lundi 6 février 2012
Israël entrave la circulation
Publié le 6 février 2012 sur le site lexpressiondz.com
Six ans après son retrait de la bande de Ghaza, Israël contrôle toujours le registre de la population de l'enclave palestinienne ce qui lui permet d'accorder, ou non, des permis de circulation, indique l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié hier.
«Le contrôle d'Israël sur le registre de la population a réduit de façon significative le nombre de Palestiniens enregistrés légalement en Cisjordanie et à Ghaza, probablement de plusieurs centaines de milliers de personnes», estime HRW dans son rapport de 90 pages.
Le rapport intitulé «Oubliez-le, il n'est pas là», explique que seuls les résidents enregistrés par Israël sont en mesure d'obtenir des cartes d'identité, indispensables pour traverser les checkpoints israéliens, et pour obtenir un passeport.
«La façon dont l'armée israélienne contrôle le registre de la population palestinienne (...) a séparé des familles, empêché des Palestiniens de travailler ou d'étudier, interdisant à certains de pénétrer en Cisjordanie ou à Ghaza et à d'autres d'en sortir», précise Human Rights Watch.
Selon l'ONG, de nombreuses familles de Cisjordanie sont séparées depuis des années de leurs proches vivant à Ghaza.
HRW ajoute que 12.000 Palestiniens de Ghaza ne sont pas enregistrés et sont donc privés de toute possibilité de sortir de l'enclave.
URL du billet: http://www.lexpressiondz.com/internationale/147694-israel-entrave-la-circulation.html
Israël: l'armée de l'Air a un nouveau chef, en pleines tensions avec l'Iran
Publié le 6 février 2012 sur le site lorientlejour;com
OLJ/Agences
Comme le général Nehushtan, le général Eshel était responsable du service de planification de l'armée avant sa nomination à la tête de l'aviation.
Amir Eshel a débuté sa carrière militaire 1977 et achevé sa formation de pilote deux ans plus tard. Il a commandé des escadrilles de Phantom et de F-16, géré des bases et servi comme chef des opérations au sein de l'armée de l'Air dans les années 1990. Fils de survivants de l'Holocauste, il a mené en 2003 une formation de trois appareils de l'armée de l'air survolant pour la première fois le camp d'extermination d'Auschwitz en Pologne.
Le choix d'un chef de l'aviation survient alors que la tension ne cesse de monter entre Israël et l'Iran. L'Etat hébreu accuse Téhéran, qu'il considère comme son principal ennemi stratégique, de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, ce que les autorités iraniennes démentent. De nombreux responsables israéliens répètent régulièrement que le pays n'écarte pas une intervention militaire pour contrer le programme iranien.
URl du billet: http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/743616/Israel%3A_larmee_de_lAir_a_un_nouveau_chef,_en_pleines_tensions_avec_lIran.html
OLJ/Agences
Israël a nommé dimanche un nouveau commandant pour son l'armée de l'Air, le général Amir Eshel. Selon un communiqué de l'armée, le général Eshel a été désigné par le chef d'état major, le général Beny Gantz, avec l'approbation du ministre de la Défense Ehud Barak. A la tête de l'armée de l'Air, il va remplacer le général Ido Nehushtan, dont les fonctions prendront fin en mai.
Selon les médias, le général Eshel avait pour principal rival le général Yohanan Locker, attaché militaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu et présenté par certains commentateurs comme plus favorable à des attaques aériennes contre l'Iran.
Selon les médias, le général Eshel avait pour principal rival le général Yohanan Locker, attaché militaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu et présenté par certains commentateurs comme plus favorable à des attaques aériennes contre l'Iran.
Comme le général Nehushtan, le général Eshel était responsable du service de planification de l'armée avant sa nomination à la tête de l'aviation.
Amir Eshel a débuté sa carrière militaire 1977 et achevé sa formation de pilote deux ans plus tard. Il a commandé des escadrilles de Phantom et de F-16, géré des bases et servi comme chef des opérations au sein de l'armée de l'Air dans les années 1990. Fils de survivants de l'Holocauste, il a mené en 2003 une formation de trois appareils de l'armée de l'air survolant pour la première fois le camp d'extermination d'Auschwitz en Pologne.
Le choix d'un chef de l'aviation survient alors que la tension ne cesse de monter entre Israël et l'Iran. L'Etat hébreu accuse Téhéran, qu'il considère comme son principal ennemi stratégique, de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, ce que les autorités iraniennes démentent. De nombreux responsables israéliens répètent régulièrement que le pays n'écarte pas une intervention militaire pour contrer le programme iranien.
URl du billet: http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/743616/Israel%3A_larmee_de_lAir_a_un_nouveau_chef,_en_pleines_tensions_avec_lIran.html
نتنياهو لعباس: السلام معنا أو المصالحة مع حماس
Publié le 6 février 2012 sur le site alaqsavoice.ps
غزة – صوت الأقصى
قال رئيس الوزراء الصهيوني بنيامين نتنياهو إن على عباس الاختيار بين عملية التسوية مع الكيان والسلام مع حركة حماس.
وهاجم نتنياهو حركة حماس بشدة وذلك في مستهل جلسة كتلة الليكود البرلمانية اليوم الإثنين 6-2-2012، مضيفاً:"حماس تسعى لتدمير إسرائيل".
ومضى يقول إنه إذا تبين بأن عباس قد اختار تطبيق الاتفاق الذي تم التوقيع عليه في الدوحة فإن المغزى من ذلك سيكون أنه ينبذ طريق السلام ويحبذ التحالف مع حماس.
وتوجه إلى عباس متابعاً:"لا يمكن امساك العصا من طرفيها بل يجب أن تختار بين السلام معنا والمصالحة مع حماس".
Nettoyage ethnique de personnes imaginaires
Publié le 5 février 2012 sur le site mikopeled.wordpress.com
par Miko Peled
Le nettoyage ethnique sioniste de la Palestine n’appartient pas au passé, c’est une campagne permanente mise en œuvre par trois bras de l’État d’Israël : le système éducatif, une bureaucratie aux ordres et les forces de sécurité.
Le système éducatif est destiné à endoctriner et à produire des soldats et des bureaucrates qui exécuteront et appliqueront le nettoyage ethnique. La bureaucratie est chargée de faire des lois qui rendent impossible la vie des Palestiniens. Des lois qui restreignent l’accès des Palestiniens à leurs terres, et qui restreignent leur capacité à se rendre librement à leur travail et à l’école. Cette même bureaucratie exige ensuite des Palestiniens qu’ils payent pour obtenir des permis les autorisant justement à faire ces choses élémentaires qui leur sont refusées. Les forces de sécurité, dont les plus visibles sont les Forces de Défense Israéliennes (FDI), sont chargées de mettre en œuvre les restrictions, de combattre la résistance, armée ou pacifique, et de terroriser les personnes « imaginaires » de Palestine.
Etant donné que mon père était général et que j’ai servi comme soldat dans l’organisation terroriste des Forces de Défense Israéliennes, les gens me demandent souvent comment il se peut que les enfants israéliens qui sont élevés dans une démocratie de type occidental deviennent des monstres une fois qu’ils sont en uniforme. On peut trouver la réponse détaillée dans mon livre, Le Fils du Général, à paraître en février 2012, mais la réponse brève est la suivante : l’éducation – le racisme nécessite une manière de penser qui est façonnée par l’éducation. Afin de rationaliser et de justifier le nettoyage ethnique, le système éducatif israélien décrit les Palestiniens comme culturellement inférieurs, violents et programmés pour l’anéantissement des Juifs, et, en même temps, dépourvus de véritable identité nationale. L’identité nationale palestinienne n’est qu’un produit de l’imaginaire antisémite.
On éduque les enfants israéliens à considérer les Palestiniens comme un problème à régler et comme une menace à éliminer. Ils peuvent passer toute leur vie, comme moi-même qui ai grandi à Jérusalem, sans jamais rencontrer un enfant palestinien. Ils ne savent rien de la vie ni de la culture des Palestiniens qui bien souvent ne vivent qu’à quelques centaines de mètres d’eux.
Les Palestiniens sont décrits comme une menace pour l’existence, et pour ce faire, on a recours à des comparaisons absurdes comme celles de Yasser Arafat avec Hitler, des Palestiniens avec les Nazis, et la résistance Palestinienne avec Al Qaëda. Comme les enfants israéliens ne rencontrent jamais les Palestiniens, ce qu’ils apprennent à l’école, en particulier dans les manuels scolaires, c’est tout ce qu’ils connaissent. Tout ce que les enfants israéliens savent – vu qu’ils ne rencontrent jamais de Palestiniens – ils l’apprennent à l’école, en particulier dans les manuels. Il faut en effet souligner que même s’ils vivent tout près les uns des autres, une grande partie, si ce n’est tout ce que les Israéliens savent de leurs voisins Palestiniens vient de leurs manuels de lycée et des stéréotypes racistes répandus. Les Israéliens ne savent pas que les Palestiniens n’ont jamais eu d’armée, qu’ils ne possèdent pas un seul tank, un seul bateau de guerre ou un seul avion de chasse, qu’ils n’ont pas une seule batterie de canons et qu’ils ne représentent en fait aucune menace militaire. D’après le nouveau livre de Nurit Peled-Elhanan, il n’existe pas une seule photo de personnage palestinien dans les manuels scolaires israéliens, pourtant il y a des millions de Palestiniens en Israël et autour d’Israël. Les Israéliens n’apprennent pas qu’il existe des Palestiniens médecins, enseignants, ingénieurs ou écrivains. Ils n’apprennent pas la poésie ni la prose palestinienne et ils ne lisent pas les ouvrages des historiens palestiniens.
Récemment, dans une conférence, j’ai fait allusion au nettoyage ethnique de la Palestine et quelqu’un s’est écrié : « quel nettoyage ethnique ? ». Les gens n’ont pas conscience du nettoyage ethnique qui est en train de se dérouler en Palestine parce qu’Israël le cache bien et que cela ne préoccupe pas suffisamment les grands médias pour qu’ils posent la question. Dans les principaux groupes pacifistes et de dialogue qui discutent de Palestine / Israël, une des conditions de base des Israéliens est de ne pas poser de questions comme celle du nettoyage ethnique parce qu’Israël n’aime pas parler de ça.
Mais durant ces 64 dernières années, c’est le nettoyage ethnique de la Palestine qui a été et reste le moteur de la politique sioniste envers les Palestiniens. Tous les gouvernements sionistes et tous les partis politiques sionistes de gauche, de droite et du centre soutiennent le nettoyage ethnique. Le système judiciaire israélien ferme les yeux sur les abus de pouvoir, les vols et les meurtres commis par les autorités israéliennes dès lors que ces faits sont perpétrés contre les Palestiniens. Si ces mêmes crimes avaient été commis contre des Juifs israéliens, ils auraient été poursuivis avec toute la rigueur de la loi.
Les partisans du sionisme aiment mettre en avant le fait que le 29 novembre 1947, les Nations Unies ont voté la partition de la Palestine en un État juif et un Etat arabe. Ce qui est passé sous silence dans la fable sioniste, c’est que dans l’année qui a suivi le vote, les forces israéliennes sont parvenues à s’emparer de près de 80 % de la Palestine, à détruire près de 500 villes et villages palestiniens, à tuer des quantités de civils sans défense et à contraindre quelque 800 000 Palestiniens à l’exil.
Ensuite, quand, en décembre 1948, l’ONU a adopté la résolution194 qui demandait à ce que les réfugiés soient autorisés à rentrer chez eux, Israël a commencé à construire des villes et des agglomérations, des parcs et des routes à l’usage des Juifs israéliens sur la terre palestinienne. Puis la Knesset a commencé à adopter des lois interdisant le retour des réfugiés et permettant au nouvel État de confisquer leurs terres.
Quand la guerre a été terminée, les Palestiniens qui sont restés à l’intérieur de l’Etat juif nouvellement créé ont été contraints de devenir des citoyens d’un Etat qui les méprisait et qui les considérait comme un « problème » et comme une « menace ». On les a désignés comme « les Arabes d’Israël », un qualificatif qui les a dépouillés de leur identité nationale et privés de tous les droits à la terre et qui leur a accordé, en tant que citoyens, des droits très limités. Alors qu’auparavant ils étaient les propriétaires légitimes de leurs terres et de leur pays, ils n’existaient désormais plus que selon le bon plaisir du nouveau propriétaire de la terre, l’Etat d’Israël. Les réfugiés palestiniens ont été contraints de s’installer dans des camps de concentration, appelés de façon pratique camps de réfugiés, et ceux qui tentèrent de rentrer chez eux ont été tués. Une unité militaire a été créée dans le but de châtier les réfugiés palestiniens qui « s’infiltraient » pour rentrer dans leur patrie, désormais appelée Israël. Cette unité s’appelait Unité 101, le fameux Ariel Sharon la dirigeait et elle s’est rendue célèbre comme bande d’assassins disposant du droit de tuer des Palestiniens.
Donc, sans tenir compte du mythe, désormais perpétué par Newt Gingrich entre autres, qui prétend qu’il n’y a pas eu de nettoyage ethnique utilisant la force, nous savons aujourd’hui que la création d’Israël n’a été rendue possible par une campagne systématique de nettoyage ethnique, menée par la milice juive, impliquant des massacres, le terrorisme et le pillage généralisé de toute une nation.
Newt Gingrich, passionné d’histoire s’il en est, pourrait s’intéresser à l’anecdote que je mentionne dans mon livre, Le fils du Général, au sujet de ma mère. Elle est née et elle a grandi à Jérusalem et elle se souvient des maisons des familles palestiniennes de son voisinage à Jérusalem ouest. Elle m’a dit que quand elle était petite, le samedi après-midi elle se promenait dans ces quartiers, admirant la beauté des maisons, regardant les familles assises ensemble dans leurs beaux jardins. En 1948, quand les familles palestiniennes ont été contraintes de quitter Jérusalem ouest, on a offert à ma mère une de ces belles maisons spacieuses mais elle a refusé. A 22 ans, mariée à un jeune officier de l’armée disposant de peu de moyens financiers et avec deux enfants en bas âge, elle a refusé une belle maison spacieuse, qu’on lui a proposée à titre entièrement gratuit, parce qu’elle ne pouvait pas accepter l’idée de vivre dans la maison d’une famille qui avait été contrainte de partir et qui vit maintenant dans un camp de réfugiés. « Le café était encore chaud sur les tables et les soldats sont entrés et ils ont commencé le pillage », m’a-t-elle dit. « Peux-tu imaginer combien ces familles, ces mères doivent regretter leur maison ? » se demandait-elle et elle poursuivait : « Je me souviens avoir vu ces camions chargés du butin pris par les soldats israéliens dans ces maisons. Comment ont-ils pu ne pas avoir honte d’eux-mêmes ? » Il y a eu des milliers et des milliers de maisons prises dans toutes les villes du pays.
Allons maintenant jusqu’en 1967 avec le mythe qu’Israël se battait pour son existence, car il était attaqué par des armées arabes venant de toute part. On a beaucoup écrit à ce sujet mais rien n’est plus révélateur que les procès-verbaux de l’État-major des FDI à partir de juin 1967, juste avant la guerre. Selon les généraux, dont l’un était mon père, Matti Peled, non seulement il n’y avait aucune menace sur l’existence de l’ État mais les mêmes généraux ont clairement établi que l’armée égyptienne avait besoin d’au moins un an et demi avant d’être prête pour la guerre et que c’était donc le moment opportun pour l’attaquer et la détruire. L’armée a fait pression sur le Cabinet pour autoriser une attaque et en effet le Cabinet a approuvé une attaque contre l’Égypte. Les Forces de Défense israéliennes ont détruit l’armée égyptienne et sont ensuite allées attaquer la Jordanie et la Syrie. Il a fallu aux FDI six jours et 700 morts pour tuer un nombre évalué à 15 000 soldats arabes, prendre la Cisjordanie, le plateau du Golan et la péninsule du Sinaï. On peut préférer penser qu’il s’est agi d’un miracle mais c’était une attaque bien planifiée et bien exécutée contre des pays qui n’avaient pas de forces militaires opérationnelles.
L’armée israélienne avait ainsi rempli son objectif de conquérir la totalité de la Terre d’Israël et la dés-arabisation de la Palestine pouvait désormais se poursuivre en Cisjordanie et à Gaza.
Dès les premiers jours de l’État d’Israël, les Forces de Défense israéliennes se sont donné pour mission d’être le tyran le plus violent de la région. Aujourd’hui les FDI n’ont qu’un but : mener une guerre totale contre les Palestiniens en terrorisant les civils palestiniens, en kidnappant les enfants chez eux et faisant preuve de violence contre ceux qui protestent. On a en mémoire le niveau de violence des FDI à tout moment, la dernière démonstration de force importante étant le bain de sang qui a duré trois semaines à Gaza et qui a commencé le 27 décembre 2008. Des centaines de tonnes de bombes ont été déversées sur Gaza par les pilotes israéliens, ces bombardements ont été suivis par une invasion massive de forces terrestres. Tout cela dans le but de terroriser une population civile sans défense dont 800 000 enfants.
Cela fait maintenant quatre décennies qu’Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie et l’Etat y a construit et investi en grande quantité. Mais l’ensemble de l’investissement et de la construction en Cisjordanie ont été réalisés pour y faire venir des Juifs. Les terres palestiniennes sont prises à un rythme inquiétant, les maisons sont détruites et des milliers d’habitations brûlées, tandis que l’industrie, les routes, les marchés, les écoles, les résidences closes avec piscine sont construits uniquement pour les Juifs. L’eau, qui est la ressource la plus rare de toutes, est contrôlée et distribuée par l’autorité israélienne. De l’eau selon le principe suivant : les Israéliens reçoivent 300 mètres cubes d’eau par personne et par an. Par comparaison, en Cisjordanie et à Gaza, les Palestiniens reçoivent entre 35 et 85 mètres cubes par personne et par an, alors que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande un minimum de 100 mètres cubes d’eau par personne et par an. Mais ce qui est plus grave, c’est qu’on alloue aux colons israéliens en Cisjordanie 1 500 mètres cubes d’eau par personne et par an. Les Juifs de Cisjordanie vivent au milieu de pelouses verdoyantes et de piscines tandis que bien souvent les Palestiniens n’ont pas d’eau du tout. Peut-être que les personnes imaginaires n’ont nullement besoin d’eau.
La dés-arabisation de l’histoire de la Palestine est un autre élément crucial du nettoyage ethnique. On banalise 1 500 ans de domination et de culture arabe et musulmane en Palestine, on est en train de détruire les marques de cette existence et tout cela est fait pour relier de façon absurde l’antique civilisation des Hébreux avec l’Israël d’aujourd’hui. L’exemple le plus éclatant aujourd’hui, c’est à Silwan, (Wadi Hilwe), une ville qui touche la Vieille Ville de Jérusalem et qui compte quelque 50 000 habitants. L’État d’Israël est en train d’expulser les familles de Silwan et de détruire leurs maisons parce qu’il prétend que le roi David a construit là une ville il y a environ 3 000 ans. Des milliers de familles seront jetées à la rue afin qu’Israël puisse construire un parc pour commémorer un roi qui a peut-être ou peut-être pas vécu il y a 3 000 ans. Il n’existe pas l’ombre d’une preuve historique qui puisse démontrer que le roi David ait jamais vécu et cependant des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards palestiniens, ainsi que leurs écoles et leurs mosquées, leurs églises et leurs anciens cimetières et toutes les preuves de leur existence doivent être détruits et qui plus est niés afin d’appuyer les revendications sionistes aux droits exclusifs sur la terre.
Dès lors que l’on relie les points un à un, il n’est pas difficile de voir que l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza n’est qu’une petite partie de la question israélo-palestinienne. Le véritable enjeu est le nettoyage ethnique en cours de la Palestine par l’État sioniste. L’issue pour les Israéliens comme pour les Palestiniens, c’est de s’opposer au nettoyage ethnique en s’opposant à toutes ses manifestations. Cela signifie soutenir le mouvement du Boycott, de Désinvestissement et de Sanction contre Israël, BDS pour parler brièvement, cela signifie participer activement à la lutte populaire non-violente en Palestine et cela signifie remettre en cause les lois racistes qui régissent Israël en les bravant. Il faut qu’il y ait un appel clair et sans équivoque pour reconnaître que les FDI sont une organisation terroriste et que ses officiers sont des criminels de guerre. De plus, la discrimination illégale à l’encontre des Palestiniens, qu’ils vivent ou non en Israël/Palestine, pratiquée par les responsables de la sécurité à l’aéroport Ben Gourion et à d’autres points d’entrée en Israël/Palestine doit être remise en cause. La lutte pour la démocratie dans notre patrie partagée n’est pas différente de la lutte sur la Place Tahrir et elle peut en fait être considérée comme faisant partie du Printemps Arabe.
URL du billet: http://mikopeled.wordpress.com/2012/02/05/nettoyage-ethnique-de-personnes-imaginaires/
par Miko Peled
Mostafa Tamimi de Nabi Saleh, Bahjat Zaalan et son fils Ramadan de Gaza sont morts le jour de mon cinquantième anniversaire et quelques jours après que Newt Gingrich [un des principaux dirigeants du parti Républicain aux États-Unis - NDLR] avait déclaré que ces personnes appartenaient à un peuple imaginaire. Ils ont été assassinés par l’organisation terroriste israélienne, les Forces de Défense Israéliennes, une organisation qui est soutenue et financée par les États Unis. Un terroriste israélien a tiré une cartouche de gaz lacrymogène sur la tête de la personne imaginaire de M. Tamini et un autre terroriste israélien a tiré une roquette qui a tué les personnes imaginaires de B. Zaalan et de son fils Ramadan. Les deux terroristes ont été formés et entraînés par Israël et armés par les Etats Unis. Les terroristes israéliens ne sont pas imaginaires mais bien réels et ils sont en sécurité, protégés par le régime d’apartheid qui les a entraînés et envoyés en mission, et le système judiciaire israélien s’assurera qu’ils ne seront jamais traduits en justice.
Voilà comment fonctionne la machine israélienne bien huilée du nettoyage ethnique.Le nettoyage ethnique sioniste de la Palestine n’appartient pas au passé, c’est une campagne permanente mise en œuvre par trois bras de l’État d’Israël : le système éducatif, une bureaucratie aux ordres et les forces de sécurité.
Le système éducatif est destiné à endoctriner et à produire des soldats et des bureaucrates qui exécuteront et appliqueront le nettoyage ethnique. La bureaucratie est chargée de faire des lois qui rendent impossible la vie des Palestiniens. Des lois qui restreignent l’accès des Palestiniens à leurs terres, et qui restreignent leur capacité à se rendre librement à leur travail et à l’école. Cette même bureaucratie exige ensuite des Palestiniens qu’ils payent pour obtenir des permis les autorisant justement à faire ces choses élémentaires qui leur sont refusées. Les forces de sécurité, dont les plus visibles sont les Forces de Défense Israéliennes (FDI), sont chargées de mettre en œuvre les restrictions, de combattre la résistance, armée ou pacifique, et de terroriser les personnes « imaginaires » de Palestine.
Etant donné que mon père était général et que j’ai servi comme soldat dans l’organisation terroriste des Forces de Défense Israéliennes, les gens me demandent souvent comment il se peut que les enfants israéliens qui sont élevés dans une démocratie de type occidental deviennent des monstres une fois qu’ils sont en uniforme. On peut trouver la réponse détaillée dans mon livre, Le Fils du Général, à paraître en février 2012, mais la réponse brève est la suivante : l’éducation – le racisme nécessite une manière de penser qui est façonnée par l’éducation. Afin de rationaliser et de justifier le nettoyage ethnique, le système éducatif israélien décrit les Palestiniens comme culturellement inférieurs, violents et programmés pour l’anéantissement des Juifs, et, en même temps, dépourvus de véritable identité nationale. L’identité nationale palestinienne n’est qu’un produit de l’imaginaire antisémite.
On éduque les enfants israéliens à considérer les Palestiniens comme un problème à régler et comme une menace à éliminer. Ils peuvent passer toute leur vie, comme moi-même qui ai grandi à Jérusalem, sans jamais rencontrer un enfant palestinien. Ils ne savent rien de la vie ni de la culture des Palestiniens qui bien souvent ne vivent qu’à quelques centaines de mètres d’eux.
Les Palestiniens sont décrits comme une menace pour l’existence, et pour ce faire, on a recours à des comparaisons absurdes comme celles de Yasser Arafat avec Hitler, des Palestiniens avec les Nazis, et la résistance Palestinienne avec Al Qaëda. Comme les enfants israéliens ne rencontrent jamais les Palestiniens, ce qu’ils apprennent à l’école, en particulier dans les manuels scolaires, c’est tout ce qu’ils connaissent. Tout ce que les enfants israéliens savent – vu qu’ils ne rencontrent jamais de Palestiniens – ils l’apprennent à l’école, en particulier dans les manuels. Il faut en effet souligner que même s’ils vivent tout près les uns des autres, une grande partie, si ce n’est tout ce que les Israéliens savent de leurs voisins Palestiniens vient de leurs manuels de lycée et des stéréotypes racistes répandus. Les Israéliens ne savent pas que les Palestiniens n’ont jamais eu d’armée, qu’ils ne possèdent pas un seul tank, un seul bateau de guerre ou un seul avion de chasse, qu’ils n’ont pas une seule batterie de canons et qu’ils ne représentent en fait aucune menace militaire. D’après le nouveau livre de Nurit Peled-Elhanan, il n’existe pas une seule photo de personnage palestinien dans les manuels scolaires israéliens, pourtant il y a des millions de Palestiniens en Israël et autour d’Israël. Les Israéliens n’apprennent pas qu’il existe des Palestiniens médecins, enseignants, ingénieurs ou écrivains. Ils n’apprennent pas la poésie ni la prose palestinienne et ils ne lisent pas les ouvrages des historiens palestiniens.
Récemment, dans une conférence, j’ai fait allusion au nettoyage ethnique de la Palestine et quelqu’un s’est écrié : « quel nettoyage ethnique ? ». Les gens n’ont pas conscience du nettoyage ethnique qui est en train de se dérouler en Palestine parce qu’Israël le cache bien et que cela ne préoccupe pas suffisamment les grands médias pour qu’ils posent la question. Dans les principaux groupes pacifistes et de dialogue qui discutent de Palestine / Israël, une des conditions de base des Israéliens est de ne pas poser de questions comme celle du nettoyage ethnique parce qu’Israël n’aime pas parler de ça.
Mais durant ces 64 dernières années, c’est le nettoyage ethnique de la Palestine qui a été et reste le moteur de la politique sioniste envers les Palestiniens. Tous les gouvernements sionistes et tous les partis politiques sionistes de gauche, de droite et du centre soutiennent le nettoyage ethnique. Le système judiciaire israélien ferme les yeux sur les abus de pouvoir, les vols et les meurtres commis par les autorités israéliennes dès lors que ces faits sont perpétrés contre les Palestiniens. Si ces mêmes crimes avaient été commis contre des Juifs israéliens, ils auraient été poursuivis avec toute la rigueur de la loi.
Les partisans du sionisme aiment mettre en avant le fait que le 29 novembre 1947, les Nations Unies ont voté la partition de la Palestine en un État juif et un Etat arabe. Ce qui est passé sous silence dans la fable sioniste, c’est que dans l’année qui a suivi le vote, les forces israéliennes sont parvenues à s’emparer de près de 80 % de la Palestine, à détruire près de 500 villes et villages palestiniens, à tuer des quantités de civils sans défense et à contraindre quelque 800 000 Palestiniens à l’exil.
Ensuite, quand, en décembre 1948, l’ONU a adopté la résolution194 qui demandait à ce que les réfugiés soient autorisés à rentrer chez eux, Israël a commencé à construire des villes et des agglomérations, des parcs et des routes à l’usage des Juifs israéliens sur la terre palestinienne. Puis la Knesset a commencé à adopter des lois interdisant le retour des réfugiés et permettant au nouvel État de confisquer leurs terres.
Quand la guerre a été terminée, les Palestiniens qui sont restés à l’intérieur de l’Etat juif nouvellement créé ont été contraints de devenir des citoyens d’un Etat qui les méprisait et qui les considérait comme un « problème » et comme une « menace ». On les a désignés comme « les Arabes d’Israël », un qualificatif qui les a dépouillés de leur identité nationale et privés de tous les droits à la terre et qui leur a accordé, en tant que citoyens, des droits très limités. Alors qu’auparavant ils étaient les propriétaires légitimes de leurs terres et de leur pays, ils n’existaient désormais plus que selon le bon plaisir du nouveau propriétaire de la terre, l’Etat d’Israël. Les réfugiés palestiniens ont été contraints de s’installer dans des camps de concentration, appelés de façon pratique camps de réfugiés, et ceux qui tentèrent de rentrer chez eux ont été tués. Une unité militaire a été créée dans le but de châtier les réfugiés palestiniens qui « s’infiltraient » pour rentrer dans leur patrie, désormais appelée Israël. Cette unité s’appelait Unité 101, le fameux Ariel Sharon la dirigeait et elle s’est rendue célèbre comme bande d’assassins disposant du droit de tuer des Palestiniens.
Donc, sans tenir compte du mythe, désormais perpétué par Newt Gingrich entre autres, qui prétend qu’il n’y a pas eu de nettoyage ethnique utilisant la force, nous savons aujourd’hui que la création d’Israël n’a été rendue possible par une campagne systématique de nettoyage ethnique, menée par la milice juive, impliquant des massacres, le terrorisme et le pillage généralisé de toute une nation.
Newt Gingrich, passionné d’histoire s’il en est, pourrait s’intéresser à l’anecdote que je mentionne dans mon livre, Le fils du Général, au sujet de ma mère. Elle est née et elle a grandi à Jérusalem et elle se souvient des maisons des familles palestiniennes de son voisinage à Jérusalem ouest. Elle m’a dit que quand elle était petite, le samedi après-midi elle se promenait dans ces quartiers, admirant la beauté des maisons, regardant les familles assises ensemble dans leurs beaux jardins. En 1948, quand les familles palestiniennes ont été contraintes de quitter Jérusalem ouest, on a offert à ma mère une de ces belles maisons spacieuses mais elle a refusé. A 22 ans, mariée à un jeune officier de l’armée disposant de peu de moyens financiers et avec deux enfants en bas âge, elle a refusé une belle maison spacieuse, qu’on lui a proposée à titre entièrement gratuit, parce qu’elle ne pouvait pas accepter l’idée de vivre dans la maison d’une famille qui avait été contrainte de partir et qui vit maintenant dans un camp de réfugiés. « Le café était encore chaud sur les tables et les soldats sont entrés et ils ont commencé le pillage », m’a-t-elle dit. « Peux-tu imaginer combien ces familles, ces mères doivent regretter leur maison ? » se demandait-elle et elle poursuivait : « Je me souviens avoir vu ces camions chargés du butin pris par les soldats israéliens dans ces maisons. Comment ont-ils pu ne pas avoir honte d’eux-mêmes ? » Il y a eu des milliers et des milliers de maisons prises dans toutes les villes du pays.
Allons maintenant jusqu’en 1967 avec le mythe qu’Israël se battait pour son existence, car il était attaqué par des armées arabes venant de toute part. On a beaucoup écrit à ce sujet mais rien n’est plus révélateur que les procès-verbaux de l’État-major des FDI à partir de juin 1967, juste avant la guerre. Selon les généraux, dont l’un était mon père, Matti Peled, non seulement il n’y avait aucune menace sur l’existence de l’ État mais les mêmes généraux ont clairement établi que l’armée égyptienne avait besoin d’au moins un an et demi avant d’être prête pour la guerre et que c’était donc le moment opportun pour l’attaquer et la détruire. L’armée a fait pression sur le Cabinet pour autoriser une attaque et en effet le Cabinet a approuvé une attaque contre l’Égypte. Les Forces de Défense israéliennes ont détruit l’armée égyptienne et sont ensuite allées attaquer la Jordanie et la Syrie. Il a fallu aux FDI six jours et 700 morts pour tuer un nombre évalué à 15 000 soldats arabes, prendre la Cisjordanie, le plateau du Golan et la péninsule du Sinaï. On peut préférer penser qu’il s’est agi d’un miracle mais c’était une attaque bien planifiée et bien exécutée contre des pays qui n’avaient pas de forces militaires opérationnelles.
L’armée israélienne avait ainsi rempli son objectif de conquérir la totalité de la Terre d’Israël et la dés-arabisation de la Palestine pouvait désormais se poursuivre en Cisjordanie et à Gaza.
Dès les premiers jours de l’État d’Israël, les Forces de Défense israéliennes se sont donné pour mission d’être le tyran le plus violent de la région. Aujourd’hui les FDI n’ont qu’un but : mener une guerre totale contre les Palestiniens en terrorisant les civils palestiniens, en kidnappant les enfants chez eux et faisant preuve de violence contre ceux qui protestent. On a en mémoire le niveau de violence des FDI à tout moment, la dernière démonstration de force importante étant le bain de sang qui a duré trois semaines à Gaza et qui a commencé le 27 décembre 2008. Des centaines de tonnes de bombes ont été déversées sur Gaza par les pilotes israéliens, ces bombardements ont été suivis par une invasion massive de forces terrestres. Tout cela dans le but de terroriser une population civile sans défense dont 800 000 enfants.
Cela fait maintenant quatre décennies qu’Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie et l’Etat y a construit et investi en grande quantité. Mais l’ensemble de l’investissement et de la construction en Cisjordanie ont été réalisés pour y faire venir des Juifs. Les terres palestiniennes sont prises à un rythme inquiétant, les maisons sont détruites et des milliers d’habitations brûlées, tandis que l’industrie, les routes, les marchés, les écoles, les résidences closes avec piscine sont construits uniquement pour les Juifs. L’eau, qui est la ressource la plus rare de toutes, est contrôlée et distribuée par l’autorité israélienne. De l’eau selon le principe suivant : les Israéliens reçoivent 300 mètres cubes d’eau par personne et par an. Par comparaison, en Cisjordanie et à Gaza, les Palestiniens reçoivent entre 35 et 85 mètres cubes par personne et par an, alors que l’Organisation Mondiale de la Santé recommande un minimum de 100 mètres cubes d’eau par personne et par an. Mais ce qui est plus grave, c’est qu’on alloue aux colons israéliens en Cisjordanie 1 500 mètres cubes d’eau par personne et par an. Les Juifs de Cisjordanie vivent au milieu de pelouses verdoyantes et de piscines tandis que bien souvent les Palestiniens n’ont pas d’eau du tout. Peut-être que les personnes imaginaires n’ont nullement besoin d’eau.
La dés-arabisation de l’histoire de la Palestine est un autre élément crucial du nettoyage ethnique. On banalise 1 500 ans de domination et de culture arabe et musulmane en Palestine, on est en train de détruire les marques de cette existence et tout cela est fait pour relier de façon absurde l’antique civilisation des Hébreux avec l’Israël d’aujourd’hui. L’exemple le plus éclatant aujourd’hui, c’est à Silwan, (Wadi Hilwe), une ville qui touche la Vieille Ville de Jérusalem et qui compte quelque 50 000 habitants. L’État d’Israël est en train d’expulser les familles de Silwan et de détruire leurs maisons parce qu’il prétend que le roi David a construit là une ville il y a environ 3 000 ans. Des milliers de familles seront jetées à la rue afin qu’Israël puisse construire un parc pour commémorer un roi qui a peut-être ou peut-être pas vécu il y a 3 000 ans. Il n’existe pas l’ombre d’une preuve historique qui puisse démontrer que le roi David ait jamais vécu et cependant des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards palestiniens, ainsi que leurs écoles et leurs mosquées, leurs églises et leurs anciens cimetières et toutes les preuves de leur existence doivent être détruits et qui plus est niés afin d’appuyer les revendications sionistes aux droits exclusifs sur la terre.
Dès lors que l’on relie les points un à un, il n’est pas difficile de voir que l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza n’est qu’une petite partie de la question israélo-palestinienne. Le véritable enjeu est le nettoyage ethnique en cours de la Palestine par l’État sioniste. L’issue pour les Israéliens comme pour les Palestiniens, c’est de s’opposer au nettoyage ethnique en s’opposant à toutes ses manifestations. Cela signifie soutenir le mouvement du Boycott, de Désinvestissement et de Sanction contre Israël, BDS pour parler brièvement, cela signifie participer activement à la lutte populaire non-violente en Palestine et cela signifie remettre en cause les lois racistes qui régissent Israël en les bravant. Il faut qu’il y ait un appel clair et sans équivoque pour reconnaître que les FDI sont une organisation terroriste et que ses officiers sont des criminels de guerre. De plus, la discrimination illégale à l’encontre des Palestiniens, qu’ils vivent ou non en Israël/Palestine, pratiquée par les responsables de la sécurité à l’aéroport Ben Gourion et à d’autres points d’entrée en Israël/Palestine doit être remise en cause. La lutte pour la démocratie dans notre patrie partagée n’est pas différente de la lutte sur la Place Tahrir et elle peut en fait être considérée comme faisant partie du Printemps Arabe.
URL du billet: http://mikopeled.wordpress.com/2012/02/05/nettoyage-ethnique-de-personnes-imaginaires/
"L'accord avec le Hamas revient à abandonner la paix" dixit Netanyahu
Publié le 6 février 2012 sur le site 7sur7.be
"Le chemin de la paix" selon les seules vues sionistes !!!
"Si Abou Mazen (Mahmoud Abbas, NDLR) applique ce qui a été signé à Doha, il choisit d'abandonner le chemin de la paix pour se joindre au Hamas", a déclaré M. Netanyahu, cité par un communiqué de son bureau, après la signature au Qatar d'une déclaration commune entre M. Abbas et le chef du Hamas, Khaled Mechaal, pour appliquer leur accord de réconciliation.
"C'est soit la paix avec le Hamas, soit la paix avec Israël, vous ne pouvez pas avoir les deux", a lancé M. Netanyahu à l'intention de Mahmoud Abbas, lors d'une réunion avec les ministres de son parti, le Likoud.
"Le Hamas n'a pas accepté les exigences minimales de la communauté internationale et non seulement ne reconnaît pas Israël et les accords signés, mais ne renonce pas au terrorisme", a-t-il affirmé.
La communauté internationale boycotte le Hamas, vainqueur des dernières élections palestiniennes en 2006, qui gouverne la bande de Gaza. Elle exige pour traiter avec le mouvement islamiste qu'il reconnaisse Israël et les accords signés et renonce à toute forme de violence.
"La déclaration de Doha" signée lundi prévoit que Mahmoud Abbas assume la direction du "gouvernement d'entente nationale formé de technocrates indépendants pour faciliter la tenue d'élections présidentielle et législatives et entamer la reconstruction de la bande de Gaza" prévu par l'accord sur la réconciliation palestinienne.
Les négociations de paix israélo-palestiniennes sont suspendues depuis septembre 2010, après une brève reprise. (belga)
"Le chemin de la paix" selon les seules vues sionistes !!!

© afp
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé lundi que le président palestinien Mahmoud Abbas devait choisir entre la réconciliation avec le Hamas et le "chemin de la paix" avec Israël.
"C'est soit la paix avec le Hamas, soit la paix avec Israël, vous ne pouvez pas avoir les deux", a lancé M. Netanyahu à l'intention de Mahmoud Abbas, lors d'une réunion avec les ministres de son parti, le Likoud.
"Le Hamas n'a pas accepté les exigences minimales de la communauté internationale et non seulement ne reconnaît pas Israël et les accords signés, mais ne renonce pas au terrorisme", a-t-il affirmé.
La communauté internationale boycotte le Hamas, vainqueur des dernières élections palestiniennes en 2006, qui gouverne la bande de Gaza. Elle exige pour traiter avec le mouvement islamiste qu'il reconnaisse Israël et les accords signés et renonce à toute forme de violence.
"La déclaration de Doha" signée lundi prévoit que Mahmoud Abbas assume la direction du "gouvernement d'entente nationale formé de technocrates indépendants pour faciliter la tenue d'élections présidentielle et législatives et entamer la reconstruction de la bande de Gaza" prévu par l'accord sur la réconciliation palestinienne.
Les négociations de paix israélo-palestiniennes sont suspendues depuis septembre 2010, après une brève reprise. (belga)
06/02/12 16h00
Apprenons à reconnaître un chef d'Etat (2)
Publié le 5 février 2012 sur le site dieguez-philosophe.com
par Manuel de Diéguez
A lire ou à relire Apprenons à reconnaître un chef d'Etat (1)
A lire ou à relire Apprenons à reconnaître un chef d'Etat (1)
La semaine passée nous
avions fortement insisté sur la nécessité de lire le volet 1 de la nouvelle chronique de Manuel de Diéguez intitulée Apprenons
à reconnaître un chef d'Etat ; ce lundi, après la nouvelle
sortie de l’« horribilis » Mr Claude de l’actuel gouvernement
Sarkozy, ministre de l’Intérieur de son état, qui a déclaré ce week-end devant des sympathisants
de l’extrême droite (inutile en effet de tourner autour du pot!) "Contrairement
à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les
civilisations ne se valent pas". "Celles qui défendent l'humanité
nous paraissent plus avancées que celles qui la nient", "Celles qui
défendent la liberté, l'égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à
celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou
ethnique." nous réaffirmons davantage encore, la nécessité de prendre
le temps de lire les analyses d’un homme, dont la France aurait eu le plus salutaire des intérêts, à ce qu’il figure parmi les candidats aux élections présidentielles de
ce pays, pour prétendre par le biais du suffrage universel, en assurer la saine et éthique gouvernance !
Il est évident alors,
que tous les flibustiers de droite et de gauche, candidats à la présidence de la République française, tous de purs produits périssables de notre prétendue « civilisation supérieure », auraient paru, lors des
faces à face télévisés de campagne, sinistrement peu civilisés face au très honorable et cultivé Manuel de Diéguez!

La semaine dernière, je
vous ai proposé une première analyse de la vocation des grands chefs
d'Etat de civiliser leur nation ; et j'ai tenté de vous démontrer que la
marche des civilisations passe par les conquêtes progressives de la
pensée rationnelle. C'était tenter de donner à la notion même de
souveraineté politique un contenu émancipateur, c'était rêver d'armer la
liberté d'un contenu intellectuel, c'était s'engager sur le chemin
d'une histoire de notre conque sommitale que l'intelligence critique
aurait tracée de siècle en siècle, c'était prétendre sceller les
retrouvailles de la guerre de notre espèce contre les illusions tantôt
de ses sens eux-mêmes, tantôt de son imagination religieuse, c'était
soutenir que le véritable destin politique de la planète est inscrit
dans la bataille multimillénaire de notre cervelle pour la conquête de
son propre devenir, c'était rappeler que notre époque est celle de la
rencontre de nos connaissances scientifiques avec le décryptage des
ultimes secrets psychiques de notre espèce, puisque la politique est
devenue l'agent de liaison planétaire entre notre instinct de survie et
la puissance de plus en plus redoutable de nos armes. Du coup, le droit
public devenait le nouveau baromètre de la politique et de la
civilisation confondues.
La
question imposée à l'anthropologie scientifique par ces prolégomènes
inquiétants est maintenant celle de savoir quelles relations le grand
homme d'Etat entretient avec l'instinct animal qui, lui aussi, rattache
la liberté à la propriété d'un territoire. Quels sont les liens que les
civilisations entretiennent avec leur tanière, comment les plus hautes
conquêtes de l'intelligence trouvent-elles leur assise dans un terrier,
pourquoi les sociétés privées de leur sol périssent-elles dans la
servitude?
Telle
est la question de jour en jour plus pressante que nous pose la
vassalisation de l'Europe sous le joug de l'occupation militaire
américaine de son habitat. Du coup, la réflexion sur la stature
émancipatrice de l'homme d'Etat en vient à occuper le centre de la
science politique. Car si le capitaine tient le gouvernail d'une
civilisation condamnée à demeurer en marche ou à périr, on demande au
philosophe et à l'anthropologue de rédiger en commun le nouveau
"Discours de la méthode" qu'appelle la raison politique mondiale.
1 - Les ophtalmologues de l'humanité
1 - Les ophtalmologues de l'humanité
2 - La dégénérescence cérébrale et la dégénérescence politique
3 - Aux sources de la sorcellerie démocratique
4 - Les sorciers d'aujourd'hui
5 - La politique de la dignité humaine
6 - L'industrie des ténèbres
7 - L'homme d'Etat et l'avenir de l'Europe de la pensée
8 - L'immoralité de "Dieu"
9 - Une démocratie acéphale
10 - Le salaire des sorciers
11 - L'exilé volontaire
12 - Les méditants
L'intelligence
politique de l'homme d'Etat civilisateur se nourrira de la simplicité
même du spectacle que l'histoire entière du monde présente à son regard.
Qu'en est-il du solide bon sens que requiert la compréhension du
déroulement de la pièce? Il est des évidences sauvages, mais d'une
grande charge de vérité.
Pour
comprendre ce point inaugural, considérons un instant l'habillage
zoologique dont la pensée politique se revêt encore de nos jours: tout
vrai chef d'Etat voit au premier coup d'œil qu'un continent occupé par
cinq cents garnisons de l'étranger incrustées sur son sol depuis plus de
six décennies n'est qu'un cadavre politique à ramener à la vie. Voyons
comme le diagnostic des ophtalmologues du trépas est sans appel: jamais,
disent-ils, un habitacle asservi à une puissance extérieure depuis
trois générations ne reconquerra la liberté de jugement indispensable à
l'exercice d'une souveraineté réelle s'il ne change d'encéphale, jamais
aucun élan du cœur, jamais aucune ambition de l'esprit ne prendront une
forme viable dans le creuset des cerveaux vassalisés par l'étroitesse de
leur horizon mental.
Quand
une occupation militaire enracinée sous la meule du temps - des traités
internationaux auront été doucereusement conclus et signés entre des
Etats de figurants - aura fait souche dans les têtes des moribonds de la
politique, une longue mascarade diplomatique légitimera des fantômes.
Le droit international sera rendu aussi illusoire que pain bénit. Sachez
qu'un chef d'Etat dont la cervelle n'apercevrait pas le tranchant d'un
glaive triomphant sous un montage politique aussi artificiel que féroce,
qu'un tel chef d'Etat, dis-je, ne dispose en rien du jugement qu'exige
l'exercice réel de sa charge.
Ce
premier constat nous aidera à suivre le sillon creusé par le soc d'une
raison politique d'un calibre supérieur à celui des mourants, tellement
nous nous dirons que si la cécité cyclopéenne des Etats européens
actuels est partagée par toute la classe dirigeante d'une civilisation
autrefois glorieuse, il nous faudra descendre dans les abysses
inexplorés du genre simiohumain d'hier d'aujourd'hui et de demain afin
de tenter d'en découvrir les racines.
Du
coup, le gouffre qui nous semblait immense et impossible à combler
entre l'instinct politique des bêtes en liberté et les aménagements
cérébraux ultérieurs dont nos sociétés civilisées se sont
progressivement dotées, ce gouffre même rendra prospective notre
intelligence trans-zoologique encore en germe; car cet abîme nous
incitera à raccorder la surface des choses à une spéléologie du
pithécanthrope. Pourquoi, nous demanderons-nous, la raison politique la
plus rudimentaire du simianthrope originel, celui dont la guerre se
réduisait à un combat pour sa survie, peut-elle se trouver entièrement
anéantie par les conquêtes ultérieures de sa raison?
Naturellement,
nous dirons-nous, si M. François Bayrou ne sait plus ni ce que
signifie, dans les profondeurs du psychisme simiohumain actuel, la
croyance béate aux prodiges religieux pourtant les plus sots
d'autrefois, ni quelles plantes le bathyscaphe de la pensée moderne ira
chercher au fond des mers, il nous deviendra plus aisé de comprendre
pourquoi un chef d'Etat ficelé des quatre membres au ciel des
millénaires antérieurs ne saurait disposer du recul nouveau dont l'homme
politique a besoin. Mais encore nous faudra-t-il apprendre à démonter
pièce par pièce l'échafaudage cérébral dont notre espèce s'est armée
siècle après siècle; sinon, inutile de seulement tenter de nous
expliquer clairement par quel prodige une civilisation fondée depuis la
Renaissance sur les sciences exactes, donc sur la distanciation
spécifique qu'appelle l'esprit de logique, peut produire des boîtes
osseuses inaccessibles à l'éclairage politique le plus élémentaire; et
si nous n'acquérions pas une connaissance détaillée de l'arrière-monde
aveugle à lui-même qui commande encore la cécité cérébrale du singe
devenu semi-réflexif d'aujourd'hui, jamais nous n'observerons au
microscope le statut mental et la spécificité psychique qui
n'appartiennent qu'aux hommes d'Etat de haut vol.
Car
l'animal en bonne santé chasse de son territoire l'intrus qui
prétendrait s'y implanter à demeure. Quelle est donc la maladie qui
entraîne l'atrophie, puis l'extinction radicale de ce savoir inné chez
les bêtes au sein d'une civilisation cérébralisée en apparence par des
idéalités spéculaires? L'examen de ces idoles autoglorificatrices
exigera une spectrographie des sacralisations verbales pseudo
promotionnelles entièrement inédite; et il nous appartiendra de percer
les secrets de fabrication du pithécanthrope totémisé par son langage.
Car la sorcellerie incantatoire, fulminatoire et pestifératoire des
primitifs a changé de flèches et de miroirs.
Voici
la balance dont les plateaux recevront l'un la cervelle du singe
demeuré muet, l'autre celle d'une humanité rendue paralogique du haut
des cieux, voici le fil d'Ariane qui nous conduira à l'examen critique
des sciences théoriques - celles qui nous donnent l'illusion
fascinatoire que nous soumettrions la nature à notre parole, mais qui
nous conduiront maintenant à l'inspection sacrilège des souterrains
zoologiques qui téléguident encore les civilisations oniriques de notre
temps.
Apprenons
seulement, pour l'instant, que Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939) assurera
nos premiers pas et que nous avancerons à grandes enjambées dans la
connaissance de la topographie du cerveau de la démocratie et de son
mythe de la liberté; car nous apprendrons que le sorcier assis sur le
rivage est un géographe et un opérateur à distance. Sa conviction est
entière: il se trouve, pense-t-il, aux commandes de la baleine qu'il
suit des yeux et qui croise au large. L'action censée abolir les
distances est la clé de l'esprit magique.
A
la suite de ce précurseur de l'anthropologique critique que fut Lucien
Lévy-Bruhl, le monde moderne qualifie la mentalité des primitifs de
projective. Mais la psychanalyse a fait de si grands progrès dans la
spectrographie de l'inconscient simiohumain qui pilote le vocabulaire
encore si proche de l'animal dont témoigne la raison scientifique
occidentale qu'un Erich Fromm (1900-1980) - le "pieux" en allemand -
observait déjà quelques traits saisissants de l'esprit viscéralement
projectif qui téléguide toutes les religions du monde - mais non encore
la magie qui sous-tendait la physique pré-einsteinienne.
Voici
les étapes intellectuelles que nous aurons à parcourir avant de nous
colleter à nouveaux frais avec la question du génie spectrographique qui
caractérise les plus grands hommes d'Etat, c'est-à-dire leurs capacités
naturelles de transcender la raison demeurée semi-animale de leurs
congénères. Car si tout homme politique d'envergure est un
anthropologue-né, comme il est suggéré plus haut, c'est parce que ce
type de civilisateurs sait d'instinct sur quelle assise le cerveau semi
animal des Etats et des nations s'est construit. L' arrière-monde des
sauvages qu'il contemple en libérateur du joug de la magie lui a permis
de descendre plusieurs siècles avant les anthropologues actuels dans les
entrailles des sorciers et des exorcistes dont toutes les civilisations
simiohumaines font encore leur principale nourriture cérébrale.
Car,
se dit l'homme d'Etat prospectif, si la croyance en l'existence
extérieure à la conscience de tous les dieux ou d'un seul est
nécessairement une représentation des divers personnages cosmiques
enfantés par la volonté des visionnaires de la politique et si ces
sorciers de plus en plus avisés ont fini par installer un souverain de
génie dans le néant; et s'ils ont fait d'un sorcier suprême du cosmos
leur maître sur la terre, c'est que cet acteur unique sera donc un
politologue de toute première force, puisqu'il se rendra capable de
prendre sur ses épaules le fardeau le plus lourd, celui de guider et
d'administrer l'univers dans toute son étendue. De plus, cet empereur
solitaire de la vie et de la mort de ses sujets sera également un
législateur de génie, un moraliste de premier rang et un protecteur
adroit, donc un dirigeant polyvalent dans l'ordre du fascinatoire.
Du
coup, il se sur-idéalisera de main de maître par "l'intercession" d'un
animal déjà devenu relativement réflexif. Il me faudra donc, se dit
l'apprenti des Etats destinés à devenir pensants, il me faudra
approfondir mes analyses rudimentaires des entrailles de la sorcellerie
et de la magie, ce qui me fera accéder à une psychanalyse
transcendantale des ressorts qui commandent la raison projective de
toutes les "créatures" soumises à un maître imaginaire de l'univers;
puis il me faudra décrypter l'inconscient politique des prosternations
qui sous-tendront également et nécessairement les constructions
théoriques de la physique mathématique des ancêtres. Alors seulement je
connaîtrai l'assiette cérébrale de la science politique naïve
d'autrefois, qui s'étendait jusqu'à expliquer la dromonanie de la matière cosmique."
C'est
pourquoi, se dit notre civilisateur des Etats d'aujourd'hui, la
première physique mathématique que l'Occident s'est construite reposait
sur le langage juridique, donc politique hérité des Romains : à partir
de cette mimétique primitive, les usages et coutumes constants, mais
aveugles et muets de la matière inanimée se calquaient docilement sur
une mise en ordre du monde elle-même imitatrice et vénératrice du règne
alors rigide et ritualisé qu'exerçaient les lois sur les cités en cours
de civilisation. Alors les redites mystérieuses de l'inerte se sont
mises à parler par la voix du droit censé les habiter, à la manière,
précisément, dont le sorcier de Lucien Lévy-Bruhl se croyait l'acteur
dont la voix mettait la baleine en mouvement au large. Mais nous
apprendrons également que le cosmos est une baleine guidée par la
relativité générale d'Einstein, et non à l'écoute de l'espace et du
temps à trois dimensions au nom desquelles les hommes d'autrefois se
prenaient pour des sorciers de la matière en mouvement. Le terrain se
trouve donc suffisamment déminé pour que nous approfondissions jusqu'au
vertige la notion encore en voie d'élaboration, de "raison projective"
de Lévy-Bruhl, puisque le genre simiohumain actuel auquel nous
appartenons encore est demeuré tout entier une immense tribu de sorciers
inconsciemment agenouillés devant la statue de leur langage régulateur,
donc candidement projecteur de personnages cérébraux censés régir les
constances des comportement du cosmos.
Nous
observerons donc comment les premiers dieux sont nés de la voix et du
langage des chefs de tribu donc des hommes politiques rendus
instantanément agissants dans l'étendue, puis censés exister
concrètement par les soins empressés de soutiens matériels multiples et
de nombreuses jambes de force - ciboires, encensoirs, parfums, autels,
bougies. De même les citoyens actuels "objectivent" les diverses nations
auxquelles ils "appartiennent" à projeter le concept omniprésent de
patrie sur des uniformes, des décorations, des robes noires, des galons,
des drapeaux, qui n'y peuvent mais, les pauvres. Car Dieu et la France
ne sont vivants que dans nos têtes. Sachons qu'il est illusoire de
tenter de substantifier des acteurs omnipotents de l'esprit - ils sont
immatériels par nature. Les supports physiques à l'aide desquels nous
nous efforçons de les secourir, ils s'en moquent comme d'une guigne. Se
loger dans la baleine du sorcier, nous disent-ils, c'est fabriquer des
corps à l'aide de vos voix.
Et
voilà que nous commençons de rendre intelligible qu'un agrégé de
Lettres puisse demeurer aveugle en politique; car il se croit assis sur
le tas d'or d'un savoir qu'il croit rendre "objectif" à l'école des
signifiants physiques censés les habiter et qu'il projette sur eux et en
eux par magie; mais il ignore que la chosification des signes et des
signaux ne renvoie jamais qu'à la fausse monnaie que frappent les
sorciers autoréfléchis dans le miroir de leur parole, celle que forgent
les gigantesques ateliers de la conscience pseudo démocratique de
l'humanité actuelle. Le mythe de la Liberté agissante à distance est
l'ultime héritier de la baleine ensorcelée de Lévy Brühl.
Du
coup, le concept de justice devient le moyen abstrait du char de
l'histoire, du coup, l'accès à l'animal ignore la médiation de la
politique et la scolarisation du langage fétichise les savoirs.
Parvenus
à ce point de notre initiation au regard que l'homme d'Etat
civilisateur porte sur l'animal spécularisé, donc totémisé - regard dont
bénéficiaient déjà les grands esprits désensorcelés du passé - nous
nous demanderons de quelle émancipation du joug et des recettes de
l'esprit magique et de quelle élévation intellectuelle et morale une
lucidité désillusionnée en apparence armera l'homme d'Etat libérateur.
Pour
faciliter notre cheminement sur ce sentier, observons le lien étroit
qui rattache la chosification magique des valeurs, d'une part, aux
principes qui régissent la vassalisation politique de l'Europe, d'autre
part, et comment le langage chosifiant des sorciers de la démocratie
véhicule sous nos yeux la servitude à laquelle nos aînés se trouvaient
encore plus systématiquement asservis que nous-mêmes. Car c'est au nom
de la défense universelle des droits de l'homme et pour le salut de
notre espèce censée menacée par l'arme nucléaire iranienne que
l'Amérique a convaincu l'Europe asservie de frapper d'un embargo le
pétrole de la Perse. Mais outre que les Etats-Unis n'en sont pas
acheteurs, ce qui ne coûte rien à l'affichage de leur blason
démocratique, il ne s'agit nullement de conjurer un prétendu danger
atomique, mais seulement de perpétuer l'hégémonie militaire et politique
d'Israël au Moyen Orient; et comme Israël est devenu le maître du
Congrès et des élections présidentielles du Nouveau Monde, la
sorcellerie projective à laquelle la parole réputée démocratique de
Washington s'exerce depuis 1945 nous aide à observer le véritable enjeu,
c'est-à-dire les objectifs politiques concrets d'un empire. Le discours
messianisé et le message idéaliste de la civilisation mondiale sont
construits sur le même modèle évangélisateur que le mythe du salut des
chrétiens, qui cachait l'expansion politique et guerrière de l'Eglise
sous le masque de la "rédemption" des pécheurs - donc sous le drapeau de
leur "rachat" au diable dans les griffes duquel ils étaient censés être
tombés.
Ce
sera donc à la lumière de la connaissance anthropologique du cerveau
ensorcelé de l'humanité tout entière et de l'histoire sotériologique que
nous radiographierons l'homme d'Etat de génie; car ce qu'il observe en
psychobiologiste de la servitude mentale dont les semi évadés de la
zoologie se trouvent frappés de naissance, ce qu'il aperçoit en outre et
bien au-delà de ce premier paysage, c'est que l'extension impérieuse du
mythe démocratique à la pestifération et à la damnation de l'Iran n'est
elle-même que l'avant-scène appelée à camoufler les ressorts de
l'intrigue centrale, celle de la conquête du "Grand Israël".
Chacun
sait que l'arme atomique iranienne est mythologique par nature et par
définition, puisque inutilisable face à un adversaire qui en dispose
également. Mais les huit détenteurs actuels d'une foudre inutile sont de
mèche pour feindre de disposer effectivement de cette arme de sorciers;
et cette magie politique fonctionne bel et bien sur tous les esprits.
De plus, le langage des ensorceleurs qui la présentent sous un jour
apocalyptique en Iran se révèle d'un usage politique bien plus facile
qu'en Cisjordanie. Car, face à Téhéran, Israël brandit le souvenir du
massacre ou du génocide de la "shoah", tandis qu'à Jérusalem et en
Cisjordanie, Jahvé se présente en conquérant pliant sous le faix de ses
armes: impossible de cacher son glaive au regard du monde entier.
L'escamotage magique de l'histoire réelle sous le masque ensorcelé de la
sotériologie démocratique se trouve tellement pris en défaut sur le
terrain qu'il faut recourir à la face évangélique, rédemptrice et
messianique du mythe de la Liberté, celle dont les idéaux verbaux de la
démocratie sont devenus les idoles parlantes. On voit que la
subtantification politique, donc physique, du discours sacré des
modernes révèle le fondement psycho cérébral d'une espèce dont Lévy
Brühl n'avait pas compris que la baleine du sorcier en est l'archétype.
Et
maintenant, pourquoi nous jeter tout subitement un cours de théologie
élémentaire à la figure? Parce que, comme il est dit plus haut, la
diabolisation du monde a changé d'affûtiaux et de registre, la damnation
démocratique a fait débarquer sur la terre une cargaison de mille
sortilèges nouveaux - le sceptre de la Liberté lance à son tour les
foudres de l'excommunication majeure des mal-pensants. Une fois de plus,
exercez-vous à une analyse d'entomologistes des alliances du droit avec
le sacré.
Un
grand homme d'Etat perdrait le titre de civilisateur s'il ne se
montrait un émancipateur. Que vaudrait ce libérateur s'il ne signait un
pacte avec le destin de l'intelligence trans-théologique qui nous
attend? Apprenons à reconnaitre les traits d'un timonier de la France du
savoir et de la raison, d'un guide et d'un pédagogue de la connaissance
des origines zoologiques des autels.
Vous
savez, comme il est dit plus haut, que M. François Bayrou se dit laïc
et dévot, mais qu'il ferme résolument les yeux sur les secrets
psychobiologiques des sacrifices cultuels. Pourquoi un chef d'Etat
pensant détournerait-il son attention des assassinats rémunérés dont se
nourrit la piété, pourquoi ignorerait-il les fondements politiques des
offrandes rituelles que réclame le ciel d'un quémandeur? Le tribut dont
un boucher du salut a tarifé le montant, telle est la clé secrète du
marché du trépas; et ce boucher cache les cordons de la bourse des dupés
de la mort et de l'éternité.
C'est
que l'homme est un guerrier-né; mais il est libérateur, pour nous, de
savoir qu'à ses yeux, il n'est pas d'ennemi qu'il ne pense terrasser à
mains nues, il est émancipateur, pour nous, de découvrir que si nous
nourrissons l'ambition de mettre la mort hors de combat, nous ne
disposerons jamais que d'un banquier de nos songes. Qu'en est-il du
pourvoyeur d'une immortalité que nos ancêtres avaient mise à l'abri d'un
crack du ciel? Pour tuer la mort à notre plus grand avantage, nous
diront les théologiens, conquérez votre éternité à la sueur de votre
front; et pour vous procurer le bien le plus précieux de tous, acquittez
à l'idole le prix de la victime la plus chère - Isaac, Iphigénie,
Jésus-Christ, Socrate, Muhammad. Rien n'est trop coûteux à la bourse de
l'usurier de l'immortalité.
Mais
pourquoi les mortels se livrent-ils à un négoce de prébendes avec le
vendeur de leur survie dans les nues? Pourquoi marchandent-ils à la
corbeille la résurrection dispendieuse de leur charpente? Le titanesque
engrangeur et profiteur de nos squelettes serait-il un acheteur de nos
ossements? C'est que notre espèce s'est mis en tête d'acheter une cité
fleurie dans l'au-delà. Observez les clientèles du ciel : elles refusent
tout net de se domicilier dans un palais aux murs lézardés et dont
elles ne connaîtraient ni l'architecte, ni l'administrateur, ni le
percepteur. Le loyer de l'éternité se calcule au ras des guichets. Et
pour que le bail de l'immortalité se trouve garanti par la signature des
acheteurs de bonne foi, assurons-nous devant notaire de la solidité des
créneaux de la forteresse, exigeons les gages les plus sûrs de la
validité des clauses du contrat, ne lésinons pas sur le montant des
crédits du funèbre - sinon le risque sera grand de nous trouver expulsés
de notre saint sépulcre. Alors, nous serons précipités à jamais non
seulement dans le noir, mais dans les rôtissoires les plus brûlantes. Si
nous entendons bénéficier d'un pacte qui nous mettra à l'abri des
tortures, les arrhes à verser entre les pattes du vengeur divin sera
d'un montant impossible à chiffrer - il y a longtemps que les milliers
de bœufs, de chèvres et de moutons autrefois sacrifiés en bonne et due
forme ne suffisent plus aux mâchoires édentées d'un ciel privé des crocs
de l'ogre du Déluge. Le christianisme est retourné à la férocité
masquée d'un sacrifice enrubanné de cantiques, celui d'un seul
congénère, mais hors de prix et tout entouré des dentelles et des
sonnettes du salut.
"Quelle
chance, se dit le civilisateur de l'Etat et l'émancipateur de nos
têtes, quelle chance que l'avenir politique de l'Europe de la pensée
dépende, une fois encore, de notre capacité de reprendre la direction
cérébrale d'une civilisation que nous avions forgée sur l'enclume de la
pensée rationnelle. Au XVIIIe siècle, la France des conquêtes, donc des
audaces de l'intelligence avait pris plusieurs longueurs d'avance sur le
gabarit de l'humanité moyenne de ce temps-là. Pour la première fois
depuis le miracle grec, les combats de la lucidité passaient à nouveau
par le larcin du feu du ciel. Certes, la Renaissance avait régénéré
l'espérance prométhéenne: le sacré, pensait-on, allait desserrer son
étau sur l'encéphale des évadés partiels du règne animal, Adam allait
prendre possession d'une boîte osseuse animée d'un nouvel élan.
Las,
on avait bel et bien retrouvé intactes quelques pièces du musée des
Lettres et de la pensée antiques; mais les humanistes avaient loupé le
rendez-vous de leur cervelle avec l'interprétation des codes
ensanglantés qui mettent en branle les charpentes osseuses des idoles.
Et maintenant, par quel paradoxe le naufrage même des têtes prospectives
redonne-t-il au Vieux Monde l'espoir de percer la digue qui sépare les
tempêtes de la mer des plates-bandes de la terre ferme, tellement la
menace d'un nouvel ensevelissement de l'humanité dans les ténèbres de
l'ignorance et de la peur conduit à un approfondissement vertigineux de
la connaissance des divinités dont cette espèce projette les effigies
parallèles aux siennes dans le vide de l'immensité?
Il
y a trois siècles, les combats d'une théologie coincée entre les périls
et les promesses du trépas n'étaient pas encore devenues
intellectuellement féconds, parce qu'au cours des ultimes convulsions
d'un mythe sacré, il se trouve réduit aux soubresauts d'une longue
agonie ; et il s'éteint avec lenteur dans les rituels desséchés auxquels
se livrent ses derniers fidèles. Mais l'arrivée massive sur le
territoire de la France de millions de croyants attachés aux écrits et
au culte d'une autre divinité que celle des Capétiens provoque
fatalement une suffocation subite des songes pieux dans les têtes
qu'intéressent encore les Olympes nationaux; et comme il se trouve qu'un
dieu né seulement au VIe siècle de notre ère se présente nécessairement
moins ridiculement fagoté de représentations anachroniques de l'univers
de la matière que celles des chrétiens, qui se sont trouvés ligotés un
millénaire et demi durant à la physique astronomique de Ptolémée,
l'étude anthropologique des immolations récompensées que pratiquent les
carnassiers des nues conduit le XXIe siècle à plonger dans les
souterrains immémoriaux que le mythe et la politique se partagent; car,
depuis la nuit des temps, ce sont des torrents d'hémoglobine rémunérés
qui coulent des entrailles de l'histoire.
Voltaire
rendait encore la sainteté des chrétiens sommitale dans les burettes et
les ciboires de la "tolérance" religieuse. Une séparation titanesque,
mais trompeuse entre le ciel sanglant des sacrifices dits
"satisfactoires" et l'histoire, non moins féroce, du simianthrope sur
les arpents de ses propitiatoires illustrait l'asphyxie continue d'une
foi monarchique étranglée entre les clochettes de la piété et le
massacre sacré hérité des ancêtres. Mais la suffocation politique de
l'Europe de droit divin entre ses dévotions séraphiques et sa fournaise
ardente conduit l'anthropologie religieuse contemporaine à plonger dans
les entrailles animales de l'histoire que les hommes et leurs idoles se
sont partagé de tous temps; et cette science au scalpel emprunte
nécessairement les seuls chemins encore praticables, ceux d'une
civilisation ouverte à l'approfondissement ressuscitatif du
"Connais-toi".
Alors,
l'homme d'Etat civilisateur fait intrusion, une fois de plus, dans la
connaissance scientifique du seul animal glorifié par son effigie
oscillante entre ses sucreries et ses égorgements et qui se fait
accompagner dans les nues par un souverain impérieux du cosmos. Car,
dit-il, les philosophes du XVIIIe siècle n'avaient nullement compris que
les dieux sont nécessairement des copies de l'immoralité native de
leurs inventeurs et que les sacrifices de sauvages que cette espèce
pratique depuis les origines photographient le fonctionnement
immolatoire d'une bête diablement meurtrière. Le déplacement du champ de
la caméra auquel procède l'anthropologue du sacré illustre la prophétie
de Nietzsche selon lequel christianisme périra de son immoralité; mais
la naissance d'un regard de l'extérieur sur les religions sacrificielles
et sur leurs organes internes les révèle également des décalques
lénifiants, donc des édulcorants du tribut sanglant que les sociétés
s'offrent sur les étals qu'elles sont à elles-mêmes. Voilà qui met un
fil à la patte de Voltaire: l'anthropologie des meurtres religieux court
vers un nouvel avenir de la connaissance abyssale de l'humanité, celle
que nourrit la dissection des dieux simiohumains; et c'est sa propre
effigie, sa propre histoire, sa propre politique que le pithécanthrope
autopsie à l'aide du bec et des crocs du vautour de Prométhée.
Qu'en
sera-t-il du civilisateur des neurones d'une Europe à remettre en
avance sur l'encéphale du reste du monde et qui méritera le rang et le
titre de chef d'Etat émancipateur? C'est seulement de paraître
s'abaisser, disait Pascal, que la raison libératrice progresse entre les
récifs de l'histoire: le chrétien des origines en savait moins que les
païens trompés par la fausse science d'eux-mêmes que les effigies de
leurs dieux leur dispensait. Déjà le continent du bistouri de la pensée
s'apitoie sur le scalpel émoussé des ancêtres, déjà, il jette un regard
de commisération sur les rêves d'enfants des peuples qu'enorgueillissait
et que faisait trembler le sceptre de leurs ogres divinisés.
Reprenons:
si M. François Bayrou ignore de quoi il est question sur la mappemonde
quand il vous donne tantôt à goûter le gâteau au miel d'une laïcité
décérébrée, tantôt de quoi faire briller le chandelier doré des idoles
que sécrète l'histoire américaine du monde, comment représenterait-il
une autre France que celle qui s'éclaire tour à tour aux bougies du ciel
des ancêtres et aux ripolinages des idéalités de la démocratie
mondiale?
Observez
l'humanité réelle que la théologie vous apprend à regarder droit dans
les yeux, observez le dieu cloué sur l'offertoire sanglant de sa
créature! Au regard de la sainteté suante sur une potence, la sainteté
démocratique vous semble bon enfant; ne vous enseigne-t-elle pas que
toutes les religions ne seraient qu'une friandise inoffensive? Mais si
force effluves crucificatrices flattent encore les narines des néophytes
de la démocratie mondiale, apprenez à humer le vrai parfum des
propitiatoires de la politique sur la scène internationale.
Car,
dit l'homme d'Etat aux fines narines, la question de la solidité ou de
la fragilité de nos têtes est devenue celle du pilotage civilisateur ou
barbare de la planète; et si notre souveraineté cérébrale ne reposait
pas sur une avance de notre intelligence sur la raison des générations
précédentes, nous n'éviterons pas le naufrage d'une Europe à la
recherche de sa lanterne de Diogène. Pourquoi notre laïcité
ignore-t-elle aussi bien l'odeur des entrailles de notre politique que
celle de nos sacrifices de l'autel? Si le chef de l'Etat que nous
élirons se révélait inapte à redresser le mât de la pensée critique sur
la minuscule "extrémité d'un continent" qu'évoquait Valéry, notre
sort d'otages de cent religions de notre rapetissement, mais armées de
douze porte-avions géants - l'Angleterre, la France et la Russie réunies
n'en alignent que quatre et d'un plus petit tonnage - notre sort
d'otages nous rappellera que toute religion privilégie un Etat et que le
Zeus de nos sacrifices est toujours assis sur le trône de la plus
musclée de ses créatures.
Comment
un chef d'Etat qui n'aurait pas observé les entrailles politiques du
sacré naviguerait-il toutes voiles dehors, comment une humanité asservie
à mille bases militaires d'un empire essaimé sur les cinq continents
conquerrait-elle un vrai regard sur une mer hérissée de récifs?
Et
maintenant, allons visiter les souterrains de la connaissance de
l'histoire la plus profonde, celle qui nous ouvrira les portes d'un
empire de l'inconscient dont seule une raison épurée nous fournira les
clés. Car, dans les temps antiques, on qualifiait l'univers d'orbis terrarum,
ce qui renvoyait l'homme d'Etat à un cosmos assorti d'une voûte
tridimensionnelle située à une faible distance de la terre. Mais les
étoiles ont cessé d'encercler un système solaire noyé dans l'infini.
Aussi
n'est-ce plus la gestuelle primitive de la bête muette que retrouve
l'homme d'Etat, ce n'est plus le coup de patte du lion offensé par
l'insultant locataire de ses arpents qui inspire la liberté des
visionnaires et des prophètes de la politique, ce n'est plus seulement
un chapardeur effronté que ce souverain chasse de son jardin : à
l'origine des cités, les auspices traçaient dans le ciel l'enceinte
réservée à la tribu et doublée de l'effigie de ses dieux. Le
civilisateur des Etats modernes, lui, retrouve l'acte fondateur de toute
politique, celle du pédagogue et du prêtre à nouveau confondus; car
c'est derechef au titre de guide des ascensions futures de la raison
qu'il nous exhorte à chasser l'occupant. Ne nous croyons pas devenus
pensants à batifoler, à folâtrer et à butiner dans l'oisiveté des
vassaux - sinon nous ne retrouverons pas la fierté de l'animal qui
défend son terrier.
Le
chef d'Etat de génie est devenu un libérateur et un ascète de
l'intelligence. Son premier coup d'éclat? Le refus de toucher le salaire
des sorciers. Un émancipateur habité par la vocation des "appelés"
n'est pas achetable. La nation croit s'être assuré les services d'un
magicien du langage; et elle entend rémunérer grassement ses mérites.
Mais sa vocation élève le peuple dont il a la charge à une autre
hauteur. Entre ses mains, l'appareil du pouvoir, comme on dit,
n'est jamais qu'un instrument ; et son autorité morale se fonde
précisément sur le rejet du rôle abaissant d'un stipendié de l'appareil
d'Etat. Car le véritable souverain, ce n'est ni l'Etat, ni la
République, ni la nation, ni le Parlement, ni le suffrage universel,
mais l'esprit de justice, le véritable souverain, c'est le génie de la
logique qui déclare que le droit sera le premier défenseur de la
civilisation de la raison et que le chef de l'Etat se place au premier
rang des serviteurs de l'esprit. On entre en politique comme on entrait
autrefois dans les ordres.
Le
peuple lui-même ne sera souverain que s'il rejette les oripeaux de la
servitude. Quand une nation entière se met à danser autour du veau d'or
de l'étranger, l'homme d'Etat se tourne vers ses supérieurs
hiérarchiques et ses inspirateurs, les prophètes, et il leur demande de
substituer leur voix à la sienne. En tout homme d'Etat civilisateur
sommeille un grand exilé volontaire. Lycurgue avait demandé à la Pythie
de Delphes de prendre la relève de son œuvre de législateur et de
déclarer à sa place que les nouvelles lois de Sparte lui ont été dictées
par la volonté des émancipateurs divins de son temps.
La
France est à la recherche du libérateur qui dira à l'Europe entière:
"Tu n'as plus de dieux extérieurs à vénérer, tu n'as plus de sceptre du
ciel devant lequel te prosterner. Sache donc que la voix en altitude de
la conscience du monde n'a jamais appartenu qu'à toi seul.
Agenouille-toi devant ce souverain, mais donne-lui tes ordres,
commande-lui de chasser l'occupant, mets à la voile et vogue pavillon
haut - sinon le monde entier portera un regard de mépris sur les fers
que tu auras attachés aux pieds de la nation dont la conscience est le
dieu."
Quelle
sera la spiritualité du XXIe siècle? Les religions se voulaient
ascensionnelles, mais elles n'étaient pas prospectives. Aussi
immobilisaient-elles l'humanité à l'école d'un sacré voué à la
pétrification. Seule la raison est élan, souffle, appel des hauteurs.
Et
maintenant, voyons à quel point l'infirmité cérébrale des hommes
d'Etat-fantômes d'aujourd'hui est proprement cérébrale et combien elle
exprime la faiblesse spirituelle qui paralyse leur raison, voyons à quel
point l'asthénie de leur intelligence révèle les ultimes secrets de la
vassalité qui les entrave : car leur appartenance à la magie vocalisée
des démocraties les réduit au rang de sorciers du mythe de la liberté.
Savez-vous quel fut le premier mot de vassal de M. Nicolas Sarkozy après
son élection ? "Combien je touche?"
Que
manque-t-il à l'homme sans recul du Fouquet's, de l'Epad, du yacht de
Bolloré, que manque-t-il au visiteur infantile de Disney Land, sinon un
regard de civilisateur sur la France, les Français et le monde? Que
manque-t-il au défenseur des moulins à prière des sorciers du Tibet,
sinon une fraction, même infime du génie du premier exterminateur de la
magie, le Bouddha, qui mit les hommes en était de veille et d'éveil et
qui fit, de son intelligence de généalogiste et d'anthropologue de
l'illusion, un instrument acéré de l'évasion et de l'ascension de la
raison, que manque-t-il à l'homme-enfant qui croyait que les empires
sont gentils et qu'il est payant de caresser la crinière des grands
fauves, sinon le télescope des visionnaires de l'encéphale simiohumain,
que manque-t-il au mime égaré sur le pont du navire qu'on appelle
l'histoire, sinon la longue vue de l'éducateur des nations, que
manque-t-il au gesticulateur qui brise la coque de la France sur des
rochers à fleur d'eau, sinon l'œil d'aigle des civilisateurs? L'homme
d'Etat de demain rappellera, aux côtés de Socrate, que si gouverner,
c'est prévoir, alors la prévoyance exige le regard contemplatif des
grands méditants. La spiritualité du XXIe siècle se forgera sur
l'enclume de l'histoire en marche .
Le 5 février 2012
URL du billet: http://www.dieguez-philosophe.com/
The Case Of Uri Avnery I: “Shukran, Israel” Analyzed And Refuted
A must read! What
a brilliant analysis!
URL du billet: http://www.intifada-palestine.com/2012/02/the-case-of-uri-avnery-i-shukran-israel-analyzed-and-refuted/
The Case Of Uri Avnery II: Hasbara, Supremacism And The Future Of Solidarity
URL du billet: http://www.intifada-palestine.com/2012/02/the-case-of-uri-avnery-ii-hasbara-supremacism-and-the-future-of-solidarity/
Un produit chimique inconnu pulvérisé à l'intérieur des voitures palestiniennes aux checkpoints israéliens
Publié le 6 février 2012 sur le site ism-france.org
Par Abir Kopty
5 févier 2012 - Dernièrement, je suis allée à Jenin toutes les 2-3
semaines avec des membres de ma famille. Nous achetons nos légumes au
marché de la ville. Samedi dernier, au checkpoint israélien, nous avons
eu la surprise de découvrir une nouvelle technologie pour vérifier les
voitures "suspectes". Habituellement, le contrôle se passe comme ceci :
les voitures, sur six files, se présentent au checkpoint. Sur chaque
voiture, 2 officiers de la "sécurité" demandent les papiers d'identité,
et décident si la voiture, et ses occupants, représentent ou non une
menace majeure à la sécurité d'Israël et à son existence. Si non,
l'officier donne au conducteur un ticket blanc, qui prouve qu'il a passé
le contrôle de "sécurité". Si oui, alors on lui remet un ticket vert.
Si vous avez le ticket vert, vous devez aller plus loin sur votre
droite, pour un contrôle spécial. On vous demande d'ouvrir toutes les
portières, de sortir toutes vos affaires et de subir un contrôle
physique pendant que la voiture est contrôlée séparément.
Impossible de comprendre la logique des officiers-contrôleurs. Quelquefois notre voiture a le ticket vert, et quelquefois le ticket blanc.
Samedi dernier, nous avons reçu le ticket vert, nous sommes allées sur la voie de contrôle des voitures. Nous avons été surpris par une petite machine étrange qui ressemble aux machines à perfusion qu'on trouve à l'hôpital.
On nous a demandé de fermer les fenêtres arrière et de laisser celles de devant ouvertes d'un centimètre, de sortir de la voiture et d'aller au contrôle physique. Moi et mon frère avons commencé à poser des questions sur cette machine, à quoi elle sert, etc. Ils ont refusé de répondre.
Selon Ha'aretz, cette machine est aussi utilisée au checkpoint de Bethléem et à mon avis, dans beaucoup de checkpoints privatisés ; l'Etat a décidé de sous-traiter la gestion de certains checkpoints à des compagnies de "sécurité" privées pour les "civiliser", une autre tentative vouée à l'échec de blanchir l'occupation.
Ha'aretz décrit ainsi la procédure : Deux tubes sont alors connectés au véhicule - un est relié à une pompe à air, l'autre, qui passe par un filtre minuscule, est attaché au véhicule. Un policier menu d'un chronomètre appuie sur l'interrupteur de la pompe à air."
Si vous regardez attentivement les photos, vous verrez clairement une petite boite connectée aux tubes avec un matériau inconnu, qu'on pense être, comme l'a dit l'employée d'une ONG internationale à Ha'aretz, "des produits chimiques provoquant des nausées".
Lorsque nous avons repris la voiture, nous nous sommes sentis légèrement étourdis et il y avait une odeur étrange dans la voiture, nous ne savions pas si c'était un effet de notre "imagination délirante" ou de ce qui avait été pulvérisé dans la voiture.
Je suggère aux organisations pour les droits de l'homme de prendre l'initiative de se procurer un échantillon de ce produit et de l'examiner. Je suis pratiquement sûre qu'il est composé de matières prohibés, testées d'abord sur les Palestiniens pour être ensuite commercialisées dans le monde comme nouvelle réussite de la technologie de l'industrie militaire israélienne.
Vidéo jointe à l'article de Ha'aretz ci-dessus :
Par Abir Kopty

Impossible de comprendre la logique des officiers-contrôleurs. Quelquefois notre voiture a le ticket vert, et quelquefois le ticket blanc.
Samedi dernier, nous avons reçu le ticket vert, nous sommes allées sur la voie de contrôle des voitures. Nous avons été surpris par une petite machine étrange qui ressemble aux machines à perfusion qu'on trouve à l'hôpital.
On nous a demandé de fermer les fenêtres arrière et de laisser celles de devant ouvertes d'un centimètre, de sortir de la voiture et d'aller au contrôle physique. Moi et mon frère avons commencé à poser des questions sur cette machine, à quoi elle sert, etc. Ils ont refusé de répondre.
Selon Ha'aretz, cette machine est aussi utilisée au checkpoint de Bethléem et à mon avis, dans beaucoup de checkpoints privatisés ; l'Etat a décidé de sous-traiter la gestion de certains checkpoints à des compagnies de "sécurité" privées pour les "civiliser", une autre tentative vouée à l'échec de blanchir l'occupation.
Ha'aretz décrit ainsi la procédure : Deux tubes sont alors connectés au véhicule - un est relié à une pompe à air, l'autre, qui passe par un filtre minuscule, est attaché au véhicule. Un policier menu d'un chronomètre appuie sur l'interrupteur de la pompe à air."
Si vous regardez attentivement les photos, vous verrez clairement une petite boite connectée aux tubes avec un matériau inconnu, qu'on pense être, comme l'a dit l'employée d'une ONG internationale à Ha'aretz, "des produits chimiques provoquant des nausées".
Lorsque nous avons repris la voiture, nous nous sommes sentis légèrement étourdis et il y avait une odeur étrange dans la voiture, nous ne savions pas si c'était un effet de notre "imagination délirante" ou de ce qui avait été pulvérisé dans la voiture.
Je suggère aux organisations pour les droits de l'homme de prendre l'initiative de se procurer un échantillon de ce produit et de l'examiner. Je suis pratiquement sûre qu'il est composé de matières prohibés, testées d'abord sur les Palestiniens pour être ensuite commercialisées dans le monde comme nouvelle réussite de la technologie de l'industrie militaire israélienne.
Vidéo jointe à l'article de Ha'aretz ci-dessus :
Source : Abir Kopty
Traduction : MR pour ISM
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