bel et bien sur tous les esprits. De plus, le langage des ensorceleurs qui la présentent sous un jour apocalyptique en Iran se révèle d'un usage politique bien plus facile qu'en Cisjordanie. Car, face à Téhéran, Israël brandit le souvenir du massacre ou du génocide de la "shoah", tandis qu'à Jérusalem et en Cisjordanie, Jahvé se présente en conquérant pliant sous le faix de ses armes: impossible de cacher son glaive au regard du monde entier. L'escamotage magique de l'histoire réelle sous le masque ensorcelé de la sotériologie démocratique se trouve tellement pris en défaut sur le terrain qu'il faut recourir à la face évangélique, rédemptrice et messianique du mythe de la Liberté, celle dont les idéaux verbaux de la démocratie sont devenus les idoles parlantes. On voit que la subtantification politique, donc physique, du discours sacré des modernes révèle le fondement psycho cérébral d'une espèce dont Lévy Brühl n'avait pas compris que la baleine du sorcier en est l'archétype.

6 - L'industrie des ténèbres

Et maintenant, pourquoi nous jeter tout subitement un cours de théologie élémentaire à la figure? Parce que, comme il est dit plus haut, la diabolisation du monde a changé d'affûtiaux et de registre, la damnation démocratique a fait débarquer sur la terre une cargaison de mille sortilèges nouveaux - le sceptre de la Liberté lance à son tour les foudres de l'excommunication majeure des mal-pensants. Une fois de plus, exercez-vous à une analyse d'entomologistes des alliances du droit avec le sacré.
Un grand homme d'Etat perdrait le titre de civilisateur s'il ne se montrait un émancipateur. Que vaudrait ce libérateur s'il ne signait un pacte avec le destin de l'intelligence trans-théologique qui nous attend? Apprenons à reconnaitre les traits d'un timonier de la France du savoir et de la raison, d'un guide et d'un pédagogue de la connaissance des origines zoologiques des autels.
Vous savez, comme il est dit plus haut, que M. François Bayrou se dit laïc et dévot, mais qu'il ferme résolument les yeux sur les secrets psychobiologiques des sacrifices cultuels. Pourquoi un chef d'Etat pensant détournerait-il son attention des assassinats rémunérés dont se nourrit la piété, pourquoi ignorerait-il les fondements politiques des offrandes rituelles que réclame le ciel d'un quémandeur? Le tribut dont un boucher du salut a tarifé le montant, telle est la clé secrète du marché du trépas; et ce boucher cache les cordons de la bourse des dupés de la mort et de l'éternité.

C'est que l'homme est un guerrier-né; mais il est libérateur, pour nous, de savoir qu'à ses yeux, il n'est pas d'ennemi qu'il ne pense terrasser à mains nues, il est émancipateur, pour nous, de découvrir que si nous nourrissons l'ambition de mettre la mort hors de combat, nous ne disposerons jamais que d'un banquier de nos songes. Qu'en est-il du pourvoyeur d'une immortalité que nos ancêtres avaient mise à l'abri d'un crack du ciel? Pour tuer la mort à notre plus grand avantage, nous diront les théologiens, conquérez votre éternité à la sueur de votre front; et pour vous procurer le bien le plus précieux de tous, acquittez à l'idole le prix de la victime la plus chère - Isaac, Iphigénie, Jésus-Christ, Socrate, Muhammad. Rien n'est trop coûteux à la bourse de l'usurier de l'immortalité.

Mais pourquoi les mortels se livrent-ils à un négoce de prébendes avec le vendeur de leur survie dans les nues? Pourquoi marchandent-ils à la corbeille la résurrection dispendieuse de leur charpente? Le titanesque engrangeur et profiteur de nos squelettes serait-il un acheteur de nos ossements? C'est que notre espèce s'est mis en tête d'acheter une cité fleurie dans l'au-delà. Observez les clientèles du ciel : elles refusent tout net de se domicilier dans un palais aux murs lézardés et dont elles ne connaîtraient ni l'architecte, ni l'administrateur, ni le percepteur. Le loyer de l'éternité se calcule au ras des guichets. Et pour que le bail de l'immortalité se trouve garanti par la signature des acheteurs de bonne foi, assurons-nous devant notaire de la solidité des créneaux de la forteresse, exigeons les gages les plus sûrs de la validité des clauses du contrat, ne lésinons pas sur le montant des crédits du funèbre - sinon le risque sera grand de nous trouver expulsés de notre saint sépulcre. Alors, nous serons précipités à jamais non seulement dans le noir, mais dans les rôtissoires les plus brûlantes. Si nous entendons bénéficier d'un pacte qui nous mettra à l'abri des tortures, les arrhes à verser entre les pattes du vengeur divin sera d'un montant impossible à chiffrer - il y a longtemps que les milliers de bœufs, de chèvres et de moutons autrefois sacrifiés en bonne et due forme ne suffisent plus aux mâchoires édentées d'un ciel privé des crocs de l'ogre du Déluge. Le christianisme est retourné à la férocité masquée d'un sacrifice enrubanné de cantiques, celui d'un seul congénère, mais hors de prix et tout entouré des dentelles et des sonnettes du salut.

7 - L'homme d'Etat et l'avenir de l'Europe de la pensée

"Quelle chance, se dit le civilisateur de l'Etat et l'émancipateur de nos têtes, quelle chance que l'avenir politique de l'Europe de la pensée dépende, une fois encore, de notre capacité de reprendre la direction cérébrale d'une civilisation que nous avions forgée sur l'enclume de la pensée rationnelle. Au XVIIIe siècle, la France des conquêtes, donc des audaces de l'intelligence avait pris plusieurs longueurs d'avance sur le gabarit de l'humanité moyenne de ce temps-là. Pour la première fois depuis le miracle grec, les combats de la lucidité passaient à nouveau par le larcin du feu du ciel. Certes, la Renaissance avait régénéré l'espérance prométhéenne: le sacré, pensait-on, allait desserrer son étau sur l'encéphale des évadés partiels du règne animal, Adam allait prendre possession d'une boîte osseuse animée d'un nouvel élan.

Las, on avait bel et bien retrouvé intactes quelques pièces du musée des Lettres et de la pensée antiques; mais les humanistes avaient loupé le rendez-vous de leur cervelle avec l'interprétation des codes ensanglantés qui mettent en branle les charpentes osseuses des idoles. Et maintenant, par quel paradoxe le naufrage même des têtes prospectives redonne-t-il au Vieux Monde l'espoir de percer la digue qui sépare les tempêtes de la mer des plates-bandes de la terre ferme, tellement la menace d'un nouvel ensevelissement de l'humanité dans les ténèbres de l'ignorance et de la peur conduit à un approfondissement vertigineux de la connaissance des divinités dont cette espèce projette les effigies parallèles aux siennes dans le vide de l'immensité?

Il y a trois siècles, les combats d'une théologie coincée entre les périls et les promesses du trépas n'étaient pas encore devenues intellectuellement féconds, parce qu'au cours des ultimes convulsions d'un mythe sacré, il se trouve réduit aux soubresauts d'une longue agonie ; et il s'éteint avec lenteur dans les rituels desséchés auxquels se livrent ses derniers fidèles. Mais l'arrivée massive sur le territoire de la France de millions de croyants attachés aux écrits et au culte d'une autre divinité que celle des Capétiens provoque fatalement une suffocation subite des songes pieux dans les têtes qu'intéressent encore les Olympes nationaux; et comme il se trouve qu'un dieu né seulement au VIe siècle de notre ère se présente nécessairement moins ridiculement fagoté de représentations anachroniques de l'univers de la matière que celles des chrétiens, qui se sont trouvés ligotés un millénaire et demi durant à la physique astronomique de Ptolémée, l'étude anthropologique des immolations récompensées que pratiquent les carnassiers des nues conduit le XXIe siècle à plonger dans les souterrains immémoriaux que le mythe et la politique se partagent; car, depuis la nuit des temps, ce sont des torrents d'hémoglobine rémunérés qui coulent des entrailles de l'histoire.

8 - L'immoralité de Dieu

Voltaire rendait encore la sainteté des chrétiens sommitale dans les burettes et les ciboires de la "tolérance" religieuse. Une séparation titanesque, mais trompeuse entre le ciel sanglant des sacrifices dits "satisfactoires" et l'histoire, non moins féroce, du simianthrope sur les arpents de ses propitiatoires illustrait l'asphyxie continue d'une foi monarchique étranglée entre les clochettes de la piété et le massacre sacré hérité des ancêtres. Mais la suffocation politique de l'Europe de droit divin entre ses dévotions séraphiques et sa fournaise ardente conduit l'anthropologie religieuse contemporaine à plonger dans les entrailles animales de l'histoire que les hommes et leurs idoles se sont partagé de tous temps; et cette science au scalpel emprunte nécessairement les seuls chemins encore praticables, ceux d'une civilisation ouverte à l'approfondissement ressuscitatif du "Connais-toi".

Alors, l'homme d'Etat civilisateur fait intrusion, une fois de plus, dans la connaissance scientifique du seul animal glorifié par son effigie oscillante entre ses sucreries et ses égorgements et qui se fait accompagner dans les nues par un souverain impérieux du cosmos. Car, dit-il, les philosophes du XVIIIe siècle n'avaient nullement compris que les dieux sont nécessairement des copies de l'immoralité native de leurs inventeurs et que les sacrifices de sauvages que cette espèce pratique depuis les origines photographient le fonctionnement immolatoire d'une bête diablement meurtrière. Le déplacement du champ de la caméra auquel procède l'anthropologue du sacré illustre la prophétie de Nietzsche selon lequel christianisme périra de son immoralité; mais la naissance d'un regard de l'extérieur sur les religions sacrificielles et sur leurs organes internes les révèle également des décalques lénifiants, donc des édulcorants du tribut sanglant que les sociétés s'offrent sur les étals qu'elles sont à elles-mêmes. Voilà qui met un fil à la patte de Voltaire: l'anthropologie des meurtres religieux court vers un nouvel avenir de la connaissance abyssale de l'humanité, celle que nourrit la dissection des dieux simiohumains; et c'est sa propre effigie, sa propre histoire, sa propre politique que le pithécanthrope autopsie à l'aide du bec et des crocs du vautour de Prométhée.

Qu'en sera-t-il du civilisateur des neurones d'une Europe à remettre en avance sur l'encéphale du reste du monde et qui méritera le rang et le titre de chef d'Etat émancipateur? C'est seulement de paraître s'abaisser, disait Pascal, que la raison libératrice progresse entre les récifs de l'histoire: le chrétien des origines en savait moins que les païens trompés par la fausse science d'eux-mêmes que les effigies de leurs dieux leur dispensait. Déjà le continent du bistouri de la pensée s'apitoie sur le scalpel émoussé des ancêtres, déjà, il jette un regard de commisération sur les rêves d'enfants des peuples qu'enorgueillissait et que faisait trembler le sceptre de leurs ogres divinisés.

9 - Une démocratie acéphale

Reprenons: si M. François Bayrou ignore de quoi il est question sur la mappemonde quand il vous donne tantôt à goûter le gâteau au miel d'une laïcité décérébrée, tantôt de quoi faire briller le chandelier doré des idoles que sécrète l'histoire américaine du monde, comment représenterait-il une autre France que celle qui s'éclaire tour à tour aux bougies du ciel des ancêtres et aux ripolinages des idéalités de la démocratie mondiale?

Observez l'humanité réelle que la théologie vous apprend à regarder droit dans les yeux, observez le dieu cloué sur l'offertoire sanglant de sa créature! Au regard de la sainteté suante sur une potence, la sainteté démocratique vous semble bon enfant; ne vous enseigne-t-elle pas que toutes les religions ne seraient qu'une friandise inoffensive? Mais si force effluves crucificatrices flattent encore les narines des néophytes de la démocratie mondiale, apprenez à humer le vrai parfum des propitiatoires de la politique sur la scène internationale.
Car, dit l'homme d'Etat aux fines narines, la question de la solidité ou de la fragilité de nos têtes est devenue celle du pilotage civilisateur ou barbare de la planète; et si notre souveraineté cérébrale ne reposait pas sur une avance de notre intelligence sur la raison des générations précédentes, nous n'éviterons pas le naufrage d'une Europe à la recherche de sa lanterne de Diogène. Pourquoi notre laïcité ignore-t-elle aussi bien l'odeur des entrailles de notre politique que celle de nos sacrifices de l'autel? Si le chef de l'Etat que nous élirons se révélait inapte à redresser le mât de la pensée critique sur la minuscule "extrémité d'un continent" qu'évoquait Valéry, notre sort d'otages de cent religions de notre rapetissement, mais armées de douze porte-avions géants - l'Angleterre, la France et la Russie réunies n'en alignent que quatre et d'un plus petit tonnage - notre sort d'otages nous rappellera que toute religion privilégie un Etat et que le Zeus de nos sacrifices est toujours assis sur le trône de la plus musclée de ses créatures.

Comment un chef d'Etat qui n'aurait pas observé les entrailles politiques du sacré naviguerait-il toutes voiles dehors, comment une humanité asservie à mille bases militaires d'un empire essaimé sur les cinq continents conquerrait-elle un vrai regard sur une mer hérissée de récifs?

10 - Le salaire des sorciers

Et maintenant, allons visiter les souterrains de la connaissance de l'histoire la plus profonde, celle qui nous ouvrira les portes d'un empire de l'inconscient dont seule une raison épurée nous fournira les clés. Car, dans les temps antiques, on qualifiait l'univers d'orbis terrarum, ce qui renvoyait l'homme d'Etat à un cosmos assorti d'une voûte tridimensionnelle située à une faible distance de la terre. Mais les étoiles ont cessé d'encercler un système solaire noyé dans l'infini.

Aussi n'est-ce plus la gestuelle primitive de la bête muette que retrouve l'homme d'Etat, ce n'est plus le coup de patte du lion offensé par l'insultant locataire de ses arpents qui inspire la liberté des visionnaires et des prophètes de la politique, ce n'est plus seulement un chapardeur effronté que ce souverain chasse de son jardin : à l'origine des cités, les auspices traçaient dans le ciel l'enceinte réservée à la tribu et doublée de l'effigie de ses dieux. Le civilisateur des Etats modernes, lui, retrouve l'acte fondateur de toute politique, celle du pédagogue et du prêtre à nouveau confondus; car c'est derechef au titre de guide des ascensions futures de la raison qu'il nous exhorte à chasser l'occupant. Ne nous croyons pas devenus pensants à batifoler, à folâtrer et à butiner dans l'oisiveté des vassaux - sinon nous ne retrouverons pas la fierté de l'animal qui défend son terrier.

Le chef d'Etat de génie est devenu un libérateur et un ascète de l'intelligence. Son premier coup d'éclat? Le refus de toucher le salaire des sorciers. Un émancipateur habité par la vocation des "appelés" n'est pas achetable. La nation croit s'être assuré les services d'un magicien du langage; et elle entend rémunérer grassement ses mérites. Mais sa vocation élève le peuple dont il a la charge à une autre hauteur. Entre ses mains, l'appareil du pouvoir, comme on dit, n'est jamais qu'un instrument ; et son autorité morale se fonde précisément sur le rejet du rôle abaissant d'un stipendié de l'appareil d'Etat. Car le véritable souverain, ce n'est ni l'Etat, ni la République, ni la nation, ni le Parlement, ni le suffrage universel, mais l'esprit de justice, le véritable souverain, c'est le génie de la logique qui déclare que le droit sera le premier défenseur de la civilisation de la raison et que le chef de l'Etat se place au premier rang des serviteurs de l'esprit. On entre en politique comme on entrait autrefois dans les ordres.

11 - L'exilé volontaire

Le peuple lui-même ne sera souverain que s'il rejette les oripeaux de la servitude. Quand une nation entière se met à danser autour du veau d'or de l'étranger, l'homme d'Etat se tourne vers ses supérieurs hiérarchiques et ses inspirateurs, les prophètes, et il leur demande de substituer leur voix à la sienne. En tout homme d'Etat civilisateur sommeille un grand exilé volontaire. Lycurgue avait demandé à la Pythie de Delphes de prendre la relève de son œuvre de législateur et de déclarer à sa place que les nouvelles lois de Sparte lui ont été dictées par la volonté des émancipateurs divins de son temps.

La France est à la recherche du libérateur qui dira à l'Europe entière: "Tu n'as plus de dieux extérieurs à vénérer, tu n'as plus de sceptre du ciel devant lequel te prosterner. Sache donc que la voix en altitude de la conscience du monde n'a jamais appartenu qu'à toi seul. Agenouille-toi devant ce souverain, mais donne-lui tes ordres, commande-lui de chasser l'occupant, mets à la voile et vogue pavillon haut - sinon le monde entier portera un regard de mépris sur les fers que tu auras attachés aux pieds de la nation dont la conscience est le dieu."

Quelle sera la spiritualité du XXIe siècle? Les religions se voulaient ascensionnelles, mais elles n'étaient pas prospectives. Aussi immobilisaient-elles l'humanité à l'école d'un sacré voué à la pétrification. Seule la raison est élan, souffle, appel des hauteurs.

12 - Les méditants

Et maintenant, voyons à quel point l'infirmité cérébrale des hommes d'Etat-fantômes d'aujourd'hui est proprement cérébrale et combien elle exprime la faiblesse spirituelle qui paralyse leur raison, voyons à quel point l'asthénie de leur intelligence révèle les ultimes secrets de la vassalité qui les entrave : car leur appartenance à la magie vocalisée des démocraties les réduit au rang de sorciers du mythe de la liberté. Savez-vous quel fut le premier mot de vassal de M. Nicolas Sarkozy après son élection ? "Combien je touche?"
Que manque-t-il à l'homme sans recul du Fouquet's, de l'Epad, du yacht de Bolloré, que manque-t-il au visiteur infantile de Disney Land, sinon un regard de civilisateur sur la France, les Français et le monde? Que manque-t-il au défenseur des moulins à prière des sorciers du Tibet, sinon une fraction, même infime du génie du premier exterminateur de la magie, le Bouddha, qui mit les hommes en était de veille et d'éveil et qui fit, de son intelligence de généalogiste et d'anthropologue de l'illusion, un instrument acéré de l'évasion et de l'ascension de la raison, que manque-t-il à l'homme-enfant qui croyait que les empires sont gentils et qu'il est payant de caresser la crinière des grands fauves, sinon le télescope des visionnaires de l'encéphale simiohumain, que manque-t-il au mime égaré sur le pont du navire qu'on appelle l'histoire, sinon la longue vue de l'éducateur des nations, que manque-t-il au gesticulateur qui brise la coque de la France sur des rochers à fleur d'eau, sinon l'œil d'aigle des civilisateurs? L'homme d'Etat de demain rappellera, aux côtés de Socrate, que si gouverner, c'est prévoir, alors la prévoyance exige le regard contemplatif des grands méditants. La spiritualité du XXIe siècle se forgera sur l'enclume de l'histoire en marche .

Le 5 février 2012

The Case Of Uri Avnery I: “Shukran, Israel” Analyzed And Refuted


A must read! What a brilliant analysis!

URL du billet: http://www.intifada-palestine.com/2012/02/the-case-of-uri-avnery-i-shukran-israel-analyzed-and-refuted/

The Case Of Uri Avnery II: Hasbara, Supremacism And The Future Of Solidarity
URL du billet: http://www.intifada-palestine.com/2012/02/the-case-of-uri-avnery-ii-hasbara-supremacism-and-the-future-of-solidarity/

Un produit chimique inconnu pulvérisé à l'intérieur des voitures palestiniennes aux checkpoints israéliens

Publié le 6 février 2012 sur le site ism-france.org
Par Abir Kopty

5 févier 2012 - Dernièrement, je suis allée à Jenin toutes les 2-3 semaines avec des membres de ma famille. Nous achetons nos légumes au marché de la ville. Samedi dernier, au checkpoint israélien, nous avons eu la surprise de découvrir une nouvelle technologie pour vérifier les voitures "suspectes". Habituellement, le contrôle se passe comme ceci : les voitures, sur six files, se présentent au checkpoint. Sur chaque voiture, 2 officiers de la "sécurité" demandent les papiers d'identité, et décident si la voiture, et ses occupants, représentent ou non une menace majeure à la sécurité d'Israël et à son existence. Si non, l'officier donne au conducteur un ticket blanc, qui prouve qu'il a passé le contrôle de "sécurité". Si oui, alors on lui remet un ticket vert. Si vous avez le ticket vert, vous devez aller plus loin sur votre droite, pour un contrôle spécial. On vous demande d'ouvrir toutes les portières, de sortir toutes vos affaires et de subir un contrôle physique pendant que la voiture est contrôlée séparément.

Un produit chimique inconnu pulvérisé à l'intérieur des voitures palestiniennes aux checkpoints israéliens

Impossible de comprendre la logique des officiers-contrôleurs. Quelquefois notre voiture a le ticket vert, et quelquefois le ticket blanc.

Samedi dernier, nous avons reçu le ticket vert, nous sommes allées sur la voie de contrôle des voitures. Nous avons été surpris par une petite machine étrange qui ressemble aux machines à perfusion qu'on trouve à l'hôpital.

On nous a demandé de fermer les fenêtres arrière et de laisser celles de devant ouvertes d'un centimètre, de sortir de la voiture et d'aller au contrôle physique. Moi et mon frère avons commencé à poser des questions sur cette machine, à quoi elle sert, etc. Ils ont refusé de répondre.

Selon Ha'aretz, cette machine est aussi utilisée au checkpoint de Bethléem et à mon avis, dans beaucoup de checkpoints privatisés ; l'Etat a décidé de sous-traiter la gestion de certains checkpoints à des compagnies de "sécurité" privées pour les "civiliser", une autre tentative vouée à l'échec de blanchir l'occupation.

Ha'aretz décrit ainsi la procédure : Deux tubes sont alors connectés au véhicule - un est relié à une pompe à air, l'autre, qui passe par un filtre minuscule, est attaché au véhicule. Un policier menu d'un chronomètre appuie sur l'interrupteur de la pompe à air."

Photo

Si vous regardez attentivement les photos, vous verrez clairement une petite boite connectée aux tubes avec un matériau inconnu, qu'on pense être, comme l'a dit l'employée d'une ONG internationale à Ha'aretz, "des produits chimiques provoquant des nausées".

Lorsque nous avons repris la voiture, nous nous sommes sentis légèrement étourdis et il y avait une odeur étrange dans la voiture, nous ne savions pas si c'était un effet de notre "imagination délirante" ou de ce qui avait été pulvérisé dans la voiture.

Je suggère aux organisations pour les droits de l'homme de prendre l'initiative de se procurer un échantillon de ce produit et de l'examiner. Je suis pratiquement sûre qu'il est composé de matières prohibés, testées d'abord sur les Palestiniens pour être ensuite commercialisées dans le monde comme nouvelle réussite de la technologie de l'industrie militaire israélienne.

Vidéo jointe à l'article de Ha'aretz ci-dessus :

Source : Abir Kopty
Traduction : MR pour ISM